Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la politique du gouvernement face à la crise économique, les réformes du quinquennat, l'immigration et sur les questions de sécurité, à Saint-Brice-Sous-Forêt (Val-d'Oise) le 12 avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la politique du gouvernement face à la crise économique, les réformes du quinquennat, l'immigration et sur les questions de sécurité, à Saint-Brice-Sous-Forêt (Val-d'Oise) le 12 avril 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Saint-Brice-Sous-Forêt (Val-d'Oise) le 12 avril 2012

ti : Mes chers amis. Merci, Monsieur le Maire, cher Jérôme, de ton accueil. Merci aux ministres qui nous font l’honneur et le plaisir de leur présence, Claude GUEANT, David DOUILLET, Eric BESSON, Edouard COURTIAL. Merci aux parlementaires qui sont ici, dans ce département du Val d’Oise. Mes chers amis, c’est vraiment un moment historique pour notre pays. Le monde sort de quatre années de crise d’une violence inouïe, crises multiples, financière, économique, qui ont été à deux doigts d’emporter les plus grands pays du monde. Sans doute, depuis le début du 20ème siècle, la fameuse crise de 1929, jamais le monde n’avait été confronté à autant de difficultés financières et économiques. Ce qu’on pensait impossible s’est avéré banal.

On pensait impossible qu’une banque fasse faillite, une des plus grandes banques du monde aux Etats-Unis a fait faillite en quelques semaines. On pensait impossible que de grands pays ne trouvent pas de prêteurs pour financer leur dette, ce qui était impossible est devenu banal. On n’imaginait pas que le monde entier connaîtrait une crise économique générale, jusqu’à présent, lorsque l’Asie battait de l’aile, l’Amérique se développait, lorsque l’Amérique avait des problèmes, l’Europe était stable, là, tous les pays, toutes les régions du monde, tous les secteurs en même temps. Ceux qui ont porté la monnaie unique européenne n’imaginaient pas, au début des années 2000, que la question de l’implosion de l’euro pouvait se poser. Tout ceci, aucun parmi nous ne pouvait l’imaginer, aucun. Ce n’était même pas de l’ordre des scénarios catastrophes. Entre 2008 et 2011, nous avons pourtant connu une succession de crises d’une violence inouïe.

Il est important de regarder comment ça s’est passé et où nous en sommes. Car, l’avenir de la France, c’est une chose trop lourde de sens pour en faire un enjeu partisan. C’est votre avenir, c’est celui de vos enfants. Quel monde allez-vous leur laisser, allons-nous leur laisser ? Quel pays allons-nous leur laisser ? C’est intéressant de regarder ce qui s’est passé, qu’est-ce qui a fonctionné et qu’est-ce qui n’a pas fonctionné. Dans ce monde où la compétition est féroce, des pays continents comme la Chine, comme les Etats-Unis, comme le Japon ont décidé de défendre pied à pied leurs frontières, leur mode de vie, leur identité. Ils ont connu la crise, ils sont rentrés dans la crise, mais ils ont dit dans la crise, on ne baissera pas les bras, on se défendra, avec nos armes.

Qu’est-ce qu’on a constaté ? C’est que des pays que l’on pensait stables, modernes ont été emportés comme des fétus de paille. Souvenez-vous, 2009, l’Irlande, l’Irlande qu’on présentait comme un modèle de développement, le miracle économique européen. Le miracle économique européen, les Irlandais l’ont payé d’une diminution de leurs salaires de 15 %, d’une diminution de leurs retraites de 15 % et d’une rétraction phénoménale de leur produit intérieur brut. C’était l’Irlande.

Nous avons vu la Grèce, pays de 10 millions d’habitants, pays européen, berceau d’une civilisation, la Grèce qui s’était retiré ses chaînes de la dictature aux confins des années 70, la Grèce, pays développé s’il en était, la Grèce s’est retrouvée en situation de faillite. Il a fallu que l’Allemagne et la France négocient avec ses créanciers pour diviser par deux sa dette. La Grèce, je ne parle pas d’un pays en voie de développement, je ne parle pas d’une contrée lointaine en Afrique, je ne parle pas de pays avec qui nous sommes amis, mais qui ont connu beaucoup de pauvreté, je pense au Bénin, je pense au Mali, je parle de la Grèce. La Grèce s’est retrouvée dans la situation de ne pas pouvoir payer ses retraites, ses fonctionnaires, envoyer ses jeunes à l’université et faire fonctionner son pays. Nous avons été à deux doigts de connaître, en plein coeur de l’Europe, un pays où le système bancaire se serait écroulé complètement, avec les conséquences en chaîne sur nous. Qui l’aurait imaginé ? Pourquoi ? Parce que la Grèce distribuait un 13ème mois et un 14ème mois avec un salaire minimum qui n’avait rien à voir avec la concurrence, Bulgarie, Turquie, autour de ce pays. La négation des réalités, tout était possible, il ne fallait pas faire d’efforts, on mettait la poussière sous le tapis, demain serait mieux, il n’y a pas besoin, voilà la situation.

Aujourd’hui, quand vous regardez un pays aussi considérable que l’Espagne, pays de 42 millions d’habitants, pays ami de la France, grande civilisation, une histoire multiséculaire, un pays frère pour nous, sept ans de socialisme, sept ans de socialisme, regardez ce qui se passe en Espagne aujourd’hui. Je souhaite de tout coeur que l’Espagne trouve en elle-même les moyens et la force de s’en sortir. Mais quand nous faisions la réforme des retraites en 2010, que nous avions les manifestations parce que les gens n’étaient pas contents, eux ne faisaient pas cette réforme. Aujourd’hui, qu’est-ce qui se passe en Espagne ? Baisse des salaires, baisse des pensions de retraite, diminution des bourses pour les étudiants, voilà la situation, et un chômage qui a augmenté de 220 %. Je ne veux pas pour mon pays, la France, de la situation de la Grèce ou de la situation de l’Espagne, voilà la vérité que je suis venu défendre dans cette campagne.

On pourrait dire, « mais oui, monsieur SARKOZY, vous êtes contre la gauche ! » Non. Je vous demande de ne pas voir les choses comme ça. Je vous demande même de faire abstraction de ce que furent dans le passé vos attaches politiques, vos choix politiques. Je ne m’adresse pas à la droite, je ne m’adresse pas au centre. Je m’adresse au peuple de France. Je ne m’adresse pas à votre passé, je m’intéresse à l’avenir de notre pays et de nos familles. La seule question qui compte, la seule, c’est de savoir si nous allons tirer les conséquences de cette crise ou si nous nions la réalité de la crise. Si nous nions la réalité de la crise et si nous ne tirons pas les conséquences de cette crise, c’est vous, peuple de France, qui paierez. Car, les additions, il faut toujours les régler.

Je voudrais prendre un ou deux exemples et je le dis, parlant sous le contrôle des parlementaires qui m’ont soutenu et je les en remercie. Quand, en 2010, j’ai dit nous devons faire la réforme des retraites, bien de mes amis m’ont dit : « Ecoute, Nicolas, on sort des régionales qui n’ont pas été bonnes, on est en plein dans la crise, tu vas les fâcher, ce n’est pas bon pour les élections ! » C’est toujours la même histoire, il ne faut fâcher personne, ce n’est jamais le bon moment, ce n’est jamais la bonne réforme, on met la poussière sous le tapis et on laisse les générations d’après régler les comptes de la lâcheté des générations d’avant. Je n’ai pas voulu de cela, je l’assume, je l’assume.

C’est facile, très bien, bien sûr, il n’y a pas de problème ! Moi, je n’en ai pas voulu. Je reviens devant vous pour parler de cela. Pourquoi ? Il y a 15,5 millions de retraités en France, pour 1,5 million d’entre vous, les retraites n’étaient pas payées. Je veux dire la Sécurité sociale allait à la banque chercher un argent qu’elle n’avait pas. On peut continuer comme cela ? Moi, je ne suis pas venu dans cette campagne électorale pour nier la réalité. La réalité, c’est que nous gagnons un trimestre d’espérance de vie par an. Si nous vivons plus longtemps, que notre système de retraite repose sur la solidarité et si nous ne décidons pas de travailler plus longtemps, alors, il n’y aura pas d’argent pour payer les retraites. Je préfère de beaucoup assumer la mauvaise humeur provisoire des Français plutôt que leur colère, le jour où, partant à la retraite, ils se rendraient compte qu’il n’y a plus d’argent pour payer les retraites. Cette réforme était juste, cette réforme était sociale, cette réforme a garanti le pouvoir d’achat des retraités en France. Grâce à cette réforme, nous sommes le seul pays qui n’est pas obligé de diminuer les pensions de retraite.

J’entendais l’autre jour monsieur HOLLANDE disant : « La première mesure que je prendrais, c’est de revenir sur la réforme des retraites de monsieur SARKOZY. » C’est son droit. Mais dans ce cas-là, il faut dire aux Français qui va payer. Parce que votre droit, c’est de savoir qui paiera. Si on dit aux Français, vous pouvez travailler moins longtemps, parce que l’allongement de la durée de la vie, ça n’existe pas, il faut avoir le courage de leur dire qui paiera à leur place. Ceux qui paieront, c’est vous, par l’augmentation de vos cotisations, merci pour le pouvoir d’achat, et par l’augmentation des cotisations payées par les entreprises, merci pour les délocalisations. Mes chers compatriotes, quand on nie la réalité, c’est le peuple qui paye. Quand on repousse la décision difficile, alors, elle est plus difficile à prendre et les conséquences en sont plus douloureuses.

J’assume mes responsabilités, j’ai conduit notre pays dans quatre années de crise, je connais la violence de ces crises, je sais ce qu’il a fallu faire pour éviter les drames et les souffrances. Si nous ne tirons pas les conséquences de ce qui s’est passé, alors, le peuple français paiera lourd la lâcheté de ceux qui l’ont dirigé. On doit assumer ses responsabilités.

Je voudrais prendre un autre exemple. Hier, je recevais des milliers d’élus locaux, je leur ai dit : « Vous devez prendre votre part à la réduction des dépenses publiques de la France. » On ne peut pas continuer à dépenser un argent qu’on n’a pas. Un pays qui ne rembourse pas ses dettes et ne réduit pas son déficit est un pays qui ne peut pas assumer la maîtrise de son destin. J’ai vu, là encore, que le candidat socialiste proposait comme première mesure, comme s’il n’y avait pas plus grande urgence, d’embaucher 61 000 fonctionnaires de plus. Mais mes chers amis, la question, après avoir nié l’allongement de la durée de la vie, faut-il considérer qu’il n’y a pas de problème de dépenses publiques en France ? Faut-il considérer que la question des économies, des déficits ne se pose pas ?

Je sais que les fonctionnaires sont dévoués et compétents. Mais je dis simplement que créer un million de postes de fonctionnaires depuis 1990, ce n’est pas possible, nous n’en avons pas les moyens. Je dis d’ailleurs aux fonctionnaires que ceux qui proposent d’embaucher toujours plus ne sont pas ceux qui amélioreront votre traitement, votre niveau de vie, votre formation et la considération à laquelle vous avez droit.

On nie l’allongement de la durée de la vie d’un côté, on nie la nécessité de diminuer les dépenses de l’autre, on nie l’existence de la crise. Mais qui paiera ? Qui assumera ? J’ai vu dans les clips à la télévision qu’on parlait de 1981, alors ça, on s’en souvient de 1981 ! Ça a pu être agréable au Panthéon, ils ont fait la fête, avec votre argent, et il a fallu rembourser les lendemains de fête, ça a duré deux ans. Je vous dis une chose, en 2012, ça durera deux jours.

Hier soir, j’ai entendu, on disait : « On ne tiendra pas compte des marchés ! » Mais ne pas tenir compte des marchés, ça n’a pas de sens ! Si vous voulez ne pas tenir compte des marchés, je vais vous donner un bon conseil : Remboursez vos dettes, réduisez votre déficit et vous n’aurez pas besoin que quelqu’un vienne vous prêter de l’argent. Voilà comment on peut ne pas tenir compte des marchés. Allez dire au Premier ministre espagnol, monsieur RAJOY, un homme courageux, un homme intelligent, un homme sérieux, allez lui dire aujourd’hui de ne pas tenir compte des marchés. Il vous répondra, parce que c’est un homme sérieux, parce que c’est un homme qui aime son pays : Comment je fais pour financer la dette de l’Espagne ?

La France a 42 milliards d’euros d’intérêts de la dette à rembourser chaque année. Grâce à la gestion de notre gouvernement, cette dette, nous la finançons, parce que dans le monde entier, les gens ont confiance dans la France et dans la gestion de la France, à un taux historiquement bas, à moins de 3 %. Si demain, il y a une crise de confiance, les mêmes prêteurs diront : On vous prête, mais pas à 3 %, le double. Qui paiera ? C’est le peuple de France. Donc, aujourd’hui, un homme politique digne de ce nom n’a pas le droit de nier la réalité. Il doit la regarder en face et dire au pays : Voilà ce qu’on doit faire et voilà par-dessus tout ce qu’on ne doit pas faire.

Cette crise a, par ailleurs, révélé les atouts de la France et les faiblesses de la France. Les atouts de la France, on les connaît, une démographie parmi les meilleures d’Europe, raison de plus pour que, surtout, on ne touche pas au quotient familial qui est la base de la politique familiale en France. Voilà quelque chose qui marche, notre politique familiale, pourquoi la détruire ? Nous avons une énergie bon marché grâce au nucléaire, pourquoi vouloir détruire une filière nucléaire qui nous permet de payer notre électricité 35 % moins chère que ce que payent les autres à côté ? S’il s’agit de faire plaisir à madame JOLY, ça fait cher le plaisir pour une dame qui a mis cette idée remarquable de la défense de l’environnement au niveau sectaire où elle se trouve. Faut-il tout le talent de madame JOLY pour que la défense de l’environnement soit ramenée au niveau où elle se trouve dans les sondages. Faut-il du talent pour transformer une idée aussi fédératrice que la défense de l’environnement en un sujet de secte, un comportement sectaire et une attitude qui éloigne les Français d’une préoccupation qui, pourtant, dans un département comme le vôtre, celui du Val d’Oise, est une préoccupation extrêmement forte qu’il n’est absolument pas question d’abandonner au prétexte que madame JOLY s’est instituée écologiste.

Une main d’oeuvre de qualité, des chercheurs remarquables, des infrastructures, ce sont les avantages de la France. Mais nous devons nous interroger et apporter des réponses aux handicaps français. Qu’avons-nous comme handicaps ? D’abord, cette retraite à 60 ans, promise en 1983, contre tout bon sens, car, en 1983, ceux qui ont fait la retraite à 60 ans savaient qu’on n’avait pas les moyens de la financer. Puis, comme ils se sont dit deux erreurs valent mieux qu’une, on s’est vraiment trompé sur la retraite à 60 ans, donc on va faire oublier cette erreur, on va aussi se tromper sur la durée du temps de travail. Vous avez aimé la retraite à 60 ans, on va en plus vous faire les 35 heures.

Vous avez là les raisons d’un drame, je dis d’un drame, parce que ces 35 heures doublées de cette retraite à 60 ans, que nous n’avions pas les moyens de financer, ça s’est traduit par quoi ? Ça s’est traduit d’abord par un drame économique, puisque l’idée des 35 heures était si remarquable que personne ne nous a imités dans le monde. Nous sommes tellement originaux ! Non, mais ils l’ont cru ! D’ailleurs, les mêmes qui ont fait les 35 heures avaient créé un ministère extrêmement original, indispensable, le ministère du temps libre. Le ministre était très occupé par le ministère du temps libre. Donc, un désastre économique, parce que la France a commencé à décrocher dans la compétitivité de ses entreprises très exactement à ce moment-là.

Ensuite, c’était un désastre social, parce que les 35 heures, les ouvriers, les salariés les ont payées à des salaires plus bas que les autres. Parce qu’à ce moment-là, il n’y a plus de discussions dans l’entreprise sur les salaires. On a dit aux gens : « Vous travaillez cinq heures de moins, vous n’allez pas demander de gagner plus ! » Ce fut un désastre pour les finances publiques parce que, naturellement, il a fallu compenser par les finances publiques et donc par les impôts le coût des 35 heures, parce que les entreprises étaient dans la compétition, et c’est 20 milliards d’euros de dépenses publiques. Mais peut-être que le plus important de tout, c’est un désastre moral. Parce que ça a laissé à penser à une partie de la population, notamment aux plus jeunes, que le travail était l’ennemi, que travailler, c’était une aliénation. Alors que le travail est une émancipation, c’est le chômage qui est une aliénation.

Dans le monde ouvert qui est le nôtre, au même moment où on faisait rentrer la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce, on expliquait aux Français qu’ils n’avaient pas besoin de travailler, que tout irait bien. Voilà très exactement le problème auquel nous nous trouvons confrontés. Avec des entreprises qui étaient désertées par leurs cadres dès le vendredi matin, avec des inspecteurs du travail dont la priorité devenait de traquer sur le parking de l’entreprise les cadres ou les salariés qui osaient travailler plus que ce qu’on leur demandait ! On a connu ça aussi. Avec, à l’époque, je ne sais pas si vous vous en souvenez, madame VOYNET qui trouvait que les 35 heures, c’était trop, et qu’il fallait absolument faire les 32 heures. Je me demande d’ailleurs pourquoi 32, on aurait pu passer à 28 tout de suite ! Et même 28, c’est à négocier !

Mais ce qui est important là-dedans, je veux en parler sérieusement devant vous parce que c’est un sujet de la campagne présidentielle. Ce qui est très important, c’est que imaginer qu’on est heureux parce qu’on travaille 35 heures et qu’on est malheureux parce qu’on travaille 40 heures, c’est ne rien comprendre à ce qu’est la vie au travail. Je connais des gens qui travaillent beaucoup et qui sont très heureux dans leur travail et des gens qui travaillent 35 heures et qui ne se sentent pas respectés, considérés dans leur travail. Ce n’est pas une question de quantité, c’est une question de qualité, c’est une question de respect.

Donc, la question centrale pour nous, c’est de faire campagne en disant : Oui, la France doit se remettre au travail. Bien sûr qu’au travail, se posent des questions centrales, la santé au travail, le stress au travail, parce qu’il y a trop de stress. Car, naturellement, quand vous dites aux gens vous pouvez travailler moins, mais les carnets de commandes, c’est les mêmes ! Donc, ils doivent faire en moins de temps ce qu’ils devaient faire, en étant moins payés. Mais à l’arrivée, c’est plus de stress en plus. La qualité de vie au travail, la possibilité d’aménager le temps de travail, la façon dont on est respecté au travail, le partage de la valeur ajoutée dans l’entreprise, ce sont des sujets absolument considérables qui sont nos sujets.

Mais le partage de la valeur ajoutée, c’est dans un pays qui travaille, pas dans un pays qui considère que le travail est l’adversaire. La question de la qualité de vie au travail, c’est dans un pays qui respecte la valeur travail et pas dans un pays qui la détruit ou qui ne la considère pas. Parce que, parallèlement à ça, on a déresponsabilisé tout le monde, on s’est trouvé avec un système d’assistanat où, au bas de l’échelle des salariés – ce qui est scandaleux – il y a des gens qui n’ont jamais travaillé et jamais cotisé qui peuvent gagner davantage d’argent que des gens qui travaillent et qui cotisent ! Ça, ce n’est pas la solidarité. C’est l’assistanat. Voilà la réalité.

Et dans le débat sur la justice, qu’est-ce qui est juste ou qu’est-ce qui est injuste ? Il y a des choses profondément injustes : des salaires mirobolants et des bonus mirobolants que se servent certains dirigeants dans la finance qui me choquent, mais est également injuste que celui qui ne travaille pas gagne autant que celui qui travaille. Ça aussi c’est de l’injustice.

Monsieur HOLLANDE dit : « Il n’y a pas de problème du coût du travail. » Moi, je considère qu’il y a un problème du coût du travail. Je recevais ce matin des gens très remarquables et très raisonnables qui sont les représentants des salariés d’Aulnay PSA. Je les ai reçus avec beaucoup d’intérêt pendant 1 heure. Qu’est-ce qu’ils venaient me dire ? « On ne veut pas perdre notre usine. On ne veut pas perdre l’usine PSA d’Aulnay. » Ils ont raison. On produisait 300 000 véhicules il y a quelques années, on n’en produit que 140 000. Mais je leur ai dit : « Vous voyez, c’est pour ça que j’ai voulu supprimer la taxe professionnelle. » Savez-vous que la taxe professionnelle, sur une usine comme Aulnay, pesait 250 euros par voiture fabriquée en France ? Alors, qu’est-ce que ça veut dire se battre pour que l’usine reste en France et récompenser ceux qui décident que l’usine doit rester en France en les taxant à une taxe professionnelle qui n’existait dans un aucun autre pays d’Europe. C’est pour ça que j’ai voulu supprimer la taxe professionnelle.

J’ai fait un débat et, naturellement, critiqué par quasiment tout le monde, mais j’assume cette décision qui consiste à alléger le coût du travail parce que le travail se délocalise. Si la totalité de notre système de protection sociale ne se finance que sur une assiette travail, comment voulez-vous garder les emplois ? Et j’ai dit aux syndicalistes d’Aulnay : « Si ça coûte tellement plus cher de fabriquer une voiture en France qu’en Allemagne, pourquoi on garderait les usines ? » Donc j’ai proposé qu’on retire 5 points de cotisation, chère Christine BOUTIN, parce que ce n’est pas aux entreprises de payer la politique familiale de la France. Et j’ai proposé que cela soit remplacé par l’augmentation de la TVA parce que je suis convaincu qu’il faut taxer les importations pour qu’elles financent une partie de notre protection sociale.

Je m’explique. Les ordinateurs, les téléphones portables qu’aiment tant les Français, les télévisions, il n’y en a pas un seul de ces produits qui est fabriqué en France. Par l’augmentation de la TVA, ils participeront au financement et nous pourrons nous battre pour que l’usine PSA d’Aulnay reste en France parce que nous aurons été cohérents.

Lorsque Monsieur HOLLANDE dit : « Il ne faut pas la réforme SARKOZY sur les retraites. Je la payerai, la financerai en augmentant les cotisations payées par les entreprises sur le travail », alors, comment on va garder l’usine Aulnay ? À ceux qui ne sont pas contents parce que je fais la TVA, j’accepte. Mais qu’est-ce qu’ils font contre les délocalisations ? Qu’est-ce qu’ils proposent contre les délocalisations ? Rien ! Ou, comme Monsieur JOSPIN à l’époque de Vilvoorde, on n’y peut rien ? Mais moi, je trouve que parce que j’ai été élu, je considère que je n’ai jamais le droit de dire que je n’y peux rien. Ce n’est pas une question de tempérament, c’est une question de conviction.

Le coût du travail, bien sûr, essentiel ! La compétitivité de nos entreprises, ce n’est pas un mot tabou. Il faut qu’on investisse davantage, qu’on allège le coût du travail et qu’on ne considère pas, dans une vision fausse de la société, l’entreprise n’est pas l’ennemie. L’entreprise, c’est ce qui donne de l’emploi, c’est ce qui crée de la croissance. On a besoin des entreprises. Le jour où on n’aura plus d’entreprises, qu’est-ce qu’on fera ?

J’ajoute que je ne vois pas comment je peux dire aux Français : il faut faire des efforts, il faut réduire nos dépenses – ce que j’ai dit aux collectivités territoriales hier – et, en même temps, considérer que je n’ai pas le droit d’évoquer la question de l’immigration. Extraordinaire campagne ! Il y a des sujets qu’on aurait le droit d’évoquer et d’autres qui seraient interdits. Et ceux qui sont interdits, ce sont ceux qui vous intéressent. Ceux dont il est recommandé d’évoquer le fond et la forme sont ceux qui ne vous intéressent pas. Je refuse ce diktat et je veux parler de cette question. Moi, jamais je ne ferai de la France un pays fermé parce que moi, je milite pour la France forte, pas pour la France faible. Je milite pour la France de la main tendue, pas du poing fermé. Je milite pour une France fière de sa civilisation, de son identité, de son modèle, qui n’a pas peur. Et je dis que l’histoire de France, elle est faite de cette ouverture et que je ne plaiderai jamais pour la fermeture.

Moi, je ne me trompe pas d’adresse, je sais qui je suis et d’où je viens. Mais avec la même force, je veux dire que cette ouverture est un atout mais que ça peut être un problème. Et je dénie à quiconque le droit de m’empêcher de dire que ce qui est un atout peut aussi être un problème. Je le dénie à quiconque ! Et je dis d’ailleurs, un problème pour qui ? Oh ! Ce n’est pas un problème pour la gauche caviar ! De toute manière, elle n’habite pas dans les quartiers où on a ces problèmes-là. Pour la gauche caviar, ce n’est pas un problème les écoles parce qu’elle ne met pas ses enfants dans les écoles où il y a ce problème-là. Je dis un problème d’abord pour ceux que nous avons accueillis, qui sont en France, que nous devons respecter et accueillir. Mais pourquoi la machine à intégrer française ne marche-t-elle pas ? Parce qu’on n’a pas le courage de dire qu’elle s’est embolisée en essayant d’intégrer un nombre de gens qu’on ne pouvait pas intégrer parce que nous n’avons pas assez d’emplois, pas assez de logements, pas assez d’écoles. Parce qu’avant même, cher Basile, qu’une génération arrive, une autre arrive immédiatement et qu’à force, on ne s’occupe plus de personne.

J’ajoute un deuxième problème, l’équilibre de nos comptes sociaux. Je ne peux pas dire aux Français : on va lutter contre la fraude. On ne peut pas créer de nouvelles allocations. Je vois, … promet 25 % de plus pour l’allocation de rentrée scolaire. Mais pourquoi pas 50 ? Mais qui va payer ? Alors, plus de fonctionnaires, moins de temps au travail, plus d’allocations. Et on règle comment les additions ? Je comprends pourquoi Monsieur HOLLANDE a proposé un programme pour un an. J’ai compris. Bon, je ne suis pas très rapide, il m’a fallu un peu de temps mais j’ai compris. On raconte d’abord le commencement de l’histoire, puis comme elle se termine mal, on s’abstient de parler de la fin. Bon, mais la fin, c’est nous qui devons l’écrire.

L’équilibre des comptes sociaux, je prends mes responsabilités devant vos, j’ai décidé de ne rien cacher. La France, vous voyez, c’est un pays merveilleux où on ne vous demande pas votre Carte bleue avant de vous opérer quand vous êtes malades. Ici, on n’est pas aux États-Unis d’Amérique. On vous opère, cher Jean, parce que vous êtes malades quelle que soit votre couleur de peau, quelle que soit votre nationalité. Et moi, je dis que l’AME, je n’y toucherai pas parce que quelle que soit la couleur de peau, quelle que soit la nationalité de quelqu’un, quand il est aux portes de l’hôpital et qu’il est malade, on le soigne et que c’est l’honneur de la République française d’agir ainsi. C’est ce qui me sépare de Madame LE PEN. Mais je dis avec la même force que nous ne pouvons pas accepter une immigration qui ne serait tentée de venir en France que parce que les prestations sociales y sont plus généreuses qu’ailleurs. Et 2, alors j’ai indiqué que nous diviserions par 2 le nombre de ceux que nous accueillerons pour les 5 années qui viennent pour une raison d’équilibre de nos comptes sociaux et pour une raison également de fonctionnement de notre machine à intégrer.

Alors je veux m’expliquer là-dessus parce que c’est parfaitement possible et je veux vous dire, je crois au regroupement familial parce que chacun a le droit de faire venir sa famille. Mais je dis une chose, faire venir sa famille quand on n’a pas un logement adapté, il vaut mieux que sa famille ne vienne pas. Faire venir sa famille quand on n’a pas un salaire pour faire vivre sa famille, il vaut mieux que sa famille ne vienne pas.

Et enfin, dernier point, je ferai en sorte que tous ceux qui veulent venir en France aient pris la peine d’apprendre le français et les valeurs de la République avant d’entrer sur le territoire national. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu’imaginez quelle peut être la réaction de cet enfant dont la mère, enfermée dans son appartement, ne parlant pas un mot de français, incapable de comprendre le petit mot que peut envoyer le professeur ou l’instituteur, quelle est la vision que l’on donne de la société française de la place de la femme et de l’égalité entre les hommes et la femme à un enfant qu’on laisse dans cette situation-là ? Est-ce qu’on y a réfléchi ?

J’ajoute, pour être sûr d’être bien compris, que de mon point de vue, cette ouverture, elle est tout à fait nécessaire, que la mondialisation nous oblige à faire des réformes. Mais parce que nous ferons ces réformes sur la compétitivité et l’allègement du coût du travail, nous disons une chose au monde entier, notre mode de vie, nous voulons le garder. La civilisation européenne, nous voulons la conserver. Et sur le territoire de la République française, nous ne voulons pas des horaires dans les piscines différents pour les hommes et pour les femmes. Dans nos hôpitaux, nous ne voulons pas des médecins différents pour les hommes et pour les femmes. Et pour que les choses soient claires, dans nos cantines scolaires, nous voulons les mêmes menus pour tous les enfants d’une République laïque. C’est ça l’égalité !

Alors, à ce moment-là, se pose la question de l’Europe et des frontières. Je parle devant mes amis, j’ai toujours été Européen et je considère que parmi les trésors que nous ont laissés nos parents et nos grands-parents, il y en a un particulièrement précieux, c’est l’amitié entre la France et l’Allemagne. Moi, j’ai été élevé par mon grand-père que j’adorais, qui a connu la Première Guerre mondiale et qui a connu la Seconde Guerre mondiale et je sais très bien comment il appelait les Allemands à la maison. Je m’en souviens très bien et je suis sûr qu’ici, il y a de nombreuses familles… Bien sûr ! Parce que, vous savez, c’est ça qui est merveilleux dans un pays comme la France, c’est que nous avons une mémoire collective. Nous ne venons pas de nulle part, nous sommes le produit d’un humus, d’une histoire. Et dans cette histoire, même si je ne connais pas tout le monde ici, nous avons des points communs, nous avons des références communes. C’est ce qui fait qu’on peut regarder ensemble dans l’avenir, c’est que nous ne tournons pas le dos à ce passé. Ce passé nous a façonnés. Nous ne sommes pas une page blanche, nous avons une histoire. Il y a une mémoire collective. Et ça, ça existe ! Eh bien ce trésor qu’est l’amitié entre la France et l’Allemagne, jamais je ne le remettrai en cause ni de près ni de loin parce que c’est trop grave. Ça ne veut pas dire qu’on se ressemble les Allemands et nous. Ça ne veut pas dire que j’ai envie de m’installer à Francfort. D’ailleurs, quand il a fallu me marier, j’ai choisi Turin. Mais cela veut dire que nos pères, nos grands-parents se sont affrontés avec les Allemands et qu’il ne faut plus jamais cela.

C’est pour ça qu’on a construit l’Europe. L’Europe, c’est peut-être ce qu’a inventé de plus beau l’homme pour ancrer la paix et l’amitié. Donc jamais je n’accepterai qu’on le remette en cause. Mais si nous avons fait l’Europe, mes chers amis, c’est pour être protégés, pas pour être exposés. C’est pour défendre notre modèle de civilisation européenne, pas pour le contester. Je suis de ceux qui pensent que ce fut une erreur sans doute que de ne pas reconnaître les racines chrétiennes de l’Europe comme de la France. Non pas que je veuille militer… Comprenez-moi bien. Non pas que je veuille militer pour une église, ce n’est pas le rôle ! Mais quand on voit ce long manteau de cathédrales et d’églises, qu’on connaît l’histoire de France, on voit bien qu’on a des racines chrétiennes. Et ce n’est exclure personne de dire d’où on vient. Pourquoi s’en excuser ? Pour le cacher ? Ce n’est faire le prosélytisme de personne que de dire ça ! C’est simplement que les Français, quand ils ont vu qu’on contestait cette possibilité, ils se sont dit : ah ! J’ai compris, l’Europe remet en cause mon identité. Alors qu’ils pensaient, les Français, que l’Europe permettait de renforcer notre identité. C’est ça la différence !

Alors j’ai, dans cette campagne, fait une chose très grave ! J’ai dit : je veux parler des frontières ! Les frontières, ce n’est pas un gros mot ! Si on a décidé d’abaisser les frontières entre nous en Europe, c’est parce qu’on avait compris que les pays auxquels on confiait la gestion de nos frontières extérieures le feraient ! S’ils ne le font pas, on veut rétablir les frontières chez nous ! On n’a pas décidé d’abandonner nos frontières, on a décidé de les défendre ensemble. J’ai donc proposé, s’agissant de Schengen : premièrement, ce ne sont pas les technocrates de la Commission qui doivent gérer Schengen, ce sont les ministres de l’Intérieur, ce sont les autorités politiques ; deuxièmement, si un pays est défaillant, il doit être sanctionné et j’ai donné 1 an. Si, dans 1 an, Schengen ne fonctionne pas comme la France souhaite que Schengen fonctionne, eh bien nous quitterons Schengen à regret mais nous quitterons Schengen.

Quand le général de GAULLE, en 1964, a fait la politique de la chaise vide, il a obtenu la politique agricole commune, il n’a pas fait reculer l’Europe, il l’a fait avancer. J’ajoute une autre chose : il y a, dans ce Val-d’Oise, des industriels, des entrepreneurs et même des agriculteurs. Il doit quand même en rester dans le Vexin ou ailleurs, bon, ou alors je ne connais pas le Val-d’Oise où je suis venu tellement souvent dans ma vie. Qu’on impose à nos producteurs des règles pour respecter l’environnement, la condition animale, la traçabilité, je considère que c’est normal. Mais ce que je considère comme profondément anormal, c’est qu’au même moment où on impose des règles à nos producteurs, on accepte de faire entrer en Europe des produits venant de pays où l’on n’impose aucune des règles que l’on impose à nos producteurs. Allez faire traduire le mot traçabilité en Australie ou en Nouvelle-Zélande, ils ne savent même pas de quoi vous parlez, ça n’existe pas dans le vocabulaire. Donc j’ai dit 1 an. Si, au bout de 1 an, on n’a pas obtenu la réciprocité dans nos échanges commerciaux, eh bien la France décidera que ses marchés publics seront réservés exclusivement aux entreprises qui produiront en Europe à l’exclusion de celles qui n’y produiront pas.

Et enfin – je voudrais terminer par cela –, nous avons connu une tragédie il y a 3 semaines, celle de Toulouse et de Montauban. C’était une tragédie ! La France a été courageuse, digne, unie. La France a refusé la colère. La France a refusé l’amalgame et la France n’a jamais crié vengeance. Nous avons donné l’image d’un pays uni mais il nous faut tirer les conséquences de tout cela. La première des conséquences, c’est que je veux rendre hommage aux forces de police et de gendarmerie et au ministre de l’Intérieur qui ont fait un travail remarquable ! Oui, je veux leur rendre hommage parce qu’en 10 jours, ils ont mis hors d’état de nuire un criminel et un monstre. Et je n’accepterai pas que les forces de l’ordre de la République reçoivent des leçons de la part de personnes qui avaient mis 4 ans à ne pas arrêter l’assassin d’un préfet de la République lui aussi tué à bout portant.

Hier, le Conseil des ministres a adopté des mesures. Je vois que Monsieur HOLLANDE est contre. Je ne comprends pas ! Ces mesures, quelles sont-elles ? D’abord, nous considérons désormais que toute personne qui consulte sur Internet des sites faisant l’apologie du terrorisme sera considéré comme complice des terroristes. On me dit : « Ce n’est pas possible » ? Alors, pourquoi, lorsqu’on consulte régulièrement un site pédophile, est-on considéré soi-même comme un pédophile ?

Je veux aller plus loin parce que dans mon rôle de président de la République, je dois protéger nos compatriotes musulmans dont il serait scandaleux – je dis scandaleux – qu’ils soient victimes du moindre amalgame, alors que l’un d’entre eux fut abattu parce qu’il portait des uniformes, l’uniforme de l’armée française. Pas d’amalgame. Mais qui est mis en danger quand des jeunes se rendent dans des pays sans raison familiale, sans raison touristique, sans raison professionnelle pour aller fréquenter ceux qui préparent ou font l’apologie du terrorisme ? Nous considérons désormais que ces voyages sont illégaux et que ceux qui les pratiqueront devront en rendre compte à la police et à la justice.

Monsieur HOLLANDE me dit : « Ce n’est pas la peine ! » Ce n’est jamais la peine. Et il va plus loin en me disant : « Mais les lois actuelles sont très bonnes, ce n’est pas la peine d’en rajouter. » Il oublie de préciser une chose, c’est qu’il n’a voté aucune des lois qu’il décrit aujourd'hui comme très bonnes. Aucune ! Aucune ! Quand j’ai voulu, à l’époque, ministre de l’Intérieur, le fichier des empreintes génétiques pour retrouver les criminels sexuels, j’ai été accusé de vouloir mettre tout le monde en fichier. Ils ne l’ont pas voté. Savent-ils qu’aujourd'hui, on retrouve 1 criminel sexuel sur 2 grâce à ce fichier ? Lorsque nous avons fait, pour lutter contre la délinquance des mineurs, les centres éducatifs fermés, le Parti socialiste s’est opposé, au nom de sa bonne conscience et de son attachement à sa propre image, aux centres éducatifs fermés. C’est extraordinaire ! Savez-vous que dans le programme de Monsieur HOLLANDE, il est prévu de doubler le nombre de centres éducatifs fermés qu’il contestait il y a cinq ans ? Moi, ça ne me gêne pas de l’avoir convaincu car, après tout, si j’ai réussi à le convaincre, ce n’est pas si mal. Ce qui me gêne, c’est l’hypocrisie et c’est le mensonge devant la France et devant les Français. Ça, ça me gêne.

Et sur la laïcité, j’ai vu qu’il voulait mettre dans l’article 1er de la Constitution, que la France est laïque. C’est une promesse qu’il tiendra, c’est déjà fait. Mais ce qui me gêne, c’est que derrière les mots, il y a des réalités et que lorsque j’ai demandé qu’on interdise le port de la burqa sur le territoire de la République française, le Parti socialiste s’est abstenu de participer au vote. Sans doute avait-il des choses plus importantes à faire à l’époque.

Mes chers amis, je voudrais terminer par là pour vous dire que je vais à cette campagne comme une épreuve de vérité. J’y vais avec toute la force dont je suis capable, tout l’amour de mon pays – et j’aime profondément la France –, la volonté que j’ai de vous protéger. Et je mesure, j’ai mesuré, tout au long de ces cinq années, de quel poids pesait la protection de 65 millions de Français. Mais j’y vais avec la certitude que c’est un moment historique pour la France, que ce choix-là, il ne doit pas être un choix biaisé, que vous devez avoir tous les éléments à votre disposition. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu vous écrire, faire une lettre. Pas un livre compilation de discours qui ne viendrait même pas encombrer vos bibliothèques, pas un livre qui sort au bout de 2 heures, une lettre. Je vous demande de la lire. Je vous demande de la diffuser. J’y ai mis tout ce que j’avais de mon expérience, de mon espérance pour l’avenir de notre pays. C’est un document qui m’engage et j’ai voulu respecter chacun d’entre vous, que vous partagiez mes idées ou pas. Parce ce qu’oublie Monsieur HOLLANDE, c’est que celui qui sera élu, il sera aussi le président de ceux qui n’auront pas voté pour lui et qu’il devra rassembler le peuple de France, non pas le diviser. Tout le peuple de France !

Cette campagne, je la mène avec le dynamisme dont je suis capable parce que j’y crois. Je vous ai demandé d’être à la Concorde dimanche prochain. Je vous ai demandé d’y être nombreux, très nombreux, pour que cette majorité silencieuse qui en a plus qu’assez d’entendre à longueur de télévision, de radio ou de médias des idées qui ne sont pas les siennes, puisse dire : « Nous sommes là ! Voilà ce que nous pensons ! Voilà ce que nous voulons ! Voilà ce que nous déciderons ! Personne ne nous volera cette campagne ! C’est nous qui déciderons le 6 mai de qui sera le prochain président de la République ! » Vive la République et vive la France ! À dimanche à la Concorde !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 13 avril 2012

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