Interview de M. François Fillon, Premier ministre, à Europe 1 le 5 mars 2012, sur la stabilité du "couple exécutif" depuis 5 ans, les droits accordés à l'opposition, la campagne pour l'élection présidentielle et la polémique au sujet de la viande halal ou casher. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Fillon, Premier ministre, à Europe 1 le 5 mars 2012, sur la stabilité du "couple exécutif" depuis 5 ans, les droits accordés à l'opposition, la campagne pour l'élection présidentielle et la polémique au sujet de la viande halal ou casher.

Personnalité, fonction : FILLON François, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEAN-PIERRE ELKABBACH Savez-vous, François FILLON, où était passé le Premier ministre ?
 
FRANÇOIS FILLON Le Premier ministre, il est à son poste depuis cinq ans, avec une majorité solide et il fait en sorte que l’Etat fonctionne et il le fera jusqu’à la dernière minute. Et croyez-moi, ce n’est pas parce qu’il y a une campagne électorale qu’il n’y a pas de décisions à prendre et qu’il n’y a pas de situation difficile à gérer.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous voulez dire que vous continuez à gouverner. Mais sous la Vème République, est-ce que c’est une habitude qu’en période électorale, le Premier ministre malgré tout disparaisse ou se fasse tout petit ?
 
FRANÇOIS FILLON Non. Ce qui est normal, c’est que dans une période électorale, les médias braquent leurs projecteurs sur les candidats à l’élection présidentielle et il n’y a rien de plus naturel puisqu’au fond, l’élection présidentielle c’est d’abord un révélateur de caractère. Et pendant…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH De caractère de qui ? Des Premiers ministres ? des ministres ? ou des candidats ?
 
FRANÇOIS FILLON De caractère des candidats. De caractère des candidats à l’élection présidentielle. L’élection présidentielle, vous savez qu’elle n’existe guère que dans notre pays - en tous cas dans cette forme-là. C’est un choix qui est un choix vraiment stratégique, qui n’a rien à voir avec le choix de la Chancelière en Allemagne ou du Premier ministre en Grande-Bretagne. Dans ces pays-là, on choisit une majorité avec un programme. Là on va choisir un homme ou une femme qui va diriger notre pays, qui a des pouvoirs considérables, et donc c’est naturel qu’il y ait pendant plusieurs semaines une sorte de passage au scanner des candidats pour déterminer leur caractère et j’allais dire accessoirement leur projet. Car on sent parfois que la question des programmes et des projets est moins prégnante que celle des caractères.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Et vous le regrettez, naturellement.
 
FRANÇOIS FILLON Bien sûr.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH À Dijon, François HOLLANDE a annoncé l’autre jour que s’il est élu, les ministres ne seront plus des souffre-douleur ou des faire-valoir, et que l’homme de Matignon ne sera pas un collaborateur. Vous vous êtes senti visé ?
 
FRANÇOIS FILLON Je comprends simplement que François HOLLANDE a du mal à comprendre qu’il puisse y avoir eu pendant cinq ans – c’est quasiment unique sous la Vème République – un couple exécutif qui ait fonctionné aussi bien, avec une majorité qui n’aura jamais fait défaut. Dans l’histoire de la Vème République, il n’y a pratiquement pas d’exemple d’une période aussi longue pendant laquelle l’exécutif, et notamment le Premier ministre, ait bénéficié d’un soutien total de sa majorité, sans jamais avoir eu à utiliser des méthodes de coercition.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc il se trompe. François HOLLANDE se trompe.
 
FRANÇOIS FILLON En revanche, ses références à lui j’imagine que c’est François MITTERRAND et Michel ROCARD ; que c’est François MITTERRAND et Laurent FABIUS ; que c’est François MITTERRAND et Pierre BEREGOVOY, c'est-à-dire un président de la République qui n’a jamais pu garder un Premier ministre plus de quelques années et qui concevait le rôle de son Premier ministre comme celui effectivement d’un souffre-douleur. Michel ROCARD s’en souvient.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Ce n’est pas le cas. Alors à Dijon, François HOLLANDE a ajouté qu’il n’y aura pas d’Etat-PS s’il est élu comme il y a un Etat-UMP, François FILLON.
 
FRANÇOIS FILLON Là aussi c’est… Je dirais devant de mauvaise foi, on est presque désarmé. Qui a pour la première fois donné la présidence de la Commission des finances, c'est-à-dire la commission la plus importante, à l’opposition ? C’est Nicolas SARKOZY et mon gouvernement. Qui a nommé un député socialiste à la tête de la Cour des comptes ? Qui a nommé l’ancien directeur de cabinet de madame AUBRY à la tête de la SNCF ?
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Et alors ce matin vous le regrettez ?
 
FRANÇOIS FILLON Je pourrais continuer la liste, et je ne le regrette pas. Je note simplement que si les seules références que j’ai pour savoir ce que la gauche ferait dans de telles périodes, c’est François MITTERRAND, et là encore la liste est extrêmement longue. Son directeur de cabinet qui devient patron de la SNCF ; monsieur LE FLOCH-PRIGENT qui devient patron d’ELF ; madame LAUVERGEON (sa conseillère) qui devient patronne de COGEMA...
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH On arrête la litanie.
 
FRANÇOIS FILLON On peut continuer la liste. D’un côté, il y a eu une rupture absolument fondamentale en matière d’ouverture, en matière aussi d’augmentation des libertés individuelles. Je rappelle que c’est la réforme de la constitution qui permet désormais à tous les citoyens français d’aller devant le juge constitutionnel pour faire annuler une loi qu’ils considéreraient comme institutionnelle. Tout ça, ce sont des avancées concrètes en matière de liberté qui rendent les attaques de François HOLLANDE dérisoires.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Et aujourd'hui les sondages d’opinion seraient alors injustes. Les courbes, François FILLON, entre les deux favoris devaient se croiser. Aujourd'hui, disons que ce n’est pas le cas. Et il paraît que vous confiez au Figaro de ce matin que l’idée que Nicolas SARKOZY n’est pas une idée absurde mais que ça reste très difficile.
 
FRANÇOIS FILLON D’abord, ce papier est assez absurde effectivement, mais surtout il y a quelques semaines…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Pourquoi il est absurde ?
 
FRANÇOIS FILLON Il est absurde parce que ce ne sont pas des termes que j’ai employés. Mais il y a quelques semaines, la question n’était pas de savoir si les courbes allaient se croiser : la question était de savoir si Nicolas SARKOZY allait être au second tour, donc on voit que les observateurs, le microcosme, changent assez vite d’attitude. Qu’est-ce qui se passe en réalité ? Après une crise très grave, les Français, bousculés par cette crise, peut-être aussi désorientés par les commentaires sur le bilan, étaient sans doute avant le début de la campagne majoritairement décidés à écarter - à nous écarter et à écarter le président de la République.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous êtes en train de dire ce matin qu’en dépit des mauvais chiffres, etc, votre candidat…
 
FRANÇOIS FILLON Avant, avant la campagne. Avant la campagne. Depuis… Depuis…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous dites ce matin que votre candidat peut gagner.
 
FRANÇOIS FILLON Jean-Pierre ELKABBACH, depuis le début de la campagne, il y a un doute qui s’installe dans l’esprit des Français sur une question : est-ce que François HOLLANDE peut gouverner le pays ? Est-ce qu’il en a les capacités et le caractère ? Cette question ne se pose pas pour Nicolas SARKOZY. Il y a des gens qui aiment le président de la République, il y a des gens qui ne l’aiment pas. Il y a des gens qui n’aiment pas son style mais personne ne se pose la question de savoir s’il est capable de gouverner le pays dans une période qui est une période extrêmement difficile.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Oui mais certains Français se demandent, si vous me permettez, certains Français se demandent pourquoi ils lui accorderaient encore cinq ans à l’Elysée.
 
FRANÇOIS FILLON Mais ils vont continuer à réfléchir jusqu’aux élections présidentielles et comme nous sommes dans une période qui est une période – j’ai envie de dire que cette élection présidentielle, c’est : « Dernière sortie avant le déclin ».
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Le déclin de qui ?
 
FRANÇOIS FILLON Le déclin de l’Europe, le déclin de la France, le déclin des pays, des vieux pays industrialisés qui ont du mal à trouver les ressorts pour lutter contre la compétition des Indiens, des Chinois, de l’Asie, de ces continents qui montent. C’est ça le vrai sujet. On n’est pas dans une crise au fond, c’est bien plus grave qu’une crise : on a changé de monde. Il n’y aura plus d’âge d’or à l’issue de la crise économique et financière qu’on est en train de traverser. Et donc tous ceux qui promettent que ce sera facile, qu’on n’est pas obligé de réduire les déficits, qu’on peut prendre des mesures de relance, nous ferons rater un rendez-vous qui est un rendez-vous historique pour constituer un noyau dur européen fort, pour consolider l’euro, pour faire en sorte qu’on soit capable de résister dans une véritable guerre économique.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais pourquoi dire ou laisser croire que François HOLLANDE ne serait pas capable d’assumer ses responsabilités-là ?
 
FRANÇOIS FILLON Parce que tous les jours il en donne le sentiment. Quand on change en permanence de point de vue sur tous les sujets, qu’on annonce des choses qu’on sait qu’on ne fera pas sur le nucléaire, sur les retraites – quand on dit aux Français qu’on peut cotiser beaucoup plus longtemps mais maintenir la retraite à soixante ans ; chacun a compris juste que c’est impossible. Le dernier exemple en date, c’est la participation de la France à l’OTAN. François HOLLANDE était l’orateur du groupe socialiste pour porter une motion de censure contre mon gouvernement parce que nous avions décidé de rentrer complètement dans l’organisation de l’Atlantique nord ; il explique aujourd'hui que finalement ce n’est pas si mal et qu’on n’en sortira pas. Où est le caractère pour diriger notre pays ?
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais pour l’attaquer autant, c'est qu’il fait peur. Regardez ! Même le Spiegel ! La chancelière MERKEL, malgré son démenti, les trois nouveaux CAMERON, RAJOY, Mario MONTI plus Barack OBAMA se seraient donné le mot pour ne pas recevoir le candidat François HOLLANDE. D’abord au passage, est-ce que c’est Paris qui l’aurait demandé à ces quatre ?
 
FRANÇOIS FILLON Là aussi François HOLLANDE se fait plus gros qu’il n’est. Je veux dire l’idée même que tous ces chefs de gouvernement se téléphonent pour parler de lui est une idée auquel personne, en tous cas qui connaît le fonctionnement des Etats, ne peut croire un seul instant. En revanche il y a une chose qui est vraie. Parlons de monsieur MONTI par exemple - monsieur MONTI qui, je le dis au passage d’ailleurs, n’est ni à droite ni à gauche, qui est un technicien, qui est un professeur d’université – il est en train d’imposer à son pays un traitement extrêmement rude, des réformes extrêmement difficiles que la gauche française d’ailleurs il y a quelques temps saluait. Et il entend de l’autre côté de la frontière un candidat socialiste qui dit aux Français : « Non mais, ce n’est pas nécessaire de faire tous ces efforts. Ce n’est pas nécessaire de réduire les déficits. On peut avoir une politique de relance. Autrement dit, tout ce que vous êtes en train de faire vous, Italiens, moi si j’étais à la tête du gouvernement français, je demanderai que l’Europe change de politique. » Comment voulez-vous que monsieur MONTI ait envie de recevoir monsieur HOLLANDE ?
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH François FILLON, mais vous ne lui avez pas demandé de ne pas le recevoir ?
 
FRANÇOIS FILLON Mais évidemment que non !
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH À Bordeaux, le candidat SARKOZY peut-être plus mesuré que le président SARKOZY a expliqué que la République, c’est le respect des minorités et le refus du communautarisme. Est-ce que c’est une vraie menace pour la France ou un danger électoral inventé pour la circonstance ?
 
FRANÇOIS FILLON Non mais c’est une menace pour la France depuis toujours. La France s’est constituée contre les communautarismes. La France s’est constituée en intégrant des générations et des générations d’étrangers, même autrefois on disait en assimilant des générations et des générations d’étrangers qui ont fait la richesse de notre pays. Le communautarisme, c’est un choix qu’ont fait d’autres grands pays, c’est un choix qui est contraire au principe-même de la République.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Mais pourquoi aller jusqu’à proposer, s’il est réélu Nicolas SARKOZY, que soient étiquetées les viandes en fonction des méthodes de l’abattage, que ce soient la viande halal ou la viande casher ? Est-ce que ce n’est pas une manière de stigmatiser les musulmans et peut-être aussi les juifs de France ?
 
FRANÇOIS FILLON Franchement Jean-Pierre ELKABBACH, on ne peut pas demander à la fois la traçabilité de tous les produits alimentaires et ne pas souhaiter que les Français sachent ce qu’ils mangent.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous étiez contre jusqu’à présent. Là, vous évoluez.
 
FRANÇOIS FILLON Non, moi je ne vais pas vous donner mon sentiment personnel. Je pense que les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’état aujourd'hui de la science, l’état de la technologie, les problèmes de santé…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc vous leur demandez d’évoluer.
 
FRANÇOIS FILLON On est dans un pays moderne, il y a des traditions qui sont des traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose alors qu’elles correspondaient dans le passé à des problèmes d’hygiène. On pourrait y réfléchir. Ce n’est pas le jour et ce n’est pas le moment d’engager ce débat mais qu’au moins les choses soient claires et que dans un abattoir, quand on abat une viande – une bête – sans l’étourdir, on l’étiquette de façon à ce que les Français sachent comment les choses se sont passées.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Votre ministre de l’Intérieur chargé des cultes, Claude GUEANT, a récidivé ce matin. Accorder le droit de vote aux étrangers, dit-il, pourrait conduire à ce que les étrangers rendent obligatoire la nourriture halal dans les cantines. Est-ce qu’il reflète la pensée de François FILLON et de Nicolas SARKOZY ?
 
FRANÇOIS FILLON Jean-Pierre ELKABBACH, c’est moi qui ai défendu au Sénat la position du gouvernement et de la majorité contre la proposition des socialistes qui voulaient introduire le droit de vote des étrangers aux élections locales, et j’ai défendu l’argumentation qui est la nôtre. C’est justement parce que nous sommes contre la citoyenneté à plusieurs vitesses, nous sommes contre le communautarisme. Nous voulons qu’un étranger qui veut s’intégrer dans notre pays, la meilleure façon de le faire c’est de devenir Français tout simplement, et on n’est pas dans un pays où c’est si difficile que ça d’obtenir la nationalité française. Et donc Claude GUEANT a raison de dire…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH C’est plus difficile que vous le croyez.
 
FRANÇOIS FILLON Non, non. Mais attendez !
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous avez été naturalisé, non ?
 
FRANÇOIS FILLON J’en ai une expérience personnelle puisque mon épouse a été naturalisée…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Ah, l’épouse du Premier ministre ! [rires]
 
FRANÇOIS FILLON À l’époque, ça a pris trois ans, mais c’était il y a très longtemps ; aujourd'hui les délais sont plus courts. Mais simplement pour dire que si on laisse s’installer un vote aux seules élections municipales (aux seules élections municipales donc avec des citoyens au fond à deux vitesses- qui repose sur l’expression de communautés, dans un pays où la question du communautarisme se pose de plus en plus - on a dû lutter contre la question du voile à l’école ; on a dû mettre en place un certain nombre de réglementations…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Eh bien ?
 
FRANÇOIS FILLON Eh bien on verra ce communautarisme continuer de se développer et il faut l’empêcher parce que c’est la République qui est en danger face au communautarisme.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Avec son projet d’imposer à 75 % les revenus de plus d’un million d’euros par an, est-ce François HOLLANDE ne vous renvoie pas dans le camp des très riches ?
 
FRANÇOIS FILLON Il dit surtout une bêtise, quoi. Enfin, c’est juste une proposition imbécile.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Imbécile ?
 
FRANÇOIS FILLON Oui, imbécile parce que j’emploie le mot à souhait parce que lui-même sait bien qu’elle n’a pas de raison d’être et qu’elle ne sera sans doute jamais appliquée, comme un grand nombre de propositions socialistes. Mais il propose – il a proposé dans son programme une tranche à 45 %, trouvant que les 44 % d’aujourd'hui, ce n’est pas suffisant. Puis tout d’un coup, il passe de 45 % à 75, qui sont d’ailleurs plutôt 85 ou 83 parce qu’il y a les autres impôts ; peut-être qu’entre 45 et 75 il y a des, il y a des paliers.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc vous dites que ce ne sera pas appliqué. Il vous répondra sans doute dès mercredi d’ailleurs.
 
FRANÇOIS FILLON J’ajoute que faire croire que tout ça ne concerne que quelques patrons du CAC 40 qui par ailleurs ont aussi des mérites parce que franchement, cette idée que les grandes entreprises sont à vouer aux gémonies alors que les petites seraient parfaites, c’est juste une idée stupide. On a besoin de grandes entreprises. Mais parmi les gens frappés par la mesure de François HOLLANDE, il y a des tas de gens qui sont des créateurs, des créateurs de logiciels, des créateurs de jeux vidéo, des créateurs…
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous dites que ce ne sera pas appliqué. On le verra.
 
FRANÇOIS FILLON Enfin, c’est idiot. C’est juste idiot.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH François FILLON, combien vous faites, vous, par semaine ?
 
FRANÇOIS FILLON En ce moment j’en fais deux par semaine.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Vous croyez que c’est suffisant ?
 
FRANÇOIS FILLON C’est en tous cas dans le rythme qu’on s’est fixé avec le président de la République parce que tout ça est articulé avec sa campagne et puis au fur et à mesure qu’on va s’avancer dans la campagne, on va monter en puissance.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Est-ce que vous êtes sûr que quelques-uns d’entre vous ne jouent pas la défaite ?
 
FRANÇOIS FILLON Je ne le crois vraiment pas parce que je pense que tous ceux qui réfléchissent, voient bien que la défaite, ce n’est pas seulement l’alternance. Au fond l’alternance est quelque chose de naturel en démocratie. Mais aujourd'hui, compte tenu de la personnalité de François HOLLANDE, compte tenu de la division du camp à gauche, de la division idéologique, compte tenu de la crise qu’on a à affronter, je pense que ce serait une très mauvaise nouvelle pour notre pays.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Donc vous dites ce matin que votre candidat peut encore gagner.
 
FRANÇOIS FILLON Mais bien sûr qu’il peut encore gagner, Jean-Pierre ELKABBACH. J’en suis absolument convaincu et le résultat, ce sera dans l’urne les premier et deuxième tours. Pas avant.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Dimanche 11 mars, Nicolas SARKOZY va prononcer le discours de Villepinte. Est-ce que cette fois-ci vous, l’allié, le complice depuis 2005, vous qui en avez tant traversé pour pas dire baver, c’est vous qui le précéderez à la tribune ?
 
FRANÇOIS FILLON Absolument.
 
JEAN-PIERRE ELKABBACH Ou c’est Rachida DATI ? Ou c’est Rama YADE ? Ou c’est qui ?
 
FRANÇOIS FILLON Absolument, je serai à Villepinte pour apporter tout mon soutien au président de la République et vous m’écouterez à ce moment-là, Jean- Pierre ELKABBACH.
 
Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 5 mars 2012

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