Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur son programme en faveur des jeunes, à Paris le 31 mars 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur son programme en faveur des jeunes, à Paris le 31 mars 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Paris le 31 mars 2012

ti : Mes chers amis,
Vous êtes la jeunesse de France !


Vous avez 20 ans, vous avez la vie devant vous et la tête pleine de questions auxquelles vous n’avez pas toujours de réponses.

20 ans : est-ce le plus bel âge de la vie ? Est-ce le pire ?

La réponse viendra plus tard quand la vie aura passé, la vie avec ses joies et avec ses peines et quand chacun se souviendra des poèmes appris lorsqu’il était enfant et qui reviennent à la mémoire quand s’apaise le tumulte de la vie.

Vous avez 20 ans, vous avez la vie devant vous et cette vie n’appartient qu’à vous. Ne laissez personne vous la prendre. Ne laissez personne écrire votre histoire à votre place, personne ! Car c’est l’éternel dilemme de la jeunesse, vivre son histoire ou la subir.

La jeunesse, c’est le moment exaltant et parfois angoissant parce que la jeunesse, c’est un passage, parce que la jeunesse, c’est un saut dans l’inconnu.

Parfois, les circonstances de la vie font du jour au lendemain de l’enfant un adulte.

Les jeunes Français qui en juin 1940 se retrouvèrent à Londres parce qu’ils ne supportaient pas de voir la France occupée et vaincue, ces jeunes Français de vingt ans, ils entrèrent dans l’âge adulte dès l’instant où le Général de GAULLE leur a dit : je ne vous féliciterai pas d’être venus, vous n’avez fait que votre devoir.

Cette génération-là, cette génération, je veux vous en dire un mot. Cette génération, la guerre lui avait volé sa jeunesse mais cette génération à qui la guerre avait volé sa jeunesse, a donné à la France une armature morale pour des décennies et les survivants de cette jeunesse, lorsqu’ils achevèrent de raconter leur histoire à leurs petits-enfants, leur dirent : nous n’étions pas des héros, nous n’avons fait que notre devoir.

Voilà la leçon de ces hommes entrés du jour au lendemain dans la vie d’adulte. Mais mes chers amis, cette génération qui vous a précédés, n’a pas seulement sauvé notre honneur, elle n’a pas seulement sauvé notre liberté, elle nous a enseigné que le meilleur service que l’on puisse rendre à la jeunesse, c’est de ne pas lui mentir. Et aujourd’hui, je veux vous dire une chose : on a menti à la jeunesse grecque. Regardez où se trouve la Grèce ! On a menti à la jeunesse espagnole, regardez où se trouve l’Espagne ! Je ne veux pas mentir à la jeunesse de France parce que cela serait trop grave !

La génération de la guerre nous a appris que c’est en parlant à la jeunesse de ses devoirs qu’on la prépare le mieux à devenir adulte parce que les droits, vos droits ne se reçoivent pas comme un dû, vos droits se méritent. Ces droits, cette génération de la guerre, personne ne les lui a donnés, elle s’est battue, elle s’est battue pour les avoir. Et ces droits, la génération de 20 ans de la guerre, elle les a dus à son seul courage, à son seul engagement.

Je veux dire à ceux qui ne savent rien proposer d’autre à la jeunesse que de prolonger indéfiniment l’enfance, eh bien moi je veux opposer la morale de cette génération qui ne se reconnaissait que des devoirs à l’endroit de la France, de sa patrie et de sa République ; nous sommes les héritiers de cette jeunesse-là et de cette génération-là ! Ecoutez leur leçon parce qu’au sortir de la plus grande épreuve de notre histoire…

Oui mais il faut que j’arrive à terminer mon discours !

Mes chers amis, je vous remercie de tout mon coeur mais ma façon de vous remercier, c’est de vous dire de réfléchir à ce que des jeunes au milieu de la plus grande épreuve de notre histoire, la plus grande, ont été capables après cette épreuve, de construire le monde meilleur dont aux pires moments ils avaient rêvé et auquel ils avaient accroché leur espérance pour qu’elle ne meure pas. Ils ont résisté, ils ont gagné et ensuite ils ont construit un monde meilleur.

Vous avez 20 ans et vous avez un monde nouveau à inventer.

La génération de la guerre, elle, a fait la paix. Elle a fait la décolonisation, elle a construit l’Europe, elle a permis les Trente Glorieuses, elle a inventé la Sécurité sociale, elle a choisi le progrès, elle a donné le droit de vote aux femmes, qui n’existait pas avant cette génération !

Et ils avaient raison. La guerre ne les a pas tués, la guerre les a transcendés. L’épreuve ne les a pas abattus, l’épreuve a permis de construire le monde dont ils avaient rêvé.

Et qu’est-ce qui a suivi après cette génération ? Ont suivi trente années aussi… Trente années de pensée unique, d’aveuglement, de désordre monétaire, de mondialisation sans règles, de spéculation, de laxisme financier, de dévalorisation systématique du travail, de dépréciation du mérite, d’affaiblissement de l’autorité, de relâchement qui ont ébranlé l’héritage de la génération de la guerre, qui ont éloigné les peuples du progrès, qui ont épuisé les ressources de la planète et qui ont creusé les inégalités comme si les efforts de la génération d’avant avaient épuisé la génération d’après qui s’est abandonnée à la facilité en proclamant ce slogan absurde, qu’il était interdit d’interdire. Voilà le désastre !

Alors à l’Est, au Sud, des peuples, devant vous, se sont libérés de la tyrannie. Dans les pays émergents, des dizaines de millions de femmes et d’hommes, d’enfants sont arrachés à la misère. Une révolution de l’information contribue à transformer le monde en un village où l’on se voit, où tout se sait, où tout se communique.

Dans tous les pays, la jeunesse est mise au rythme d’un monde qui ne peut pas continuer sur sa lancée, qui ne peut pas continuer comme avant, qui doit tirer les leçons des crises, qui ne peut pas continuer à épuiser les ressources de la planète comme si elles étaient inépuisables, qui ne peut pas continuer à expliquer les délocalisations au prétexte qu’il faut aller produire toujours là où il y a le moins de droits, le moins d’argent, le moins de respect de l’individu, qui ne peut pas continuer avec les dumpings, qui ne peut pas continuer avec les injustices qui sont trop fortes, avec la pauvreté qui est trop répandue, avec trop de peuples, trop de gens qui souffrent, qui se sentent de plus en plus vulnérables et de plus en plus menacés. Ce monde doit changer, c’est la jeunesse de France qui doit porter le changement du monde ! On ne peut pas continuer !

On ne peut pas continuer avec une mondialisation où les uns se développent au détriment des autres au lieu que chacun en se développant, contribue au développement des autres ; on ne peut pas continuer avec un monde sans règles. On ne peut pas continuer avec un monde où l’argent serait la mesure de tout, où le capital aurait tous les droits, où l’obsession du profit à court terme aurait pour conséquence que l’avenir n’aurait plus de valeur, que seul compterait le présent. On ne peut pas continuer avec un monde dont l’équilibre est menacé par quoi ? Par la rareté.

On n’a pas fait tout ce chemin pour arriver là. On ne peut pas continuer avec l’aplatissement culturel du monde. On ne peut pas continuer à aller vers un monde où il n’y aurait plus de frontières, plus d’identité, plus de protection, où chacun se sentirait seul, seul au monde, dépossédé, dépossédé de son destin, dépossédé de sa vie.

Nous ne pouvons pas laisser à la jeunesse autant de dettes que nous n’aurions pas payées, je ne parle pas simplement des dettes comptables, je parle des dettes morales ; autant de risques que nous n’aurions pas eu le courage de regarder en face ; autant de problèmes que nous n’aurions pas essayé de résoudre.

Vous avez 20 ans, vous avez la vie devant vous mais ce monde, c’est déjà le vôtre.

Jamais la science, jamais la technique ne vous ont ouvert autant de perspectives. Vous allez vivre plus longtemps qu’on n’a jamais vécu sur cette planète. Vous allez inventer des produits dont aucun d’entre vous et d’entre nous n’a la moindre idée.

Votre vie ne ressemblera pas à celle de vos parents : la révolution verte, la révolution numérique, la révolution génétique, toutes les révolutions qui s’annoncent dans l’ordre de la pensée, dans l’ordre de la connaissance, dans l’ordre de l’intelligence, porteront vos rêves, feront vibrer vos ambitions, vos espérances plus loin, plus haut, plus loin et plus haut que sans doute jamais vous n’auriez pu l’espérer.

Mais le destin du monde et le vôtre ne peuvent pas être déterminés que par la science et par la technique. Je suis venu vous dire que le destin du monde et le vôtre, ce sont les valeurs, les idées, l’esprit, la conscience, c’est une forme de morale qui doit mener le monde et c’est nous qui devons l’incarner et l’écrire ! Oui à la technique, oui à la science, mais c’est nous qui devons inspirer la direction ! Et j’approuve – j’ose le mot…

Depuis la Deuxième Guerre Mondiale, le monde n’a jamais eu autant besoin d’un nouvel humanisme ; c’est la réponse française à toutes ces crises.

Les progrès de la science et de la technique le réclament mais les crises l’exigent ; le rapport à l’avenir devenu tellement angoissant pour tant de millions de femmes et d’hommes dans le monde l’impose. L’homme comme dépassé par sa puissance, doit repenser sa place… L’homme doit repenser sa place par rapport au temps, par rapport à l’argent, par rapport à la vie, par rapport à la nature. Vous vous souvenez certainement du but que SAINT-JUST assignait à la Révolution : faire du bonheur une idée neuve en Europe. Eh bien, nous allons tout simplement devoir repenser notre idée du bonheur et nous donner les moyens de le vivre.

Elle est en train de changer, cette idée ; la crise est déjà passée par là. Trente années de tension, de stress, de chômage ont changé l’idée du bonheur. Dans notre vision du progrès, il y a un besoin nouveau, je vais vous dire lequel : le besoin de la qualité de la vie, pas simplement de la quantité dans la vie, de la qualité dans la vie !

J’ai voulu vous parler de cela à vous les jeunes, dans notre aspiration, vous qui m’avez entendu tant de fois parler de la revalorisation du travail, je veux vous dire aujourd’hui que dans la revalorisation du travail, il y a un besoin d’amélioration des conditions du travail, un besoin de qualité de vie au travail. Dans notre désir de vivre mieux, il y a un besoin d’urbanité, d’humanité, de solidarité, de civilité, de respect, de politesse, j’ose le mot : il y a un besoin nouveau de civilisation et c'est la jeunesse de France qui va incarner ce besoin et ce désir de civilisation. Oui, il y a un besoin de civilisation.

Je voudrais vous dire ce besoin de civilisation, dans mon esprit, ce ne sont pas des mots, ce sont des réalités. Ce besoin de civilisation pourquoi faire ?

Pour conjurer la violence, parce que la violence empoisonne la vie ; elle empoisonne la vie dans la rue, dans le travail, à l’école, à l’économie et parfois dans certaines familles. Il y a un besoin de civilisation parce qu’on ne peut pas être tout le temps dans la concurrence, tout le temps dans la lutte, tout le temps dans le rapport de force. Il y a un besoin de protéger son intimité, sa famille, il y a un besoin de ne pas tout traiter comme une marchandise, de ne pas traiter la santé comme une marchandise, de ne pas traiter l’éducation comme une marchandise, de ne surtout pas traiter la culture comme une marchandise, la nature comme une marchandise que l’on achèterait et que l’on vendrait.

Il y a une aspiration, il y a une envie de reprendre la maîtrise de sa vie par son travail mais il y a aussi une envie nouvelle : se sentir plus libre. Libre de choisir son destin, libre de choisir sa vie, libre de choisir son rythme de vie, son mode de vie. Il y a une envie et un désir profond de liberté de choix.

Il y a un besoin d’égalité – pas d’égalitarisme – un besoin d’égalité des chances, un besoin d’être rassuré, rassuré sur le fait que chacun aura sa chance, que chacun pourra réussir, que chacun aura la possibilité de réaliser ses rêves s’il se prend en main. Il y a un besoin de savoir qu’on n’est pas condamné à l’échec dès le départ et que même si on échoue, on pourra recommencer, retenter sa chance.

Voilà le besoin et le désir de civilisation que va porter la jeunesse de France ! Il y a un désir nouveau de fraternité mais moi j’ai la chance… ce besoin de fraternité nouveau, c’est un besoin de respect et de compréhension, le besoin d’être aimé et de pouvoir aimer…

FEMME DANS LE PUBLIC
On t’aime Nicolas !!

NICOLAS SARKOZY
Mais moi aussi ! Moi je pense qu’il y a un besoin d’amour et que l’expression des sentiments, y compris lorsqu’on est Président de la République, ça devrait rassurer au lieu d’inquiéter. Je ne suis pas une momie, je ne suis pas un robot, je ne suis pas un automate et ce que je viens vous dire, cela sort de mon coeur, de mes tripes et de mon esprit !

Mes chers amis, vous avez 20 ans… ces valeurs sont les vôtres. Vous êtes à l’âge où l’on veut partir, fuir les pesanteurs de la vie, tenter l’aventure. Vous voulez partir… aller à la conquête du monde, « n’ayez pas peur ». C’est un grand homme qui a dit ça au début des années 80, un grand pape – Jean-Paul II – n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Que l’on croit aux forces de l’esprit, que l’on croit à la transcendance ou pas, n’ayez pas peur. Quel plus beau message !? Un message universel.

N’ayez pas peur de partir, vous avez une famille, vous avez une patrie, vous avez un foyer ; emportez ces valeurs dans votre coeur, faites-les rayonner aux quatre coins du monde et quand vous reviendrez, vous serez plus forts et la France aussi sera plus forte grâce à vous. Mais il ne faut pas que vous soyez obligés de partir parce qu’en France, il n’y aurait plus de place pour l’aventure, il n’y aurait plus de place pour la création, parce qu’en France, la jeunesse n’aurait plus d’espoir.

Moi je veux que la jeunesse de France puisse tenter l’aventure, je veux que l’audace soit regardée comme une vertu.

Je veux que l’on n’ait pas peur en France du talent, de la réussite, de l’esprit d’entreprise, de la création, de l’innovation. Je veux même que vous n’ayez pas peur de la transgression, que vous n’ayez pas peur de surprendre, que vous n’ayez pas peur d’étonner, que vous n’ayez pas peur de déranger.

L’avenir appartiendra à ceux qui créeront, à ceux qui inventeront. Alors vous voulez devenir entrepreneur, artisan, commerçant, exercer une profession libérale ? Nous avons décidé que vous ne paierez pas de charges tant que vous n’aurez pas de chiffre d’affaires parce que nous voulons encourager la création, l’audace et l’esprit d’entreprise !

Et je vais vous dire une chose : je veux que la société se porte caution pour une jeunesse qui veut étudier, qui veut travailler, qui veut conquérir sa place dans la société, qui veut prendre en main sa vie d’adulte ! Je refuse l’assistanat, je ne veux pas de cette dépendance pour la jeunesse, je ne veux pas de cette injure faite à la jeunesse ; je veux l’autonomie pour la jeunesse de France, je veux la responsabilité pour la jeunesse de France. Je dis non à un RMI jeune, non à un RSA jeune, mais je dis oui à une banque de la jeunesse pour porter les projets des jeunes Français !

Vous voulez étudier, vous voulez vous former, vous voulez entreprendre ! Nous allons créer une banque de la jeunesse qui se portera caution pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une famille qui peut les aider, afin que cette banque de la jeunesse puisse financer vos projets, que cette banque de la jeunesse puisse mettre toutes les chances de votre côté au moment d’entrer dans votre vie d’adulte. Vous voulez créer une PME ? Vous voulez vous lancer ? La banque de la jeunesse que nous allons créer vous soutiendra. C’est cela pour moi, une politique de la jeunesse : aider la jeunesse à être libre, à être responsable, à rêver et à s’engager dans ses projets !

Je veux vous dire : je souhaite la réussite de chacun d’entre vous mais je veux le dire, il n’y a pas qu’un seul parcours de réussite et pour ceux qui ne sont pas faits pour les études longues, pour ceux qui ne sont pas faits pour les concours, je veux un véritable droit, un droit à la formation professionnelle.

Ayons le courage de reconnaître que ce droit n’existe pas ! Il y a trop de structures, trop de corporatismes, trop d’entreprises qui ne s’ouvrent pas aux apprentis. C’est peut-être la plus grande injustice de notre société ; ce mur infranchissable qui se dresse entre l’entreprise et le jeune qui n’a pas de relations et pas de famille pour le soutenir. Je veux abattre ce mur, je veux que l’alternance soit un droit !

Désormais, les entreprises de plus de 250 salariés, accueilleront obligatoirement un nombre d’apprentis égal à 5% de leurs effectifs et j’obligerai les banques, les entreprises d’assurance mais aussi, cher Jean-Louis, les administrations, à accueillir des apprentis ! J’en ai assez d’un Etat qui dit aux autres ce qu’il doit faire et qui ne s’applique jamais à lui-même les règles qu’il faut pour les autres !

Mes chers amis…

Mes chers amis… à vous les jeunes, je veux le dire parce que vous pouvez comprendre : l’assistanat est une infantilisation de la jeunesse.

Aider la jeunesse de France à entrer dans la vie d’adulte, dans la vie active, voilà mon projet ! La jeunesse qui veut entreprendre, la jeunesse qui veut travailler, qui veut s’en sortir, la jeunesse qui veut s’engager – je souhaite d’ailleurs que nous doublions les effectifs du service civique qui est une grande réussite.

Prenez des risques, si vous tombez, nous vous aiderons à vous relever ! Si vous échouez, nous vous donnerons une deuxième chance ! Prenez des risques ! Vivez votre engagement, ne laissez personne fixer des limites à vos ambitions et à vos rêves, faites votre vie ! Voilà le projet qui est le mien pour les jeunes de France !

Mes chers amis… je veux vous dire un mot d’un sujet qui me tient très à coeur et j’espère que vous avez compris que dans ce discours, j’y ai mis tout ce que j’avais de plus profond en moi, je ne veux pas vous mentir, je veux vous parler de l’art de demain, de la culture de demain, de la littérature de demain, de la musique de demain, du cinéma de demain !

Ce seront les vôtres, ils exprimeront les attentes de votre génération, sa sensibilité, son génie et par ce génie qui sera le vôtre que vous imposerez dans le monde la culture française. Regardez le monde de la culture et de l’art non pas comme un monde qui se rétrécit mais comme un monde qui s’élargit, qui s’ouvre, qui s’ouvrent à toutes les intelligences créatrices, à toutes les sensibilités dans l’art et dans la culture.

Il faut bien comprendre cela : un génie ne remplace jamais un autre génie, il le complète, ils s’additionnent et ils créent un patrimoine universel comme une beauté universelle.

Mais je veux vous le dire, jeunesse de France : il n’y a pas de culture de demain sans respect de la culture d’hier. La culture d’hier, c’est votre patrimoine ; la culture de demain, c’est la direction où vous allez aller.

Jeunesse de France, vous ne venez pas de nulle part. Jeunesse de France, vous n’êtes pas une page blanche. Votre identité de la jeunesse de France du 21e siècle, elle est dans nos cathédrales, elle est dans les grandes oeuvres de la littérature ! Jeunesse de France, tu ne serais pas ce que tu es sans Victor HUGO, sans MAUPASSANT, sans BAUDELAIRE, sans MOLIERE ! Tu es jeune, tu es Français, tu es l’héritier d’un vieux pays et tu portes en toi l’héritage d’une vieille civilisation !

Défendre son patrimoine, défendre sa culture…

Je veux que vous compreniez cela : défendre son patrimoine, s’inscrire dans son histoire et porter la création, c’est la même chose, c’est le même mouvement.

Je veux que vous compreniez une chose, c’est que le cinéma que vous aimez aujourd’hui, il peut être iranien, il peut être roumain mais ça ne rend pas moins nécessaire le cinéma français. Partout dans le monde, il y a des génies qui apparaissent mais ça rend encore plus important que les génies de la création en France continuent, non pas à la place des autres mais à côté des autres pour que l’humanité toute entière s’enrichisse de ces rencontres universelles.

Il n’y a pas de culture vivante sans création et je veux vous le dire pour que vous le compreniez : il n’y a pas de création sans respect des droits d’auteur. En défendant les droits d’auteur, j’ai défendu la création. Avant les droits d’auteur, je veux le dire à tous les démagogues, à tous les apôtres du jeunisme, à tous ceux qui n’ont que lâcheté en eux, avant les droits d’auteur, l’artiste, le créateur était un prisonnier, prisonnier du mécène qui l’entretenait. Il en était le domestique, il en était l’esclave. La jeunesse de France veut des artistes libres et il n’y a pas d’artiste libre sans respect des droits d’auteur. C’est une idée française ! C’est BEAUMARCHAIS ! Et nous sommes les héritiers de BEAUMARCHAIS !

La musique, le cinéma, la littérature, la peinture, la sculpture, l’architecture, le design, tout ce qui se rapporte à l’art de vivre mais tout ce qui donne de la beauté à la vie, tout ce qui parle aux sens et à l’esprit, c’est peut-être ce qui sera le plus important dans le monde de demain.

L’art… la culture exprime une identité mais en même temps exprime une beauté et peut-être la seule beauté universelle. Elle est universelle et elle a la plus grande des beautés parce que le partage qui fonctionne le mieux, c’est le partage de l’art et de la beauté.

L’art et la culture, c’est une réponse à la crise identitaire mais c’est également une réponse à la crise économique. La culture française, c’est tellement grand, c’est un tel atout pour la France qu’elle doit être au coeur de notre nouveau modèle de croissance. La culture, c’est profondément humain et ce sera demain, cher Frédéric, un formidable facteur de croissance.

Alors je suis venu vous dire, jeunes de France : soyez fiers de votre culture parce que votre culture, c’est votre identité. C’est avec votre culture que vous changerez l’économie, que vous changerez la société, que vous changerez le monde ! Si vous abandonnez votre culture, vous ne changerez rien ! Vous deviendrez des conservateurs vides d’identité ! C’est parce que vous incarnerez la culture de France que vous partirez à la conquête du monde avec votre identité de Français, que vous allez transformer le monde !

Je ne veux pas qu’on vous réserve le sort de la jeunesse grecque ou de la jeunesse espagnole parce qu’on vous aura bercés d’illusions, parce qu’on ne vous aura pas dit la vérité.

Je suis entré dans cette campagne avec le souhait de faire une campagne de vérité et ma façon de vous respecter, c’est de dire la vérité. Et on ment quand on oublie de parler d’efforts, quand on oublie de parler de devoirs. On ment quand vous parle comme à des grands enfants. Moi, je veux vous parler comme à des adultes dont la France a besoin !

Je ne veux pas que vous pensiez à cette vie qui sera bientôt la vôtre avec l’angoisse de ceux qui vivent avec la peur de tout perdre. On ne construit rien avec la peur de perdre. Je peux vous dire une chose : au début de cette campagne, il y a eu une grande histoire parce que j’ai dit que je m’engageais totalement dans cette campagne, que je m’engageais pour vous – pas à moitié – et que je tirerai toutes les conséquences de cette campagne. Je n’ai pas peur, je n’ai pas peur parce que je crois dans les idées qui sont les miennes ! Quand on a peur de perdre, c’est qu’on a déjà perdu, voilà la vérité !

Je ne veux pas que vous ayez peur des mots. Je ne veux pas que vous ayez peur de certains mots, je ne veux pas que vous ayez peur de l’aspiration à être protégés. Ce n’est pas un gros mot, la protection ; on ne fait pas une nation en ne pensant qu’aux consommateurs !

Moi je veux penser aux producteurs, aux travailleurs parce qu’avant de consommer, il faut produire et avant de dépenser, il faut bien gagner son salaire.

Je n’ai pas peur de l’autonomie des universités ! Cette autonomie qu’on avait refusée à nos universités parce qu’on avait peur… peur de qui ? De syndicalistes qui ne pensaient qu’à eux et pas aux étudiants ! De corps intermédiaires qui pensaient aux statuts et pas à l’université française qui ne cessait de reculer dans les classements internationaux ! Je ne veux pas que vous ayez peur quand je dis que je donne à l’Europe un an pour changer. Lorsque le Général de GAULLE a fait la chaise vide en 1965, il n’a pas fait reculer l’Europe, il l’a fait avancer ! Voilà la vérité !

Alors mes chers amis, vous arrivez à un moment où l’histoire n’attend pas.

Vous arrivez à un moment où un vieux monde n’en finit pas de mourir et où un autre a du mal à naître mais c’est déjà l’heure du choix, l’heure où tout se décide, tout se décide… C’est l’heure où il faut prendre ses responsabilités.

Je veux une France… une France qui protègera ses frontières, qui mettra hors d’état de nuire les quelques voyous multirécidivistes qui empêchent les autres de vivre tranquillement et d’étudier ; une France qui fera payer des impôts aux exilés fiscaux qui viennent nous donner des leçons alors qu’ils sont bien contents d’avoir la nationalité mais pas la fiscalité !

Je veux une France où on se bat contre les délocalisations, je veux une France où chaque enfant qui aura un problème… ce problème sera pris en charge par nous parce qu’on aura enfin compris que plus tôt on prend le problème, moins c’est cher et plus on a de chances de sortir cet enfant qui est le nôtre, qui est celui de la société dans son ensemble, du drame dans lequel il se retrouve !

Je veux une société où on détectera entre la maternelle et la primaire tous les enfants qui ne pourront pas être suivis dans un cadre de scolarité normal et où on remplacera… aidera les familles qui n’arrivent pas à affronter ces problèmes, où l’on déléguera des crédits aux maires et aux directeurs d’école pour qu’aucun de ces enfants ne puisse se dire qu’il n’a pas eu sa chance, pour que chacun de ces enfants, on le considère comme l’un des nôtres parce que si cet enfant, on le rate et qu’il ne s’intègre pas dans la société, ce sera votre problème parce que vous le retrouverez adolescent, jeune adulte et que ça compliquera la marche de tout le monde.

Voilà la France dans laquelle je veux vivre.

Une France qui donnera sa chance à tous ceux qui le méritent, à tous ceux qui veulent la saisir.

Une France qui n’aura pas peur de dire qu’elle ne veut pas de communautarismes et qu’elle ne veut pas de ghettos, qu’elle ne veut pas d’extrémismes, qu’elle ne veut pas de terrorisme.

Une France qui n’aura pas peur des mots ; une France qui combattra la réalité.

Alors cette France, je ne la ferai pas sans vous. Emparez-vous de ces sujets.

C’est la jeunesse qui est en train de transformer le monde ; en Tunisie, en Libye, en Côte-d’Ivoire, c’est la jeunesse. Ce sont vos frères qui se sont battus pour leur liberté. En Syrie aujourd’hui, c’est la jeunesse qui se bat et c’est la jeunesse qui meurt pour la liberté.

Appropriez-vous la nation et la République parce qu’elles sont les garanties de votre liberté, parce que vous êtes finalement les héritiers de la jeunesse française qui a fait naître la République sur le champ de bataille de Valmy en criant pour la première fois dans l’histoire : vive la nation ! C’est la jeunesse française qui a porté ce « vive la nation » !

Je veux vous dire que quand l’armée française se bat, c’est la jeunesse française qui monte au front. Quand un soldat de vingt ans est tué, c’est la jeunesse de France qui est meurtrie. Ces soldats qui risquent leur vie pour nous, ils sont jeunes comme vous, ils ont un idéal comme vous, ils ont un engagement comme vous, ils aiment la France comme vous l’aimez, ce sont vos frères ! A Benghazi, devant la foule qui acclamait la France, j’ai eu les larmes aux yeux en pensant à ce qu’avaient pu éprouver ces condamnés à mort de Benghazi lorsqu’ils avaient aperçu les premiers avions français marqués de la cocarde tricolore dans le ciel de Libye ! C’est la France ! Ils sont vos frères, ils portent votre message.

Alors en terminant, je veux vous faire entendre la voix peut-être de la plus belle lettre que j’ai lue de ma vie ; cette lettre a été écrite par une résistante rescapée d’Auschwitz et cette lettre, je veux vous la dédier, vous allez comprendre pourquoi, parce qu’elle s’adresse à vous par-delà le temps. Elle écrivait : « je vous en supplie, faites quelque chose de votre vie ; faites quelque chose qui vous justifie, parce que ce serait trop bête à la fin que tant soient morts et que vous viviez sans rien faire de votre vie. »

Jeunesse de France, faites quelque chose de votre vie ! Vous êtes les héritiers de cette femme qui mourait à Auschwitz et qui pensait à vous ! Vous n’êtes pas n’importe quelle jeunesse du monde, vous êtes la jeunesse de France et la France, c’est cette histoire ! La France, ce n’est pas la médiocrité, la France, ce n’est pas le mensonge ! La France, ce n’est pas le calcul ! La France, ce n’est pas le refus de l’ambition, de la réussite et du talent !

J’ai besoin de vous !

Vous êtes les enfants d’une crise terrible ; c’est peut-être pourquoi, parce que vous êtes les enfants d’une crise terrible que vous pouvez mieux que d’autres, être ouverts au changement.

C’est peut-être pourquoi mieux que d’autres, vous pouvez avoir l’esprit libre après avoir connu ces crises terribles, pour imaginer autre chose. Dans ces temps de crise, vous devez être l’avant-garde ; vous êtes la jeunesse de France ; vous devez être l’avant-garde de notre pays.

Cette jeunesse de France, on ne la fera pas taire. Cette jeunesse de France, elle ne veut pas baisser les bras. Vous êtes la jeunesse de France dont la crise n’a pas brisé les rêves et n’a pas brisé l’envie d’espérer ! Vous êtes la jeunesse de France qui veut relever le défi de la France forte !

Jeunes de France, aidez-moi ! Aidez-moi à poser le débat ! Aidez-moi à démontrer que rien n’est joué parce que vous êtes nombreux, parce que vous êtes déterminés, parce que vous êtes engagés ! Aidez-moi !

Jeunes de France… Jeunes de France, ensemble nous écrivons la plus belle page de l’histoire jamais écrite dans la République moderne !


Vive la République ! Vive la France !

Merci à tous ! Merci à toi Carla d’être avec nous ! Merci Jean-Louis BORLOO ! Merci Jean-François COPE ! Merci Bernadette CHIRAC ! Merci Frédéric MITTERRAND ! Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Nadine MORANO, Jeannette BOUGRAB ! Ecoutez, je remercie tout le monde ! Marie-Anne MONTCHAMP… merci David DOUILLET, Michèle ALLIOT-MARIE, Luc CHATEL, François BAROIN, Pierre LELLOUCHE… Merci à tous !

Mes chers amis, trois semaines… puis deux semaines ! Trois semaines à fond, puis deux semaines à fond !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 10 avril 2012

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