Conférence de presse de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le coup d'Etat et le soutien de la France aux initiatives de sortie de crise au Mali, Dakar le 2 avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Alain Juppé, ministre des affaires étrangères et européennes, sur le coup d'Etat et le soutien de la France aux initiatives de sortie de crise au Mali, Dakar le 2 avril 2012.

Personnalité, fonction : JUPPE Alain.

FRANCE. Ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Voyage d'Alain Juppé au Sénégal le 2 avril 2012

ti : Q - La France recommande à ses ressortissants de quitter le Mali. Pourquoi ?

R - Parce que la situation se dégrade très rapidement. Vous savez que nous avons dès le départ condamné ce coup d’État, demandé le retour à l’ordre constitutionnel le plus vite possible et nous soutenons à 100% les initiatives de la CEDEAO. C’est la raison de ma présence ici ce matin. J’espère pouvoir participer, comme on m’y a invité, à la réunion qui va se tenir en début d’après-midi. Il faut donc d’abord travailler sur le plan politique pour que l’ordre constitutionnel, je l’ai dit, soit rétabli et que l’on puisse aller le plus vite possible à des élections permettant de désigner un pouvoir légitime. Ensuite, il y a la question militaire puisqu’il semble que l’offensive touarègue se déploie vers le sud et là, nous allons en parler. Donc la situation est dangereuse et c’est la raison pour laquelle j’ai demandé à nos ressortissants de quitter le Mali pour ne prendre aucun risque. Nous allons aussi fermer notre lycée en anticipant sur les vacances de Pâques. Bref, je crois qu’il faut prendre le maximum de précautions et c’est ce que j’ai décidé de faire.

Q - L’offensive touarègue et islamiste au nord, c’est une menace pour la communauté française ?

R - Bien entendu. Je rappelle que nous avons six otages au Sahel et que AQMI nous désigne très explicitement comme une cible, donc il faut prendre le maximum de précautions et il semble que cette fraction islamiste, djihadiste, extrémiste, soit en train de prendre le dessus au milieu des différentes factions touarègues. Donc notre inquiétude est maximum bien sûr.

Q - Concrètement que peuvent faire la France et la communauté internationale, et l’Afrique, contre ça ?

R - Soutenir, je le répète, l’initiative de la CEDEAO. Je crois que c’est aux Africains de trouver l’issue à cette crise : à l’Union africaine, à la communauté des États d’Afrique de l’Ouest qui est en première ligne. Le président Compaoré a engagé une médiation donc il y a des raisons de penser que le volet politique peut se débloquer. La junte a annoncé qu’elle était prête à rétablir la Constitution et à mettre en place un dispositif qui permette d’aller vers l’élection d’un nouveau président. Donc, de ce côté-là, je crois que les choses peuvent avancer. En revanche le volet militaire, lui, mérite une concertation plus approfondie et c’est ce qui va être fait tout à l’heure dans cette réunion de la CEDEAO.

Q - C’est-à-dire que l’option militaire n’est pas écartée contre la rébellion ?

R - Il appartient à la communauté des États d’Afrique de l’Ouest d’en décider. Ce n’est évidemment pas la France qui va se porter en première ligne. Donc je crois que c’est un sujet de réflexion aujourd’hui que les chefs d’État vont aborder.

Q - Pas en première ligne, mais en soutien ?

R - Non, la France ne s’engagera pas militairement. Nous pouvons aider sur le plan logistique ou de la formation, mais il n’est pas question de mettre des soldats français sur le sol, bien entendu.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 avril 2012

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