Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise financière, la réforme des retraites, l'énergie nucléaire, le terrorisme, l'immigration et sur l'Ecole, à Besançon le 30 mars 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise financière, la réforme des retraites, l'énergie nucléaire, le terrorisme, l'immigration et sur l'Ecole, à Besançon le 30 mars 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Besançon (Doubs) le 30 mars 2012

ti : Mes chers amis,

Vous allez avoir dans quelques semaines à faire un choix, un choix…

Vous allez avoir à faire un choix extrêmement important pour notre pays et cette campagne doit être une campagne de vérité.

Le peuple de France ne doit pas se laisser voler cette campagne. Dans cette campagne, chacun doit dire sa vérité, donner des réponses précises, prendre des engagements et expliquer où et comment il entend conduire la France.

La campagne électorale présidentielle, c’est une épreuve ; une épreuve personnelle, une épreuve de vérité où chaque Français doit se dire « dans la situation du monde, de l’Europe, qui aura la force de conduire le pays et pour quoi faire » ?

Durant les cinq dernières années, nous avons dû affronter des crises d’une violence inouïe – je ne sais pas mes chers compatriotes si vous vous rendez compte des périls que la France a dû traverser, éviter pour surmonter les épreuves que le monde, l’Europe et notre pays ont connues depuis quatre ans.

A Toulon, en 2008, j’avais pris un engagement, un engagement solennel ; alors que tout le système financier mondial s’écroulait, je vous avais dit : « nous défendrons notre système bancaire et pas un seul d’entre vous ne perdra un sou de son épargne ».

Pas un seul ! Imaginez, mes chers amis, ce qui se serait passé si nous avions laissé comme dans certains pays faire faillite à vos banques ! Contrairement à ce que pense monsieur HOLLANDE, ce n’est pas l’ennemi ! C’est bien beau de dire « mon ennemi, c’est la finance » mais dans les banques, c’est votre épargne, ce n’est pas la sienne !

Dans les banques, c’est l’argent de votre travail, ce n’est pas le sien ! Et je veux dire une chose à monsieur HOLLANDE : la poche des Français n’est pas inépuisable ; il est temps de s’en rendre compte et de la respecter.

Pas un seul d’entre vous n’a perdu son épargne ; pas une banque n’a fait faillite. Imaginez ce que ça aurait été en France s’il avait fallu faire la queue au guichet pour retirer son argent, l’argent de sa famille parce que le système s’écroulant comme dans certains pays, il n’y avait plus de confiance, c’était chacun pour soi.

J’avais promis que ça ne coûterait pas un centime aux contribuables. L’ineffable et si sympathique madame ROYAL, toujours modérée, toujours constructive, toujours apaisée, avait indiqué avec le sens de la nuance caractéristique chez elle que je mentais, que c’était un mensonge, que je n’y arriverai pas !

Eh bien la France, vous m’entendez, on le sait maintenant, est le seul pays au monde qui a sauvé son système bancaire sans coûter un centime aux contribuables. Et le plan bancaire que nous avons mis en place avec François FILLON a rapporté au Trésor public 2,4 milliards d’intérêts. Voilà comment nous avons géré la crise financière.

En 2010, j’ai bien vu que nous étions, nous les Européens, dans une tourmente et j’ai proposé aux parlementaires et je veux les remercier… je leur ai dit : les vents sont mauvais – crise financière, crise de la dette, crise économique – il faut accélérer et faire la réforme des retraites.

Personne n’était d’accord. Les syndicats les plus raisonnables, disaient « oui docteur mais pas maintenant » ! « Oui, Monsieur le Président, mais pas celle-là ! ».

Remarquez, quand on ne veut pas faire quelque chose, ce n’est jamais le bon moment et ce n’est jamais la bonne personne. Les autres disaient « jamais » ! Et on a vu le défilé des hiérarques socialistes qui disaient solennellement aux Français : « ce n’est pas la peine, il ne faut pas de cette réforme ; la retraite à soixante ans, c’est un acquis, on n’y touchera pas ».

Mes chers compatriotes, je veux vous le dire parce que c’est la vérité : j’ai été surpris moi-même ; lorsque je suis devenu Président de la République, j’ai constaté que sur quinze millions de retraités, la Sécurité sociale allait chercher à la banque un argent qu’elle n’avait pas pour un million et demi d’entre vous, vous m’entendez ? Un million et demi de retraités percevaient une pension que la Sécurité sociale n’avait pas, qu’elle devait aller à la banque emprunter.

Voilà la situation folle dans laquelle nous étions. Pourquoi une situation folle ? Parce que si les pensions de retraite ne sont pas payées, alors les retraités deviennent à la charge de leurs enfants et je ne connais pas pire situation d’humiliation pour quelqu’un qui a travaillé toute sa vie que de ne pas avoir le produit de ses cotisations et d’être obligé de demander à ses enfants de l’aider !

J’ai fait cette réforme. Les socialistes étaient contre, remarquez, ils sont contre tout ! Les syndicats étaient contre – remarquez on ne pouvait pas leur demander d’être courageux à notre place ! – nous l’avons fait, j’ai été attaqué, j’ai été insulté ; on m’a reproché tout et le contraire de tout ; il y a eu neuf manifestations nationales avec des millions de gens. Je n’ai pas reculé car j’estimais que c’était mon devoir.

Certains de mes propres amis me disaient : Nicolas, lâche du lest ! Fais-leur un petit cadeau, un peu de poussière sous le tapis, ça n’a jamais fait de mal, il y en a déjà tellement ! Je n’ai pas voulu. Je vis vous dire pourquoi je n’ai pas voulu parce que je pensais que nous étions à un moment de vérité, qu’on ne pouvait plus biaiser, qu’on ne pouvait plus esquiver, qu’on ne pouvait plus mentir.

Et j’ai dit à mes propres amis : je préfère la mauvaise humeur des Français parce que je sais qu’elle sera passagère, à la colère de la France s’apercevant qu’ils ont cotisé toute leur vie pour à l’arrivée ne rien avoir ! Nous avons fait la réforme. J’affirme que cette réforme était une décision sociale, que c’était une décision juste et maintenant que nous avons les chiffres, j’ai dit : puisque vous allez travailler deux années de plus car vous gagnez un trimestre d’espérance de vie chaque année, je vais me battre malgré la crise pour que chaque année on fasse l’indexation des retraites. Et nous sommes le seul pays d’Europe où les retraites ont été indexées chaque année malgré la crise ; c’est trois milliards d’euros de plus pour les retraités !

Et je peux dire aujourd’hui, à vous mes chers compatriotes : notre système de retraite est en ordre ; vos retraites seront payées ; vous n’êtes dépendants de personne ; vous avez travaillé dur, cette pension vous sera versée, les comptes sont en ordre. Et j’ai pas l’intention de recevoir des leçons de la part de ceux qui ont promis la retraite à soixante ans sans avoir un centime pour la payer et de ceux qui ont démoli la compétitivité de l’économie française avec des 35 heures qui ont ruiné l’économie de la France ! D’ailleurs la preuve que notre réforme n’était pas si mauvaise que cela : je mets au défi quiconque de comprendre ce que veut sur le sujet monsieur HOLLANDE. Je pense que lui d’ailleurs l’ignore ! Ne faisons pas de mauvais procès ! Un jour il dit : je reviendrai à la retraite à soixante ans ; le lendemain, ça a changé – c’était uniquement pour ceux qui ont commencé à travailler avant dix-huit ans – quand je lui ai dit « c’est déjà fait, cette promesse ne sera pas difficile à tenir ! », il m’a dit « ah ! je me suis trompé, c’est ceux qui ont commencé à travailler avant dix-neuf ans » ! Parfait ! Nouveau changement ! Puis nous avons eu une troisième version : partiront à la retraite à soixante ans, tous ceux qui le nombre de cotisations à 41 ans et demi. Puis une quatrième version, parce qu’il se rendait compte naturellement qu’il y a un petit problème de compte à l’arrivée… et la troisième version (sic), c’est qu’il y aura 0,1 point de cotisation en plus pour chaque salarié chaque année et 0,1 point de cotisation en plus chaque année pour chaque entreprise : on accroît la fiscalité sur le travail – merci pour les délocalisations – et on accroît la fiscalité sur les retraités et sur les travailleurs – merci pour le pouvoir d’achat ! Si c’est pour faire cela, ce n’est pas la peine d’être candidat, nous n’en voulons pas !

Alors figurez-vous, après il a fallu qu’on demande l’autorisation de parler. Oui, parce qu’il faut que je vous explique – je suis sûr que vous n’aviez pas compris ! – oui eh bien c’est bien ! Il y a les sujets dont on a le droit de parler, ceux qui intéressent monsieur HOLLANDE ; et puis les sujets dont on n’a pas le droit de parler, ceux qui intéressent les Français.

Alors les sujets dont on n’a pas le droit de parler, qui ne vous intéressent pas, c'est la sécurité, l’immigration, le pouvoir d’achat, l’Europe, ça on n’a pas le droit d’en parler. Alors les sujets qui vous intéressent, juste un mot parce que là on a été gâtés, il faut bien le dire : il y avait quelque chose qui vous troublait, mes chers compatriotes, depuis longtemps, c’est la présence du mot « race » dans le préambule de 46 de la Constitution !

Moi qui depuis cinq ans parcours la France dans tous les sens, je dois avouer que je suis sans arrêt harcelé par des gens qui me promenant, me disent « Monsieur le Président, c’est un scandale, arrêtez avec le mot « race » dans le préambule de 46 de la Constitution ! ». Et voilà que monsieur HOLLANDE a trouvé une idée fantastique : pour supprimer le racisme, supprimons le mot « race » ! Comme c’est un homme qui a de la suite dans les idées, pour supprimer les injustices, il dit « supprimons le mot zone » !

Mais il manque d’ambition, pendant qu’on y est, on devrait supprimer le mot « pauvre » et pour résoudre le problème du chômage, supprimer le mot « chômeur », on serait tranquille ! Et ça veut gouverner la France ! C’est ridicule mais il y a un point qui est indigne, c'est le mot « race » parce que le mot… notre pays a une histoire ! Vous-mêmes dans cette belle région et dans vos familles… cette région n’est pas une page blanche ; la France n’est pas une page blanche ! Vous-mêmes, vous avez une histoire, des grands-parents, des parents, une famille.

Le mot « race », il a été écrit dans le préambule de 1946 avec le sang des résistants, des déportés, des fusillés de cette génération admirable de nos grands-parents et de nos parents qui n’ont pas voulu baisser la tête devant l’occupant nazi, devant la Shoah et devant cette monstruosité qu’était le nazisme et ils ont écrit avec leur courage et avec leur sang que nul sur le territoire de la République ne devra être maltraité en fonction de sa race. Je dis que changer ce texte, c’est comme un blasphème à l’endroit de l’histoire de la France !

Alors continuons sur ses propositions ! Figurez-vous qu’il y a un problème : le prix du pétrole augmente, et Alain, tu le sais bien, dans cette région, les transports en commun sont ce qu’ils sont en ruralité et le coût de l’essence, c’est un problème pour nos compatriotes. Il a donc eu une idée remarquable : on va bloquer les prix du pétrole ! Et là on voit déjà les Saoudiens, les Iraniens, les Irakiens trembler devant la perspective qu’on bloque les prix du pétrole. Ça fait peur. Et ça veut diriger la France ! Mais alors figurez-vous que monsieur HOLLANDE n’est pas seul ; il y a aussi madame JOLY…

… Non, non… elle vaut beaucoup mieux que cela ! C’est une personne extrêmement originale. Et alors on choisit le moment où le pétrole est le plus cher, le gaz le plus cher, où nous n’avons comme chacun le sait, ni pétrole ni gaz, pour casser la filière nucléaire française pour être sûr que là où nous avions un avantage qui permet à nos usines comme aux particuliers de payer l’électricité 35% moins chère que chez nos voisins, voilà que la priorité, c'est de démolir l’industrie nucléaire.

Le Général de GAULLE au lendemain de la guerre, a confié à un groupe d’ingénieurs le soin de créer la première pile atomique et d’investir dans cette filière.

Durant soixante ans, les hommes politiques, les femmes politiques de droite comme de gauche, ont eu la grandeur d’esprit, le sens de l’intérêt général, pour ne pas remettre en cause ce consensus. Apparemment quand il est à la tribune, monsieur HOLLANDE essaie d’imiter quelqu’un.

Mais alors quitte à imiter François MITTERRAND, qu’il l’imite totalement ! Dans les deux septennats de François MITTERRAND, il y a quarante réacteurs nucléaires qui ont été ouverts ! S’il veut être fidèle à François MITTERRAND, qu’il laisse tranquille l’industrie nucléaire française ! Ah oui ! Mais me dit-il, tout a changé avec Fukushima ! Eh bien réfléchissons. J’ai été à Fukushima.

A Fukushima, c’est un tsunami qui faisait suite à un tremblement de terre, tremblement de terre d’une violence inouïe, qui a déclenché un tsunami invraisemblable - il y a certains endroits où la vague a dépassé les quarante mètres de haut – et nous avons audité après Fukushima toutes nos centrales ; mais là où je n’ai pas suivi le raisonnement de monsieur HOLLANDE, c’est qu’il a dit : « Après Fukushima, la première centrale à fermer, c’est Fessenheim ! ». Alors je me suis précipité sur un livre de géographie parce que ça me semblait si énorme que je me suis dit : c’est moi qui dois faire une erreur. Cher Jean-Marie, Fessenheim, l’Alsace… la plage est assez éloignée… Et ça veut diriger la France !

La semaine dernière, j’ai été visiter une autre centrale qu’il veut absolument fermer, Saint-Laurent-des-Eaux. Je me suis dit : là, ils n’ont quand même pas refait le coup ! Ils ne se sont pas re-trompés, ce n’est pas possible ! Je vais, confiant, à Saint-Laurent-des-Eaux et je vois… la Loire.

Et ça veut diriger la France ! Ca serait risible mais pensez à ces ouvriers de Fessenheim ou de Saint-Laurent-des-Eaux qui m’ont dit : il nous a vendus pour un accord électoral indigne avec madame JOLY et ses amis ! Voilà la vérité, voilà la réalité ! On sacrifie un atout de la France, on sacrifie l’intérêt des ouvriers d’une filière, on sacrifie tout ça parce qu’on veut mendier les quelques voix qui restent à madame JOLY et à ses alliés. Et cela veut diriger la France ! Et cela prétend donner des leçons aux Français ! Voilà la vérité !

Ca a continué. Voilà que le candidat socialiste dans un jour de créativité – il y en a quelques-uns (franchement de moins en moins) mais il y en a quelques-uns – a dit : il faut inscrire le mot « laïcité » dans la Constitution. Bon. Je ne veux pas le contredire mais ça l’est déjà ; il n’a pas besoin de se donner le mal de lire deux articles puisque c’est écrit dans l’article premier : la France est une République laïque.

Voilà une autre promesse qui pourrait être assez facilement tenue ! Mais je ne comprends pas, parler tant de la laïcité et si mal la défendre : lorsque j’ai proposé au Parlement français que la burqa soit interdite sur le territoire de la République française, monsieur HOLLANDE n’a pas participé au vote, il avait sans doute mieux à faire ; le groupe socialiste dans son immense majorité, a refusé d’assumer ses responsabilités et de participer au vote.

Quand on veut diriger la France, il faut avoir le courage et la force de dire non à la burqa sur le territoire de la République française ! J’ajoute que je ne recevrai pas des leçons de laïcité de la part de Martine AUBRY qui a prévu des horaires dans les piscines municipales, différents pour les femmes et pour les hommes !

Nous voulons les mêmes horaires dans les piscines municipales pour les hommes et pour les femmes ! Nous voulons dans les hôpitaux les mêmes médecins pour les hommes et pour les femmes ! Et dans les cantines scolaires, nous voulons les mêmes menus pour les mêmes enfants de la République française ! La République laïque, ce n’est pas simplement…

(Le public scande « on a gagné »)…

La République laïque, ce n’est pas simplement un slogan, c’est une réalité. Il y a eu le drame de Toulouse et le drame de Montauban. Ce fut pour notre pays une épreuve, une tragédie, un traumatisme.

La France comme toujours, vieux pays reclus d’épreuves, a été digne, a été rassemblée, a été unie.

La France a traversé cette épreuve avec calme et avec dignité.

La France n’a pas cédé à la colère ; la France n’a pas cédé à la vengeance et la France a refusé toute forme d’amalgame parce que cet amalgame aurait ajouté l’injustice à l’ignominie d’un tueur qui n’est rien d’autre qu’un monstre. Cette épreuve que nous avons connue, il faut en tirer des conclusions mais je voudrais dire, avant de tirer des conclusions, deux ou trois choses : la première, c'est que je n’accepte pas la mise en cause des forces de l’ordre – policiers et gendarmes – qui ont fait un travail remarquable. Je n’accepte pas qu’on mette en cause des hommes, des femmes, des enfants qui ont risqué leur vie parce que les autorités de la République le leur ont demandé. Je n’accepte pas qu’on donne des leçons alors que le premier assassinat, celui de Toulouse, est daté du 11 mars et le 21 mars, le tueur était encerclé et mis hors d’état de nuire. Dix jours ! Je n’accepte pas de recevoir des leçons de ceux qui ont laissé un tueur de préfet, son assassin, courir pendant quatre ans sans être capables de le rattraper et de le mettre à la disposition de la justice ! Lui aussi, le préfet ERIGNAC – honneur à sa mémoire – a été tué à bout portant ; et je me souviens très bien lorsque je suis devenu ministre de l’Intérieur, qu’ils cherchaient l’assassin en Amérique latine, il était en Corse ! Dix jours ! Les forces de l’ordre, nous devons les soutenir, leur faire confiance et les remercier pour le travail remarquable qu’elles ont engagé.

J’ai indiqué par ailleurs que je n’acceptais pas l’indignité qui consistait à dire que ce tueur était le produit du climat, d’une campagne ; la France n’est pas coupable, la société n’est pas responsable ; le climat n’y est pour rien ! Quand on tue des enfants parce qu’ils sont juifs ou des jeunes parce qu’ils sont soldats, c'est qu’on est un monstre dépourvu de la moindre humanité, pas parce que le pays est la France, pas parce que la société est la République et pas parce qu’il y a une campagne électorale ! Cela n’a aucun rapport et cela n’a aucun sens que de faire le lien entre l’ensemble !

Alors j’ai proposé que désormais toute personne qui sur Internet consultera un site faisait la propagation des idées extrémistes et terroristes, soit considérée comme un délinquant et qu’on l’envoie en prison.

Je ne vois pas pourquoi la République devrait tolérer sur son sol des opinions qui n’en sont pas, qui sont simplement des appels à la haine et à la destruction de l’autre. J’ai proposé que toute personne qui partirait pour aller, sans motif professionnel, familial ou touristique, dans un pays, se former à l’idéologie ou à des pratiques terroristes, soit considérée à son retour comme un délinquant avec rendez-vous à la case prison !

Monsieur HOLLANDE m’a dit : pas besoin de texte supplémentaire, les textes qui existent aujourd’hui, sont absolument parfaits. Problème : il n’en a voté aucun. Voilà tout le raisonnement. On vient expliquer à 65 millions de Français qu’il ne faut rien changer à un arsenal législatif et répressif que par ailleurs on a condamné car depuis 2002, les socialistes n’ont voté aucun des moyens supplémentaires que j’ai donnés à la police ou à la gendarmerie, aucun des textes supplémentaires pour assurer votre sécurité. Ils les ont tous systématiquement combattus. C'est leur droit mais je les mets en demeure de dire soit qu’ils ont changé d’avis, soit qu’ils regrettent de ne pas avoir voté les textes qu’ils défendent aujourd’hui quand je les proposais au pays et au Parlement ! Soit on s’est trompé et on le reconnaît ! Soit on ment et dans ce cas-là, on est démasqué.

Mes chers amis, dans toutes ces affaires, tout est une question en effet de volonté.

Dans cette campagne, je ne souhaite pas parler à la droite ou à la gauche ou au centre. Dans cette campagne, je veux parler au peuple de France dans son ensemble parce que les vieux clivages idéologiques sont totalement dépassés dans le monde nouveau qui est le nôtre. Il ne suffit pas de se dire de droite ou de gauche pour avoir la réponse aux défis gigantesques qui sont les nôtres. Je veux parler au fond à ces deux France dont nous avons besoin : une France qui est attirée par le grand large ; et une France qui voit bien le monde nouveau mais qui dit « on est prêt à s’adapter, mais on ne veut pas qu’on change notre mode de vie, on ne veut pas qu’on change notre paysage, on ne veut pas qu’on change nos valeurs, on ne veut pas qu’on change notre civilisation. »

Ces deux France là peut-être qu’elles sont à l’endroit et à l’intérieur de chacun d’entre nous. C’est à ces deux France en même temps que je veux parler : celui qui voit bien qu’on doit s’adapter au monde nouveau pour compter et puis celui qui dit « mon terroir, ma ville, mon style de vie, mes idées que m’ont passées mes parents, je veux les passer moi-même à mes enfants. » Il y a en chacun d’entre nous une aspiration à la modernité et une aspiration à l’identité. Il y a des choses que nous voulons garder et d’autres que nous devons changer.

Cette aspiration à l’identité, nul n’a le droit de nous obliger à y renoncer et je le dis au moment d’évoquer avec vous la question de l’immigration. Voilà un autre sujet dont on souhaitait m’interdire la parole.

Au moment où j’ai prononcé le mot, on m’a dénoncé comme chassant sur les terres de l’extrême droite, oubliant que l’aimable Madame LE PEN a comme cible prioritaire ma personne et que l’extrême droite n’a jamais aidé que la gauche depuis que Monsieur LE PEN a commencé son combat politique. Je n’ai jamais voulu, je n’ai jamais voulu culpabiliser les électeurs qui ont choisi à un moment ou à un autre de voter contre le Front national parce que je considère que les gens qui souffrent et qui devant leur souffrance ont tendance à dire « non » comme un réflexe, il faut les convaincre que ce vote là est une impasse et dans votre région, vous le connaissez bien ce vote là, c’est une impasse parce que voter pour le Front national, c’est perdre sa voix et c’est la donner pour construire une politique qui ira en sens inverse de ce qu’ils souhaitent.

Je conteste les idées du Front national parce que la France a toujours été une terre ouverte, diverse, qu’elle s’est nourrie de cette ouverture et de cette diversité, qu’elle en a fait une richesse et que la France pour laquelle je me bats, c’est la France forte, ce n’est pas la France faible, c’est la France qui n’a pas peur, c’est la France qui n’a pas de haine, c’est la France qui ne rejette personne, c’est la France qui tend la main.

C’est cette France là ; c’est le contraire de ce que dit le Front national. Mais je conteste avec la même force ceux qui voudraient m’empêcher de prononcer le mot « immigration » et qui voudraient faire croire aux Français que l’immigration n’est qu’une chance et qu’elle ne peut jamais être un problème. L’immigration est une chance mais elle peut être aussi un gros problème lorsqu’elle n’est pas maîtrisée.

Mes chers amis, je vous parle en liberté. Jamais, vous ne m’entendrez demander de fermeture mais jamais je n’accepterai cette forme de pensée unique insupportable qui fait que les sujets ne doivent pas être évoqués parce que ça gêne l’image de ceux qui vont à la télévision non pas pour parler mais pour se regarder dans un miroir qui leur empêche de voir ce que pense le peuple français.

La vérité de tout cela, c’est que je ne peux pas en tant que président de la République dire à mes compatriotes « faites des efforts pour réduire les déficits » et en même temps, accepter, tolérer sur le territoire de la République une immigration qui ne viendrait que pour la seule cause de vouloir consommer des prestations sociales plus généreuses ici qu’ailleurs. Cela, je ne veux pas l’accepter ! Et je veux vous faire réfléchir sur ces questions-là. J’ajoute, j’ajoute que notre système d’intégration explosera si nous continuons à recevoir des vagues migratoires que nous ne pouvons pas assimiler avant même que la précédente ait été intégrée. Nous avons donc deux problèmes à gérer : un système d’intégration dépassé par le nombre et un modèle social dépassé par les déséquilibres financiers. J’ai donc indiqué que si les Français me faisaient confiance, je diviserai par deux le nombre d’étrangers que nous accueillerons dans les cinq années qui viennent.

Ah on me dit « mais comment faire ? ». Là encore, je veux poser les questions mais les vraies questions, pas les questions d’apparence. Le regroupement familial, je comprends parfaitement, c’est un droit et je le garantirai. Que celui qui vit ici doit pouvoir faire venir sa famille. Ce droit, je le garantirai mais pour faire venir sa famille, il faut un logement décevant pour la recevoir ; sinon, on ne peut pas faire venir sa famille. Il faut un salaire suffisant pour la faire vivre ; sinon, on ne peut pas faire venir sa famille. Et il faut que la famille prenne la peine d’apprendre le français et les valeurs de la République avant de rentrer sur le territoire de la République française.

Voilà une politique d’immigration républicaine. Je veux aller sous le contrôle de mes amis, mon cher Jacques, dans le détail de ces questions parce qu’elles sont extrêmement sensibles et si nous, les Républicains, nous n’en parlons pas, c’est les extrémistes qui en parleront et ils en parleront mal. Je veux parler de la CMU et je veux parler de l’aide médicale pour les étrangers en situation illégale. Sur le territoire de la République, je vais être franc avec vous, nous ici, on n’est pas aux Etats-Unis où avant de vous opérer, on vous demande si votre carte bleue est en ordre.

Nous, ici, quand quelqu’un est malade, quelle que soit sa couleur de peau, quel que soit son âge, on le soigne et c’est l’honneur de la République française et je souhaite qu’on ne modifie pas cela. Mais je dis avec la même force : je demande que la Carte Vitale devienne biométrique parce que nous en avons plus qu’assez des fraudes. Généreux mais pas complaisant.

Ça m’amène à vous dire un mot de la justice qui est un mot totem. Dès qu’un responsable politique va à la télévision, il dit : il faut que ça soit juste, juste, juste. Alors quand ils sont très bavards, ils disent « justice sociale » ; ils sont encore plus bavards, ils disent « justice sociale pour tous. » Alors, on a entendu un mot, on n’a rien compris de ce qu’il voulait dire.

Les Français sont choqués par l’injustice mais qu’est-ce que c’est la justice ? Il y a des rémunérations extravagantes de la finance qui ont choqué et qui sont d’une certaine façon scandaleuses. Mais je veux dire aussi que ça choque les Français quand quelqu’un qui n’a jamais travaillé, jamais cotisé gagne davantage que celui qui travaille et qui cotise.

Les deux sont injustes. Ce qui est injuste, c’est l’assistanat ; ce qui est juste, c’est la solidarité. Je vais vous expliquer la différence à mes yeux. Quand quelqu’un est au chômage, il est parfaitement normal que la société le soutienne mais pas pour qu’il reste chez lui à déprimer, à envoyer le 500ème curriculum-vitae sans aucune chance d’avoir un emploi. Je souhaite un droit nouveau pour chacun assorti d’un devoir : celui qui sera au chômage, la société, nous devons lui apprendre un nouveau métier, une formation professionnelle. La mère de famille qui a élevé ses enfants et puis, qui au bout de quinze ans, souhaite reprendre une activité professionnelle ; vous savez, les enfants, ils sont ravis que vous alliez les chercher à l’école et puis un jour, vous ne prenez pas garde à ce détail, « tu ne pourrais pas laisser la voiture dans la rue d’à côté ? », je vois que je ne suis pas le seul à avoir connu cette situation.

Ça vous arrive tout de suite. La mère de famille qui a voulu élever ses enfants – c’est son droit – comment voulez-vous qu’elle retrouve un métier si on ne l’accompagne pas dans un projet personnalisé de formation professionnelle ? Le jeune, tous les jeunes ne sont pas faits pour être bac + 18. La personne de 50 ans ou de 55 ans, qui dans son territoire est licenciée économique, il n’y est pour rien, il n’est pas foutu pour autant, il a le droit d’avoir un nouveau métier. Je souhaite que désormais tout chômeur ne soit pas indemnisé, qu’il soit rémunéré pour la formation qu’il se donnera la peine de suivre parce que chacun a une chance mais je dis aussi que, une fois cette formation accordée, celui qui en a bénéficié ne pourra plus refuser une offre d’emploi correspondant à la formation qui lui a été accordée.

Des droits et des devoirs. Je sais parfaitement qu’en proposant cela, je me heurte à des forces considérables : les régions, les syndicats. S’il y a blocage, mes chers compatriotes, alors je saisirai le peuple de France directement par référendum. Parce que nous ne pouvons plus accepter qu’un certain nombre de corps intermédiaires bloquent à dessein parce qu’en vérité, eux, ceux qu’ils défendent, ce n’est pas ceux qui n’ont pas d’emploi, c’est ceux qui ont un statut, ce n’est pas ceux qui ont besoin qu’on les aide, c’est ceux qui peuvent nuire le plus au fonctionnement de l’économie. Et ainsi va la France depuis trop longtemps. On donne raison non pas à celui qui en a le plus besoin mais à celui qui pourrait provoquer le plus d’ennuis pour le fonctionnement normal de l’économie et de la société.

Droits et devoirs ; droits et devoirs. Et je pense cela pour terminer avec l’école. Je voudrais dire une chose là-dessus. Les apôtres du laxisme, du refus de la sanction, ont cru rendre service, ont cru que c’était une preuve d’amour.

Le laxisme, ce n’est rien d’autre que de l’abandon. C’est celui qui sait sanctionner qui sait faire preuve de tolérance qui aime et qui éduque. Lorsqu’on a voulu faire le nivellement, l’égalitarisme, traiter tout le monde de la même façon, donner le diplôme à tout le monde, faire passer tout le monde dans la classe supérieure, ne tenir compte de rien, ni des notes ni des classements, ce jour-là, on a pénalisé d’abord les enfants des familles les plus modestes qui, eux, ont plus besoin que d’autres d’une école de l’exigence, d’une école de l’autorité. Lorsqu’on a fait l’erreur de considérer que l’élève est l’égal du maître, on a tué une des valeurs de la République les plus importantes qui est celle de l’autorité. Je souhaite une école de l’autorité, une école de l’exigence, une école du respect, oserais-je le dire, une école de la politesse, une école où on fait respecter les valeurs de la République. Oui, j’ai proposé un changement, c’est que dans toutes nos écoles, les professeurs aient un bureau pour pouvoir s’entretenir individuellement en dehors des jours de classe avec les familles et avec les enfants. J’ai proposé un soutien personnalisé parce que je pense que tous les enfants n’ont pas besoin d’un soutien égal et que dans la classe, quand il y en a quelques-uns qui se noient, c’est au professeur de pouvoir accompagner cet enfant qui se noie. C’est la raison pour laquelle je proposerai que les enseignants au lieu d’avoir 18 heures d’obligation de service aient 26 heures d’obligation de service sur la base du volontariat. Ce n’est pas une question de quantité ; c’est une question de qualité.

Mes chers amis, il vous reste trois semaines d’ici au premier tour, cinq semaines d’ici au deuxième tour. Je vais …attendez, attendez, non, non …je vais vous dire à quelles conditions. Un certain nombre de candidats sont en train de se rendre compte que c’était plus difficile qu’ils ne l’avaient imaginé. Lorsque je suis rentré en campagne, on m’a expliqué « mais pourquoi vous en allez en campagne ? C'est fini, vous avez perdu », j’ai dit « ah bon mais je ne suis pas encore candidat ! » « Non mais vous avez perdu, vous avez vu les observateurs ? Vous avez vu les sondeurs ?

Vous avez vu les pronostiqueurs ? Ce n’est pas la peine d’y aller, Monsieur SARKOZY, ce n’est pas la peine, c’est fait. » Et puis, c’est vrai d’ailleurs, puisque le lendemain où on m’a dit ça, j’ai vu un journal où il y a Monsieur HOLLANDE qui disait « je suis le prochain président ». Ah ? Mais je me dis « mais là … » ; je me suis dit : « il y a quelque chose qui a changé dans la Constitution de la Ve République ?

Ce n’est plus les Français qui décident ? On s’auto désigne ?! Il suffit de dire « je suis » pour y être ? » J’ai été candidat ; je suis rentré en campagne avec la passion dont je suis capable et tout d’un coup, je vois que les choses commencent à changer. Et tout d’un coup, je vois que les mines commencent à s’allonger. Et tout d'un coup je m'aperçois que certains qui étaient tout contents de faire campagne quand ils étaient tout seuls, ils trouvent que c'est plus compliqué quand je suis là. Oui mais je suis là. Pendant des mois, ils ont fait campagne ensemble.

C'est Ségolène qui ne voulait pas de François qui ne voulait pas de Martine et qui n’était pas soutenu par Laurent ; ça leur faisait tout drôle. Ils discutaient entre eux, en famille. Et alors, les sondages leur promettaient une réussite extraordinaire.

Mais même moi, je me disais « pourquoi ils ne font pas 100% pendant qu’ils y sont ? On doit les déranger. »

Personne ne s’intéressait à eux, on était dans le coin. Et puis moi, je rappelais quand même « je suis président de la République ! » Ils m’avaient oublié, c’était fini, ils étaient tranquilles. Ils avaient fait un petit club, le petit club des socialistes heureux, heureux de se regarder le nombril, heureux de se contenter, heureux de se féliciter. La crise n’existait pas, l’Europe n’existait pas, le monde n’existait pas. Il n’y en avait plus que pour eux ! Soyons indulgents pour eux, imaginez ce qui se passe dans leur tête à la minute où je parle. Imaginez la migraine. Tous les matins ils doivent se dire « mon Dieu, il est encore en campagne » ! Moi, je vais vous dire une chose. Je n’ai jamais été pessimiste et je ne suis pas optimiste. Pourquoi ? Parce que je sais trop que le peuple français est un peuple libre, que c’est un peuple frondeur, que c’est un peuple – vous, vous mes amis qui ne détestez rien moins tant qu’on vous dise ce que vous devez faire.

Vous voulez qu’au moment de l’élection présidentielle, ce moment solennel voulu par les Français, choisir par vous-même en liberté, décider par vous-même. Vous êtes en train d’inscrire la plus formidable histoire de la vie politique récente, l’histoire d’une majorité silencieuse qui ne veut pas se laisser faire, l’histoire du peuple de France qui ne veut pas qu’on lui impose un choix qui n’est pas le sien, l’histoire de Français qui disent « maintenant, ça suffit, ça suffit ce qu’on entend à longueur de journée dans les médias, des idées qui ne sont pas les nôtres, des propos qui ne sont pas les nôtres, un candidat dont nous ne voulons pas ».

C’est vous qui allez faire cette élection.

Françaises, Français, mes amis, j’ai besoin de vous.

J’ai besoin de votre engagement, j’ai besoin de votre passion, j’ai besoin de votre soutien.

Oui, si vous y croyez, si vous m’aidez, si vous vous engagez parce que notre pays le mérite, alors, oui, oui, le 6 mai, ça sera le moment de la décision, du choix et ce moment-là, ça sera le moment de dire :

vive la République et vive la France !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 10 avril 2012

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