Programme électoral de M. Jacques Cheminade, président du parti "Solidarité et progrès" et candidat à l'élection présidentielle 2012, intitulé "Le Projet". | vie-publique.fr | Discours publics

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Programme électoral de M. Jacques Cheminade, président du parti "Solidarité et progrès" et candidat à l'élection présidentielle 2012, intitulé "Le Projet".

Personnalité, fonction : CHEMINADE Jacques.

FRANCE. Parti Solidarité et progrès, candidat à l'élection présidentielle de 2012

ti : JACQUES CHEMINADE
LE PROJET
31 janvier-18 mars

Préface


« Il y a dans notre France, sur les problèmes vitaux, une inertie de la pensée, une somnolence de l’esprit qui nous exposent à toutes les surprises jusqu’au jour où se produisent ces lumineux réveils qui viennent heureusement, quoique à de trop longs intervalles, sauver notre pays. »
Jean Jaurès, pour un article intitulé « Défaillance cérébrale »

Les autres candidats à l’élection présidentielle s’expriment comme si la météorologie politique était à peu près normale. Ils administrent un système qui meurt. Le risque est que notre avenir et celui des générations futures partent avec eux. Je monte sur la scène pour répondre au tragique de la situation.

Mon projet repose sur cinq piliers qui forment ensemble cette réponse :

- arrêter le césarisme par une mobilisation citoyenne : mettre hors jeu les chefs d’Etat qui, à l’image du nôtre, nous conduisent aveuglément au chaos et à la guerre de tous contre tous en servant une oligarchie financière dévoyée ;

- nettoyer les écuries d’Augias avec le principe de la loi Glass-Steagall : tarir la source de l’oligarchie en séparant banques de dépôt et de crédit d’une part et banque d’affaires de l’autre. Renflouer les établissements financiers responsables de la crise et livrer les victimes à une austérité destructrice, comme on le fait aujourd’hui, est moralement et politiquement suicidaire ;

- équiper l’homme et la nature sous inspiration et contrôle publics : rétablir une économie physique au service de l’homme en substituant au système monétaire privatisé actuel un système de crédit public finançant de grands projets de développement mutuel. Refonder ainsi l’Europe en substituant une alliance des peuples pour le progrès à la banqueroute de l’euro ;

- investir dans la créativité humaine : le critère doit être la densité de flux d’énergie et la production par être humain et par unité de surface. Sans ce critère, c’est une politique de dépopulation forcée et de guerre totale que nous imposera l’oligarchie, par nature attachée à un monde de ressources limitées ;

- créer une alliance de peuples suffisamment forte pour briser le garrot de l’oligarchie : par delà un monde atlantique qui détruit lui-même sa substance, il n’est d’autre choix qu’une alliance transpacifique et eurasiatique pour mettre en pièces l’empire de la City et de Wall Street.

La France doit retrouver sa dimension mondiale pour jouer un rôle de catalyseur dans ce projet. Autrement, nous ne resterons que le pion d’une Union de faux monnayeurs, vouée à sa propre destruction.

L’essentiel est là. J’ouvre par ailleurs de nombreuses pistes à explorer pour découvrir l’horizon des possibles qui s’offrira à nous si nous sortons du monde fini dans lequel on prétend enfermer notre liberté, écraser notre égalité, moquer notre fraternité et en fin de comptes, détruire notre capacité de continuer l’aventure humaine.
Les conditions d’un conflit mondial sont en train d’être réunies à partir du Proche et Moyen-Orient dans un monde incapable de se donner les moyens d’un futur. Nous sommes à la croisée des chemins. Voici venus les temps des hommes et des femmes de caractère et de fraternité. C’est notre nature humaine de pouvoir le devenir tous dans la tempête, pourvu que nous regardions la réalité en face.


Un grand chantier pour demain

Nous sommes en guerre. Un conglomérat d’intérêts financiers opérant depuis la City de Londres et Wall Street domine le monde. Sa loi est le profit à court terme, la possession, la cupidité et le saccage social.

J’avais dénoncé ces intérêts au cours de ma campagne présidentielle de 1995 et annoncé la crise mondiale qu’ils allaient fatalement provoquer. J’avais ouvert des pistes pour sortir du dilemme. Mon compte de campagne a été alors rejeté de façon ignominieuse par le Conseil constitutionnel, tandis qu’il approuvait ceux de MM. Chirac et Balladur. Depuis, malgré les calomnies et les poursuites engagées à mon égard par un Etat dévoyé, je n’ai cessé de me battre pour dire la vérité et tenter d’inspirer un sursaut.

Aujourd’hui, la crise que j’annonçais s’est produite.

Le féodalisme financier que dénonçait et combattait le programme du Conseil national de la Résistance est de retour. Notre crise dépasse par ses dimensions celle de 1929 et portera avec elle, si nous n’y mettons pas immédiatement un terme, des orages bien pires. Nous sommes au bord du gouffre.

Car les fondements mêmes de notre vouloir vivre en commun, entre nations et au sein de chacune d’entre elles, sont en train d’être ravagés. Non pas par des armées constituées ou des milices s’efforçant de conquérir des territoires, mais par un empire monétariste mondial qui avilit et contraint les esprits. L’Europe qu’on nous fait depuis les années soixante-dix du XXe siècle constitue le relais de cet empire, dont la France est devenue un pion.

Aujourd’hui, la pyramide de capital fictif accumulé au sein du système s’effondre. Ceux qui ont émis de l’argent sans contrepartie productive et au détriment de la justice sociale sont comme l’équipage d’un bateau ivre cinglant vers les récifs. Ils détruisent le fondement même sur lequel reposent leurs intérêts, car pour eux, le gain à court terme fait dans l’ombre prime sur tout, aux dépens de tout.

Cet effondrement est un terrible risque si l’on demeure passif, une occasion unique de rendre le monde meilleur si l’on mobilise ses énergies pour combattre.

Un projet ou un programme politique, s’il doit avoir un sens, doit partir de ce diagnostic. Or aucun parti ou responsable politique de notre pays ne le fait, du moins clairement. La plupart sont insérés dans ce système où s’est déroulée leur carrière, dans la France des réseaux et des carnets d’adresse. La minorité qui s’y oppose le fait négativement, sans présenter d’alternative. Car le « repli national », la « démondialisation » ou « rendre le pouvoir au peuple » sont autant de réactions aux effets du système, sans vision claire du bien commun et sans projet réel pour reconstruire. Les droites gèrent les peurs comme s’il était impossible de changer de système, les gauches cultivent les humiliations en donnant l’illusion qu’on peut changer la vie en le corrigeant et l’extrême gauche se complaît dans l’idée seule de l’anéantir. Je me bats au contraire pour l’alternative, qui est de bâtir une économie physique au service de l’homme, inspirée par une culture de la découverte et de la vie, sans asservissement monétariste ou chauvinisme autodestructeur.

C’est un grand chantier pour le futur qu’il faut ouvrir, fondé sur les capacités créatrices de l’homme, et non sur le désir d’être reconnu par le système existant ou la tentation d’une haine aveugle envers ceux qui simplement le représentent. Un monde où ces capacités créatrices seront respectées est un monde radicalement incompatible avec la loi financière de la City et Wall Street, avec la tradition des empires romain, byzantin, vénitien, britannique et anglo-américain. Les valeurs vitales ne peuvent se réaliser que contre cette oligarchie, mais au-delà d’une révolte, pour un travail en commun de recherche, d’innovation et d’équipement de l’homme et de la nature, en mettant en œuvre des technologies toujours plus productives par unité de surface et par individu. Assurer ainsi au monde un avenir est la seule voie pour retrouver le respect d’autrui et l’estime de soi. C’est cette porte que nous devons ouvrir pour notre jeunesse, avec la réalisation en commun de grands projets de développement et la joie partagée d’un enseignement aux frontières de la connaissance.

Il n’est pas, il ne peut y avoir de justice sociale dans une société où la science ne fournit pas les moyens de faire vivre davantage d’êtres humains, où la société d’aujourd’hui ne sert pas les générations de demain.

Nos ennemis, qui sont les ennemis du genre humain, ne s’y trompent pas. Ils promeuvent une politique malthusienne de dépopulation par tous les moyens, par l’incitation et par la force, car ils savent que leur système monétariste ne peut faire vivre la population mondiale, même au niveau actuel. C’est pourquoi leur politique est criminelle. C’est pourquoi, aussi, ceux qui refusent l’essor et l’application des capacités créatrices de l’homme se font leurs complices ou leurs idiots utiles.

Sortir du monde de la City et de Wall Street ne signifie pas sortir du nucléaire, mais au contraire, le développer en le réinsérant dans une progression continue vers des formes de production d’énergie de plus en plus denses, permettant d’aménager la nature pour nourrir plus d’êtres humains, parvenir à un développement mutuel à l’échelle de la planète et ouvrir la porte des voyages dans l’espace. L’oligarchie de la Renaissance était opposée à la création de Républiques sur un continent nouveau et elle s’efforça de les anéantir ; de même, celle d’aujourd’hui s’oppose à une politique de l’espace impliquant un développement des connaissances humaines qui aboutirait au rejet de sa domination destructrice et irrationnelle.

Affirmer cette cohérence entre une politique de justice sociale et une ardente obligation de développement culturel, scientifique et technologique est la raison de mon engagement dans la campagne présidentielle.

Le modèle ultra-libéral que nous subissons aboutit à créer un ordre social à deux vitesses, avec une minorité d’emplois bien payés dans les activités financières et une masse d’emplois très faiblement rémunérés, en particulier dans les services à la personne et la grande distribution. Le retour du féodalisme financier a ainsi conduit au retour d’une forme nouvelle de domesticité comme au XIXe siècle, accompagnée d’un asservissement par le chantage à la dette. C’est de cela qu’on doit sortir si l’on veut rétablir une société voyant et agissant avec les yeux du futur et créant des emplois qualifiés et motivants en vue de ce futur.

Les atouts de notre pays sont notre natalité plus élevée qu’ailleurs en Europe, notre politique de santé publique, des systèmes de transport et de télécommunications avancés, des enseignants et des chercheurs de premier plan, le nucléaire, l’aérospatiale et l’automobile. Sachons jouer sans complexe ces atouts des Trente Glorieuses. Le service public sera au cœur de ma campagne pour les défendre, en animant une éducation dès les maternelles et le primaire qui offre à chacun les moyens réels d’être le meilleur pour participer à la société de l’avenir, où tous pourront trouver un emploi à la hauteur d’une exigeante qualification.

Pensons par delà l’Europe et le monde transatlantique au monde Pacifique qui vient, dans lequel nous pouvons jouer un rôle avec l’Allemagne, à condition de mener une politique de co-développement de l’Atlantique à la mer de Chine en y faisant participer le monde africain et méditerranéen. C’est ce que nous avons appelé un Pont terrestre eurasiatique, avec une Europe de l’Atlantique à l’Oural et une Eurasie de l’Atlantique à la mer de Chine.

Il serait désastreux que nous abandonnions le printemps des peuples sans lui fournir les moyens d’arriver en été, et que nous-mêmes, en Europe, passions de l’automne à l’hiver.

Ma campagne vise donc à être un défi et un réveil, préparant dès aujourd’hui une relève de la garde.
La nouvelle présidence pour laquelle je me bats impose en effet un nouveau gouvernement, composé de femmes et d’hommes dont les convictions soient cohérentes avec ce que je viens de dire. On ne fait pas une politique nouvelle avec des personnes ayant appliqué une politique ancienne, surtout lorsque cette dernière a fait faillite. On ne fait pas la guerre avec les généraux qui ont vécu et commandé dans le confort douteux d’une mauvaise paix. On ne remotive pas la jeunesse (80 % des 18-24 ans n’ont pas participé aux dernières élections locales) avec des « bourgeois bohèmes » blasés. On ne bâtit pas l’avenir avec ceux qui ont prospéré dans une société de connivences et de privilèges, dévoyée par le corporatisme et la corruption des élites. On ne dirige pas une France qui a manqué à ses valeurs avec les responsables de ces manquements.

La démondialisation dont parlent certains est ambiguë car nous sommes entrés dans une économie-monde dont nous ne pouvons sortir. Il faut redéfinir la mondialisation en la définanciarisant, en revenant à un esprit de grands projets réalisés en commun par les Etats et en rétablissant la souveraineté nationale de chacun en vue de l’émission de crédits en faveur de ces projets communs. Un système de crédit productif public pour des investissements à long terme doit ainsi prendre la place du monétarisme fondé sur le profit à court terme. L’Etat républicain doit revenir aux commandes pour l’imposer contre l’oligarchie et retrouver son rôle inspirateur, animateur et instigateur en nous faisant jouer la partition du progrès. C’est cela le grand chantier pour le futur.
Faute de l’ouvrir, nous nous détruirions nous-mêmes.

La France ne peut, bien entendu, parvenir seule à le lancer. Elle peut cependant en être un catalyseur, à condition de combattre sans compromissions les oligarchies et, au besoin, en pratiquant la politique de la chaise vide. Il ne faut pas craindre d’avoir raison tout seul, si les autres ont tort ensemble. Notre chance est grande, d’autant plus qu’il se constitue en Russie, en Chine et aux États-Unis, autour du rejet de la présidence d’Obama et de ses tuteurs britanniques, une alliance du Pacifique qui peut aller dans cette direction. Qu’elle aboutisse dépend du travail de mes amis dans ces pays, et tout particulièrement aux États-Unis. La France, avec l’Allemagne et quelques autres nations européennes, doit peser dans ce sens, vers un accord anti-financier d’États-nations ayant suffisamment de poids pour rejeter la tutelle monétariste et les menaces de l’Empire.

La France n’appartient pas qu’aux Français. La France appartient au patrimoine de l’humanité, elle en est un point de référence. Sa grandeur et son rayonnement sont aujourd’hui tombés bien bas depuis que la droite a trahi l’esprit du gaullisme et la gauche l’héritage de Jaurès. A nous de la relever, pas seulement pour nous-mêmes, mais pour le bien commun des vivants et des générations à naître.

Nous n’avons pas le choix car nous sommes en guerre et, comme dans toute guerre, la survie de l’idée que nous nous faisons de l’homme dépend de notre victoire.

Ma campagne vise à organiser cette victoire en éveillant les forces latentes de notre pays. Elles sont là, je le sais, nous le savons.

Nous devons à la France cet éveil. Nous devons au monde un projet de civilisation.

Mes repères

Il existe en France une élite de l’élite qui entretient une connivence malsaine entre la grande banque, le monde des affaires et des intermédiaires affairistes, la haute administration, la politique, la justice, le journalisme, les arts et les lettres et l’édition. Il s’agit d’un milieu qui est imprégné par un culte de l’avoir, de l’instinct et de l’instant que propagent ceux qui opèrent sur le court terme des marchés. Cette élite de l’élite est l’émanation directe de la mondialisation financière ; elle dégrade les êtres humains en flattant leur désir de posséder et en tourmentant leurs anxiétés.

Son univers « d’en haut » est rejeté par la majorité des Français. Ils veulent « autre chose », mais ils ne savent pas dire quoi ou en ont perdu l’espérance. Face à une oligarchie qui promeut les images et les illusions, ils se sentent joués mais ont perdu l’estime de soi et le sens des solidarités collectives qui leur permettraient de rompre avec la règle du jeu. Ils savent que les États renflouent les casinos financiers qui ont fraudé et fauté, imposent l’austérité aux peuples, s’efforcent de piller leur épargne et sabotent l’économie productive. Ils sont cependant dépourvus et s’ils rejettent le système des partis établis, ils ne disposent pas des ressources pour monter eux-mêmes sur la scène. Ils sont indignés, atterrés ou passifs, mais ne conçoivent pas l’alternative. Ma candidature vise à leur redonner force et confiance, en leur inspirant un sursaut vers une dynamique de développement économique réel et de justice sociale qui refondera cette alternative.

Un nouveau Serment du jeu de paume et une nouvelle Nuit du 4 août sont nécessaires pour organiser leur participation à ce projet collectif. L’enjeu est le vouloir vivre en commun. Le défi est de rouvrir le champ politique aux classes populaires qui en ont été progressivement exclues, en abolissant passe-droits et privilèges.

A la croisée des chemins, nous devons redonner vie à nos repères fondateurs :

- le Préambule de notre Constitution du 27 octobre 1946, voté « au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine ». Repris dans la Constitution de la Ve République du 4 octobre 1958, il reste lettre morte dans tout son contenu social.

- le Programme d’action du Conseil national de la Résistance, établi le 15 mars 1944 afin d’instaurer « une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ». Une austérité de droite et une rigueur de gauche, associées à l’aventurisme sans projet des extrêmes, ont permis le retour de ces féodaux qui ont déchiré le tissu économique de notre pays.
La Déclaration de Philadelphie du 10 mai 1944, concernant les buts et objectifs de l’Organisation internationale du travail. Elle proclame que « le travail n’est pas une marchandise » et que « la pauvreté, où qu’elle existe, constitue un danger pour la prospérité de tous ». Il reste à soumettre la finance à ces principes, comme le voulait la Déclaration, alors que nous vivons au contraire dans un monde de réseaux, de vassaux et de suzerains, de plus en plus dépourvu de principes.

La Déclaration universelle des droits de l’homme, votée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948.

Ces textes et l’esprit de ces textes, dans lesquels nous sommes censés puiser notre inspiration et qui sont tous le résultat d’une longue histoire par laquelle l’homme a découvert en lui-même sa part de responsabilité humaine, sont aujourd’hui trahis. Mon objectif est de les faire revivre en ouvrant des pistes pour « élever à la dignité d’homme tous les individus de l’espèce humaine », comme le voulait Lazare Carnot.

C’est possible si l’on est convaincu que la France est « une certaine idée » qui s’accomplit dans l’histoire, pour le bien commun non pas seulement d’elle-même mais de tous les peuples. C’est possible si l’on croit réellement à la devise de notre République, « Liberté, Egalité et Fraternité », qui est toujours à réinventer. C’est possible si l’on croit au principe de notre Constitution, « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». C’est possible si l’on devient capable d’alimenter notre République avec la contribution toujours recommencée de nouveaux républicains, car le squelette d’une République sans républicains, où les voyous de toute nature se glissent jusqu’aux bureaux de la présidence, est déjà une dictature.

Ma candidature à l’élection présidentielle vise à redonner substance à ces repères, pour qu’ils ne restent pas le décor d’une farce politique, au moment où le monde sombrerait dans le chaos d’une guerre de tous contre tous s’ils continuaient à n’être plus respectés.

Les élites de notre pays méprisent le peuple et le tiennent à l’écart des questions fondamentales, lui mentent ou jouent sur son pessimisme pour le démobiliser. Convaincu que le sommeil de la raison engendre des monstres et que dans les tempêtes, le peuple devient plus que jamais capable de comprendre son intérêt si quelqu’un le lui explique, je m’efforcerai de faire un effort constant de pédagogie, comme Jaurès, de Gaulle et Mendès-France en leur temps, car le respect de la dignité d’autrui est notre meilleure arme.

Les piliers de mon projet économique (sujet en bref)

Le système financier international mis en place après l’abandon des accords de Bretton Woods en 1971 est aujourd’hui en pleine désintégration et ne peut plus être sauvé. Refonder un système économique permettant progrès économique, justice sociale et développement mutuel au niveau international est l’enjeu fondamental de notre civilisation.

Mes propositions

1. Assainissement du système financier

- Instaurer une séparation stricte entre banques de dépôt, banques d’affaires et sociétés d’assurance (un Glass-Steagall global)

- Créer une commission d’enquête parlementaire sur les causes de la crise financière, dotée de pouvoirs d’instruction et de réquisition

- Lancer une procédure de faillite ordonnée du système bancaire

2. Vers un nouveau système
- Mettre en place un système de crédit productif public en abrogeant l’article 123 du TFUE et, en France, la loi du 4 août 1993

- Créer une banque nationale et nationaliser les établissements financiers non coopératifs

- Lancer une planification participative, menée par un ministre délégué au Plan auprès du Premier ministre

- Œuvrer pour un nouveau Bretton Woods définissant de nouvelles structures monétaires internationales qui permettront un développement économique mutuel entre les différents pays du monde, au travers de la réalisation de grands travaux d’infrastructures et sur la base de taux de change fixes mais ajustables.

L’Europe (sujet en bref)

La crise qui frappe actuellement la zone euro est le reflet de la désintégration du système financier international. Depuis l’Acte unique et le vote du Traité de Maastricht, les institutions européennes ne sont plus que le relais des marchés financiers qui, sans foi ni loi, exercent un chantage à l’endettement sur les pays membres, leur imposant des cures d’austérité draconiennes. Les banques, sauvées il y a trois ans par les États au prix de l’accroissement de leurs déficits, spéculent de plus belle sur des plateformes de plus en plus opaques, grâce à la manne que la BCE met à leur disposition. L’hyperinflation financière explose alors que l’économie physique est en pleine déflation. Il faut très vite sortir les pays européens du carcan de l’euro pour leur rendre le privilège de battre monnaie et leur permettre, au travers de coopérations renforcées, de faire de l’Europe l’instigatrice d’une politique de paix autour de grands projets de développements continentaux et transcontinentaux.

Mes propositions

- Rétablir la souveraineté des États sur leur monnaie : passer de l’euro unique à des euros nationaux (ou franc polytechnique en France), l’euro devenant une référence commune pour de grands projets
impliquant plusieurs pays

- Empêcher la spéculation sur les monnaies et assurer leur stabilité en mettant en place un Nouveau Bretton Woods

- Organiser une procédure coordonnée de défaut des États sur leur dette publique, au niveau des États européens comme à celui des participants au Nouveau Bretton Woods, en séparant les dettes légitimes des dettes illégitimes qui seront effacées

- A l’échelle de l’Europe, investir 1000 milliards d’euros par an dans des infrastructures de pointe (contribution française : 200 milliards), avec un programme de recherche commun de 200 milliards d’euros (contribution française : 30 milliards)

- Financer chaque année au moins un million de programmes Erasmus dans le cadre des études supérieures, avec des bourses dignes de ce nom et au moins 200 000 programmes Leonardo, sans oublier Comenius, coordonnés avec les programmes d’aide à l’innovation des PME, tirant ainsi profit du regroupement qui vient d’être décidé à l’échelle de l’UE.

En cas d’échec d’une approche négociée ou d’un effondrement brutal de la zone euro, le Président doit appliquer l’article 16 qui, face aux dangers qui menacent les intérêts vitaux du pays et les droits inaliénables de la personne humaine inscrits dans le Préambule de notre Constitution, lui permet de prendre des mesures exceptionnelles :

- Réquisitionner la Banque de France et abroger les lois interdisant à l’Etat d’emprunter auprès d’elle.

- Mettre sous contrôle provisoire les banques privées et sociétés d’assurance, avec nomination d’administrateurs provisoires représentant la puissance publique, afin d’assurer le financement de l’économie.

- Imprimer le nouveau franc polytechnique, son nom indiquant que sa valeur sera étayée par la recherche, l’équipement de l’homme et de la nature et la mise en œuvre de technologies de pointe

- Relancer notre industrie et notre agriculture par une dévaluation ordonnée de l’ordre de 25 % par rapport au dollar américain et au yuan chinois, en même temps que les prix et les salaires seront bloqués pour au moins trois mois

- Suppression des directives européennes concernant les services publics et les infrastructures.

Un franc polytechnique, tremplin du grand chantier

Une monnaie qui n’est pas adossée à une souveraineté politique ne peut exister durablement. L’euro est ainsi devenu non un instrument pour servir l’intérêt général des nations européennes, mais la référence d’une Banque centrale européenne (BCE) vouée par nature à défendre le conglomérat d’intérêts financiers européens ayant la City pour épicentre. L’euro s’est donc détruit lui-même et menace d’entraîner dans sa chute les économies européennes. Il n’est pas un pare-chocs, mais une cause de l’accident. C’est pourquoi il faut en sortir. On ne peut pas transformer d’un coup de baguette magique fédérale une mauvaise monnaie en une bonne.

J’en défendrai une sortie si possible ordonnée, dans le cadre d’une refondation de l’Europe et du passage à un système international fondé sur le crédit et non sur la monnaie. J’ai décrit (cf. ma section L’euro est mort, vive l’Europe des patries et des grands projets) comment on pourrait, au cours du processus, adjoindre à « euro » les diverses dénominations nationales, chaque pays disposant ainsi de son euro autonome, l’euro global ne devenant alors qu’une monnaie de compte, un instrument pour les opérations entre États membres, jouant le rôle que jouait l’écu.

J’appellerai notre euro-franc « euro-franc polytechnique », si les négociations évoluent dans l’intérêt mutuel et suffisamment rapidement avec nos partenaires, et sinon, « franc polytechnique » . Par référence à la conception de l’économie physique des fondateurs de l’École (Gaspard Monge, Lazare Carnot et Prieur de la Côte d’Or) et pour bien montrer qu’il ne s’agit pas avec cette monnaie d’un retour au passé financier national, inspiré par une démarche défensive, mais du nécessaire tremplin vers un avenir productif national et international.

Ce franc polytechnique, soutenu par une banque nationale audacieuse et non par une banque centrale abandonnant l’émission de monnaie aux établissements financiers, sera un levier pour faire de la France et de l’Europe un laboratoire du futur.

Il représentera, de par son intention offensive dans l’ordre national et international et de par sa nature d’instrument de financement de grands projets, la meilleure arme pour défendre « par le haut » nos conquêtes sociales et politiques et la création d’emplois motivants, qualifiés et justement rémunérés.

C’est grâce à la logique de son fonctionnement que je serai en mesure de prendre les initiatives suivantes :

Le rétablissement de nos services publics, sans qu’il puisse y avoir de confusion avec les services d’intérêt économique général (SIEG) définis à Bruxelles. Pour promouvoir ceux-ci, la Commission européenne a adopté, en juillet 2005, un train de mesures permettant aux sociétés privées de recevoir un financement public pour couvrir l’ensemble des coûts supportés pour réaliser des missions de service public telles qu’elles ont été définies par les pouvoirs publics qui les leur ont confiées, y compris avec un « profit raisonnable ». Je dis non. L’on ne peut admettre, par exemple, qu’une commune doive financer une école privée sous prétexte qu’une suppression de la carte scolaire « pour promouvoir la libre concurrence entre établissements » ne lui laisse aucune autre possibilité. Les partenariats public-privé doivent être également bannis pour les constructions publiques d’intérêt général : il est invraisemblable qu’une collectivité territoriale confie les travaux à une société privée et la rémunère sous forme de péages annuels ! L’hôpital sud-francilien d’Evry-Corbeil est un exemple de l’échec patent de cette démarche, imposée par le système de l’euro et l’idéologie néo-libérale de l’UE auxquels les gouvernements français se sont soumis ;

le retour à un monopole public de La Poste, la constitution d’un pôle financier de l’énergie GDF-EDF, le retour de l’hôpital public comme centre de soins, de chirurgie, d’urgences et de formation et non son fonctionnement comme un établissement rentable à court terme, mis en concurrence avec des cliniques privées ;

La restauration des services de proximité et des mesures de protection sociale que l’idéologie et la logique de fonctionnement de l’UE ont conduit à remettre en cause ;

Le rétablissement de systèmes de régies municipales pour le service de l’eau, permettant d’abaisser les coûts pour le consommateur. Par-delà, j’engagerai le combat pour que l’eau ne soit plus considérée comme une source de profit, mais comme un bien commun de l’humanité.

La mise en place d’un plan de rattrapage et de renouvellement du réseau ferré national, notamment en faveur des lignes transversales. En même temps, la remise à l’étude de l’aérotrain de l’ingénieur Bertin, avec les moteurs à propulsion électromagnétique performants dont on ne disposait pas à l’époque et qui aujourd’hui feront valoir tous les avantages du dispositif ;

La mise au grand gabarit de certaines voies navigables pour le transport de marchandises, en particulier l’interconnexion du bassin Sud avec celui de l’Est et du Nord, la « patte d’oie française » ;

L’intervention publique pour arrêter les fermetures d’usine et les licenciements injustifiés et sauver les exploitations agricoles et viticoles par une nouvelle politique agricole (cf. ma section sur ce sujet) refondée sur un juste prix et non sur des rentes de situation.

Ces initiatives s’inscrivent dans la logique de la connexion de la France avec les branches Sud (Kiev) et Nord (Minsk-Moscou) du Pont terrestre eurasiatique. Le franc polytechnique, géré par notre banque nationale en association avec les autres banques nationales européennes, au sein d’un système de crédit productif public commun, sera le levier qui permettra de le construire. Alors que l’euro aura été une peau de chagrin économique, qui a empêché de faire dans l’économie réelle et créé les conditions pour réduire l’UE à une vaste bad bank ou dépotoir financier des réseaux de la City.

Politique étrangère (sujet en bref)

L’impérialisme financier qui s’impose aux pays du monde entier et entraîne un blocage criminel du développement, surtout en Afrique où il trouve sa pire expression, s’appuie de plus en plus sur des opérations militaires. La France, avec complaisance ou impuissance, participe honteusement à cette logique. Aujourd’hui, il est urgent de changer totalement d’orientation en nous engageant dans une dynamique qui assure un futur à la population mondiale.

Mes propositions

- Rompre avec l’empire financier en instaurant un Nouveau Bretton Woods et en promouvant une politique de coopération et de développement mutuel au niveau international

- Mettre en place un Pont terrestre eurasiatique permettant de désenclaver les territoires, de tracer des corridors de développement Ouest-Est et Nord-Sud mobilisant des hommes, la production d’énergie et des transports à grande vitesse

- Développer l’Afrique par une politique de grands projets panafricains (revitaliser le lac Tchad, construire le canal de Jonglei au Soudan, planter une ceinture verte transversale dans le centre de l’Afrique et remettre en eau les chotts algériens et tunisiens)

- Dénoncer l’article 42 du TFUE, sortir du commandement militaire de l’OTAN et retirer nos troupes d’Afghanistan.

Immigration et co-développement (sujet en bref)

Une politique d’immigration digne de ce nom doit à la fois viser au développement des pays d’où viennent les migrants et assurer l’intégration des nouveaux arrivants. « Accueil et co-développement devront ainsi définir, comme un tout cohérent, la mission universelle de la France. »

Mes propositions

- Rejeter à la fois la « Françafrique », le système d’ajustement structurel du FMI, les accords de l’OMC et de partenariat avec l’UE

- Mobiliser les armées africaines, avec l’aide de nos soldats et ingénieurs, pour la construction d’infrastructures à l’échelle panafricaine

- Organiser un moratoire sur les dettes et aider la production de médicaments génériques

- Supprimer toutes les dispositions restrictives des lois Sarkozy ; intégrer les immigrés à des conseils de quartier et leur donner le droit de vote aux élections municipales.

Pour une laïcité solidaire

Au moment où la laïcité se trouve instrumentalisée par les uns, pour servir cyniquement le rejet de l’immigration et du dialogue des civilisations et des cultures, et étouffée par les autres dans un communautarisme sectaire, je me battrai pour le sens dont ce mot est porteur dans notre histoire.

1) Le fondement
L’accueil de l’autre et la définition avec lui d’un vouloir vivre en commun est au fondement de toute société humaine. « Reçois tout homme avec un beau visage » , nous dit le Traité Avoth (Pères), I, 15. C’est en partant de ce bon pied que Jaurès voyait en la laïcité, qui postule au départ une raison humaine commune, « la fin des réprouvés » . Assurant « la liberté de conscience » et garantissant le « libre exercice des cultes » sans en reconnaître, salarier ni subventionner aucun, notre loi du 9 septembre 1905 crée un espace public équitable offert à chaque croyance ou conviction respectueuse des principes de notre Constitution.

C’est dans cet espace que doit se dérouler un dialogue permanent en vue d’éviter la guerre de tous contre tous, chacun participant à l’élaboration concrète de grands projets d’intérêt mutuel valables pour tous, croyants ou pas. La laïcité est ainsi le livre sur lequel s’écrit le récit de la patrie. Cependant ce récit n’est pas une histoire qui exclut. Charles de Gaulle écrivait justement que « le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres » . J’adhère pleinement à cette vision, suivant laquelle la France est nécessaire au monde et manque lorsqu’elle faillit, mais que pour apporter au monde, elle doit elle-même se nourrir d’influences extérieures. Il y a donc bien une laïcité intérieure, entre Français et plus généralement résidents en France, et une laïcité extérieure, exprimée par le pacte séculaire que la France a passé avec la liberté, l’égalité et la fraternité du monde.

2) La pratique de la solidarité, part commune
Concrètement, la laïcité a besoin d’un socle. C’est la nécessité de toujours refonder l’engagement social et politique à partir d’un noyau solide commun aux trois grandes religions monothéistes et aux principaux courants humanistes. Il ne s’agit pas d’additionner des dogmes mais, dans une constante dynamique d’interpellations mutuelles, de bâtir des repères d’un vouloir vivre en commun dans une société qui en manque. L’État ne doit pas, bien entendu, avoir la prétention de diriger ou orienter ce mouvement. Cependant, son devoir est de ne pas l’empêcher d’être et de lui offrir les lieux et les moyens par lesquels il puisse s’exprimer et s’étendre.

Il est pour moi nécessaire que prenant ainsi au sérieux la parole vivante de leurs diverses croyances, un nombre croissant d’êtres humains se découvrent mutuellement dans un espace public, s’indignent de l’injustice dans laquelle nous vivons et, à partir de divers cheminements, exigent un ordre plus conforme à la justice. Et qu’ils le défendent sans compromissions, y compris face, s’il le faut, à leurs propres coreligionnaires. Celui qui croyait en Dieu et celui qui n’y croyait pas combattant côte à côte pour la dignité et la justice de tous, c’est cela pour moi l’esprit de la laïcité.

La laïcité est aussi dans cette démarche un combat contre l’irrationnel mais sans rejeter toute transcendance et esprit religieux, pourvu que foi et raison ne soient pas opposées.

Contre le libéralisme sauvage, elle est le lieu où doit pouvoir se manifester la complémentarité d’une science et d’une spiritualité rétablies dans leur essence originelle. La science est la capacité dont dispose l’homme de découvrir, de comprendre et d’appliquer les principes physiques universels nécessaires à sa survie et celle son espèce. Il doit abandonner toute vanité personnelle et toute fausse certitude pour pouvoir aller là où personne n’a su aller avant lui, et rendre sa découverte compréhensible à ses semblables.

Pour entreprendre ce « voyage », la méthode inductive-déductive n’est d’aucune utilité. La découverte scientifique doit prendre en compte un univers en mutation. C’est ici que la science doit se nourrir aux sources d’une spiritualité authentique. En effet, la découverte du chercheur ne peut être fondée sur telle ou telle chose particulière, mais elle doit concevoir cette propriété comme une manifestation de l’univers tout entier agissant au moment historique où il l’observe. Cet accueil de l’univers est l’autre face de l’accueil d’autrui, et constitue ce qui est fondateur de l’espace public.

3) Plus petit dénominateur commun et plus grand commun multiple
Contrairement aux approches communautaristes ou séparatistes, la loi de 1905 définit le plus petit dénominateur commun pour chercher à vivre ensemble, manger ensemble, étudier ensemble, nager ensemble, sans que pour autant une norme s’impose uniformément à tous. Le défi est de faire de l’unité avec de la diversité, dans une exigence commune de justice et de respect, mais sans uniformité stérile. Le plus petit dénominateur se trouvera ainsi porté par le plus grand commun multiple. Il n’y a pas d’autre issue.

Chems-Eddine Hafiz, vice-président du Conseil français du culte musulman, a situé le débat sur la laïcité comme il doit l’être. Un débat aussi sensible et aussi complexe ne peut s’exercer dans une malsaine fébrilité, avec des arrière-pensées n’ayant rien à voir avec l’idée de laïcité. Il n’appartient pas à un parti politique de le lancer, mais aux représentants du peuple, à l’Assemblée nationale ou au Sénat, là où tous les Français sont représentés. Enfin, il appartient aux Églises et aux grands courants humanistes de solliciter les réflexions et les avis de nos compatriotes. Il y a entre eux un souffle d’apaisement que l’on trouve beaucoup moins chez les politiques. La Conférence des cultes de France a d’ailleurs dit haut et fort : « Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence » et « les améliorations du cadre juridique et réglementaire » doivent plutôt « s’inscrire dans la durée » de façon à ce que « le facteur religieux soit un élément de paix et de progrès et non de division ».

Je serais tenté pour finir de citer le Traité Sanhédrin de Tossefta, chapitre 8 : « Le juste des Nations vaut le juste d’Israël. » Et je conseillerais à tous ceux qui parlent de cette question de la laïcité de lire d’abord Jaurès : « Tout individu humain a droit à l’entière croissance. Il a donc le droit d’exiger de l’humanité tout ce qui peut fonder son essor. Il a le droit de travailler, de produire, de créer, sans qu’aucune catégorie d’homme soumette son travail à une usure ou à un joug. » La laïcité est ainsi l’espace où se joue « la fin des reprouvés ». Puis je conseillerai encore de procéder à ce que mes amis musulmans appellent une « djihad al nafs » (une guerre intérieure purificatrice) ou à ce que mes amis chrétiens appellent un « examen de conscience ».

Élevant ainsi le débat, les questions sur les jours de dispense scolaire ou d’alimentation trouveront une solution dictée dans la sagesse et le respect de nos lois. Et la manière dont on montrera notre « beau visage », avec ou sans foulard mais sans burqa, pourra redevenir naturelle. Bien plus encore, il apparaîtra qu’une laïcité juste est l’ennemie de tout esprit d’oligarchie car elle libère les capacités créatrices et la compassion des êtres humains dans l’espace public.


DOM-TOM (sujet en bref)

Il est temps de balayer tous les restes d’une politique coloniale française dans les Dom Tom et de mettre fin au système malsain contrôlé par l’assistanat et les transferts financiers. Les départements et territoires d’outre-mer doivent être véritablement intégrés aux régions du monde dans lesquelles ils se trouvent, afin de devenir des références pour ceux qui les entourent et le fer de lance d’un développement mutuel régional.

Mes propositions

- Entreprendre une révolution agraire pour une juste répartition des terres et favoriser l’installation des jeunes ; supprimer les taxes sur les intrants agricoles et imposer une préférence douanière

- Exiger au sein de l’Union européenne la reconduction du régime de l’octroi de mer pendant au moins dix ans après 2014, pour alimenter les rentrées fiscales

- Taxer fortement les monopoles de la grande distribution et d’importation de produits pétroliers

- Fixer un SMIC en fonction du coût réel de la vie

- Lancer des projets sur la vie et l’histoire de chacun des Outre-mer, mettant en valeur leurs apports culturels

- Favoriser l’intégration de chacun des DOM-TOM dans un espace économique et culturel régional.

Education (sujet en bref)

Depuis plus de vingt ans, l’environnement de l’école s’est dégradé. Les vocations d’enseignant refluent. L’école ne sait pas gommer les différences dues à la naissance ou au lieu d’existence. Elle ne parvient pas à prendre en compte les changements des modes de vie? : accès à la toile, rupture entre les métiers des années récentes et ceux d’aujourd’hui. Bref, c’est le droit à l’avenir qui est en cause. L’éducation que je défends est celle qui concourt à l’émancipation des individus et à la formation d’une capacité de jugement indépendante qui doit s’articuler tant sur le développement des capacités intellectuelles que sur la formation du caractère et du sentiment. C’est une condition sine qua non pour que le peuple accède à une éducation du plus haut niveau possible, lui permettant de comprendre les enjeux cruciaux de son époque et d’agir en conséquence, au sein d’une économie qui assure un développement mutuel harmonieux et suscite des emplois qualifiés.

Mes propositions

- Former des classes de 15 à 25 personnes maximum et accueillir les enfants dès 2 ans

- Annuler les suppressions de postes, rétablir les postes de Rased et redonner une formation aux futurs maîtres

- Généraliser la pratique du chant choral pour éveiller la sensibilité et l’écoute

- Enseigner l’histoire des grandes découvertes scientifiques et leurs applications techniques, l’astrophysique, la préhistoire

- Repérer les enfants en difficulté dès la maternelle ou le primaire pour les aider et mettre en place pour eux un dispositif spécial? : classe réduite, travaux en petits groupes, tutorat ou suivi personnalisé

- Mettre en place un surveillant pour 50 élèves, recruter 5000 éducateurs spécialisés et ouvrir des internats pédagogiques pour les jeunes ayant une famille disloquée
- Changer progressivement le statut des grandes écoles pour sortir de l’élitisme et des privilèges en favorisant la réflexion épistémologique et la créativité
- Offrir aux étudiants comme aux professeurs du secondaire et des universités la possibilité de faire des stages en entreprise.

Contre l’arbitraire des émotions et le sommeil de la raison :
l’enjeu d’une nouvelle culture classique


« Laissez-moi écrire les chants d’une nation, et peu m’importe qui écrit ses lois. »
Daniel O’Connell, patriote irlandais

Nous sommes en guerre. Cette réalité s’impose aujourd’hui avec force à un nombre croissant de citoyens mais ce qu’ils ne perçoivent pas toujours, c’est que le champ de bataille où se livre cette guerre est leur esprit. Elle plonge ses racines dans l’abandon par notre société d’un engagement pour la recherche de la vérité : dans la science, dans l’art, dans les relations entre individus.

Alors que nos concitoyens se sentent désarmés face à l’offensive brutale et visible du fascisme financier que j’avais dénoncée en 2007, ils sont par contre totalement inconscients de cette guerre qui se déroule au plus intime d’eux-mêmes.

Tout le monde reconnaît, dans la théorie et les salons, que la culture est une dimension fondamentale de l’humanité (sans jamais expliquer pourquoi, sauf de façon superficielle), tout en la vivant, en pratique, comme l’organisation collective de caprices individuels au sein d’une société de nantis, voire comme l’affirmation d’un statut social. Et, en définitive, autant il y a surenchère quand il s’agit de célébrer par de grandes envolées lyriques le caractère fondamental de la culture, autant l’on s’accommode de l’idée qu’elle est un luxe que la société ne peut se permettre qu’une fois satisfaits les besoins matériels élémentaires.

Or, il faut dire les choses clairement, c’est l’inverse qui est vrai : l’on ne peut satisfaire les besoins matériels que s’il y a au départ une « certaine idée » de l’homme, de son rôle dans le monde et dans la société.

Car avec l’idée que l’on se fait aujourd’hui de l’homme, de son rôle dans le monde et la société, il est impossible de satisfaire les besoins matériels les plus élémentaires des sept milliards d’êtres humains que nous sommes.

Une société qui plonge les individus dans une banalité infantilisante tout en laissant promouvoir le culte de la laideur, de la violence, du sexe et de la drogue, une société qui encourage l’égoïsme et opère sur la base du mensonge est une société qui détruit ces facultés mêmes qui, dans l’être humain, sont associées à la capacité de création, pré-condition à la survie et au développement tant immédiat qu’à long terme de notre espèce.

Cette « culture », aujourd’hui hégémonique, est en réalité celle de cette oligarchie prédatrice qui utilise les marchés financiers pour détruire les démocraties et les républiques souveraines, d’une féodalité de l’argent mobilisant des moyens financiers considérables pour imposer une culture de masse – films, jeux, publications, événements « culturels » à gros budgets – qui donnent le la et façonnent les « goûts » de nos concitoyens, avec pour résultat une forme de schizophrénie où l’aspiration profonde d’un individu à défendre les valeurs de la République entrera en conflit avec une identité dominée par la banalité, l’irrationalité ou des émotions animales. Peut-on réellement défendre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité lorsque l’on occupe son temps libre à tuer virtuellement ses semblables dans des jeux comme World of Warcraft, Call of Duty (dont l’un des derniers épisodes se situe à Paris) ou encore en « consommant » sur écran des scènes de meurtres, de viols, de tortures à répétition ?

La « culture » de l’oligarchie financière, qu’elle entend imposer comme un fait de nature que l’on ne saurait discuter, repose sur certains dogmes, à commencer par celui, justement, que la culture en général et l’art en particulier ne se discutent pas. Dans cette conception, ils se résument, côté « consommateurs », à une question de goût strictement personnelle qu’il serait malséant d’interpeller et, côté « créateurs », ils seraient en quelque sorte l’expression d’une forme d’acte de foi que l’on somme les citoyens d’accepter tel quel. Force est de constater que l’interdiction de questionner est d’autant plus forte que l’idée même qu’est art tout ce qu’il plaît de décréter comme tel (une « installation » récemment mise à la poubelle dans un musée par le personnel chargé du ménage en est la caricature) a été le meilleur moyen de dissoudre l’art dans un néant aussi vaste que propice à toutes les fraudes. Or, peut-on parler de ce qui n’existe pas ?

Je pose cette question provocatrice car la culture est aujourd’hui dans l’impasse alors que la crise que nous vivons actuellement est d’abord et avant tout une crise culturelle. Pourtant, la culture ne pourra sortir de cette impasse que politiquement.

Une véritable renaissance artistique et culturelle ne pourra avoir lieu que si l’on retrouve cette culture républicaine anti-oligarchique telle qu’elle a tissé la trame de ce que la culture européenne a de meilleur : Eschyle armant ses concitoyens contre la dictature de dieux de l’Olympe, Dante Alighieri offrant à la future Italie une langue unificatrice et pourfendant les féodaux stupides et cupides, François Rabelais opposant au spectre de l’inquisition un humanisme précurseur de notre République, Ludwig van Beethoven entendant par son art élever l’humanité souffrante, Francisco Goya ridiculisant et dénonçant l’absurdité des oligarques, qu’ils s’appellent Habsbourg, Bonaparte ou autre.

Combien d’artistes connaissent ces grands génies, combien essayent de comprendre leur pensée, leur méthode de composition pour s’en inspirer ? Bien peu, sans doute. Pour commencer, les artistes comme les autres citoyens doivent retrouver la liberté de dire « c’est beau » ou « ce n’est n’est pas beau », « c’est de l’art » ou « ce n’est pas de l’art ». La politique de terreur interdisant aux individus de porter un jugement au nom du dogme du relativisme culturel doit cesser. Il ne peut y avoir une capacité de créer s’il n’y a pas la liberté de penser l’art (en termes de principes comme en termes de réalisation), ce qui implique de porter un jugement de valeur, d’être capable de définir une exigence, toutes choses qui doivent pouvoir être discutées en toute liberté. Plus prosaïquement, la personne qui voit se bâtir sous sa fenêtre (avec les deniers publics) une « œuvre d’art » hideuse et qui, tacitement, n’est en vérité autorisée qu’à dire « j’aime » ou « je n’aime pas », subit une agression et une injure dans un domaine essentiel de ce qui fait son humanité. Le fait même que dans le domaine de la culture et de l’art, les gens ne se sentent pas libres de porter et de socialiser un jugement esthétique prouve que l’art a pris la poudre d’escampette car la liberté lui est aussi indispensable pour exister que, pour nous, l’air que nous respirons. Mais ce qui est plus grave, c’est que cet « interdit » permet de passer sous silence la disparition de ce qui est au cœur de l’art : la beauté.

La culture c’est l’esprit, l’intention qui anime une société. C’est aussi tout ce qui concourt à la découverte de la vérité que la simple perception des sens ne nous permet pas d’appréhender. Mon but est de susciter l’environnement nécessaire pour recréer une culture qui élève les gens et non qui les abaisse, une culture qui les ennoblit et non qui les avilit, une culture qui s’adresse à ce qu’il y a en eux de proprement humain et de grand, et non à ce qu’il y a de bestial et de petit.

La culture actuelle, essentiellement basée sur la perception des sens, s’adresse aux « tripes » et aux émotions irrationnelles. C’est précisément ce pourquoi elle est promue par l’oligarchie car elle a pour but de ramener l’être humain à l’animal, quand elle ne cherche pas explicitement à faire sortir la bête en vue d’une stratégie de contrôle des populations. A l’inverse, les plus grands artistes de la culture classique [1] (dans son expression européenne comme dans celles d’autres civilisations) utilisent toute la gamme de la sensibilité, des émotions et de l’intelligence humaines pour transmettre des principes qui ne sont pas du domaine de la perception des sens mais de celui de l’imagination créatrice. Par le biais de la métaphore et d’une certaine forme d’ironie poétique, que la beauté a vocation à transmettre, ils rendent intelligibles ces principes universels qui sont au-delà de la perception des sens.

Or, sans cela, sans imagination créatrice, les perspectives pour la France et pour l’humanité à l’heure de la crise existentielle que nous vivons sont inexistantes.

C’est ce qui constitue le deuxième axe de mon projet pour la culture. Car il y a là un défi auquel il faut répondre et, dans cette perspective, il est indispensable que les citoyens puissent faire connaissance avec une culture qui, en tant que Français comme en tant qu’Européens, est la leur mais qu’en réalité ils ne connaissent pas. Les Homère, Dante, Erasme, Rabelais, Shakespeare, Beethoven ou Goya doivent devenir des références vivantes et familières où les citoyens pourront puiser comme à une corne d’abondance. Certains diront que l’on ne peut pas revenir à une culture du passé. Ils ignorent visiblement que la culture actuelle n’est pas « naturelle » ; elle est en grande partie une concoction synthétique élaborée pour les besoins de l’oligarchie, comme en témoigne le scandale qu’a représenté le « Congrès pour la liberté de la culture », projet politique financé par les fonds de contrepartie du Plan Marshall. A l’opposé, il y a l’exemple du cinéaste Werner Herzog, qui a récemment montré avec son film sur les peintures de la grotte Chauvet que la puissance évocatrice des œuvres d’art universelles se joue des siècles et des millénaires pour toucher directement notre âme.

Il faudra donc garantir que les grandes œuvres d’art entrent dans la vie quotidienne de nos concitoyens, ce qui suppose que les infrastructures existantes adaptent leur programmation en ce sens, mais également de doter l’ensemble du territoire des infrastructures nécessaires : depuis des salles ou des auditorium d’une capacité d’accueil suffisante avec une bonne acoustique et des salles de répétition jusqu’à la mise à niveau, voire l’ouverture de bibliothèques/médiathèques mettant à disposition des fonds variés et complets des grandes œuvres. Non seulement, il n’est pas acceptable que la culture classique soit le privilège d’un nombre restreint d’individus et de « connaisseurs » privilégiés, mais elle doit aussi redevenir source d’inspiration et de découverte pour les créateurs modernes. Ce sera également le moyen de constituer un public exigeant, capable d’accueillir et de comprendre ce que créeront les artistes mais aussi de ne pas accepter n’importe quoi.

Le troisième axe touche au financement de l’art et de la culture. C’est évidemment la pierre d’achoppement. La stagnation du budget de la culture à 7,4 milliards d’euros pour 2012 s’inscrit dans la tendance générale. Dans ce contexte, on assiste à une montée en puissance du mécénat, qu’il soit « officieux » ou « officiel », comme l’illustre la récente cérémonie au ministère de la Culture et de la communication en l’honneur des mécènes et donateurs de la culture, parmi lesquels on retrouve Serge Dassault aux côtés du cabinet Ernst & Young France.

Sans entrer dans un débat sur le bien fondé ou non du mécénat, celui-ci a comme défaut irrémédiable qu’il est l’expression non pas d’une volonté politique reflétant l’aspiration de la nation, mais celle d’intérêts privés qui peuvent être le meilleur comme le pire. L’enjeu dans la période à venir est bel et bien que la France conserve une capacité d’indépendance culturelle. Déjà, l’action culturelle de la France à l’étranger est réduite faute de moyens et l’on a pu voir, il y a déjà plusieurs années, des musées nationaux loués pour les festivités de rejetons du CAC 40.
La culture rejoint ainsi le politique. Elle en est même l’enjeu principal. Car une société sans créateurs devient une société sans liberté, dans laquelle le sommeil de la raison et l’arbitraire des émotions engendrent des monstres.
Notes
[1] Il ne s’agit pas ici de cette culture qui répond aux canons figés du siècle de Louis XIV, ni de la culture d’antan depuis la Renaissance jusqu’au début du XXe siècle mais d’une culture qui, par delà les âges et les lieux, se caractérise par la volonté « d’élever à la dignité d’hommes tous les individus de l’espèce humaine », comme en son temps l’a si bien dit Lazare Carnot.

Utopie et jeunesse

Face au changement que je propose, et qui est nécessaire pour jeter les bases d’une société se donnant un avenir, les voix du doute et de la soumission crient à l’utopie. Il n’y aurait pas d’autre choix que de tenter d’aménager un ordre financier et monétaire international qui s’effondre, de rester dans un système de l’euro qui se détruit lui-même et de sacrifier les ressources humaines au bilan des banques qui ont joué, triché et détruit. Il faudrait rassurer les marchés en détruisant les économies et les hommes, et notre triple A décerné par des agences de notation privées complices des banques serait un trésor national. On reconnaît là l’argument ultime, le fameux TINA employé en son temps par Margaret Thatcher : « There is no alternative. » Il n’y a en effet pas d’alternative si l’on continue à se soumettre à la loi suicidaire des marchés financiers. Sortir de leur emprise n’est pas un saut dans le vide ou une fuite en avant dans l’inconnu, mais retrouver notre raison d’être.

La France subit une occupation financière depuis quarante ans : plus des deux tiers de notre dette publique est entre les mains de non résidents, les spécialistes des valeurs du Trésor sont une immense majorité de banques étrangères, plus de 45 % du capital des grandes sociétés du CAC 40 est tombé sous le contrôle d’intérêts étrangers et près de 1500 entreprises publiques ont été privatisées depuis 1986. Tant et si bien que nos plus grandes entreprises privées actuelles ont été, à l’origine, des entreprises publiques qui ont été privatisées et qui aujourd’hui, dominées par des capitaux étrangers, font 70 % de leur chiffre d’affaires et 80 % de leurs profits hors de notre territoire. La France a ainsi perdu sa substance dans le système dominant : la part de notre industrie dans notre produit intérieur brut est de 14 % à peine et de 13 % dans nos emplois, alors que la production agricole allemande dépasse la nôtre grâce à ses salaires moins élevés ! Les emplois perdus dans l’industrie et l’agriculture engendrent ainsi le chômage ou se transforment en emplois de service improductifs.

La France subit en même temps un effondrement culturel, avec la chute de notre enseignement primaire et supérieur et l’insuffisance de notre effort de recherche fondamentale, dans une société du jeu, non seulement toléré mais promu, de l’image, de la violence, du sexe marchandise et du culte de l’apparence.
Cependant, sur la scène officielle, les questions secondaires, c’est-à-dire les effets, sont traités pour éviter les questions principales, qui relèvent des causes. Les petites phrases et les commentaires sur les personnes sont distillés pour échapper aux grandes idées. Les citoyens en perdent leurs repères et se laissent gagner par la passivité des âmes habituées. Lorsque, avec la dégradation de leur vie, la colère les gagnera, si rien n’est fait pour changer les choses ils basculeront dans une rage destructrice.

Nos dirigeants, obsédés par l’exercice du pouvoir, gardent les yeux fixés sur l’avis des sondages et les caprices des médias sous influence financière. Ils sont enkystés dans le système qui détruit, à l’état pur avec Nicolas Sarkozy ou bien sous le masque social assaisonné de nuances que portent ses concurrents officiels. D’autres, se disant opposés à cette dérive, ou bien en ont été auparavant les complices, coqueluches des médias, anciens sénateurs ou fils et filles de, ou bien récitent des catéchismes impuissants comme si le temps s’était arrêté à leur porte.

Il ne faut donc pas s’étonner que plus des deux tiers des Français, pensant que leurs enfants et petits-enfants vivront moins bien qu’eux, aient le sentiment d’être mal représentés par les partis, syndicats ou dirigeants politiques existants et aillent de moins en moins voter.

Est-ce « utopique » de vouloir changer cet état des choses, en s’efforçant de traiter le mal à sa racine ? Est-ce raisonnable de dire, à l’opposé, qu’il n’y a pas d’alternative ?

Non, ce n’est pas utopique. Oui, il y a une alternative.

D’abord parce que continuer à aller comme on va, en France et dans le monde, revient à trahir ce que de Gaulle appelait « la cause de l’humanité ».

Ensuite parce que je suis profondément convaincu (sans quoi je ne me serais jamais engagé en politique) que le mal provoque les êtres humains à se ressaisir et à faire le bien.

C’est dans ces heures sombres, si l’on veut en prendre conscience et se regarder en face, que l’homme de caractère trouve en lui les ressources d’un nouveau départ. C’est dans ces heures sombres, lorsque ceux d’en haut ne respectent plus même leurs propres lois, que naît parmi les hommes poussés à bout ce que Rosa Luxemburg appelle un « ferment de grève de masse ». Et c’est lorsque ce ferment de grève de masse, que personne n’a pu organiser ou calibrer d’avance, rencontre un homme de caractère, prêt à risquer sa vie, son honneur et son patrimoine, comme le définissait Benjamin Franklin, que peut changer et que change la direction de l’histoire.

Utopie ? Non, car c’est ce que dans notre histoire ont porté et portent au fond d’eux-mêmes les quatre grands courants de notre humanisme engagé : socialisme républicain, celui de Jean Jaurès et de Charles Tillon, christianisme social, celui de Simone Weil, de Marc Sangnier, des abbés démocrates bretons et de Jean XXIII, radicalisme de progrès, celui de Jean Zay, de Jean Moulin et de Pierre Mendès-France, et gaullisme patriote, celui de tous ceux qui arrivèrent à Londres ou prirent le maquis en laissant leur patrimoine derrière eux. Mon projet a pour but de faire converger et revivre ces courants, en bousculant leurs héritiers administratifs pour leur substituer des femmes et des hommes fidèles à leur élan passé et se portant à la frontière, vers notre avenir.

Et d’abord les jeunes, à qui cet avenir a été volé et à qui il faut le redonner. C’est à eux que je voue d’abord ma campagne, ses repères et ses pistes. Car je suis convaincu qu’avec eux, si nous menons ensemble le combat au nom des principes qui ont guidé les grandes découvertes de la science et inspiré la beauté des œuvres d’art, c’est-à-dire au nom de ce qui fait d’un homme un être humain, alors une société de la connaissance, de la compassion et de la justice pourra renaître demain. Cette société ne sera pas suscitée par les tièdes ou ceux qui ne reconnaissent pas la différence entre un être humain créateur et un animal domestiqué par les illusions dans lesquelles on le complaît.

Je m’engage pour elle avec l’âpre joie et la crainte surmontée d’être responsable.

Jeunesse (sujet en bref)

La crise dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui est non seulement économique et politique mais aussi culturelle et idéologique. Marquée par le consumérisme, le « court-termisme » et l’individualisme, la culture actuelle conduit à la perte des repères fondamentaux qui permettent de bâtir une société. Nous devons fonder de nouvelles infrastructures culturelles qui suscitent en chaque individu la curiosité, le désir de créer en échangeant avec autrui, la volonté de rebondir par rapport à ce qui a été fait de plus porteur dans l’histoire, la science, l’art et la musique. C’est alors que se situant à nouveau dans le temps long et dans des perspectives communes, les hommes se concevront à nouveau comme des citoyens responsables de l’avenir.

Mes propositions

- Initier la population, les jeunes en particulier, à une musique populaire et savante : généraliser la démarche de l’Orchestre des Jeunes DEMOS, donner à chaque enfant la possibilité de chanter en chorale et d’essayer des instruments dans des structures extra-scolaires (Opération Amadeus), et généraliser les « mercredis musicaux » pour que les enfants puissent se rendre à des concerts pédagogiques

- Former des brigades d’intervention artistiques pour amener la musique classique dans les cours d’immeubles ou les halles de gare ; dans les campagnes, les églises peuvent servir aux répétitions et aux concerts des chorales scolaires et des orchestres classiques

- Créer des « musées de l’imaginaire » à travers toute la France pour mettre à la disposition de tous les grands chefs-d’oeuvre de l’histoire de l’art et faire découvrir les produits de l’industrie et de l’artisanat local ; Construire dans chaque région un Palais de la découverte muni d’un planétarium, infrastructure-clé pour les écoles

- Faire de la télévision une plateforme éducative fournissant des contenus vidéo gratuits sur internet et lancer une grande émission culturelle nommée « L’art et la science au peuple »

- Interdire les jeux vidéo violents et surtaxer tous ceux étant dépourvus de contenu pédagogique. L’argent ainsi collecté sera alloué à l’opération Amadeus.

- Rétablir le sport comme pédagogie de la maîtrise de soi, de l’effort, du vouloir-vivre ensemble : Interdire les paris sportifs et le financement public des stades de plus de 15 000 places, et plafonner les salaires des sportifs à 20 fois le Smic

Une mobilisation générale pour la jeunesse

Les pouvoirs publics, les organisations politiques, les syndicats et les entreprises doivent se mobiliser pour la jeunesse. Notre pays est en train de la perdre. Nos jeunes sont parmi les plus pessimistes et les plus anxieux des pays occidentaux. Ma politique générale vise à leur rendre un avenir. Par delà, cependant, en partant des constats que l’on doit faire aujourd’hui, des mesures spécifiques d’aide à l’insertion dans la vie publique s’imposent.

1) Le constat :
Chômage : 22,8 % des 15-24 ans sont chômeurs (40 % dans les zones sensibles), contre 9,9 % pour l’ensemble de la population.
Pauvreté : plus d’un million de jeunes de 18 à 28 ans vivent sous le seuil de pauvreté (moins de 950 € par mois), soit 21 % de cette classe d’âge.
Inégalités de formation : chaque année, il y a 15 % d’illettrés à la sortie du primaire, 150 000 jeunes quittent l’école sans aucun diplôme du second cycle ni qualification réelle et plus de 100 000 étudiants quittent l’enseignement supérieur sans diplôme ou sans qualification reconnue sur le marché du travail.
17 % des actes de délinquance sont le fait de mineurs.
15 % des jeunes cumulent au moins trois troubles : consommation régulière de substances psycho-actives, fugue, dépressivité, tentatives de suicide.
4 % d’une génération seulement, la part issue des grandes écoles, tient les commandes de la société.
Il est donc clair que des mesures s’imposent à tous les niveaux. Créer simplement des « emplois jeunes », sans en définir les qualifications ni l’assurance de les conserver, n’est pas en soi une solution en période de crise comme la nôtre. Enfin, une allocation d’autonomie moyenne pour tout étudiant ou jeune en formation n’est qu’un sparadrap sur un corps malade si l’on ne guérit pas tout le corps. C’est un plan d’ensemble cohérent qui est nécessaire.

2) Dès le plus jeune âge
Il est désastreux d’exclure de fait les très jeunes des maternelles, avant 4 ans, et de ne pas accroître considérablement le nombre de crèches. Les dépenses effectuées dans ce domaine, comme dans les autres touchant à la jeunesse, si elles sont intégrées dans un tout cohérent, sont non seulement morales, mais sources de gains à venir en fournissant à une nation en développement les esprits individuels et la vie en commun qui lui seront nécessaires.

Je me battrai donc pour :
- doubler en dix ans le nombre d’enfants dans les structures collectives ;
- imposer un taux minimum de places en crèche pour les regroupements de communes de plus de 10 000 habitants ;
- que les maternelles puissent prendre en charge les enfants dès deux ans, sur tout le territoire, y compris dans les DOM-TOM ;
- soumettre les établissements publics et privés sous contrat à des objectifs de mixité sociale.

3) Santé, alimentation et surveillance à l’école et au-delà
Des infirmiers doivent être constamment à l’école, avec au moins un à temps complet et un médecin trois fois par semaine pour 500 élèves ;
Les soins dentaires et des yeux seront gratuits pour les moins de 10 ans ;
Les surveillants doivent être réembauchés en nombre suffisant : 1 constamment présent pour 50 élèves ;
Des petits-déjeuners doivent pouvoir être servis aux élèves dont la famille ne peut les assurer ;
Il faut se concentrer très en amont, très vite, sur les 15 % d’ados ou pré-ados qui connaissent des difficultés psychologiques auxquelles s’ajoutent le plus souvent des problèmes sociaux. Les communes, avec une aide publique, doivent être en mesure de leur désigner des « compagnons de route » (adulte, éducateur, psychologue) soutenant le travail des RASED, dont il ne faut en aucun cas diminuer le nombre de postes.

4) Conditions de vie pour les 18-25 ans
Diverses solutions ont été proposées. Il est nécessaire de les adapter : la France, où les minima sociaux commencent à 25 ans et où le nouveau RSA jeunes ne touche qu’une très faible minorité (ceux qui ont travaillé deux ans et au moins 3214 heures au cours des trois dernières années) fait figure d’exception en Europe.

Je ferai mettre en place :
- une allocation d’insertion pour tous les primo-demandeurs d’emploi d’un montant égal au RSA-socle, relevé à 600 € ;
- une allocation d’études pour tous les jeunes s’élevant à l’équivalent de 450 € par mois sur 36 mois, sous forme d’un capital utilisable tout au long de la vie mais seulement pour financer la vie étudiante, articulé avec un système de prêt sécurisé à taux zéro organisé par les pouvoirs publics, pour la même somme (équivalant à 450 € par mois sur 36 mois) et remboursable uniquement si le revenu d’activité après la formation dépasse un seuil mensuel de 2500 €. Cette possibilité de vivre avec 900 € par mois, montant auquel il faudra également faire remonter le minimum vieillesse, permettra à tous les jeunes d’étudier à plein temps sans devoir trop travailler par ailleurs, ce qui contribuera à la démocratisation des études. La part du capital sera modulée sous condition de ressources.

J’ajoute que soutenir les jeunes individuellement et pas les familles est plus égalitaire, car la solidarité familiale favorise chez nous la reproduction des inégalités sociales et culturelles. Si l’on aide les aînés, l’argent ne redescend pas équitablement les générations.

Ces allocations, d’un coût d’environ 15 à 20 milliards d’euros au maximum, se substitueront aux aides familiales et aux bourses actuelles et à une partie de la formation professionnelle (8 à 10 milliards). Le coût financier net en sera donc à court et moyen terme de 5 à 10 milliards, pour un bénéfice économique réel bien supérieur à moyen et long terme. La solidarité entre les générations vaut bien cet effort.

La gestion des allocations sera confiée au réseau de missions locales, qui ont l’expérience d’un travail d’écoute et d’accompagnement des jeunes en difficulté professionnelle. L’on devra accroître le nombre de postes d’accompagnateurs, car cette fonction est prioritaire.

5) Formation
La section éducation de mon projet traite de l’ensemble du sujet. Cependant, trois initiatives me paraissent essentielles pour aider les jeunes exclus du système :

Renforcer les écoles de la deuxième chance. Il n’y en a qu’à peine quatre-vingt-dix actuellement, offrant environ 10 000 places, qui procurent des formations courtes, indemnisées et personnalisées.

Elles devraient être triplées (2 à 3 par département en moyenne) et toucher plus de 25 000 jeunes. Je m’engage à accroître fortement l’aide publique pour ces écoles, permettant aux collectivités territoriales de les organiser, en liaison avec les chambres de commerce et d’industrie ;

Créer partout où cela sera nécessaire, notamment dans les zones urbaines et péri-urbaines sensibles, des internats scolaires de proximité, créant un environnement de travail assisté pour les jeunes en difficulté. Il s’agit d’une démarche complétant celle des internats d’excellence actuels, pour lesquels des élèves prometteurs sont sélectionnés sur dossier dans leur école ;

Les Epide (établissements publics d’insertion de la défense), qui reçoivent aujourd’hui 2200 jeunes socialement désinsérés, doivent être renforcés, et la possibilité de choisir un service civique, étendue. Les dispositifs coûtent cher, et un pilotage général plus clair s’impose sur le sens à donner aux missions, mais ce n’est pas une raison pour les laisser dépérir.

6) Esprit et objectif de notre enseignement
Notre enseignement (cf. pour plus de détails ma section L’éducation, une nouvelle frontière ) ne doit plus être élitiste, préparant la majorité à devenir salariés consommateurs dans des emplois de service et une petite minorité grands patrons ou administrateurs.

Je me battrai d’abord sur quatre fronts :
- Rétablir la formation d’enseignants dans des centres pédagogiques, avec une année de formation comme dans les anciens IUFM, mais par des formateurs n’ayant pas passé plus de quatre ans sans enseigner ou enseignant encore ;
- Fournir des avantages en logement et en traitement aux enseignants chevronnés nommés dans des écoles difficiles ;
- Encourager la responsabilisation des élèves par la participation à leur vie scolaire, en particulier vis-à-vis de leur salle de classe, avec le soutien d’une aide réellement individualisée ;

- Redonner à l’université sa place dans notre enseignement supérieur, en ne la laissant plus être la sœur délaissée des grandes écoles qui, elles, devront redevenir des centres de formation scientifique à la frontière des connaissance, c’est-à-dire le fil de l’épée de notre enseignement, et ne plus être les bases d’opérations d’une élite d’administrateurs fiers d’eux-mêmes et de leur carnet d’adresses, mais bien plus héritiers que créateurs.

7) Embauche
Les entreprises qui bénéficient d’aides publiques doivent ouvrir leurs portes aux jeunes, sous peine de pénalités financières à insérer dans le dispositif global de mobilisation pour la jeunesse ;
Les autres entreprises devront, selon la proposition de François Hollande, retenir leurs salariés les plus âgés et les plus expérimentés pour assurer le tutorat de jeunes recrues, avec une aide publique sous forme d’un allègement des charges patronales.
Les jeunes agriculteurs doivent pouvoir obtenir des terres : l’on créera des groupements fonciers qui leur loueront obligatoirement, selon la proposition du CNJA.

8) Culture
Nos jeunes ont moins souffert, statistiquement, que leurs prédécesseurs. Ils ne sont que plus brutalement désorientés par le monde de la crise et la culture de la mort qui l’accompagne. Michel Serres l’a exprimé très crûment :
« Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d’attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est "mort" et l’image la plus représentée celle de cadavres. Dès l’âge de 12 ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de 20 000 meurtres. »
Ils sont également formatés par la publicité, la société du spectacle et du « tchat ». Ils connaissent et écrivent autrement.
Il est donc urgent de faire trois choses :
- fournir à notre jeunesse une culture de la vie et du savoir, qui soit cohérente avec mon projet pour l’avenir. Le défi est de le faire avec les nouvelles technologies et les nouveaux moyens d’expression qui, pour l’instant, sont une source d’appauvrissement et de déstructuration de la réflexion, mais qui peuvent devenir source d’une nouvelle Renaissance pour tous. Faute de comprendre cette jeunesse, les générations qui n’ont pas encore pris leur retraite multiplient les réformes inutiles, car elles ne s’adressent pas à l’essentiel et s’appliquent dans un univers financier en peau de chagrin. Mon projet est au contraire de redonner à la jeunesse la science et l’art à la source, en leur fournissant les œuvres originales de ceux qui écrivirent et composèrent sous une forme qu’internet permet de mettre à la portée de tous (cf. ma section Opération Lagrange-Malraux pour sauver les jeunes et la culture, vite !) ;
- interdire, avec l’accord de représentants de nouvelles générations, les jeux vidéo violents : peut-être les partisans de cette interdiction d’une culture de la mort sont-ils aujourd’hui une minorité, mais nous l’étions aussi pour interdire la peine de mort et, au moins en cela, nous avons réussi ;
- promouvoir les projets comme Demos qui, en enseignant la musique classique aux enfants de 7 à 12 ans dans des quartiers sensibles et les aidant à gagner en concentration, confiance en soi et sens de l’universel, poursuit l’œuvre d’El Sistema au Venezuela.

Le grand poète anglais Wordsworth écrivait, à propos de la Révolution française, « le bonheur, en cette aube, était de vivre ». Ce rêve a mal tourné faute de culture politique du peuple et du poids de l’oligarchie européenne liguée contre lui. Aujourd’hui, notre défi est de réussir – avec les jeunes des autres peuples du monde.

Exécutif – Législatif (sujet en bref)

La destruction de l’économie, la mise en péril de la paix dans le monde et la remise en cause des libertés publiques sont le fait de l’absence d’hommes de caractère pour les porter. Le défi est de créer un environnement institutionnel dans lequel ils pourront réapparaître et se multiplier. La Constitution de la Ve République ne peut et ne doit pas être bouleversée comme le voudraient certains rêvant d’une VIe. Elle doit être sérieusement amendée et bonifiée, afin que nos institutions redeviennent garantes du bien commun et suscitent l’engagement citoyen.

Mes propositions

- Établir un exécutif fort qui puisse combattre la mondialisation financière et défendre l’intérêt national avec l’arme d’un système de crédit productif
- Donner les moyens au Parlement d’exercer enfin ses missions de législation et de contrôle : interdiction du cumul des mandats, réduction du nombre de députés à 400, leur assurer de véritables équipes de travail, renforcer le pouvoir d’investigation des commissions
- Fusionner le Conseil constitutionnel avec la Cour de Cassation et le Conseil d’État en une unique Cour suprême de la nation
- Revitaliser la vie politique en instaurant de vrais référendums consultatifs et le droit direct de présenter une proposition de loi, en introduisant le scrutin proportionnel pour un quart des sièges de député, et en refondant le mode de financement de la vie politique

Pouvoir judiciaire (sujet en bref)

Non seulement notre justice manque de moyens, mais elle est trop chère, trop lente, trop inégalitaire et surtout tenue par la branche exécutive. De plus, l’inhumanité qui règne dans l’univers carcéral donne rarement aux anciens prisonniers la chance de reprendre une vie normale. Il est impératif que la justice devienne un réel troisième pouvoir. Elle doit être humanisée, démocratisée, devenir impartiale et retrouver sa mission de protection des citoyens, de respect des libertés publiques et de juste réparation de tout préjudice, afin que les Français croient à nouveau en elle.

Mes propositions
- Séparer réellement les magistrats en deux corps, correspondant au siège et au parquet. Les juges seront pleinement indépendants et les procureurs dépendront d’une hiérarchie, mais qui sera indépendante de l’exécutif, ayant à sa tête un Procureur général de la nation inamovible et ne recevant pas d’instructions particulières du garde des Sceaux
- Charger l’Assemblée nationale de désigner les six personnalités extérieures du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à une majorité de 3/5 des élus, dans le but de renforcer l’émancipation du pouvoir judiciaire à l’égard de l’exécutif
- Doubler puis quadrupler (1,2 milliard) le montant annuel de l’aide juridictionnelle en faveur des citoyens les plus démunis
- Donner plus de moyens à la lutte contre la grande délinquance financière et le blanchiment d’argent
- Créer de toute urgence, dans toutes les maisons d’arrêt, un quartier pour les courtes peines avec des mesures de sécurité allégées et cesser le mélange des petits délinquants avec les autres ; Ne plus incarcérer les mineurs non récidivistes, les sans-papiers et les grands malades ; Mettre en place des dispositifs d’accueil et d’orientation pour les prisonniers ayant acquis une formation professionnelle en prison

Le financement de la vie politique (sujet en bref)

Le financement officiel de notre vie politique est scandaleux et injuste. Aboutissant à un nouveau système censitaire, il privilégie les grands partis et exclut tout parti émergent indépendant. Il est impératif de rétablir l’équité dans le financement de la vie politique si l’on veut redonner un souffle, une ambition républicaine à notre société et permettre à de nouvelles voix de s’exprimer.

Mes propositions
- Impression gratuite par l’État d’un bulletin unique comportant tous les noms des candidats, ainsi que les déclarations de candidature de chaque candidat, limitées à quelques paragraphes
- Favoriser une sélection plus juste et plus démocratique, fondée sur l’aptitude du candidat à réunir des signatures de citoyens, dûment contrôlées, atteignant au moins 0,5 ou même 1 % des électeurs inscrits, et non sur une sélection par l’argent, comme c’est actuellement le cas
- Interdire toute forme de financement, sauf celle effectuée sous forme d’une avance de l’État, égale pour chaque candidat ayant obtenu les 500 signatures d’élus pour une présidentielle ou les 0,5 % à 1 % requis pour une législative


Collectivités territoriales (sujet en bref)

Contrairement à la vocation qu’elle affiche – optimiser l’organisation territoriale – la loi du 16 décembre 2010 précipite les collectivités territoriales dans une logique de libéralisation financière destructrice : démantèlement des services publics, regroupements imposés d’en haut, transferts d’attributions aux collectivités territoriales avec réduction des dotations et absence d’autonomie fiscale, mise en compétition déloyale des nouvelles entités territoriales. Délaissées par l’Etat, les communes sont poussées à abandonner au privé le financement de leurs équipements et à recourir aux emprunts douteux que leur proposent des banques malhonnêtes. Face à ce véritable sabotage de la vie locale, l’État doit être l’instigateur d’une réelle politique d’aménagement et de développement harmonieux des territoires, tout en leur donnant les moyens d’une plus grande autonomie.

Mes propositions
- Abroger la loi du 16 décembre 2010, dite réforme territoriale
- Affecter immédiatement un point de CSG supplémentaire (une CSG fusionnant avec l’impôt sur le revenu et devenant progressive) aux départements afin qu’ils puissent faire face à leurs charges sociales
- Refuser une intercommunalité imposée et qui « siphonne » les compétences des communes à une majorité simple ; non à une intercommunalité antichambre à la disparition de communes, oui à une intercommunalité fondée sur une coopération volontaire
- Annuler la nomination de conseillers territoriaux, qui ne seront pas assez nombreux pour suivre la vie des communes et trop nombreux au niveau régional : il faut fermer l’usine à gaz

Une révolution fiscale

Aujourd’hui, non seulement notre système fiscal n’est pas équitable et pénalise le travail, mais il est obscur et incompréhensible. Il faut le simplifier, afin que la population en comprenne les objectifs, et le réorganiser afin qu’il serve la justice sociale et soit le ressort d’une croissance économique productive.

Mes propositions

- Réorganiser puis fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG en taxant les revenus du capital de la même manière que les revenus du travail : le barème progressif de ce nouvel impôt ira de 2 % pour 2200 € de revenu mensuel à 70 % pour plus de 100 000 €
- Intégrer l’ISF dans une imposition globale sur le patrimoine en le liant aux successions. Tout ménage pourrait devoir transmettre en une fois, sans impôt, au maximum 180 000 € à chacun de ses enfants.
- Rendre la fiscalité locale plus juste en donnant un point de la nouvelle CSG pour les dépenses sociales des départements, et en asseyant la taxe d’habitation et la taxe foncière sur la valeur vénale des logements et en tenant compte du revenu des intéressés
- Redonner la priorité aux PME industrielles sur les conglomérats financiers : en supprimant le régime d’intégration de droit commun et du bénéfice mondial consolidé et en ramenant de 33 % à 30 % l’impôt sur les sociétés, tout en prévoyant un taux réduit de décollage de 18 %
- Créer une vraie TVA sociale pour protéger notre production nationale contre le dumping et la concurrence faussée. Les taux varieront selon les produits afin de ne pas pénaliser la consommation courante et le SMIC sera progressivement augmenté à 1700 €, ce que les chefs d’entreprises pourront assumer compte-tenu de l’avantage que leur procure la TVA sociale

Droit au travail et à l’emploi qualifié (sujet en bref)

Alors que depuis trois ans, la crise est de plus en plus virulente, la situation de l’emploi est devenue catastrophique. Au-delà des chiffres officiels qui édulcorent la réalité, le chômage, la précarité, les bas salaires et la pauvreté qui en découle touchent au moins 30 % de la population. C’est le résultat direct de la soumission des gouvernements aux puissances financières depuis quarante ans. Il nous faut donc impérativement sortir de ce carcan financier pour créer de vrais emplois qualifiés et productifs qui soient le ressort d’une justice sociale réelle.

Mes propositions

- Conjointement à la nomination d’un ministre du Plan et à la mise en place d’une Banque nationale, créer un vrai service public de l’emploi (à la place de l’actuel Pôle Emploi) avec des agents qui accompagnent vraiment et humainement les demandeurs d’emplois
- Doubler le nombre d’inspecteurs du travail et sauver la médecine du travail avec 150 nouveaux postes par an
- Revaloriser le SMIC à 1700 € en trois hausses successives sur deux ans, parallèlement à la relance d’une économie productive

Formation professionnelle

Les inégalités d’accès et la baisse de la durée de formation, le manque de passerelles interprofessionnelles et l’opacité du système sont les principales insuffisances à corriger, afin que la formation devienne réellement un droit universel reconnu à chacun, rendu exerçable et préparant aux métiers de l’avenir. La formation doit répondre aux besoins des personnes, de l’économie et de la nation.

Mes propositions

- Donner accès à la formation à ceux qui ont le plus besoin d’être réintégrés dans la vie sociale (jeunes insuffisamment qualifiés, chômeurs de longue durée, femmes cherchant un emploi après une maternité, handicapés, prisonniers...) et allonger la durée des formations
- Concentrer la formation sur des métiers associés aux technologies de pointe qui serviront une économie productive d’avenir
- Créer un vrai droit à la formation pour tous tout au long d’une vie, dans le cadre d’un grand service public de l’emploi et de la formation, avec un droit à la formation attaché à la personne (compte de formation individuel)

Retraites (sujet en bref)

Le débat sur les retraites doit être redéfini. Le problème majeur n’est pas entre nombre de retraités et nombre d’actifs. Il faut prendre en compte le fait que les retraités consomment, épargnent et transfèrent du pouvoir d’achat vers leurs enfants et petits-enfants (ils ne sont donc pas « inactifs économiquement ») et qu’une économie dynamique, favorisant les découvertes et les innovations technologiques, permet d’améliorer la capacité des actifs à soutenir les retraités. Aujourd’hui, le problème est celui de la nature du travail dans une société en voie de désindustrialisation. Les emplois de service, peu qualifiés et faiblement rémunérés, sont devenus la norme, sans créer suffisamment de richesse physique réelle pour assurer l’avenir des générations futures et une vie digne à ceux qui ont travaillé. C’est de démarche politique, économique et sociale qu’il faut donc changer.

Mes propositions

- Agir sur la qualité du travail humain et rééquilibrer la répartition des richesses, en réorientant la société vers la recherche, l’équipement de l’homme et de la nature et les activités productives, afin que le travail retrouve son intérêt et redevienne vecteur de cohésion sociale et de dignité.
- Revaloriser immédiatement les retraites avec instauration d’un plancher minimum équivalant progressivement au SMIC
- Rétablir la revalorisation des retraites en fonction des salaires, et si ceux-ci baissent ou sont bloqués, en fonction d’un indice des prix
- Ne prendre en compte que le critère des 41,5 ans de cotisations. Les travailleurs « précoces » pourront donc partir à la retraite avant l’âge légal maintenu à 62 ans
- Rejeter définitivement le système de capitalisation des retraites
C’est une économie productive organisée et d’emploi qualifié qui permettra de servir des retraites dignes.

Logement (sujet en bref)

Dans une situation explosive où la récession économique mondiale se combine à une hausse accélérée des prix de l’immobilier, le problème du logement devient brûlant. En France, de plus en plus de personnes sont mal logées, pas logées du tout ou doivent faire des dépenses de plus en plus exorbitantes dans ce domaine. L’État doit se réengager, faire un état des lieux précis et agir vite pour que le droit de chacun à avoir un logement décent soit respecté.

Mes propositions

- Construire au moins 150 000 à 200 000 logements sociaux par an, et en réhabiliter 500 000 autres
- Poser un ultimatum (6 mois) aux bailleurs qui ne mettent pas à disposition des gens qui en ont besoin leurs logements sociaux vides, sinon l’État sera en droit de les réquisitionner
- Mettre en place un bouclier logement (les dépenses de logement ne doivent pas représenter plus de 20 % du revenu)
- Veiller à ce que les maires tiennent leurs engagements sur les 20 % de logements sociaux et passent rapidement à 25 %, sinon ils seront fortement pénalisés. Les communes n’atteignant pas les 10 % pourront être destituées de tout permis de construire

Santé

Bien qu’en France, l’on soit encore en avance en matière de santé, notre système médical public est mis en péril par une privatisation rampante, une logique de rentabilité financière. La santé devient un marché lucratif que se disputent des cliniques privées, des mutuelles et des assureurs. Le coût des soins étant de plus en plus élevé, de plus en plus de gens défavorisés renoncent à se faire soigner. Il faut refuser catégoriquement cette marchandisation de la santé et revenir au plus vite à un système public qui garantisse à chaque individu le droit à la santé et aux soins dans un esprit d’égalité et de solidarité.

Mes propositions

- Débloquer 13 milliards d’euros (1 point de la nouvelle CSG à barème progressif) pour revenir au taux originel de remboursement des soins (80 % pour les soins courants), et rembourser les soins auditifs, oculaires et dentaires à la hauteur des autres soins. Annuler le forfait sur actes médicaux lourds ou la contribution sur visites médicales ou achats de médicaments
- Supprimer la T2A (qui mène à un codage financier de la maladie et au triage des malades) pour revenir à un budget global fondé sur le principe de solidarité
- Mobiliser 1,5 milliard d’euros pour le service des urgences et mieux coordonner la médecine de ville et l’hôpital pour désengorger ce service
- Rendre la médecine générale plus attrayante en changeant le système de rémunération en fonction de plusieurs critères (nombre de patients traités dans l’année, gravité de la pathologie, zone d’exercice)
- Soutenir la construction de maisons de retraite, en améliorer les services et faire baisser le prix des séjours. La véritable solution au problème de la dépendance est qu’il y en ait le moins possible en améliorant les conditions de santé et de vie.
- Augmenter les moyens dévolus aux unités de soins palliatifs pour éviter des tendances pernicieuses à opter pour l’euthanasie
La santé publique ne doit pas être engagée dans une logique financière incompatible avec l’intérêt collectif. Il faut arrêter le triage de fait des soins et le harcèlement dont sont trop souvent victimes les médecins et les soignants dans les hôpitaux publics.

Épanouissement familial et lutte contre le sexisme (sujet en bref)

Bien que la politique familiale menée en France depuis 1945 soit plutôt positive, elle demeure injuste, favorisant les ménages les plus riches et révélant une discrimination de la femme dans le partage des tâches domestiques et au sein du monde du travail. Nous devons modifier le système de distribution des prestations familiales et celui de la prise en charge de la petite enfance, impliquer davantage les pères dans la vie de famille et ainsi offrir aux femmes la possibilité d’intervenir plus activement dans la vie publique. La famille doit devenir le ressort du changement d’une dynamique sociale aujourd’hui paralysée par un système de contraction financière.

Mes propositions

- Revenir sur la désindexation partielle des prestations familiales et des aides au logement
- Remplacer le système du quotient familial par le versement annuel d’une prestation pour les non assujettis à l’impôt sur le revenu et le droit à un crédit d’impôt pour les assujettis, égal pour tous, le but étant de pourvoir les ménages disposant de revenus mensuels inférieurs à 3000 €
- Ouvrir 300 000 nouvelles places en crèche et chez les assistantes maternelles
- Partager équitablement entre les deux parents le congé d’accueil de l’enfant (8 semaines venant après un congé maternité raccourci à 12 semaines)
- Instaurer une loi-cadre contre les violences sexistes dans toutes leurs dimensions et interdire toute forme de publicité sexiste sous peine d’amende
- lutter contre la prostitution en la considérant comme une forme de violence faite aux femmes et aux enfants et offrir des services sociaux à toute personne prostituée désirant en sortir. Pénaliser les acheteurs de faveurs sexuelles par un système d’amendes et annuler le délit de racolage passif
- Rendre les conditions de l’IVG plus humaines en proposant des conseils pré-IVG et des entretiens post-IVG. Il ne faut plus considérer l’IVG comme une chose en soi, mais comme un choix pouvant être exercé sans culpabilisation, dont on ne peut réduire le nombre qu’en améliorant la société et en offrant à chaque être humain les moyens de faire un choix conscient pour donner la vie
La politique familiale doit être une politique de service des générations futures, s’inscrivant dans le cadre d’une revalorisation de la femme. Les naissances doivent être vues comme un bienfait d’autant plus grand qu’elles pourront être choisies, une liberté devenant de plus en plus responsable.


Le handicap (sujet en bref)

La manière dont notre société considère et traite le handicap est symptomatique de la faillite des grands principes de solidarité et de justice énoncés par le Conseil national de la Résistance en 1944. Un système économique orienté sur le gain à très court terme, où pragmatisme et réactivité sont fortement recommandés, n’entend pas s’encombrer de personnes vulnérables. Actuellement, les moyens scolaires et médicaux alloués au handicap sont de plus en plus réduits. C’est pourquoi nous devons reprendre le combat contre les féodalités financières afin de relancer une politique défendant les progrès sociaux et l’égalité des droits et des chances, dans une société où la richesse que représentent les différences de certains les rende dignes de participer à un projet social dirigé avant tout vers le bien commun de tous les vivants et des générations futures.

Mes propositions

- Concernant la prestation de compensation du handicap (PCH), obtenir la compensation de l’État en faveur des départements
- Augmenter progressivement mais rapidement l’Allocation pour adulte handicapé (AAH) de 700 € au niveau du SMIC, avec un suivi de l’inflation réelle
- Rétablir les aides à l’embauche de salariés handicapés et garantir un meilleur respect des obligations des entreprises en matière d’emplois de personnes handicapées.
- Soutenir les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et leur permettre de remplir réellement leur rôle de guichet unique pour l’information, l’accompagnement et le conseil en matière d’aide et d’insertion professionnelle, en leur donnant les moyens lors d’une convention pluriannuelle d’objectifs et de moyens signée par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, le Conseil général et l’État, et apurer le montant cumulé de la dette du ministère du Travail à leur égard
- Créer plus de places dans les foyers pour enfants autistes, ainsi que des foyers d’accueil médicalisés pour autistes adultes
- Favoriser la présence d’un enfant handicapé dans les classes pour faire éprouver aux autres enfants la richesse de la différence


PME-PMI (sujet en bref)

La croissance des PMI-PME françaises est aujourd’hui bloquée par une logique de bas salaires, imposée par la mondialisation financière. A cela s’ajoutent un système étouffé par de grands groupes, une difficulté de plus en plus criante à trouver des financements, une fiscalité inadaptée et une complexité administrative. Il faut faire sauter ces verrous et créer un environnement propice au développement de PMI-PME innovantes de 100 à 300 salariés.

Mes propositions

- Créer une banque publique d’investissement (dans le contexte de notre politique d’assainissement bancaire), avec un secteur spécialisé dans les PME-PMI innovantes, incluant les moyens actuels d’Oséo et de la Banque postale
- Créer un système de bonus aux entreprises privilégiant l’investissement par rapport à la distribution de dividendes
- Exonérer les cotisations de contrats de plus d’un an signés avec des jeunes de moins de 25 ans
- Faire bénéficier les PMI-PME d’un accès de 25 % à tout contrat confié à une instance gouvernementale

Agriculture (sujet en bref)

Devenue la proie d’un système économique mondialisé qui répond à la loi du plus fort et à une logique de gain financier à court terme, abandonnée par des gouvernements qui se sont soumis aux dogmes du libre-échange, l’agriculture, pilier fondamental de l’économie, est de plus en plus menacée. Alors que la faim croît dans le monde, le travail des petits et moyens producteurs est complètement dévalué. Nous devons de toute urgence engager les réformes qui permettront de lui redonner son objectif primordial : assurer une alimentation de qualité à l’échelle française et européenne et la sécurité alimentaire à l’échelle mondiale pour éradiquer la faim et la malnutrition.

Mes propositions

- Établir un nouveau Bretton Woods interdisant de spéculer sur les produits alimentaires et établissant un système de crédits à long terme et faible taux d’intérêt au service du développement et de la production
- Doubler la capacité de production agricole pour pouvoir nourrir 9 à 10 milliards d’êtres humains d’ici 2050
- Rétablir la souveraineté alimentaire des pays contre les accapareurs de terre
- Contre le libre-échange, organiser les marchés dans le cadre d’un protectionnisme intelligent et d’un esprit de solidarité : rétablir l’esprit de la PAC tel qu’il était à l’origine et lancer des coopérations Nord-Sud, Est-Ouest
- Remplacer le système européen d’aides découplées de la production par une politique de prix rémunérateurs, valorisant la production et permettant aux agriculteurs de vivre et de réinvestir
- Organiser un moratoire sur les dettes injustes qui pèsent sur de nombreux exploitants, en tenant compte des régions, des parcours individuels et des domaines de production
- Instaurer un régime de protection et de régulation des prix grâce à la constitution de stocks d’intervention
- Prendre différentes mesures de rééquilibrage des aides en faveur des productions vivrières, des régions en difficulté, du secteur de l’élevage (qui souffre de la hausse des prix des céréales)...
- Soutenir la multiplication des circuits de vente courts pour éviter les gros intermédiaires
- Pour préserver la fertilité des sols usés par l’utilisation excessive de produits chimiques, préparer une révolution agrobiophysique impliquant de nouvelles formations pour les agriculteurs, ouvrant à des transformations du métier. Le sol n’est pas un support mais un processus vivant.
Rendre justice à ceux qui produisent ce que nous mangeons est un devoir, arrêter les profits scandaleux de ceux qui spéculent, saccagent le travail et bloquent la production est un impératif.

Sécurité publique (sujet en bref)

L’augmentation de l’insécurité en France a entraîné la mise en place de dispositifs de sécurité répressifs qui sont trop souvent en rupture avec le respect républicain des libertés publiques. Ce sont des dérives inacceptables, car le problème n’est en aucun cas traité à la source ; c’est contre l’insécurité sociale et économique qu’il faut d’abord lutter, en créant de l’emploi qualifié et des solidarités à tous les niveaux. La police et la gendarmerie doivent être à nouveau mues par les principes d’action fondamentaux que sont la prévention, la proximité, la réactivité et la sanction ayant pour visée la réinsertion. C’est la seule manière de nous réorienter vers un État de droit.

Mes propositions

- Établir un ministère de l’Intérieur recentré sur ses fonctions de maintien de l’ordre public et l’administration des territoires, à côté d’un ministère de la Justice appliquant la loi et sanctionnant, et d’un ministère de la Ville, du Logement et de l’Aménagement du territoire créant les conditions sociales de la sécurité publique, le tout coordonné par le Premier ministre
- Pour leur permettre une plus grande présence sur le terrain, libérer policiers et gendarmes des tâches administratives en embauchant des administratifs
- Arrêter la culture du chiffre et établir un Observatoire national de la délinquance (OND), travaillant en étroite coordination avec l’INSEE, dont le titulaire, nommé par le Conseil supérieur de la Magistrature, sera indépendant et doté de pouvoirs de vérification sur la manière dont les statistiques sont établies
- Assurer la présence d’une coordinatrice sociale dans les gendarmeries et les commissariats pour accueillir, aider et conseiller les victimes
- Se mobiliser en priorité pour la répression et le démantèlement réels du trafic de drogue
- Établir une police de proximité dans les zones périurbaines tard dans la soirée et la nuit, et multiplier les centres opérationnels de la Police nationale disponibles nuit et jour
- Créer dans les cités des maisons du citoyen regroupant plusieurs services administratifs (services judiciaires, caisses d’allocations familiales, policiers, services d’accueil et de renseignement, activités d’animation, interprétariat), associées à des maisons de droit, pour traiter les conflits individuels ou collectifs en amont et en aval et assurer un travail de prévention, notamment vis-à-vis des jeunes à problèmes
- Mettre en place des conseils de famille et des conseils de jeunes au niveau des quartiers, élus par tous les habitants de la cité et travaillant avec les services municipaux
- Dans la loi Perben 2, supprimer la possibilité pour des services étrangers de pays hors de l’Union européenne (FBI, CIA) de venir enquêter en France avec leurs propres règles
- Créer un Comité d’éthique réellement indépendant au sein du ministère de l’Intérieur, composé de policiers, de gendarmes et de personnalités issues de la société civile, sous la présidence d’un magistrat pour lutter contre les éventuelles dérives policières.

Armée (sujet en bref)

Soumise aux intérêts financiers de la City de Londres et de Wall Street et assujettie à l’OTAN, la France ne joue plus qu’un rôle de supplétif dans la logique impériale de déploiements militaires « hors zone ». Il est nécessaire, dans ces conditions, de refonder une armée de citoyens, garante de l’intérêt supérieur de la République, c’est-à-dire de son indépendance et de ses libertés.

Mes propositions

- Priorité à la défense du territoire national et retirer nos troupes d’Afghanistan
- Mettre en œuvre un service civique obligatoire de six mois pour rétablir le lien Armée-Nation et éviter la « ghettoïsation » d’une communauté militaire repliée sur ses professionnels
- Rejeter l’article 123 du Traité de fonctionnement de l’UE (qui entérine la prépondérance de l’OTAN sur la défense européenne) et revenir sur l’accord franco-britannique de 2009 imposant une quasi-fusion de nos armées jusqu’à une coopération en matière de nucléaire
- Mobiliser notre armée pour réaliser de grands projets civils de développement (revitalisation du lac Tchad, projet Roudaire de mise en eau des chotts tunisiens, construction d’écoles et d’hôpitaux...)
- Participer à la création d’une Initiative de défense terrestre (IDT), proposée par la Russie, visant à défendre notre planète contre d’éventuels dangers humains et naturels? : positionnement de satellites dotés d’armes à énergie dirigée, susceptibles d’arrêter dans leur trajectoire des missiles porteurs d’armes nucléaires, et d’un autre dispositif commun de satellites organisant une veille climatique et sur les corps célestes susceptibles de menacer la Terre
- Faire de l’armée le levier d’un renouvellement technologique, de recherches et de découvertes, un vecteur de croissance économique bénéfique autant au civil qu’au militaire. Les armes à énergie dirigée (lasers, armes à faisceaux de particules…) ainsi que les armes à pulsions électromagnétiques nous sont particulièrement nécessaires, tant pour notre défense de l’avenir que par leurs technologies qui nous permettront de jouer un rôle dans l’IDT.

Internet et liberté (sujet en bref)

Face à une dérive du contrôle social qui se traduit par une vulnérabilité de plus en plus grande des jeunes au monde virtuel des écrans, l’extension des systèmes de surveillance de masse, la privatisation de la sécurité publique et la commercialisation de données personnelles, nous devons rétablir un Etat qui assure la sécurité économique, sociale et territoriale en vue d’un épanouissement de la personne humaine.

Mes propositions

- Doubler les moyens de la CNIL grâce à une taxe de 100 euros sur les entreprises et une taxe de 50 euros sur les collectivités locales
- Accroître les moyens juridiques de faire respecter le principe de protection des données personnelles
- Créer une commission d’enquête parlementaire chargée de faire régulièrement des bilans sur le coût et l’efficacité de la vidéosurveillance et du fichage
- Constituer un Conseil national des libertés issu du parlement et ayant pour arme la CNIL, qui sera chargé de défendre nos libertés publiques
- Lancer le pays dans une stratégie du logiciel libre
Si nous ne réagissons pas très vite, « ce qui nous attend est bien pire que Big Brother » (Alex Türk, président de la CNIL).

Hadopi (sujet en bref)

Les lois Dadvsi et Hadopi ne protègent pas les auteurs, mais les producteurs qui, exploitant les artistes, exigent d’eux qu’ils renoncent à leurs droits. Par ailleurs, le système de sanction des fraudes proposé est inefficace et comporte en germe des dérives portant atteinte aux libertés publiques. Il faut donc abroger ces textes et recréer un contexte social et politique porteur où l’artiste, ayant la maîtrise de ses oeuvres, retrouve sa mission fondamentale qui est d’éveiller chez autrui ce qu’il y a de meilleur et de plus constructif pour la société.

Mes propositions

- Abroger les lois Dadvsi et Hadopi
- Charger les lieux d’enseignement artistique de former les artistes à la défense de leurs droits
- Donner la possibilité aux artistes de s’organiser en auto-producteurs ou en coopératives pour diffuser leurs oeuvres, avec une subvention fournie à des individus, non à des structures
- Etablir une plateforme de téléchargement publique promouvant la rencontre entre les artistes et leur public
- Interdire le système de vérification des licences par DPI, qui peut être utilisé à des fins malhonnêtes et mener à de graves dérives en matière de contrôle social
- Instaurer en faveur des artistes une taxe de deux euros par mois et par abonnement, levée sur les fournisseurs d’accès à internet (FAI), permettant de réunir environ 500 millions d’euros et de créer un nouvel état d’esprit en France.

La recherche (sujet en bref)

En France, le secteur de la recherche est en déclin : les restrictions budgétaires vont croissant et l’on donne priorité au court terme. Conséquence : les chercheurs partent à l’étranger. Par ailleurs, il y a un grand manque d’interactions entre la recherche, les universités et les entreprises. Il faut impérativement redonner des moyens financiers à la recherche : elle doit pouvoir relancer des projets sur le long terme et être un vecteur essentiel de l’économie. La recherche fondamentale doit redevenir une priorité et jouer son rôle primordial : aller sans cesse au-delà des frontières de la connaissance et permettre des applications technologiques accroissant la qualification du travail.

Mes propositions

- Augmenter le budget de la recherche de 40 % et exiger une hausse de 30 % des salaires des doctorants et de 50 % de ceux des post-doctorants
- Cesser de démanteler et morceler le CNRS en instituts mono-disciplinaires, pour le rajeunir et le muscler avec toute la richesse d’une approche pluridisciplinaire
- Établir un lien CNRS-universités-entreprises dans un ensemble recherche fondamentale-recherche appliquée impliquant l’esprit critique des étudiants et « pariant » sur leurs applications de découvertes en entreprises
- Moduler le taux du crédit impôt recherche en fonction de la taille des entreprises pour favoriser le décollage des PME.

Physique nucléaire (sujet en bref)

Le nucléaire est devenu l’objet de peurs irrationnelles, alimentées par un mouvement écologiste « vert » qui remet en cause le progrès et par une oligarchie qui, ravivant les vieilles thèses malthusiennes, entend jouir des avancées de la science sans en faire bénéficier la population dans son ensemble. Tout ceci s’inscrit dans une logique économique et financière destructrice où le court terme, faisant loi, empêche tout projet porteur. Face à une situation où l’enjeu énergétique risque de devenir de plus en plus une source de conflit dans le monde, il faut absolument reconsidérer le nucléaire comme une étape nécessaire du développement humain, dans une dynamique où la découverte et la créativité redeviennent les piliers de l’économie.

Mes propositions :

- Donner priorité à la physique nucléaire, seule en mesure d’assurer la création de ressources nouvelles dans le futur et redonner au CEA ses moyens et sa mission d’origine
- Minimiser la sous-traitance et le recours aux « précaires du nucléaire »
- Passer très rapidement aux centrales de nouvelle génération à sécurité intrinsèque : réacteurs à haute température (HTR-PMBR), surgénérateurs refroidis au gaz et surtout, réacteurs à sels fondus (thorium)
- Mettre au point des réacteurs à confinement inertiel (lasers), dans une perspective de 30 à 40 ans
- Préparer une économie isotopique pour utiliser et traiter les déchets, et les transformer en ressources (transmutation)
- Remplacer une économie de carburants fossiles pour les transports par une économie de l’hydrogène (piles à combustible)
Le nucléaire social et citoyen est la solution ; il est irresponsable de prétendre sortir du nucléaire comme il est inadmissible de laisser aux nucléocrates le contrôle d’un processus révolutionnaire.


L’espace (sujet en bref)

Depuis trente ans, la politique spatiale subit une logique économique fondée sur le gain à court terme et l’incompréhension d’une opinion publique défavorable qui la juge trop chère, inutile, fantaisiste et emblématique d’un esprit de conquête sans limite. Face à cette vision régressive d’un monde fini, nous devons raviver ce qui est le propre de l’homme : le profond désir de repousser sans cesse les limites du connu, l’enthousiasme de découvrir de nouveaux principes de l’univers et de s’en servir pour tracter l’économie à long terme et améliorer ainsi le monde pour les générations à venir.

Mes propositions

- Exiger que le budget de l’Agence spatiale européenne (ESA) soit immédiatement triplé et doter un grand programme spatial mondial d’un budget de 500 milliards de dollars, dont 150 milliards pour l’Europe et 40 milliards pour la France. L’espace ne doit pas être un enjeu militaire mais l’horizon commun d’une humanité capable de renoncer à la guerre.
- Lancer un grand projet d’éducation scientifique et culturelle et instituer des unités de valeur sur l’espace et l’astronomie dans nos lycées, en collaboration avec d’autres pays d’Europe et du monde prenant des initiatives analogues
- Installer un système de veille spatiale plus efficace contre l’intrusion d’astéroïdes ou de comètes dans l’atmosphère terrestre
- Lancer des programmes pour la construction de transporteurs spatiaux de troisième génération et l’industrialisation de la Lune, plateforme future vers Mars et le reste du système solaire
- Utiliser les acquis des programmes en cours dans l’électronique, l’informatique, les systèmes de commande de vols hybrides, les nouveaux matériaux réfractaires, les protections thermiques en général et les contraintes mécaniques et aérothermiques pour aller d’abord vers la Lune, puis de là, vers Mars
- Pour raccourcir la durée future des trajets Terre-Mars et au-delà, développer la propulsion nucléaire (propulsion par un dispositif de fusion thermonucléaire contrôlée miniaturisée)
Un grand programme de l’espace est impossible dans le système économique et culturel actuel, c’est pourquoi il faut changer de système.

L’écologie (sujet en bref)

Omniprésente aujourd’hui, la pensée « écologiste » dominante répand la vision pessimiste d’une humanité pillant les ressources et surpeuplant la planète. Empreintes d’un fort regain de malthusianisme, ses propositions impliquent une baisse du niveau de vie dans les pays développés et une politique de réduction de la population partout, en particulier en Asie et en Afrique. Or, cette pensée s’oppose totalement à la manière dont l’humanité a toujours progressé : cherchant à comprendre les principes physiques qui organisent l’univers, l’homme les utilise en concevant de nouvelles technologies plus efficaces ; améliorant ainsi son environnement, il réussit à y faire vivre mieux plus de gens. Nous devons donc nous battre pour une véritable écologie respectant les capacités créatrices humaines qui, elles, sont inépuisables.
Mes propositions

- Lutter contre la priorité financière à court terme et la logique de surconsommation d’objets inutiles en leur substituant le développement des compétences humaines et une éducation de la découverte
- Accélérer les progrès dans le domaine du nucléaire (réacteurs de 4ème génération, fusion...), essentiel pour la reprise de l’économie mondiale et le développement du tiers monde
- Lancer une politique de transports publics ambitieuse pour désengorger les villes et diminuer fortement la pollution : promouvoir l’aérotrain de l’ingénieur Bertin, relancer le ferroutage et financer la voiture à hydrogène par des aides publiques
- Réduire au maximum les vols continentaux de moins de 1500 kilomètres grâce à la mise en place de transports terrestres à grande vitesse, de type aérotrain et maglev

L’objectif est de passer d’une « écologie » malthusienne à une écologie humaine, fondée sur l’idée de responsabilité vis-à-vis de l’homme et de la nature et n’impliquant ni le pillage des ressources ni l’abandon des applications pour le bien commun des principes nouveaux que découvre la recherche fondamentale.

Source : http://www.cheminade2012.fr, le 6 avril 2012

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