Interview de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, dans "La République du Centre" du 26 mars 2012, sur l'insécurité, les sondages, l'énergie nucléaire, la situation de Florence Cassez, la ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon et sur le projet d'Arena d'Orléans. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, dans "La République du Centre" du 26 mars 2012, sur l'insécurité, les sondages, l'énergie nucléaire, la situation de Florence Cassez, la ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon et sur le projet d'Arena d'Orléans.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

ti : ? En 2002, le thème de l’insécurité, suite à l’agression de l’Orléanais Paul Voise, avait favorisé le Front national. Ce thème de l’insécurité, cette « campagne sur la peur » vont-ils prendre le dessus sur les thèmes économiques et sociaux après les événements dramatiques de Toulouse ?

« Campagne sur la peur » ! Je vous laisse l’entière responsabilité de vos propos, mais je refuse de les prendre à mon compte. (…)

Je comprends évidemment que la gauche et tout particulièrement le candidat socialiste aient tout fait depuis des mois pour esquiver un débat sur lequel ils sont extrêmement mal à l’aise car ils doivent toujours composer avec cette culture de la permissivité qui leur est consubstantielle. De plus, cela met en lumière leur bilan particulièrement sombre.

? Au dernier sondage BVA, vous êtes devant François Hollande au premier tour, mais toujours vaincu au second. Etes-vous boosté ou énervé par la « dictature » des sondages ?

Dites-vous bien une chose : les sondages n’ont jamais fait une élection. Ils ont souvent tenté de les orienter ou de les manipuler, mais ils n’ont jamais fait la moindre élection. Ce que je sollicite, c’est la confiance des Français, pas l’adoubement des sondeurs.

? Le thème central de votre meeting d’Ormes portera-t-il sur le nucléaire ?

Le candidat socialiste a signé un accord électoral avec les Verts qui condamne 24 réacteurs nucléaires français. Les centrales de Chinon, Dampierre-en-Burly, Belleville-sur-Loire et Saint-Laurent-des-Eaux sont menacées par cet accord invraisemblable.(...)

L’indépendance énergétique de notre pays est cruciale à l’heure où les tensions internationales font bondir les prix du pétrole. Je rappelle que, grâce au nucléaire, notre électricité coûte 35 % moins cher qu’en Europe.

? En France, vous prônez la prolongation du parc nucléaire, très présent dans la région Centre. Les enjeux économiques, financiers et d’emploi l’emportent-ils sur le risque nucléaire, même infime ?

Je défends la filière nucléaire, comme l’ont fait mes prédécesseurs de tous bords politiques, car elle est la garante de notre indépendance nationale et d’une production d’électricité bon marché et non émettrice de gaz à effet de serre. (…)

Mais aucun enjeu de nature économique ne prime sur la sûreté, et je l’ai dit à plusieurs reprises, je n’hésiterais pas à décider la fermeture de réacteurs nucléaire si l’Autorité de Sûreté estimait que leur sûreté est en cause. En revanche, il serait particulièrement grave pour notre pays de fermer arbitrairement 24 réacteurs nucléaires comme le prévoit l’accord entre le Parti socialiste et les Verts, sans aucune raison liée à la sûreté.

? À l’aube de la fin de votre mandat, vivez-vous la non libération de Florence Cassez, emprisonnée au Mexique, comme un échec de la diplomatie française ? Humainement, est-ce l’un de vos principaux regrets ?

Depuis le début mon mandat, je me suis mobilisé pour que Florence Cassez soit rendue à la liberté et aux siens. Certains me l’ont reproché ou se sont demandé pourquoi : la Cour suprême du Mexique vient de leur répondre, puisque 4 des 5 juges ont reconnu des irrégularités et des violations graves dans cette affaire, depuis l’origine. Je regrette évidemment que la Cour n’en ait pas conclu que Florence devait être libérée immédiatement. Mais je suis convaincu que ce n’est que partie remise. De mon côté, je ne me résigne pas.

? La ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon est dans les tuyaux en vue d’une réalisation en 2025. L’État fera-t-il de cette ligne une priorité ou, en raison des contraintes budgétaires, pourrait-elle être repoussée aux calendes grecques ?

Je souhaite, bien sûr, que la ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Ferrand Lyon (POCL) puisse être réalisée dans les meilleurs délais. Le projet figure d’ailleurs dans la loi de programmation du Grenelle de l’Environnement. Il s’agit d’un chantier majeur qui permettra à la fois de desservir les villes du Grand Centre et de surmonter la saturation de l’axe Paris-Lyon. La grande vitesse a révolutionné l’aménagement de notre territoire, et j’entends qu’autant de Français que possible y aient accès.

Je suis très confiant car c’est un projet qui a bénéficié jusque-là d’un large consensus parmi les acteurs locaux, réunis au sein de l’association TGV Grand Centre Auvergne, présidée par Rémy Pointereau, sénateur de la majorité.

? La ville d’Orléans n’a toujours pas obtenu les vingt millions d’euros de subvention espérés pour son projet Arena de 10.000 places et doit fournir des compléments d’information. Est-ce une manière de botter en touche ? Et cela ne risque-t-il pas de durcir vos relations avec Serge Grouard, maire UMP ?

Le projet d’Arena d’Orléans est un beau projet, solide, préparé depuis plusieurs années par Serge Grouard – avec qui nous faisons partie de la même famille politique car nous avons des valeurs communes – et les équipes de la ville d’Orléans. Son intérêt sportif local est incontestable et il répond à l’objectif d’accueillir en France des compétitions d’envergure internationale.

Le Conseil d’administration du CNDS du 22 mars n’a pas été en mesure de labelliser le projet comme un « grand équipement », car tous les critères n’étaient pas remplis. Ce n’est toutefois qu’une question de temps : la désignation du lauréat du partenariat public-privé, en mai prochain, permettra notamment de compléter le dossier. Étant donné la qualité du projet, je ne suis absolument pas inquiet.


Source http://www.lafranceforte.fr, le 26 mars 2012

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