Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la lutte contre le terrorisme, l'énergie nucléaire, l'immigration, l'Union européenne, l'emploi et sur les relations franco-allemandes, à Ormes (Loiret) le 26 mars 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la lutte contre le terrorisme, l'énergie nucléaire, l'immigration, l'Union européenne, l'emploi et sur les relations franco-allemandes, à Ormes (Loiret) le 26 mars 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Ormes (Loiret) le 26 mars 2012

ti : Mes Chers Amis, merci d’être venus si nombreux.


La France a connu ces derniers jours des événements dramatiques, tragiques et devant la gravité de ces événements la France a été digne, a été rassemblée, elle a montré l’exemple, elle a refusé l’amalgame, elle a refusé la vengeance et elle a contenu sa colère, la France a donné l’exemple d’une grande démocratie.

Dans une démocratie, mes Chers Amis, il est normal qu’on pose toutes les questions que l‘on souhaite aux responsables mais, je le dis comme je le pense, il est indigne de mettre en cause les forces de l’ordre qui ont risqué leur vie pour protéger la nôtre, indigne !

J’assume toutes les décisions qui ont été prises par le ministre de l’Intérieur et par les forces de l’ordre de police et je veux dire aux soi-disant experts et aux commentateurs qui parlent avec tant d’autorité de ce qu’ils ne connaissent pas que les forces de police et notamment les policiers du RAID ont des femmes, des enfants, des familles, que ces hommes ont risqué leur vie, je n’accepterai pas qu’on mette en cause leur honnêteté, leur compétence et le travail qu’ils ont conduit.

Que l’on fasse venir sur le plateau de télévision des vieilles gloires davantage connues pour les écoutes qu’ils ont réalisées à l’époque d’un autre président de la République au cours des scandales qu’ils se permettent de juger le travail des forces de l’ordre, c’est une honte !

Mes Chers Compatriotes, vous pouvez être fiers de nos services de renseignements, des forces d’intervention, des forces armées. L’assassin, le barbare, le criminel a commis des actes monstrueux, ces actes il a commencé à les commettre le 11 mars, 10 jours plus tard il était cerné par les forces de l’ordre et mis hors d’état de nuire. J’ai bien connu une époque où le gouvernement de la République était incapable de retrouver l’assassin d’un préfet de la République.

Dans la vie, il faut dire clairement de quel côté on est, moi je suis clairement du côté des forces de l’ordre, des forces de la République, de ceux qui ont protégé les victimes et mis hors d’état de nuire un monstre qui avait commis des monstruosités sur le territoire de la République.

Il nous faudra tirer des conséquences de tout ce qui s’est passé, parmi celles-ci nous ne pouvons pas continuer à tolérer que sur Internet on puisse consulter des sites en toute liberté qui font l’apologie du terrorisme le plus abject. Ceux qui consulteront ces sites seront traités comme des délinquants et risqueront des peines de prison, voilà ce que la République dit aux apprentis terroristes !

Et à ceux qui prétendent que ce n’est pas possible, c’est pourtant ce que l‘on fait pour les sites pédophiles considérant que ceux qui consultent régulièrement des sites pédophiles sont des pédophiles, eh bien ceux qui consultent régulièrement des sites faisant l’apologie du terrorisme seront considérés comme des complices des terroristes.

Quant à ceux qui iront dans les pays pour se former aux méthodes terroristes, pour connaitre ou faire l’apologie du terrorisme, ils doivent considérer qu’ils seront à leur retour frappés d’un délit et traités en délinquants, nous ne voulons pas de cela sur le territoire de la République française. J’ai vu que le candidat socialiste considérait que ces propositions étaient inutiles puisque les lois actuelles étaient suffisantes. Je rappelle qu’il n’a voté aucune des lois actuelles contre le terrorisme.

Mieux, il les a toutes combattues et il vient dire aux Français aujourd’hui que s’il combattait hier ces lois, hier elles étaient mauvaises, aujourd’hui elles sont bonnes et suffisantes, comprenne qui pourra. C’est d’ailleurs le même homme et le même parti politique qui se sont courageusement abstenus quand le gouvernement de la République a proposé et fait voter l’interdiction de la Burqa sur le territoire de la République française !

Et, enfin, pour que les choses soient claires, je refuse tout amalgame parce que l’amalgame serait scandaleux, je rappelle que de nos compatriotes musulmans ont été assassinés par ce monstre parce qu’ils portaient l’uniforme de l’armée française. Nos compatriotes musulmans doivent savoir qu’ils n’ont rien à craindre sur le territoire de la République française, que la France sait faire la différence de ce qui avec la même force qu’en fin de semaine il y aura un rassemblement d’une association, j’interdirai que se rendent à ce rassemblement tout prédicateur qui tiendra des propos contraires à ceux des valeurs de la République française.

La liberté c’est une des valeurs essentielles de la République mais c’est la liberté des opinions, le terrorisme n‘est pas une opinion, c’est une injure, c’est un crime. Ceux qui prônent les différences et le non-respect de l’égalité entre l’homme et la femme ceux-là n’ont pas leur place sur le territoire de la République française.

Sur le territoire de la République française, nous voulons dans nos piscines municipales, désolé Madame AUBRY, les mêmes horaires pour les hommes et pour les femmes, dans les hôpitaux, les mêmes médecins pour les hommes et pour les femmes, et à la cantine nous voulons les mêmes menus pour nos enfants qui sont tous des enfants d’une République laïque, voilà ce que nous voulons !

Et si certains au nom de la liberté veulent venir dans des congrès pour tenir des discours qui ne correspondent pas aux valeurs de la République, qu’il soit clair, ils ne rentreront pas sur le territoire de la République française ! Et s’ils y sont, ils seront raccompagnés aux frontières de la République française !

Mes Chers Amis, je suis venu ici à Ormes pour venir à la rencontre du peuple français. Ce peuple qui en a plus qu’assez qu’on parle en son nom, cette majorité silencieuse qui ne supporte plus qu’on veuille lui imposer des idées qui ne sont pas les siennes, ce peuple français qui ne veut pas qu’on lui vole la campagne électorale et l’élection, ce peuple libre, ce peuple frondeur qui n’accepte pas qu’on décide de ce que sera le résultat d’une élection à laquelle il entend seul le peuple français donner une réponse le 6 mai !

Je suis venu ici à Ormes parce que jusqu’à ce que cette campagne électorale débute la politique énergétique de la France faisait l’objet d’un consensus national.

Cette politique assure notre indépendance énergétique et sur ce consensus les gouvernements successifs parvenaient à réunir l’ensemble des syndicats, l’ensemble des organisations patronales, l’ensemble des partis politiques. Le consensus sur la politique nucléaire de la France est vieux de plus de 65 ans, il n’a jamais été remis en cause par personne.

Ce consensus est né de l’union sacrée du Conseil national de la résistance car dès la fin de la Seconde Guerre mondiale le général de GAULLE confiait à Raoul DAUTRY et à Frédéric JOLIOT-CURIE la tâche de mettre en place une organisation scientifique, technique, industrielle qui puisse donner à la France la possibilité de maîtriser par elle-même l’énergie atomique.

Et en moins de trois ans, au lendemain de la guerre, des savants français exceptionnels mettaient en fonction la première pile atomique française. Depuis lors, mes Chers Amis, aucun gouvernement, même en proie aux plus grandes difficultés, n’a jamais remis en question cet immense travail de recherche scientifique. Il a fallu l’ouverture de cette campagne pour que ce consensus soit brisé. Le président MITTERRAND lui-même dont certains voudraient imiter la gestuelle, enfin certains, ce n’est pas moi, je choisis mes modèles.

Mais rendons grâce au président MITTERRAND qui a permis de raccorder durant ses deux septennats 40 des 58 réacteurs actuels et engagé la construction de 13 autres. J’envoie ce souvenir à ceux qui ont été les collaborateurs de François MITTERRAND et qui sont en train de trahir sa pensée et son action au nom d’une fidélité dévoyée.

Et voici qu’on nous annonce que 24 réacteurs nucléaires doivent être fermés. On se demande d’ailleurs pourquoi 24, on aurait pu faire 34, on aurait pu faire 14, on aurait pu tirer au sort et on cherche une raison parce que 24 c’était le chiffre magique pour calmer madame JOLY. Heureusement qu’elle était dans un bon jour parce qu’on aurait pu payer plus cher !

Je me suis rendu à Fessenheim, en Alsace, j’ai vu les ouvriers de Fessenheim, j’ai vu des femmes et des hommes qui avaient consacré leur vie à faciliter la nôtre que l’on remerciait en tirant un trait de plume sur leur centrale sans même avoir le courage de leur dire, de venir, de les regarder droit dans les yeux en leur disant « je vous ai vendu pour un accord électoral misérable ».

J’ai été à Saint-Laurent-des-Eaux qui serait la seconde centrale fermée, j’ai vu des femmes et des hommes qui sont inquiets pour leur emploi et qui m’ont dit « mais pourquoi veut-on nous fermer alors que nous sommes un atout pour la France ? Grâce au nucléaire, vous payez votre électricité 35% moins cher que nos voisins. Grâce au nucléaire, dans les autres filières industrielles, l’accès à l’énergie est 50% moins cher que chez nos voisins.

Pourquoi, pour un accord politicien, pour acheter les voix de madame JOLY qui se réduisent inversement proportionnelle de la longueur de ses discours ? (Inaudible) on les connait, moins on a envie ! Pour ça, on va donc casser la politique énergétique de la France, l’indépendance énergétique de la France ? » Ah on me dit « oui mais, Monsieur le Président, il y a eu Fukushima ».

Certes, Fukushima c’est un tsunami, je n’avais pas conscience avant de venir ici, Cher Eric, Cher Maurice, que la Loire était en risque de tsunami immédiat sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux à moins que Fessenheim, en Alsace, soit sous le risque d’un tsunami venant du Rhin. Voilà où nous en sommes, voilà ce qu’on veut faire des atouts de la France.

J’ai voulu rassembler ces deux problèmes et un troisième pour vous dire qu’il s’agit de l’avenir de notre pays et voilà que sur une crise d’une gravité extrême à Toulouse et à Montauban 24 heures ne s’étaient pas passées que ceux qui prétendent à diriger la France critiquaient les forces de l’ordre, la République, la police, les services de renseignements, le RAID, 24 heures ne s’étaient pas passées !

Cinq mois de campagne pour monsieur HOLLANDE et voilà la proposition qui est faite sur la politique nucléaire. Alors on me dit « oui mais il a changé depuis », c’est vrai, c’est vrai, c’était 24 réacteurs fermés tout de suite, maintenant c’est un seul en cinq ans et les 23 autres plus tard !

Voilà un homme qui a de la constance dans les idées, qui a de la suite dans les idées, ça rassure !

Dans le monde tel qu’il est, on se sent vraiment rassuré de savoir que les affaires de l’Etat sont dans des mains qui ne tremblent pas. Mais il y a une troisième chose que je voudrais vous dire et relier à cela. La semaine dernière, on a eu le droit à une proposition originale le candidat socialiste avait trouvé ce qui vous préoccupait. Si mais vous le saviez pas vous-mêmes.

Ce qui vous empêchait de dormir, ce qui vous angoissait et ce qui vous scandalisait, le mot « race » dans la Constitution française.

Et nous avons passé une semaine sur cette proposition essentielle, le chômage, non, sécurité, non, terrorisme, non, non, le mot « race ». Figurez-vous que si on prend une gomme et on gomme le mot « race » il n’y a plus de racisme. On nous propose donc de faire une guerre acharnée au dictionnaire. Après le mot « race », il fallait supprimer le mot « zone » lui-même stigmatisant.

Donc je propose pour aider le candidat socialiste à son programme à supprimer le mot « pauvre », ce qui nous permettra d’éradiquer la pauvreté, à faire disparaitre le mot « chômeur », ce qui me permettra de répondre aux chômeurs de France que nous avons une proposition solide. Le mot « race » je veux quand même vous en dire un mot.

Il est dans le préambule de la Constitution de 1946, ce mot et son préambule je n’accepterai pas qu’on y touche parce qu‘en 46 nos parents et nos grands-parents ont écrit ce préambule avec leur sang, le sang des résistants, le sang des déportés, le sang des combattants qui avaient défendu la République face au nazisme, face aux crimes absolus de la Shoah et qui se sont retrouvés ensemble pour écrire les plus belles pages de notre histoire et dire plus jamais de distinction en fonction des races, toucher à ce texte c’est un blasphème, c’est une négation de ce qu’est l’identité de notre pays, l’histoire de notre pays, c’est une insulte à ceux qui l’ont écrit, c’est une insulte à l’esprit de rassemblement du Conseil national de la résistance au lendemain de la guerre ! Voilà pourquoi cette proposition est inacceptable en plus d’être ridicule !

Parce qu’il y a dans tout ceci le ridicule, l’alliance avec Les Verts, le ridicule, la guerre au dictionnaire, et l’inacceptable, la remise en cause de notre indépendance énergétique, la remise en cause d’un texte fondateur de notre République, et l’inacceptable, l’ambiguïté, l’esquive, le refus de dire ce qu’on va faire, l’interdiction qui nous serait faite de parler des sujets qui vous préoccupent.

Oh j’ai osé parler d’immigration, je revendique parce que si les républicains n’en parlent pas, ne nous étonnons pas que ça soit les plus extrémistes qui se saisissent et qui profitent de l’absence des républicains sur une question qui préoccupe les Français.

La France a toujours été un pays ouvert et je revendique cette ouverture et jamais je ne défendrai l’immigration zéro parce que la fermeture n’est pas dans notre histoire, n’est pas dans notre tempérament, parce que nous tous dans nos familles nous venons d’ailleurs. Mais je dis aussi une chose avec la même force que cette ouverture est un atout pour la France mais ne pas voir que le refus de contrôler l’immigration peut provoquer des grandes difficultés et générer des grandes catastrophes, c’est être naïf et être irresponsable.

Si notre système d’intégration, mes Chers Amis, est en panne et connait tant de difficultés, c’est parce que nous n’avons pas assez maîtrisé les flux migratoires, qu’il y a trop d’étrangers à intégrer et que notre système n’arrive plus à intégrer ceux que nous accueillons.

Je demande aux Français de faire des efforts parce qu’il faut rembourser nos dettes et réduire nos déficits, je ne peux pas dans le même temps demander aux Français des efforts et accepter une immigration qui ne serait motivée que par l’espoir d’obtenir des prestations sociales sur le territoire de la République, ce n’est pas possible !

Alors on me dit « mon Dieu, il va sur les territoires de l’extrême-droite », ah, ah, le bel argument, le bel argument !

D’abord je conteste qu’il y ait des territoires de l’extrême droite, des territoires qui appartiennent à quiconque. Je ne m’adresse pas à la droite, je ne m’adresse pas à la gauche, je ne m’adresse pas au centre, je m’adresse au peuple de France dans sa diversité et dans sa souffrance, donc à tout le monde !

Ils parlent des territoires d’extrême droite comme ils parlaient des banlieues dans les années 90, où les socialistes ne faisaient rien, paupérisaient les banlieues et parlaient des territoires interdits et des territoires perdus de la République. Voilà la vérité !

Pour nous, il n’y a pas de territoires perdus. En conséquence de quoi j’ai dit que je diviserai par deux le nombre d’étrangers que nous accueillerons sur notre territoire dans les cinq années qui viennent…

(sonnerie)… c’est la manifestation d’un accord…

et que par ailleurs je considérais normal qu’avant de faire venir sa famille au titre du regroupement familial, on vérifie que l’on ait un logement, un emploi et que ceux qu’on veut faire venir aient appris le français et les valeurs de la République avant de pénétrer sur le territoire de la République.

J’ajoute, mes chers amis, que je demande que pour avoir le RSA, on ait dix années de présence en France et pour bénéficier de nos prestations, au moins cinq années de cotisation. Il n’est pas normal que l’on puisse bénéficier de prestations si l’on n’a pas cotisé soi-même !

J’ai par ailleurs, au nom de mon idéal européen, voulu parler de l’Europe, parler de l’Europe comme un Européen convaincu. Mais mes chers amis, si nous avons fait l’Europe, c’est pour être protégés, pas pour être exposés !

Si nous avons fait l’Europe, c’est pour être plus forts, pas pour être moins forts ! Et si nous avons fait l’Europe, c’est pour exercer notre souveraineté avec les autres, pas pour renoncer à l’exercice de notre souveraineté. J’ai demandé et j’ai prévenu : nous sommes d’accord pour gérer avec nos partenaires européens nos frontières mais à la condition qu’ils les gèrent vraiment.

Nous ne pouvons pas accepter que la frontière entre la Grèce et la Turquie, sur 115 kilomètres, soit ouverte à tous les vents, régulée et contrôlée par personne. Je demande donc que Schengen ne soit pas géré par des bureaucrates et par des technocrates mais par les ministres de l’Intérieur avec un président stable de Schengen comme il y a maintenant un président stable du gouvernement économique de l’Europe. Je demande l’harmonisation du droit des étrangers pour qu’on ne puisse pas faire de la course aux prestations sociales à l’intérieur de l’Europe et je demande qu’on puisse exclure un pays qui ne respecterait pas les règles de garantie des frontières communes de l’Europe comme on pourra sanctionner un pays qui ne respecterait pas la règle des déficits. Si tout ceci n’est pas mis en oeuvre dans un an, la France quittera Schengen jusqu’à ce que Schengen se dote de règles véritablement appliquées.

Et je veux le dire à chacun d’entre vous : c’est parce que je suis Européen que je demande cela parce que je dénie à ceux qui n’ont jamais cru en l’Europe le droit et la crédibilité de faire changer l’Europe. J’ajoute : qu’en sera-t-il demain lorsqu’on aura perdu toutes nos usines, qu’il y aura eu les délocalisations ? Que dirons-nous aux ouvriers ? Qu’il faut croire à l’Europe ? L’Europe doit se défendre.

L’Europe a un projet de civilisation, l’Europe a un projet humaniste ; l’Europe ne peut pas être une passoire. L’Europe ne peut pas continuer à imposer aux producteurs européens des règles et à continuer à importer des produits venant de pays à qui on n’impose aucune des règles qu’on impose à nos producteurs. Et je le dis avec plus de force encore pour nos agriculteurs : bien sûr le bien-être animal, bien sûr la traçabilité mais dans ce cas-là, on arrête de faire venir en Europe des produits d’élevage venant de pays où le mot « traçabilité » ne se traduit pas et n’existe pas ; c’est l’Europe que nous voulons ! L’Europe de la réciprocité.

Mes chers amis, si les Américains depuis 1933 ont pu faire que les marchés publics ne sont attribués qu’aux entreprises fabriquant sur le territoire américain, pourquoi devrions-nous en Europe attribuer des marchés publics ?

Tous nos marchés publics sont ouverts à des entreprises venant de pays où aucun marché public n’est ouvert ! Cette absence de réciprocité est parfaitement inacceptable. C’est une question de volonté, c’est une question d’engagement. Il y a six mois…

(Parlant de la sonnerie ininterrompue…) Ah ! ça fait du bien quand ça s’arrête ! Incontestablement… Je pouvais continuer avec mais franchement ça fait du bien quand ça s’arrête !

Il y a six mois, on me disait : le gouvernement économique, tu ne l’auras pas. La présidence stable, tu ne l’auras pas. La convergence, tu ne l’auras pas. Je suis désolé, je crois à l’Europe ; je pense qu’on est plus fort avec nos amis européens que sans.

Je crois au modèle européen, je crois à la civilisation européenne, je crois aux racines chrétiennes de la France. Il suffit de voir le long tissu de cathédrales et d’églises qui parcourent notre pays pour comprendre qu’on a des racines, qu’on vient bien de quelque part et quand on tourne le dos à ses racines, quel avenir peut-on envisager, quand on ne sait pas d’où on vient, on ne peut pas savoir où on va !

J’adresse ce message à tous ceux qui considèrent que parler de l’identité de la France, de la culture française, de notre mode de vie, de nos traditions, de ce qu’on aime, être ensemble et de notre ouverture – mais on aime être ouvert parce que justement on veut faire partager notre mode de vie, notre civilisation, tout ce que nous sommes mais on ne veut pas qu’on nous change ce que nous sommes et ce que nos parents et nos grands-parents nous ont légué.

Oui pour l’ouverture, oui pour la solidarité, oui pour la générosité ! Mais on ne veut pas que ça disparaisse, on ne veut pas que tout ce à quoi on croit, disparaisse, que tout ce qu’on aime, disparaisse, que les territoires qui ont façonné notre enfance, que les valeurs qui ont permis notre éducation… on ne veut pas que tout ceci soit balayé.

Nous ici en France, on croit à la responsabilité, on croit à l’autorité, on croit au respect.

Nous ici en France, demande que les élèves se lèvent dans les classes quand le maître rentre, nous ici en France, on veut que le ministre de l’Education nationale, suspende l’enseignante qui a osé faire faire une minute de silence pour le tueur !

Nous en France, on est fier de ces élèves qui sont sortis de la classe pour ne pas avoir à s’associer à cette enseignante ! Nous en France, on aime nos enseignants quand devant la tragédie, ils ont expliqué ce qu’il en était à leurs enfants.

Nous en France, on aime ce qui est juste ; on a été très choqué par un certain nombre de rémunérations extravagantes dans la finance mais on n’aime pas non plus, avec le même sentiment de la justice, que quelqu’un qui n’a jamais travaillé et jamais payé ses cotisations, gagne davantage que quelqu’un qui travaille et qui paie ses cotisations ! Voilà ce qu’on aime en France !

Nous, en France, on veut savoir qui dirige ! On veut savoir à qui dire merci quand ça va bien et à qui se plaindre quand ça va mal !

Nous en France, on considère que le rôle du chef, c’est de fixer une ligne, de s’y tenir envers et contre tous et en cinq ans, ma grande fierté, c’est de ne jamais avoir reculé y compris quand les manifestations étaient nombreuses.

Nous en France, on en avait plus qu’assez que les usagers soient pris en otages les jours de grève parce qu’il n’y avait pas de service minimum ! Aujourd’hui, il y a un service minimum !

Nous, en France, on apprécie le rôle des syndicats mais on ne veut pas que les syndicats fassent de politique et on considère que c’est un dévoiement syndical quand la CGT se mêle de la campagne électorale, qu’elle envoie ses permanents pour casser, pour détruire et qu’elle demande lorsque je viens visiter une centrale – fort heureusement écoutée par personne – le boycott. Un syndicat ne sert pas à faire campagne dans une élection ; un syndicat défend les intérêts des syndiqués et des salariés !

Nous en France, on n’aime pas les gens qui ont peur, peur de dire la vérité, peur d’assumer un certain nombre de choses.

Oui, je l’assume, je suis Européen et je demande que l’Europe défende ses frontières. Je l’assume, je suis Européen et je demande au nom de mon idéal européen, la réciprocité dans les négociations commerciales.

Oui, en France, j’en ai assez que lorsque les élus font des appels d’offres, ils ne puissent pas réserver une part de ces appels d’offres aux PME de leur territoire, que c’est toujours le plus grand qui récupère au prix le plus bas et quand le petit a disparu, comme par hasard, c’est les prix qui augmentent après ! Cela, nous n’en voulons plus en France !

Nous en France, on veut que la mère de famille qui a voulu se consacrer à l’éducation des enfants, elle a le droit, et puis qui ensuite, les enfants devenus grands – vous savez, cette période extraordinaire de la vie où les enfants sont tellement heureux quand vous allez les chercher à l’école et puis tout d’un coup (ah ! Je pense qu’il y a d’autres que moi qui l’ont vécu, ça)… « Dis donc tu ne peux pas me déposer au bout de la rue » (Ah ! vous l’avez vécu aussi ? Parfait !) – eh bien cette femme qui a consacré quinze ans, vingt ans de sa vie à éduquer ses enfants, qui veut reprendre une activité professionnelle, elle doit avoir un droit à la formation professionnelle parce qu’elle ne pourra pas reprendre un emploi, seule, après avoir été à l’extérieur du marché du travail pendant vingt ans !

Nous en France, on veut qu’un homme extrêmement jeune, par exemple un homme de 57 ans, dans la pleine force de l’âge, qui est dans le textile ou dans un métier qui ne va pas ou qui disparaît, ait un droit à apprendre un nouveau métier, parce qu’on n’est pas fichu parce qu’on a plus de cinquante ans, parce qu’on a encore quelque chose à donner et qu’on veut autre chose que d’être bloqué chez soi à attendre l’hypothétique appel qui ne vient jamais au 600e curriculum vitae qu’on a envoyé en pure perte ; cet homme-là, il a un droit à la formation professionnelle.

En France, on veut pour chacun de nos enfants un droit à apprendre un métier parce qu’on n’a pas tous des enfants qui sont faits pour faire des études longues ; on a aussi des enfants qui se réaliseront dans l’alternance, dans l’apprentissage, dans le commerce, dans des métiers manuels dont on a profondément besoin.

Mais il a le droit d’apprendre un métier, ce jeune ! J’étais à Rungis l’autre jour, c’était un long cortège où les gens me disaient : on cherche des jeunes, on n’en trouve pas ! J’ai été me promener à Valenciennes hier, le boulanger m’a dit : on cherche des jeunes, on n’en trouve pas !

Alors voilà ce qu’on va faire mes chers amis : chaque Français, quel que soit son âge, quel que soit son sexe, quelle que soit sa condition, sera reconnu comme ayant un droit à la formation professionnelle mais il ne pourra pas refuser la formation qualifiante qu’on lui proposera. Et à la fin de la formation qualifiante, il ne pourra pas refuser l’offre d’emploi correspondant à la formation qu’on lui proposera. Des droits et des devoirs !

Alors bien sûr – je parle sous le contrôle de mes amis parlementaires – 35 milliards d’euros, la formation professionnelle, n’est-ce pas cher Gérard LARCHER ? Il y a les régions, il y a l’Etat, il y a les syndicats, il y a les organisations patronales. Bien malin celui qui y comprend quelque chose parce qu’il y a la formation professionnelle et puis il y a également le financement des uns et des autres à l’intérieur.

J’ai dit que je ferai cette campagne en vérité ; personne ne m’empêchera de dire ma part de vérité : si les corps intermédiaires devaient empêcher cette réforme, alors mes chers compatriotes, je me tournerai vers le peuple français et je l’interrogerai par référendum pour qu’il dise quelle est sa vérité, à lui, le peuple français, avec deux questions très simples : êtes-vous d’accord pour que quel que soit son âge, on ait un droit à la formation professionnelle ? Et êtes-vous d’accord pour qu’une fois qu’on ait cette formation professionnelle, on soit obligé d’accepter l’offre d’emploi correspondant à la formation que l’on vous propose ? Et le peuple décidera.

De la même façon, on m’a dit : mon Dieu, vous voulez faire un référendum sur l’immigration ! Pas du tout, pourquoi ? Je veux simplement que soit mis un terme à cette incongruité juridique. Le juge de l’expulsion n’est pas le même que le juge de la détention administrative ; le juge judiciaire décide de qui doit rester dans un centre administratif.

Et le juge administratif décide de qui doit rester sur le sol français. Le juge judiciaire libère de la rétention administrative avant que le juge administratif ait décidé de qui avait le droit de rester ou pas sur le territoire de la République française. Imaginez, quand le juge administratif dit, c’est non et que la personne est déjà partie, elle revient spontanément pour dire : dans ces conditions… je m’en vais !

Eh bien je dirais qu’il faut un juge et un seul, le juge administratif, pour trancher ces questions. On me dit : mon Dieu, n’en parle pas, c’est trop compliqué ! Qu’est-ce qui est compliqué ?! Quand on conçoit les choses, les mots pour le dire viennent aisément. C’est un autre que moi qui l’a dit bien avant, mais c’est surtout une volonté d’une partie de nos élites de cacher la vérité au peuple français et considèrent que le peuple français n’est pas digne d’entendre la vérité, qu’il faut biaiser, qu’il faut mentir et qu’il faut trouver des arrangements.

Et naturellement c’est une réforme de la Constitution. Si le Sénat dont on sait qui a la majorité, devait refuser, eh bien j’irai au référendum pour demander aux Français quelle est leur opinion sur cette question.

Et mes chers amis, vous serez les garants de mes engagements. C’est vous qui déciderez. Lorsque j’ai fait cette proposition, mon Dieu, quel tollé !

Il y avait Jean-Marie LE PEN et puis moi à l’extrême droite… de Jean-Marie LE PEN ; le lendemain j’ai proposé que les exilés fiscaux, ceux qui sont bien contents d’avoir la nationalité française mais qui ne veulent pas payer la fiscalité française, soient obligés de payer leurs impôts en France. Là du jour au lendemain, j’étais passé de l’extrême droite à l’extrême gauche… de monsieur MELENCHON !

J’ai juste fait remarquer aux observateurs que comme la terre est ronde, en tout cas à ma connaissance, je devais me trouver à un point extrêmement central de l’échiquier politique.

Mais surtout je veux vous le dire comme je le pense et pour terminer : que peu m’importe ces commentaires, ils se trompent.

Je n’ai jamais senti, avec toute l’expérience qui est la mienne, le peuple français aussi disponible pour des idées nouvelles, aussi disponible pour un discours de vérité, aussi disponible pour oublier ses attaches politiques traditionnelles et épouser un projet pour peu qu’il soit crédible, qu’il soit fort et qui corresponde à ce qu’il est.

Vous savez, mes chers compatriotes, pendant les cinq dernières années, oh ! Je n’ai pas tout réussi mais j’ai donné le maximum de ce que je pouvais donner. Je vous le dis du fond de mon coeur, ici à Ormes, j’ai tout donné ; j’ai affronté quatre ans de crise comme jamais depuis la guerre notre pays ne les avait affrontés. J’ai essayé de vous protéger le mieux possible.

Ça a mobilisé toute mon énergie - je vous avais dit à Toulon que vous ne perdriez pas un centime de vos économies parce que je sauverai le système bancaire français – imaginez ici, au coeur de la France, au coeur de cette France profonde à laquelle je veux parler, imaginez, si nous n’avions pas sorti la Grèce, si l’euro avait implosé, si je n’avais pas défendu nos banques !

Imaginez, les queues aux guichets pour aller chercher une épargne qui aurait disparu parce que vos banques auraient disparu ! Pas un seul d’entre vous n’a perdu un centime d’euro parce que notre système bancaire a tenu et ça n’a pas coûté un centime aux contribuables !

Imaginez, mes chers amis, la violence de la crise que nous avons affrontée, si l’euro avait explosé, si on avait laissé tomber la Grèce, avec la réaction en cascade sur les autres pays, que se serait-il passé ? J’entends certains qui disent « il faut sortir de l’euro », ah ! La belle affaire ! Comme notre dette est libellée en euros, monnaie forte, si nous sortions, on rembourserait une dette libellée en monnaie forte, avec une monnaie libellée en monnaie faible ; par le simple fait que nous sortirions de l’euro, nous doublerions la dette de la France par cette seule décision. Quelle intelligence ! Quelle prescience ! Quelle proposition !!

Nous avons tout fait pour sauver l’euro et si l’euro avait explosé, c’est l’Europe qui aurait implosé. Et ici, on sait très bien pourquoi j’ai voulu l’alliance avec l’Allemagne, parce qu’il n’y a pas de trésor plus important qui nous ait été légué par nos grands-parents et nos parents, que la réconciliation.

C’est un devoir national que la convergence avec l’Allemagne. C’est un devoir national que de refuser toute germanophobie ! C’est un devoir national que de protéger la paix entre nos deux pays ! N’y a-t-il pas eu assez de morts dans vos familles ? Je sais parfaitement que mon grand-père que j’adorais, appelait les Allemands, je sais ce qu’il avait dans le coeur, lui qui avait participé, connu, senti la Première guerre et eu peur à la Seconde guerre, plus jamais ça, c’est notre génération qui a reçu cet héritage sacré de l’entente entre l’Allemagne et la France.

Oui, pendant ces quatre années de crise, je n’ai eu de cesse que de renforcer les liens avec Angela MERKEL, que de tenir ensemble, que de ne jamais nous opposer, que de ne pas nous lancer dans ce projet fou d’une confrontation entre les Allemands et les Français !

J’ajoute, mes chers amis, qu’attendait-on de moi ? Y en a-t-il un seul parmi vous qui souhaite que la France imitât la Grèce ou plutôt que nous nous inspirions de la réussite allemande ? Honte à ceux qui ont développé le thème de la germanophobie pour des raisons politiciennes parce que quand on n’est pas capable de dominer ses sentiments alors même que c’est l’intérêt de l’Etat, alors on doit se poser des questions sur ce qu’on a à faire à la tête de l’Etat.

L’amitié entre la France et l’Allemagne, elle est sacrée ; voilà le message.

Alors on me dit : ne le dis pas trop haut !

Parce qu’on n’a pas envie de vivre en Allemagne ! Mais bien sûr, moi je vis en France, mais moi je le dis parce que c’est important mes chers compatriotes, que vous sachiez les choses, que vous compreniez ce qui s’est passé, que vous compreniez la dureté du monde d’aujourd’hui, la difficulté que nous avons eue à sortir de cette crise financière et pour les cinq années qui viennent, tout le potentiel de la France.

Je voudrais peut-être – c’est l’idée la plus importune à mes yeux – que vous compreniez qu’il n’y a pas de possibilité de vous protéger si vous habitez dans un pays faible, que le destin de votre pays et le destin de votre famille sont intimement liés ; qu’une France forte protègera les Français, qu’une France faible exposera les Français. Voilà pourquoi il faut se battre pour que la France soit forte.

Et pour que la France soit forte, il n’y a pas d’autre solution, c’est le travail, c’est l’effort, c’est le mérite, c’est l’innovation, c’est l’investissement. Voilà le projet qui est le mien. Voilà pourquoi je veux dans les cinq années qui viennent, conduire notre pays, faire en sorte que la France soit fidèle à son héritage, que vos enfants aient un avenir, qu’on garde nos emplois, qu’on redevienne un pays compétitif avec un message au monde entier.

Vous savez, pour moi, quand les avions français sont les premiers à arriver dans le ciel de Bengazi, pour éviter cette ville martyre, je me suis dit « la France est fidèle à sa tradition en faisant cela ».

Aujourd’hui où nous avons eu les résultats de l’élection présidentielle au Sénégal, je ne peux m’empêcher de faire un lien entre le comportement exemplaire du président WADE et du nouveau président Macky SALL et ce qui s’est passé en Côte-d’Ivoire où la France a soutenu le président élu, Alassane OUATTARA, contre le dictateur qui avait refusé de faire des élections depuis dix ans en Côte-d’Ivoire.

C’est la même France, c’est la France forte ! C’est la même politique en dehors et en dedans !

Au fond, ce que je vous propose, mes chers compatriotes, c’est de ne pas transiger avec nos valeurs, de ne pas transiger avec nos principes.

Nous voulons rester ce que nous sommes mais nous devons accepter le monde pour peser sur lui, pour le réguler, pour le modifier.

Nous devons avec nos partenaires européens, être des acteurs majeurs de la mondialisation. Nous en extraire, c’est perdre toute forme d’influence.

Nous inscrire, c’est avoir la chance de peser et de faire un monde nouveau, une France forte, une Europe forte, pour un monde nouveau.

Et pour réussir cela, j’ai besoin de vous !

J’ai besoin de vous, mes amis, j’ai besoin de vous, mes chers compatriotes !

J’ai besoin de votre mobilisation !

J’ai besoin de votre enthousiasme !

J’ai besoin de votre idéal !

J’ai besoin que vous disiez : cette campagne, c’est la nôtre !

J’ai besoin que vous croyiez que le 6 mai sera votre jour, si vous le voulez, alors ensemble nous réussirons.


Vive la République et vive la France !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 28 mars 2012

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