Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à ll'élection présidentielle, sur la politique d'immigration, la construction européenne et la mondialisation, l'énergie nucléaire et sur la sécurité, à Elancourt (Yvelines) le 28 mars 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à ll'élection présidentielle, sur la politique d'immigration, la construction européenne et la mondialisation, l'énergie nucléaire et sur la sécurité, à Elancourt (Yvelines) le 28 mars 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Elancourt (Yvelines) le 28 mars 2012

ti : Mes chers amis,


Mes chers amis, si vous saviez le bonheur de trouver tous les jours des salles combles, des amis, des compatriotes, le peuple de France qui a compris que le premier message de ma campagne, c’est que moi, je ne veux pas parler à la droite, à la gauche, au centre, je veux parler au peuple de France dans son ensemble.

Je ne peux pas réduire les Français à ce que furent leurs votes avant les élections, lors des rendez-vous du 20ème siècle, nous sommes au 21ème siècle.

Je veux m’adresser à chacun d’entre vous, je veux proposer un projet politique cohérent qui réconcilie et qui rassemble la France. Il y a un peuple, le peuple de France, et c’est à ce peuple que je veux parler. Parce que les vieux clivages ne répondent pas aux questions d’aujourd’hui.

Alors, réfléchissons ensemble à ce que fut depuis le début de ma campagne, ce que furent les commentaires. Il y a un peuple de France, il y a une majorité silencieuse qui en a plus qu’assez qu’on lui confisque la parole et qu’on refuse le débat. Et c’est à ce peuple-là auquel je veux m’adresser. C’est lui et personne d’autre. Mais regardez comme c’est intéressant, j’ai commencé en disant si les corps intermédiaires empêchent la réforme, bloquent le débat, alors, je passerai par-dessus les corps intermédiaires et je m’adresserai à vous par le référendum et c’est vous, peuple de France, qui serez les garants de mes engagements. On m’a dit « populiste » !

Parce qu’il y a toujours une petite minorité parmi nos élites qui considère qu’il n’est jamais bon de vous demander votre avis, qui préfère décider dans leur coin, ensemble. Il ne fallait pas parler du référendum, il ne fallait pas parler des corps intermédiaires.

Il y a certains corps intermédiaires qui se conduisent de façon inadmissible. J’étais hier à Nantes, j’avais donné un entretien au journal OUEST FRANCE, grand journal en France. Ça n’a pas plu à la CGT.

Vous savez ce qu’a fait la CGT ? Ils ont décidé de bloquer la diffusion de ce journal, pour le seul fait, pour le seul fait que le président de la République avait donné un entretien à ce journal. Voilà la conception de la démocratie des permanents de la CGT. Cela ne se faisait pas de le dire avant moi, eh bien moi, j’ai décidé de dire la vérité aux Français, de parler de ce qu’il y a sous les cartes et de dire ce que c’est que la situation dans notre pays. Voilà la vérité ! Le scandale, empêcher la parution d’un journal, parce que dans le journal, il y a un président de la République qu’on ne soutient pas, qui a eu l’immense culot de prendre la parole !

Voilà leur conception de la politique. Imaginez, mes chers amis, que ce soit mes amis, ma famille politique qui aient fait ça, alors, il y aurait eu un défilé immense pour protester contre cette atteinte grave à la démocratie !

J’ai voulu aider, tendre la main, soutenir les ouvriers de la sidérurgie française, à Florange, parce qu’ils souffrent et parce que je crois dans l’avenir de la sidérurgie. J’ai obtenu de leurs actionnaires 17 millions d’euros d’investissement pour que les hauts fourneaux puissent recommencer.

Personne ne l’avait obtenu. Je l’ai fait pour les ouvriers de la sidérurgie et j’ai dit plus à Villepinte. J’ai dit que jamais nous ne laisserions tomber la sidérurgie, que je n’accepterais pas que l’on fasse à la sidérurgie française ce qu’on avait fait, comme abandon à propos de l’aluminium avec PECHINEY, qui reste une erreur dramatique.

Je veux faire pour la sidérurgie ce que j’ai fait, en d’autres temps, pour ALSTOM. Qu’a fait la CGT ? Ils m’ont envoyé ses permanents, ses permanents pour manifester devant mon siège de campagne pour faire de la provocation. Ce n’est pas de la démocratie. Parce que dans la démocratie, les syndicats défendent les intérêts des salariés et ils ne se mêlent pas de la politique. Parce que lorsque les syndicats se mêlent de la politique, alors, il n’y a plus de dialogue social possible, voilà la vérité !

Dans cette campagne, moi, je prendrai mes responsabilités, j’assume mes décisions, mais je veux que le dessous des cartes soit clair, qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, qu’il n’y ait pas de mensonge. Vous allez avoir à faire un choix historique dans un peu moins d’un mois, très important pour l’avenir de notre pays. Vous devez avoir toutes les cartes en main.

Lorsque j’ai commencé à parler en disant la France a toujours été un pays ouvert et elle le restera, que nous n’avons rien à craindre de la diversité et de l’ouverture, mais qu’il y a un moment, où nous devons dire, par souci de l’équilibre de nos comptes sociaux et de la bonne marche de notre système d’intégration, que nous ne pouvons pas accueillir tout le monde et que j’ai pris l’engagement de diviser par deux le nombre d’immigrés que nous recevrons dans le prochain quinquennat, si vous me faites confiance. C’est un devoir de vérité, c’est un devoir de transparence.

A ce moment-là, les mêmes ont protesté, il est de l’extrême droite, il travaille sur les terres de l’extrême droite ! Comme s’il y avait des terres qui appartenaient à qui que ce soit ! C’est les mêmes qui parlent aujourd’hui des terres de l’extrême droite, qui, hier, parlaient des territoires perdus de la République parce qu’ils avaient honteusement laissé tomber les quartiers et les banlieues !

La démission, le renoncement, l’absence totale de volonté et de conviction, voilà le dessous des cartes et voilà la vérité ! Jamais, jamais je ne plaiderai pour la fermeture, jamais vous m’entendez.

Jamais je ne plaiderai pour la fermeture de notre pays. Je sais d’où je viens et je sais tout ce que peuvent nous apporter ces Français de la nouvelle génération. Mais je veux dire une chose tel que je le pense. Le discours des extrémistes, c’est un discours de haine, c’est un discours de peur, parce qu’ils n’ont pas confiance dans la France.

Moi, j’ai confiance dans la France, je sais que la France est forte. Mais je veux dire aussi une chose, je ne demanderai pas des efforts aux Français, pour rétablir l’équilibre de nos comptes et dans le même temps, je n’accepterai pas qu’il y ait une immigration qui vienne en France que par l’attrait de nos prestations sociales. Parce que notre modèle social n’y résistera pas.

Dire cela c’est parfaitement respectueux des valeurs humaines. Mais que n’avais-je dit, lorsque j’ai dit que le regroupement familial était un droit, que je ne le contestais nullement, que je le garantirais. Mais qu’on ne vienne pas m’expliquer qu’on doit pouvoir faire venir sa famille si on n’a pas un logement décent ; qu’on ne vienne pas me dire qu’on doit pouvoir faire venir sa famille si on n’a pas un salaire pour la faire vivre. Et que je n’accepterai pas qu’on fasse venir sa famille si celle-ci n’a pas préalablement, à son entrée en France, pris la peine d’apprendre le français et de comprendre les valeurs de la République.

Pensons à la femme cloitrée dans son appartement par un mari qui ne respecte aucune des valeurs de la République, parce qu’elle ne parle pas français. Pensons à son enfant, quelle image aura-t-il de sa mère si celle-ci ne comprend même pas le message que lui transmettra le professeur, l’instituteur, dans son école. J’ai dit cela parce que c’était la vérité. J’ai dit également que nos prestations sociales il fallait dix ans de présence sur le territoire avant d’en profiter.

Je pense au Revenu Minimum Vieillesse, et qu’il fallait au moins cinq années de cotisations pour pouvoir bénéficier du RSA, parce que tout ceci est financé par le travail des Français et que la poche des Français n’est pas inépuisable. J’ai dit enfin, j’ai dit enfin que sur le territoire de la République on soignait tous ceux qui étaient malades, qu’ils soient présents légalement ou illégalement parce que la couleur de peau ; on n’est pas aux Etats-Unis d’Amérique ou avant de vous opérer on vous demande si votre Carte Bleue est valide et si votre compte en banque est fourni. Ici on soigne les gens parce que, quelle que soit la couleur de peau, on respecte l’être humain.

Mais je dis, de la même façon, que je garantirai l’AME, que je garantirai la CMU, mais que je demande que la Carte VITALE soit biométrique, parce que je ne peux pas accepter que le pays qui a le système le plus généreux au monde, il y ait des fraudeurs qui volent l’argent de ceux qui travaillent dur.

Alors le lendemain où j’avais été catalogué d’extrême droite, oubliant que l’extrême droite me réserve ses flèches les plus fortes, voilà que j’étais passé à l’extrême gauche. Remarquez, comme la Terre est ronde, je vais finir par me retrouver au Centre, ça me pend au bout du nez comme le sifflet au cou de l’arbitre. Alors j’étais à l’extrême gauche, pourquoi ? Je veux m’en expliquer devant vous, parce que je ne supporte plus les donneurs de leçons, qui partent à l’étranger parce qu’ils refusent la fiscalité française et qui sont bien contents de garder la nationalité française pour bénéficier des avantages de la France, et qui ne paient pas leurs impôts en France. Ceux-là, nous n’en voulons plus.

Donneurs de leçons, ils trouvent qu’il n’y a pas assez d’étrangers en France et qu’on n’est pas assez généreux en France ; mais ils vivent à l’étranger. Eh bien désormais, celui qui vivra à l’étranger comme un exilé fiscal, celui-là, sera obligé de payer ses impôts en France, parce que je ferai un lien entre fiscalité et nationalité. Je ne le fais pas parce que c’est l’extrême gauche, je le fais parce que c’est moral. Je le fais parce que c’est Républicain. Je le fais parce que j’y crois. J’ajoute que j’ai voulu dire, nous sommes le pays le plus généreux au monde, mais j’accepte le débat sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Les Français détestent l’injustice et ils ont raison. Mais je ne fuirai pas ce débat, pas plus ce débat-là que les autres ; je poserai la question de savoir ce qui est juste et ce qui est injuste. Juste : juste, c’est d’aider celui qui en a le plus besoin. Mais c’est injuste que celui qui n’a jamais travaillé, qui ne paie pas ses cotisations gagne davantage que celui qui a travaillé et qui paie ses cotisations. Voilà l’injustice.

Oui, il y a des rémunérations, il y a des rémunérations exorbitantes, des rémunérations choquantes, dans la finance ou ailleurs. Je les combats, mais qu’on ne vienne pas me donner des leçons. Parce que dans les exemples récents, qui a voté les rémunérations d’un grand patron ? Qui se trouve bien de voter des rémunérations faramineuses ? Ce sont des actionnaires. Ceux-là même qui ont le coeur à gauche, qui soutiennent le soir, Monsieur François HOLLANDE, et qui dans la journée votent pour le président d’une grande entreprise, des rémunérations exorbitantes. Pas de leçons de morale, de l’honnêteté, de la droiture, de la sincérité et de la vérité. Voilà la campagne électorale que je souhaite.

Le matin, m’insulter dans une radio c’est facile, quand je ne suis pas là. Me rendre coupable ou responsable de rémunérations faramineuses alors que c’est ses propres amis qui sont actionnaires de la société, qui viennent décider d’une rémunération scandaleuse, qui choque les Français. Voilà la vérité. Cette vérité-là, c’est le dessous des cartes. Dans cette campagne, on ne pourra pas fuir le débat. On ne pourra pas jouer l’esquive, on ne pourra pas mentir ; on ne pourra pas tromper les Français parce que je ferai campagne en vérité, que cela plaise ou non. Parce que l’heure est trop importante, les choix sont trop lourds pour qu’on masque le débat.

Alors continuons. J’ai dit, moi que toute ma vie était européenne. Toute ma vie, j’ai été européen. J’ai dit que si l’Europe continuait comme cela, elle trahirait l’idéal humaniste de ses fondateurs. J’ai dit que l’Europe nous ne l’avions pas faite pour faire souffrir les peuples. Que l’Europe nous ne l’avions pas construite pour être moins forts, mais plus forts et j’ai voulu – sacrilège – poser la question dont on ne parlait plus depuis des années dans la vie politique française, la question centrale : celle des frontières. Les frontières, ce mot, ce n’est pas un gros mot. Cette réalité c’est une vraie réalité. Je ne veux pas le rétablissement des frontières entre les pays européens. Mais je pose comme condition que l’Europe se dote de frontières qu’elle défende. Si nous avons décidé de nous doter d’un Schengen, de frontières communes, c’est pour que les autres fassent le travail que nous faisions avant. Je donne un an à l’Europe, un an, pour que cesse le scandale de la frontière entre la Grèce et la Turquie, où cent quinze kilomètres ne sont défendus par personne, où on passe n’importe comment, et une fois qu’on est rentré par cet endroit, on vient en France parce que c’est le pays le plus généreux.

Nous n’avons pas fait l’Europe pour avoir une Europe passoire. C’est une vérité. Et c’est justement parce que nous sommes Européens que nous pouvons dire cela. Je dénie le droit à ceux qui nous proposaient de sortir de l’Euro, de rembourser notre dette en monnaie faible de façon à ce qu’on double notre dette, comme si on n’avait pas déjà assez de peser sur l’avenir de l’Europe. Je pose la question des frontières et je dis : c’est très simple. Un an. Si au bout d’un an il y a des progrès, nous restons. Si au bout d’un an il n’y a pas de progrès, nous partons. C’est ce qu’a fait le Général de GAULLE pour défendre la politique agricole commune. Ça s’appelle le volontarisme, ça s’appelle la politique et ça s’appelle le leadership de la France, parce que la France que j’aime, la France dans laquelle je crois elle montre le chemin.

J’ai dit également que je croyais à l’économie de marché, au libre-échange, que je croyais à la concurrence, mais que je n’acceptais pas que depuis 1994 la totalité de nos marchés publics soient ouverts et qu’en Asie la totalité des marchés publics soient fermés. Je demande la réciprocité. Et je dis : ne confions plus nos marchés publics à des entreprises venant de pays qui n’ouvrent pas leurs marchés publics. Alors, je donne un an, un an, pour qu’il y ait la réciprocité. Si au bout d’un an il n’y a pas la réciprocité, eh bien nous créerons un European Buy Act. Nous ferons ce que font les Américains depuis 1933. C'est-à-dire que les marchés publics commandés et payés avec de l’argent public seront réservés à des entreprises qui produisent en Europe et interdits à des entreprises venant de pays qui n’ouvrent pas par réciprocité, leurs marchés publics aux entreprises européennes. C’est être Européen que de dire cela.

J’ai dit : il faut que l’Europe se dote d’un small business act, c'est-à-dire que nous défendions nos petites et moyennes entreprises. Parce que le processus est toujours le même. Il y a beaucoup d’élus, et je les en remercie, de ce département des Yvelines, notamment toi, Monsieur le Maire, qui me disent : on fait des appels d’offres, on choisit l’entreprise la moins disante, celle qui fait les prix les moins chers.

C’est toujours la plus grande. Les petites entreprises sont liquidées parce qu’elles ne peuvent pas accéder à ces marchés. Et une fois que la petite entreprise a disparu du marché, comme par hasard, on voit les prix remonter. Eh bien je donne un an, un an à l’Europe, pour mettre le small busines act en oeuvre. Si ce n’était pas fait dans un an, je dirais aux élus : 20% des marchés publics seront réservés aux PME sur le territoire de la République française. Ce sont les vrais sujets. Ce sont des vraies questions et vous serez les garants de mon engagement.

Et j’ai continué en prenant un sujet extrêmement difficile qui est lié à l’Europe. C’est une grave erreur que de construire l’Europe simplement des consommateurs. Parce que le jour où le consommateur perd son emploi, qu’est-ce qu’il peut consommer ?

Moi je crois à l’Europe des producteurs et à l’Europe des travailleurs. Parce que le jour où les délocalisations auront fait partir toutes les usines, qu’est-ce qu’on dira aux ouvriers ? Qu’est-ce qu’on dira à nos enfants ? Et ils iront travailler où ? J’ai voulu alléger le coût du travail en France, parce que le monde est ouvert, et j’ai voulu que l’on fasse payer une partie de notre financement social sur la consommation et sur les importations. Oh, ce n’est jamais populaire de dire qu’on va faire 1.6 de TVA. Mais qu’est-ce qu’ils proposent ceux qui ont refusé cela pour éviter le cancer des délocalisations. Si le travail est plus cher en France, comment va-t-on garder nos emplois ? C’est pour cela que j’ai fait ce choix. Ce n’était pas le choix de la facilité. Mais pensez une chose, mes chers amis, on doit faire l’Europe pour nos entreprises, pour nos agriculteurs, pour les travailleurs, pour les salariés et les consommateurs en tireront le bénéfice. Ne penser qu’aux consommateurs, choisir toujours le prix le plus bas produit dans l’endroit où il y a le moins de droits, alors c’est un marché de dupe. Parce qu’en Europe, nous l’avons faite parce que nous croyons à la civilisation européenne. L’Europe nous l’avons construite parce que nous croyons à un modèle social européen. Si l’Europe est ouverte à tous les vents, alors il n’y aura plus de civilisation européenne et plus de modèle social européen. C’est cela que nous devons défendre. Si nous continuons à imposer à nos chefs d’entreprise des règles environnementales, sociales, monétaires, en acceptant que viennent en Europe des produits qui ne respectent aucune des règles que nous imposons aux nôtres, comment on va s’en sortir ?

Ce que je dis pour les chefs d’entreprise est encore pire pour l’agriculteur. Je crois au bien-être de la condition animale ; je crois à la traçabilité. Mais pourquoi imposer cela à nos agriculteurs et continuer à faire venir en Europe des biens produits dans des pays où on ne connait pas le mot traçabilité et où on se moque du bien-être et de la condition animale ? C’est être européen que de dire ça. Et au fond mon projet politique, je le dis ici pour vous, c’est de réconcilier ces deux France – la France du oui et la France du non –.

La France, et nous en avons besoin, qui n’aspire qu’au grand large et la France et nous en avons besoin qui veut garder son mode de vie, qui veut garder ses traditions, qui veut garder ses paysages, ces deux France ne sont pas incompatibles. Ces deux France nous en avons besoin. Et le rôle d’un homme politique qui se présente pour conduire le pays pendant cinq ans, c’est de les réconcilier et c’est de proposer une cohérence à ces deux France-là, et ça me parait beaucoup plus intéressant que de penser et de savoir si on est gauche, à droite, à l’extrême gauche, au centre ou à l’extrême droite.

J’ai parlé de la République. Oh, que n’avais-je dit ! Parce que la République, ils en parlent d’autant plus qu’ils la connaissent si mal. La République, celle que nous voulons c’est une République des droits et c’est une République des devoirs. Et je pense qu’il est venu le temps de rappeler les devoirs et contrairement à ce que pense Madame AUBRY, nous, nous ne voulons pas…, nous ne voulons pas des horaires séparés dans nos piscines municipales pour les femmes et pour les hommes. Nous ne voulons pas dans nos hôpitaux, nous ne voulons pas que les médecins soient différents pour les femmes et pour les hommes. Nous ne voulons pas que dans nos cantines les menus soient différents selon les origines et la religion de nos enfants. Et pour que les choses soient claires, nous ne voulons pas sur les trottoirs de la République, de femmes en burqa, parce que ce n’est pas notre conception de l’égalité de la femme et de l’homme.

Je dis, en pensant aux évènements que nous avons vécus, je dis en pensant que nous avons vécus, je vous dis mes chers compatriotes, je n’accepterai aucun amalgame, aucun, parce que ceux qui souffrent des amalgames ne le méritent pas. Parce que ce que nous avons subi nous, la France, notre Communauté nationale, est si douloureux qu’on ne doit pas ajouter l’injustice à l’ignominie de ces crimes.

Et je défendrai tous nos compatriotes d’origine musulmane, qui n’y sont pour rien et qui ne demandent qu’une seule chose : vivre dans la République, croire dans la République et respecter la République ; oui, je les défendrai parce que c’est mon devoir de chef de l’Etat. Mais je veux dire de la même façon, qu’ils doivent m’aider à les défendre en séparant ce qui est de leur croyance et ce qui est de l’extrémisme. Je n’accepte pas qu’un grand congrès, une organisation invite sur notre territoire des Imams ou des prêcheurs qui tiennent des propos qui sont la honte de la République. Ils ne sont pas les bienvenus. Ils ne seront pas autorisés à rentrer en France. Nous n’en voulons pas. Nous n’en voulons pas.

Lorsque j’ai dit et que j’ai proposé au congrès en 2008 d’interdire la burqa sur le territoire de la République, cher Gérard, à l’époque président du Sénat, j’ai été étonné de voir que la quasi-totalité des élus du Parti socialiste n’ont pas pris part au vote. Y compris Monsieur HOLLANDE. Sans doute avait-il d’autres occupations ce jour-là. Des occupations plus importantes que de décider si sur le territoire de la République on pouvait traiter une femme comme une esclave, emprisonnée derrière un morceau de tissu.

A moins qu’il n’ait pas eu envie de prendre part à un débat. A moins qu’il n’ait pas eu envie d’assumer sa part de responsabilité. Vous êtes pour, ou vous êtes contre ? Moi je suis contre. Vous, dites votre avis. Parce que les Français doivent savoir ce que pense sur un sujet de cette importance un candidat à la présidence de la République.

J’ai vu après les évènements de Toulouse et de Montauban, j’ai vu qu’il ne fallait pas voter les propositions que je faisais. J’y reviendrai. Parce qu’on disposait d’un arsenal législatif excellent, aux dires de ces excellences. Le problème c’est qu’ils n’ont voté aucun des textes que j’ai proposés pour la sécurité des Français, depuis 2002. Imaginez la crédibilité de ce propos, quand on veut diriger la France. S’abriter derrière des textes que j’ai fait voter et qu’ils ont combattus. Ne même pas avoir l’honnêteté de dire : on s’est trompé, on aurait dû les voter. Et venir devant les Français pour dire : au fond, nos lois sont très bonnes ; pourquoi en faire d’autres.

Mais si elles étaient très bonnes, pourquoi vous avez voté contre ? Le pire, ou le mieux, j’ai vu dans le programme du candidat socialiste, remarquez ça ne m’a pas pris beaucoup de temps à lire, le programme est light, de ce côté-là c’est très allégé ; une des propositions centrales pour faire face à la délinquance des mineurs c’est le doublement des centres éducatifs fermés. Intéressant. Monsieur HOLLANDE a voté contre quand j’ai proposé la création des centres éducatifs fermés. Et maintenant il vous propose de les doubler ! … il vaut mieux les tripler même, pendant qu’on y est.

Dans cette campagne, chacun peut défendre ce qu’il veut mais il doit le faire honnêtement. Il doit faire en vérité. Il ne doit pas biaiser. Il ne doit pas truquer. Il doit dire ce qu’il veut et comment il le pense. Moi je vous dis ce que je pense. Quand le père de l’assassin prend la parole, c’est indigne et c’est indécent. Et je le dis, parce qu’en le disant, j’évite les amalgames. J’évite l’ambigüité et je dis : ce propos est inacceptable et insupportable. Je dis également que la diffusion des images de ces assassinats monstrueux, serait une honte pour la mémoire des victimes et pour leur famille. Et j’appelle tous les médias de France et du monde entier à refuser d’être les complices de cette ignominie. Je dis de la même façon que la manifestation à Toulouse de femmes voilées en soutien du tueur est une honte. Que nous l’avions interdite, et que la police a bien fait de la disperser.

Mais j’avoue que je ne comprends pas ; le premier de ces crimes a eu lieu le 11 mars ; le 21 le criminel était encerclé et mis hors d’état de nuire. Dix jours, la police a fait un travail remarquable. Honte à ceux qui mettent en cause le travail des Forces de l’Ordre. Honte à ceux-là. Mais vous croyez que les Français ont oublié le temps qu’il a fallu à ceux qui nous ont précédés, pour ne pas arrêter le tueur d’un Préfet de la République lui aussi abattu à bout portant. Alors pas de leçons, pas de morale. Et quand on veut aspirer à diriger la France, on ne commence pas par insulter et par refuser sa confiance aux Forces de l’Ordre. D’ailleurs, j’aimerais savoir où en est la proposition du candidat socialiste qui expliquait qu’il y a un mois il se voyait déjà élu, et que dans ce cas il mettrait dehors tout magistrat, tout policier, tout préfet qui auraient commis le crime d’avoir été proche de moi. Quand on voit le travail du Raid, le travail des Forces de Renseignement, le travail de la Police, est-ce que l’avis de Monsieur HOLLANDE c’est toujours de se séparer de gens qui ont fait un travail de cette qualité pour la sécurité des Français ? Cela aussi les Français veulent le savoir.

Enfin, enfin, mes chers amis, enfin, mes chers amis, j’ai dû faire face à une pression immense sur une question essentielle, dont on me dit : il ne faut pas en parler, ça n’intéresse pas les gens, cette question de notre indépendance énergétique. La France a des atouts et des difficultés, mais mon Dieu, grâce au choix du Général De GAULLE, confirmé par tous les présidents de la République, François MITTERRAND compris, nous avons une électricité qui nous coûte 35% moins cher que chez nos voisins. C’est un atout de compétitivité pour nos industries et pour nos entreprises. J’ai dit que si j’étais élu, je continuerais à investir dans le nucléaire et dans le renouvelable, parce que le nucléaire, c’est l’indépendance de la France. Mais imaginez le candidat socialiste, le même jour, explique qu’il va bloquer les prix du pétrole, ça, je savais qu’il avait le sens de l’humour, mais à ce point, c’est fantastique, aller bloquer les prix du pétrole, produit à des milliers de kilomètres du pays qu’il aspire à diriger.

Ça impressionne ! C’est-à-dire qu’il va signer un petit arrêté en disant : j’interdis aux Saoudiens d’augmenter le prix du pétrole. Je suis sûr que ça va impressionner, et je les sens déjà trembler ; de qui se moque-t-on ? La vérité, c’est que les énergies fossiles, le pétrole et le gaz, il y en aura de moins en moins. Et que la croissance mondiale fera qu’on aura besoin de plus en plus d’énergies, ça, c’est la vérité. Est-ce que vous croyez que c’est le moment où les prix du pétrole et du gaz augmentent pour couper l’énergie nucléaire ? Alors que 60 ans d’efforts de nos ingénieurs et de nos ouvriers nous ont permis d’avoir cette indépendance-là ? Alors pourquoi cela ? Pourquoi ? Ah, on me dit : parce que c’est dangereux, et alors GREENPEACE commande un sondage, alors là, on est tranquille, on voit déjà le sondage, enfin, on voit d’abord GREENPEACE, et ensuite, le sondage, pour dire : il faut faire peur, mais regardez comme c’est intéressant, les mêmes qui m’accusent matin, midi et soir d’agiter des peurs et des fantasmes, qu’est-ce qu’ils agitent sur le nucléaire, si ce n’est la peur et le fantasme, alors voyons, Fukushima a tout changé, mais Fukushima, c’est quoi ? Nous y avons été avec Nathalie, c’est quoi ? C’est un tsunami.

Monsieur HOLLANDE dit : la première centrale nucléaire, je fermerai en urgence Fessenheim, bon. J’avais quand même gardé quelques souvenirs de géographie de l’école, mais je regarde une carte, je dis : Fessenheim ? C’est l’Alsace, et je lui dis : mais c’est où la plage en Alsace ? Je pense qu’il n’est pas fautif, c’est madame JOLY qui l’a conseillé. Ensuite, la deuxième qu’ils veulent fermer, c’est Saint-Laurent-des-Eaux, je m’y précipite, je me dis : « des-Eaux », il y a peut-être un risque de tsunami, eh bien, c’est la Loire.

Et ça veut diriger la France ! Voilà, voilà comment on traite, cher Eric BESSON, un sujet aussi sérieux que l’indépendance énergétique, que la politique nucléaire, quand il y a eu l’anniversaire de la mort de monsieur MITTERRAND, je les ai tous vus faire le pèlerinage, et ils ont eu raison, il faut être fidèle, mais permettez-moi de vous dire que pendant les deux septennats de monsieur MITTERRAND, quarante de nos réacteurs ont été ouverts sous sa présidence, ceux qui se réclament de sa fidélité et d’avoir été ses collaborateurs ne devraient pas oublier que François MITTERRAND, lui, au moins, a eu la grandeur de poursuivre l’indépendance énergétique de la France !

Alors – et je terminerai par-là – voilà qu’il y a un nouveau reproche à me faire, tous les jours, il y en a un nouveau, j’instrumentalise la sécurité, grand débat, la sécurité ne vous intéresse pas, ni celle de vos enfants ni celle de vos familles, et c’est moi qui ai tort d’en parler. Alors là, j’ai cru que c’est JOSPIN qui revenait. Souvenez-vous, un homme de qualité, et quand vous lui disiez : Monsieur le Premier ministre, on a peur, il vous disait : pas du tout, vous avez le sentiment d’avoir peur. Et ça change tout. Là encore, je n’aurais pas le droit de parler du problème de sécurité, ni de sécurité contre le terrorisme, ni de sécurité contre la délinquance, je n’aurais pas le droit, ce serait en soi un crime.

On n’a le droit de parler que de ce que ces excellences acceptent de parler, mais comme ils ne parlent de rien, si on les suit, ça ne va pas bien être passionnant. Je comprends pourquoi ils ont des salles moins remplies que les nôtres. Remarquez, quand ils vont à la télévision, c’est remarquable, ce n’est pas à vous qu’ils parlent, c’est à eux, ils se mettent un petit miroir dans la main, et puis, ils se regardent : je n’ai pas envie de parler de sécurité, donc je n’en parle pas, circulez, il n’y a plus rien à voir, rentrez chez vous.

Mais moi, je veux en parler, je dis une chose : nous avons besoin d’avoir 20 000 places de prison supplémentaires, parce que je veux l’exécution de la totalité des peines, y compris des petites peines.

Nous avons besoin des peines plancher, parce que je veux que les récidivistes soient davantage condamnés que les primo délinquants, et nous avons besoin de poser la question de la justice des mineurs, parce qu’un mineur d’aujourd’hui n’a rien à voir avec un mineur de 1945 ; refuser de parler de ça, refuser d’évoquer ces questions, c’est ouvrir la porte aux extrémistes qui parleront de ces sujets à la place des républicains, mais qui en parleront mal, qui en parleront avec brutalité, qui en parleront pour opposer les uns et les autres.

Moi, je veux en parler pour trouver des solutions et pour rassembler un pays qui en a besoin. Mais mes chers amis, je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce qui est en train de se passer, tout était prévu, il n’y avait pas besoin de campagne, je me souviens encore des Unes des journaux, il est vrai, c’était il y a deux mois et demi, avec mon concurrent socialiste, qui disait : je suis le prochain président, moi, je n’ai rien dit, mais je me disais : il a tort de dire cela, parce que le peuple français, c’est un peuple libre, un peuple frondeur, qui ne se laisse jamais dicter sa conduite par qui que cela soit.

Pourquoi je ferai campagne ? Pourquoi je ferai cette campagne ? Tous les jours, de plus en plus, dans tous les territoires de la République. Parce que je sais que c’est vous qui déciderez, parce que je sais que le choix est d’une importance capitale pour notre pays, et parce que je n’ai, pour me faire entendre, je n’ai pour y arriver que vous, que votre soutien, que votre mobilisation, que votre amitié. Si vous, qui êtes une véritable lame de fond, dites maintenant : ça suffit, c’est nous qui avons la parole, c’est nous qui ferons cette campagne, c’est nous qui ferons la décision, alors oui, nous serons au rendez-vous du 6 mai, mais c’est vous et personne d’autre qui déciderez ! Et cette campagne, je la mènerai, comme je fais toujours les choses, jusqu’au bout, de toute mon énergie, de toute ma passion pour notre pays, de toutes les forces de mon amour pour la France ! Voilà pourquoi ! Parce que pour moi, rien n’est acquis, rien n’est gagné, parce que pour moi, il faudra convaincre jusqu’à la dernière minute, jusqu’à la dernière seconde, parce que pour moi, tout se jouera le 6 mai. Et le 6 mai, peuple de France, c’est vous qui déciderez et personne d’autre ! Vive la République ! Et vive la France !

Merci, merci Gérard, merci Jean-Michel, merci David, merci Christine.

Merci à tous les élus du département.

Merci Nathalie. Si vous saviez comme ça fait du bien.

Merci à tous !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 29 mars 2012

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