Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise économique, l'éducation, la formation professionnelle, l'immigration et sur l'Union européenne, à Poitiers le 16 avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise économique, l'éducation, la formation professionnelle, l'immigration et sur l'Union européenne, à Poitiers le 16 avril 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Poitiers (Vienne) le 16 avril 2012

ti : Mes chers amis, c’est un bonheur que de revenir une nouvelle fois, cher Jean-Pierre, dans cette salle, dans ce département, dans cette région, d’abord pour te dire mon amitié, te remercier de ton soutien, remercier Rachida DATI de sa présence, Jean-Pierre ABELIN qui m’a accompagné, tous ceux qui sont ici, Elisabeth et toi, Hervé, tous les élus.

C’est un moment important de l’histoire de notre pays et je voudrais vous parler avec une certaine gravité. Il ne s’agira pas, les 22 avril et 6 mai, de choisir un camp. Il ne s’agira pas d’un vote d’habitude. Il ne s’agira pas d’un vote de tradition. Il s’agira de répondre à la seule question importante : Où voulons-nous que la France aille ? Nous sommes à un moment de l’histoire du monde et de l’histoire de l’Europe où l’avenir se joue. Nous sortons de quatre années de crise d’une violence inouïe. Est-ce que nous en tirons des conclusions ou est-ce que nous faisons comme si la crise n’avait pas existé ? Est-ce que nous considérons que nous sommes seuls au monde ou est-ce que nous considérons que le monde existe ? Je suis président de la République depuis cinq ans, j’ai tout fait pour vous protéger de la crise. Mais j’ai une responsabilité : dire au pays, le choix que vous allez faire, c’est un choix historique. Pour vous et pour vos enfants.

Ce choix, chacun doit le faire en connaissance de cause. Je vous disais que nous avions traversé quatre années de crise d’une violence inouïe. C’est vrai, souvenez-vous, je vous avais promis, pas un seul parmi vous ne perdrait ses économies, son épargne. L’Europe est passée au bord du gouffre. On m’a reproché, l’extrêmement sympathique et si modérée Ségolène ROYAL… (huées dans la salle)… – ne vous donnez pas cette peine, ça va lui faire plaisir ! Dire qu’on parle d’elle, c’est déjà une satisfaction ! – m’avait mis en cause fortement quand j’ai dit je prends l’engagement devant les Français que pas une seule banque ne fera faillite. Ce n’est pas pour défendre les banques, mes chers amis. C’est parce que si les banques avaient fait faillite, c’est votre épargne qui aurait été perdue. Je n’ai pas voulu pour la France que vous vous retrouviez dans la situation qu’ont connue certains pays avec les petits épargnants qui allaient faire la queue à la banque parce qu’ils n’avaient plus confiance et qu’ils avaient peur que l’argent qu’ils avaient déposé, on ne le leur rende pas. Voilà la situation à laquelle nous avons été confrontés.

D’ailleurs, les mêmes, si nous n’avions pas mis en œuvre ce plan de sauvetage des banques et si une banque avait fait faillite, les mêmes n’auraient pas eu de mots assez durs pour m’accuser de ne pas avoir défendu les classes moyennes, les familles, les épargnants. Mieux que ça, ce plan n’a pas coûté un centime au contribuable. Puisque les banques ont remboursé avec intérêt la totalité de l’argent que l’Etat leur avait prêté, ce qui a donné à l’arrivée pour le Trésor public un bénéfice de 2,4 milliards d’euros, je vous le dis, car nous sommes le seul pays du monde où le plan de soutien aux banques a rapporté de l’argent au Trésor public.
Je vais prendre un autre exemple. Quand j’ai vu s’abattre la succession de crises d’une violence, encore une fois, inouïe, jamais on n’avait connu ça, parce que le monde avait connu depuis les années 30 des crises régionales, l’Asie qui s’écroule au début des années 90, mais les Etats-Unis marchent bien, les Etats-Unis qui ont des problèmes, mais l’Asie fonctionne bien. Là, tout d’un coup, on s’est retrouvé avec la totalité du monde en crise économique, la totalité des secteurs en crise économique. Nonobstant la crise économique, il y avait en plus une crise financière où les placements de bon père de famille qui étaient le placement des prêts aux Etats sont devenus des sources d’inquiétude, de stress et de risque. Jamais on n’avait vu ça.

Début 2010, lorsque je vois cette succession de crises, je me dis faisons très attention, si la France ne fait pas quelque chose de fort, elle peut être emportée. Je réunis nos parlementaires – je les en remercie – je leur dis, début 2010, bien avant tout cela, il n’y a pas eu les agences de notation, les notes, il faut conduire la réforme des retraites. Nous sommes début 2010, personne ne nous y oblige. Moi, je vois les chiffres, 15,5 millions de retraités d’un côté et les retraites, 2,5 millions de retraités qui ne sont pas payés ou plutôt qui sont payés parce que la Sécurité sociale, l’assurance vieillesse va à la banque chercher un argent qu’elle n’a pas pour 1,5 millions de retraités. Voilà la situation.

Pardon de le dire, je n’accepterai pas de prendre des leçons de ceux qui ont annoncé à la France en 1983 que la retraite à 60 ans était possible, alors qu’ils n’avaient pas un centime pour financer la retraite à 60 ans, pas un centime. Où d’ailleurs chacun savait bien que diminuer de cinq années la durée de cotisation n’avait aucun sens dans un monde où, chaque année, vous gagnez un trimestre d’espérance de vie.

Nous avons fait la réforme des retraites, pas un syndicat ne m’a soutenu. Jean-Pierre le sait bien, puisque lui-même avait eu à conduire la réforme en 2003, la CFDT à l’époque avait pris ses responsabilités. Là, c’était simple et clair en 2010, la totalité des syndicats – je ne leur reproche pas – me disait, pour les plus modérés, ce n’est pas urgent et ce n’est pas la bonne réforme. Pour les autres, il n’y a pas besoin de réforme. On m’a fait le reproche en disant : « Pourquoi vous n’avez pas conduit un dialogue ? » Mais pour dialoguer, il faut être deux ! Quand vous avez en face de vous des organisations qui disent l’allongement de la durée de la vie, ça n’existe pas, il n’y a pas nécessité de faire une réforme maintenant, plus tard. Plus tard, ça veut dire quoi ? Ça veut dire laisser à nos enfants les factures que nous n’aurions pas eu le courage de régler.

Il y a eu neuf manifestations nationales, certaines avec 2 ou 3 millions de manifestants. Je n’ai pas reculé d’un centimètre lorsque les manifestations ont eu lieu. Pourquoi ? Ce n’est pas par ego, bien sûr, cher Marc, cher Jean-Pierre. Parce que je me suis dit en moi-même, les manifestants qui manifestent, au fond, ils pensent que je ne cèderai pas. Je me suis dit si ça leur fait, si ça libère une pression de manifester, qu’ils manifestent. Mais moi, si j’avais cédé, à ce moment-là, qu’est-ce qui se serait passé ? Je vous demande d’y être attentifs. Imaginez la France sans la réforme des retraites qui apporte 22 milliards d’euros au régime de retraite par solidarité et qui équilibre nos retraites, nos régimes de retraite en 2017, si nous ne l’avions pas fait, aujourd’hui, nous serions dans la situation de l’Espagne, dans la situation des pays qui ont la crainte de ne pas voir leur dette financée.

C’est très simple. L’Espagne, grand pays, après sept ans de socialisme, emprunte à un taux deux fois plus élevé que la France. L’Espagne, pour financer sa dette, emprunte à 6 % ; la France, pour financer sa dette, emprunte à 2,85 %. Quel est le problème ? L’Espagne avait promis en 2011 d’être à 6 % de déficit, elle est à 8. La France, pour 2011, avait promis d’être à 5,7 de déficit, elle est à 5,2. Ils payent deux fois plus cher que nous. La question qui est posée, on dira, mais oui, il est candidat, il dit du mal ! Non, non, non ! C’est trop sérieux pour faire de la politique politicienne, c’est trop sérieux pour exagérer. Je rappelle simplement à votre intelligence, à votre capacité d’observation, l’Espagne, ce n’est pas loin, c’est le pays d’à côté. L’Espagne, pendant des années, on l’a décrite comme le miracle de l’Europe. Qui aujourd’hui voudrait que la France soit dans la situation de la Grèce, du Portugal, de l’Irlande ou même de l’Espagne ? Voilà ce qui arrive à des pays qui ne prennent pas les décisions au moment où il faut les prendre.

Alors, après, la politique s’en mêle ! J’entends des déclarations extraordinaires ! « Je m’opposerai au marché ! » Ça impressionne. Ça impressionne. Pas comme on croit. Que sont les marchés ? Les marchés, ce sont des hommes, des femmes, des organismes qui prêtent de l’argent à ceux qui en ont besoin. Si vous ne voulez pas que les marchés aient de l’influence, vous dépensez moins, vous diminuez votre déficit et vous remboursez votre dette. Voilà la seule leçon. Si vous dépensez plus, si vous augmentez votre déficit et si vous augmentez votre dette, vous vous mettez dans la main des marchés. Voilà la situation, elle est très simple. On pourrait dire, oui, mais en 1981, vos amis à l’époque disaient la même chose ! Peut-être. Mais après 1981, il y a eu 1983, en 1983, le président MITTERRAND a changé du tout au tout. Ils sont passés à une politique d’une rigueur extraordinaire. Parce que la France n’avait plus un centime. Vous savez la différence entre 1981 et 2012 ? C’est qu’en 1981, il a fallu deux ans pour payer l’addition, en 2012, il ne faudrait que deux jours pour déclencher la crise de confiance. Voilà la vérité.
La troisième remarque que je voudrais faire, c’est assez simple, la France a tous les atouts pour réussir. Je voudrais proposer à la France un nouveau modèle de croissance, un nouveau modèle social. Pour qu’on arrive à s’inscrire dans le 21ème siècle, il nous faut faire un immense effort, immense, de formation, d’innovation, d’investissement, de recherche. Et de regarder la situation telle qu’elle est, pas telle que nous souhaiterions qu’elle soit. Quels sont les problèmes de la France aujourd’hui ? Trop de dépenses publiques, j’ai pris un engagement et je le tiendrai, nous serons à 0 % de déficit en 2016. Mais pour cela, je continuerai la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, pas parce que je considère qu’un fonctionnaire, c’est inutile, c’est très utile un fonctionnaire, mais la France a embauché un million de fonctionnaires en plus entre 1990 et 2007. Il est peut-être venu le temps de diminuer le nombre d’emplois dans la fonction publique pour baisser les charges qui pèsent sur les emplois dans le secteur marchand !

J’ai vu qu’on proposait d’embaucher 61 000 fonctionnaires de plus. Mais y a-t-il un pays au monde qui, face à la succession de crises, se lance dans une politique pareille ? Aucun. Ce n’est pas une affaire d’idéologie, c’est juste une affaire de bon sens. J’ai vu qu’il fallait remettre en cause la réforme des retraites parce que je l’avais faite. Très bien. Mais qui paiera ? C’est vous. Parce que si vous ne voulez pas allonger la durée de cotisation, alors, ils augmenteront les cotisations payées par les salariés, merci pour le pouvoir d’achat, ou les cotisations payées par les entreprises, merci pour l’aide aux délocalisations. C’est la vérité.

La France doit donc réduire ses dépenses, repenser le financement de son projet social, de son modèle social. C’est un sujet, on me dit, « n’en parle pas trop, c’est complexe » ! Je veux parler des vrais sujets. On ne va pas parler simplement des sujets qui ne concernent personne et qui n’intéressent personne. La question du financement de notre protection sociale est posée. Aujourd’hui, ce financement repose exclusivement sur le travail. Si nous augmentons le coût du travail dans notre pays, comment allez-vous retenir dans votre région, dans votre département les entreprises ? Si la récompense de rester en France pour produire, c’est d’avoir un coût du travail plus cher, pourquoi voulez-vous qu’ils restent ? Donc, j’ai voulu qu’on transfère une partie du financement de notre protection sociale sur la consommation et sur les importations.

A ceux qui me disent, « oui, mais augmenter la TVA, ce n’est pas populaire » ! Certes. Mais alors qu’est-ce que vous dites aux ouvriers, comme ceux que j’ai vus aux Fonderies du Poitou, cher Jean-Pierre, cher Jean-Pierre ABELIN également, qu’est-ce que vous leur dites, qu’est-ce que vous leur proposez comme schéma ? Moi, je considère que c’est une erreur de ne faire reposer l’Europe que sur le consommateur. Parce qu’avant le consommateur, il y a l’agriculteur, il y a le producteur et il y a l’entrepreneur. Le jour où le consommateur, il est au chômage, il va consommer quoi ? Qu’est-ce qu’il va consommer ? Qu’est-ce qu’il lui restera ? Les Français sont friands de téléphones portables, d’écrans de télévision plats, d’ordinateurs. Il n’y en a pas un seul qui est fabriqué, non seulement en France, mais sur le continent européen. Il est normal qu’ils soient frappés par la TVA pour participer, à leur tour, au financement de notre modèle social. Dire cela, c’est dire quelque chose qui est raisonnable.

Je pense aussi que nous avons un gigantesque effort de formation à engager et qu’il nous faut repenser les choses, je dis bien repenser les choses. Les chiffres sont impressionnants et vous devez les connaître. Chaque année, l’Education nationale, c’est 12 millions de jeunes, d’enfants pour 1 million d’enseignants, mais chaque année, il y a 750 000 nouveaux jeunes qui arrivent, nouveaux enfants qui arrivent. Sur ces 750 000 – les chiffres sont effrayants, mais ils sont les chiffres – il y en a 100 000 de nos enfants qui se noient dans la classe, qui n’y arrivent pas dans la classe, qui ont un problème particulier qui fait qu’un maître, s’occupant d’eux au milieu de 20, 25 ou 30 autres, ils se noient, ils n’arrivent pas à suivre. Qu’est-ce que c’est ? Cinq à 6 % sont dyslexiques, ça vous tombe dessus, aller suivre dans une classe quand vous avez de la dyslexie et que personne ne s’occupe de vous, je veux dire de façon individualisée, vous ne pouvez pas. D’autres ont des problèmes familiaux, d’autres ont des problèmes sociaux, d’autres ont des problèmes psychologiques, bref il y en a 100 000 qui se noient.

Mes chers amis, mes chers compatriotes, ces 100 000, si on détecte leurs problèmes entre la maternelle et le primaire, disons au CP, on a une chance de les sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent. Si on laisse le problème grandir, qu’on les fait passer au collège, puis au lycée, une partie de ces jeunes-là, vous les retrouverez dans la rue, exclus, pour certains, délinquants, ça coûtera beaucoup plus cher à la République. Je propose, je propose cette chose, que tous ces jeunes, on s’en occupe parce que c’est nos enfants et que leurs familles ne peuvent pas toujours s’en occuper. Et qu’on donne le pouvoir aux maires – m-a-i-r-e-s – et aux directeurs d’école de s’entourer des spécialistes, avec un crédit de 2 000 euros par enfant, pour les accompagner, leur permettre de suivre dans la classe et qu’on se dise entre nous que pas un seul d’entre eux ne doit quitter le primaire pour passer au secondaire tant qu’il ne sait pas lire, écrire et compter. Parce que quand on ne sait pas lire, écrire et compter, le collège, ça devient un enfer !

A ceux qui me disent que ça coûtera cher, je voudrais rappeler qu’un redoublement, c’est 5 000 euros et que ces enfants qu’on peut aider et sortir de la situation où ils se trouvent au CP, imaginez après douze ans d’échec de fond de la classe, de mauvaises notes, de sentiment d’exclusion, de perte de confiance en eux, où est-ce qu’ils en sont et qu’est-ce que la société peut en faire. C’est une très grande et nouvelle ambition que je propose pour notre Education nationale. C’est maintenant. On peut me dire : « Pourquoi ne l’avez-vous pas fait à votre premier quinquennat ? » Ma réponse est très simple, j’ai considéré que ma priorité, c’était de réformer les universités. C’était de faire l’autonomie des universités. Et que l’autre priorité, c’était de réformer la recherche pour rapprocher la recherche des universités. Rappelez-vous, les universités dégringolaient d’année en année dans les classements internationaux. Je me suis dit, même moi, c’était peut-être un peu gourmand d’affronter à la fois le milieu universitaire, le milieu de la recherche et le milieu de l’Education nationale. Je me suis dit, en deux mandats, on peut peut-être faire ça !

Mais la vérité de tout ça, c’est une discussion que j’ai avec mon ami Jean-Pierre RAFFARIN, on parle tous les deux et c’est important, je crois dans la nécessité des corps intermédiaires et des syndicats. Mais je conteste une chose, je pense que l’Education nationale et l’école, ce n’est pas la propriété des syndicats, c’est l’affaire des familles de France, pas des syndicats. Tu es de mon avis ? Je vais vous dire une chose, non, comprenez-moi bien ! Quand on parle du statut des enseignants, il est parfaitement normal qu’on en discute avec les organisations représentatives des enseignants. Ça ne me pose pas de problème. Mais je conteste l’idée que les familles de France n’aient pas leur mot à dire sur l’évolution de l’école de la République. C’est à vous de décider ! C’est vous qui êtes en jeu !
Mais je veux dire encore autre chose, malheureusement, dans toutes nos familles, on n’a pas que des enfants qui sont des bêtes à concours, Bac+18, voire plus si affinités. Je conteste l’idée qu’il y aurait une seule voie de réussite, il y en a plusieurs. Moi, j’ai beaucoup de mes collaborateurs qui sont à Bac+22, qui ont tous fait l’ENA, Polytechnique ! Et puis, quand j’en croise un qui n’a pas fait Polytechnique, je lui dis : « Mais c’est un chagrin d’amour ou une maladie ? » Mais tous ne sont pas comme ça ! D’ailleurs, moi-même, je ne l’ai pas fait. Ça ne m’a pas empêché de devenir président de la République, après tout, en termes, ça vaut Bac+22 !
Mais qu’est-ce qu’on fait de nos enfants qui ne sont pas faits pour les études générales ou pour les études scolaires ? Moi, je veux que soit reconnu pour chacun d’entre vous un droit à la formation. Je m’explique. La formation, c’est la clé de tout. Le drame dans la vie, il n’est pas de perdre son emploi. Le drame, c’est la certitude de ne pas en trouver un autre. Il y a des catégories, il y a les jeunes qui ne sont pas faits pour les études longues. Il y a la mère de famille qui a passé quinze ans de sa vie à s’occuper exclusivement de ses enfants, on ne va pas le lui reprocher, c’est un choix. Puis, les enfants partant, cette mère de famille veut reprendre une activité professionnelle, mais elle a perdu la confiance en soi. Si la société ne l’aide pas à acquérir une formation professionnelle, quelle est sa chance de retrouver spontanément un emploi ? Pourtant, elle n’est pas fichue, elle n’est pas foutue ! Elle a consacré quinze ans de sa vie à ses enfants, les enfants volent de leurs propres ailes, souhaitent que leur mère ne s’en occupe pas trop, ce moment de la vie où on passe sans transition de l’enfant ravi que la mère vienne le chercher à l’école à l’enfant, la rue d’à côté, c’est pour commencer, puisque, après, c’est encore un peu plus loin ! Ou cet homme ou cette femme de 56 ou 57 ans, licencié(e) économique.

L’autre jour, à la télévision, je participais à une émission, assez longue, je voyais un reportage, toujours extraordinaire, rien n’allait, je n’avais pas le sentiment d’être en France, puis, à la fin, je me suis dit, tiens, c’est la France ! On avait trouvé un chômeur qui avait envoyé 2 500 Curriculum Vitae. On l’avait bien cherché et on avait fini par le trouver ! Mais cet homme peut même en envoyer 5 000 ! Manifestement, le problème n’est pas là, il faut que le correspondant de Pôle Emploi le voit et dit on va faire un bilan de compétences et on va voir ce qui cloche. Sinon, vous imaginez ce que c’est que de recevoir 2 500 lettres de refus ? A la fin, quelle image a-t-on de soi ? Je veux que cet homme puisse apprendre quelque chose. Donc, nous allons reconnaître à chacun un droit à la formation professionnelle. Mes chers amis, la formation professionnelle, c’est 35 milliards d’euros de dépenses par an et il y a 10 % des chômeurs qui sont en formation, 10 %. Quand vous êtes dans un grand groupe qui fait des milliards d’euros de bénéfices et que vous voulez faire l’INSEAD après HEC, vous avez tous les financements prévus, mais quand vous êtes dans le textile, que vous avez 57 ans, vous voulez apprendre un nouveau métier, permettez-moi de vous dire que vous ne trouverez aucune formation disponible ! Voilà la vérité et voilà l’injustice, elle est là l’injustice ! C’est que pour l’essentiel l’argent de la formation professionnelle ne va pas à ceux qui en ont le plus besoin.

Je propose donc, jouons cartes sur table, droit à la formation professionnelle, quel que soit votre âge, quel que soit votre statut, quelle que soit votre région. Mais attention, c’est un droit, en contrepartie, je dis deux choses, on vous fera choisir une formation professionnelle qualifiante, on la finance, c’est-à-dire qu’au lieu d’être rémunéré pour rester chez vous à attendre une hypothétique réponse à un Curriculum Vitae, vous serez rémunéré pour la formation que vous aurez acquise. Mais à la fin, je dis une chose, quand on a une formation qualifiante et qu’on vous propose un emploi qui correspond à cette formation qualifiante, vous n’avez pas le choix, vous êtes tenu d’accepter l’offre d’emploi qu’on vous propose ! Je passe mon temps à voir des chefs d’entreprise, à voir des commerçants, à voir des artisans, des boulangers, à voir des artisans, des commerçants à Rungis, y compris dans certaines industries, y compris avant-hier encore pour le numérique, à voir des chefs d’entreprise qui me disent : « On cherche des collaborateurs, on n’en trouve pas ! » Dans un pays qui a 2,5 millions de chômeurs ! C’est donc bien qu’il y a un problème d’adéquation entre la formation professionnelle et les offres d’emploi. Je dis, par ailleurs, sur le numérique, 70 000 offres d’emploi non pourvues, je souhaite la création d’académies du numérique qui délivreraient un diplôme qui serait l’équivalent d’un Bac numérique. Il y a des jeunes qui ne sont pas faits pour les études scolaires et qui sont parfaitement faits pour travailler sur des ordinateurs dans ce monde nouveau qu’est le monde du numérique !

Les voies de la réussite peuvent être innombrables, naturellement ! Alors évidemment si ces jeunes vous leur demandez de passer un Bac S ! Enfin, je refais l’histoire. Bon, un jeune qui n’est pas extrêmement attentif à l’école et dans la classe, ça peut arriver, qui n’est pas spontanément porté sur l’enseignement théorique, à qui on va dire pour pouvoir faire l’ordinateur dont il est passionné par ailleurs, il faut d’abord passer le Bac S, comprendre l’algèbre, la géométrie et tout le reste, on risque d’avoir des mauvaises surprises ! En revanche, ce même jeune au lieu de lui faire faire le parcours du combattant par un chemin qui sera pour lui le chemin de l’échec, si au lieu de valoriser se faiblesses on valorise ses qualités en lui disant « il y a des académies du numérique où à partir de l’ordinateur on va te montrer que tu as la confiance en toi et que tu as les ressources pour faire autre chose et que ça aboutira à un bac qui sera le bac numérique », je pense qu’à ce moment-là la République a fait le bon choix, le choix de la diversité, le choix de la souplesse et le choix du pragmatisme !

Alors là j’ai fait scandale parce que j’ai dit qu’il y avait une telle urgence que la décision serait prise avant la fin 2012. Naturellement, je discuterai avec les organisations syndicales et professionnelles mais, parlons clairs, moi je veux discuter pas pour discuter, je veux discuter pour avancer et pour faire. Si pour des raisons extraordinaires ou ordinaires les choses n’avançaient pas, je me tournerai vers le peuple français par la voie du référendum et je leur demanderai est-ce qu’ils sont d’accord avec cette réforme ! Il n’y a pas de raison de confisquer le pouvoir sur un sujet de cette importance ! Ecoutez, la question « doit-on accepter ou pas une offre d’emploi qui correspond à sa formation ? » C’est une question qui concerne chaque Français, le droit à la formation professionnelle c’est une question qui concerne chaque Français. Alors je voudrais en terminer avec vous en disant dans cette campagne je ne veux laisser dans l’ombre aucun sujet, je veux parler de l’immigration et je veux parler de l’Europe mais comme on n’en parle pas jusqu’à présent assez, la question de l’immigration, et dans cette région que je connais bien depuis longtemps à titre personnel comme à titre politique, la question je conteste cette espèce de chape de plomb qui a culpabilisé une partie de nos amis pendant des années qui faisait que quand quelqu’un à la tribune prononçait le mot « immigration » il était déjà catalogué dans les gens infréquentables ! Mais par qui ? Disons les choses comme elles sont, par une gauche caviar qui n’habite pas dans les quartiers où on souffre et par une gauche caviar qui scolarise ses enfants dans les écoles où il n’y a aucun problème ! Voilà la vérité, elle est la vérité !

Donc je veux avec vous là encore mettre carte sur table, jamais je ne plaiderai le repliement de la France, jamais la fermeture de la France, moi je me bats pour la France forte, pas pour la France faible ! La France faible c’est une France qui a peur, c’est une France qui se referme, je n’oublie pas d’où je viens, je sais qui je suis, je suis pour l’ouverture, je connais l’histoire de France et la France s’est grandie de cela et c’est un atout pour nous ! Mais enfin regardons la situation telle qu’elle est, qui oserait me dire que la machine à intégrer de la République française fonctionne, qui oserait le dire ? Personne ! Et pourquoi la machine à intégrer de la République française qui a si bien marché ne fonctionne plus ? Pour une raison très simple, il faut avoir le courage de le dire, parce que quand on accueille plus de gens qu’on ne peut en accueillir il n’y a pas assez de logements, il n’y a pas assez d’emplois et dans nos écoles l’école ne peut plus faire son travail d’intégration ! Dire cela c’est être parfaitement cohérent avec les valeurs humanistes qui sont les nôtres, mais c’est regarder la situation, cher Rachida, telle qu’elle est ! Et qui sont d’ailleurs, Rachida, les premiers à souffrir de cette situation ? Ce n’est pas nous, ce n’est pas moi, c’est ceux que nous avons accueillis il y a quelques années qui font la queue pour obtenir un logement, qui doivent subir 26% de chômage et qui mettent leur enfants dans des écoles qui sont devenues ghettos parce que personne ne veut y mettre ses enfants, voilà la vérité, elle est là la vérité, elle n’est pas ailleurs ! Donc dire dans cette campagne que va être notre politique migratoire pour les cinq années qui viennent mais c’est un devoir, c’est un devoir social ! Alors j’ai annoncé que pour refaire repartir la machine à intégrer on divisera par deux pour les cinq années qui viennent le nombre de gens qu’on accueille mais que par ailleurs pour maintenir l’équilibre de nos comptes sociaux je ne peux pas dire aux Français « faites des efforts » et par ailleurs accepter une immigration qui ne serait motivée que par le seul attrait des prestations sociales françaises qui sont les plus généreuses d’Europe ! Dire cela c’est dire la vérité !

Vous voyez quand même, je vous rends attentifs, moi je ne vous demande pas d’avoir peur, je ne montre pas du doigt des gens qu’on doit détester, je pense que la différence est un facteur de richesse, je pense que la différence c’est une grande force pour la France mais je dis simplement ceux qu’on accueille on doit les intégrer, si on ne les intègre pas ce n’est pas la peine de les accueillir parce que sinon on fait grossir le problème jusqu’au moment où il deviendra insupportable ! Comment va-t-on faire ? C’est très simple, le regroupement familial est un droit mais faire le regroupement familial quand on n’a pas un logement décent ça n’a pas de sens parce que sa famille il faut bien qu’elle habite quelque part ! Faire le regroupement familial quand on n’a pas un salaire pour faire vivre sa famille ça n’a pas de sens parce que la famille il faut bien qu’elle vive ! Et enfin, je le dis, venir en France sans avoir avant appris le français et les valeurs de la République cela n’a aucun sens ! Et je précise d’ailleurs, mettez-vous à la place de cet enfant d’une famille immigrée dont la mère ne parle pas un mot de français, qui est tenu enfermée à domicile par son mari, qui est incapable, la mère, de comprendre ce que va lui écrie l’enseignant, le professeur de l’enfant, quelle image cet enfant aura-t-il de l’autorité de sa mère et de l’autorité de ses parents ? Quelle image se fera-t-il de l’accueil de la France ? Je dis dorénavant quand on voudra venir en France soit parce qu’on est marié avec un Français ou une Française, soit parce qu’on est au regroupement familial, on passera dans nos consulats avant de rentrer un examen pour montrer qu’on maîtrise le français et les valeurs de la République ! Et pour moi dont la responsabilité ce n’est pas simplement de rassembler toute la famille, c’est rassembler la France, j’estime que ce discours de franchise, d’honnêteté, c’est le seul discours qui permet de résoudre et de répondre aux problèmes et aux questions qui sont posés à la France.

Je veux employer la même franchise pour parler de l’Europe, toute ma vie je me suis battu pour l’idéal européen, j’ai toujours répondu oui à l’Europe, toujours. Et pour moi l’Europe c’est sans doute le projet le plus extraordinaire que les hommes n’ont jamais inventé au service de la paix. Souvenez-vous les plus anciens ici dont je suis maintenant, il faut bien le dire, ça me fait plaisir, ça me fait plaisir, ça me fait plaisir, non, c’est sympathique, c’était à peine suggéré mais votre réactivité m’a fait plaisir ! Mais quand même, dans ma famille, mon grand-père qui m’a élevé, je sais très bien ce qu’il pensait des Allemands, il a fait la Première Guerre et il a vécu la Seconde Guerre mondiale. Quand même souvenez-vous, ce n’était pas le Moyen-âge, c’était le siècle dernier, ce n’était pas le fin fond de l’Afrique ou de l’Asie, c’était l’Europe, on s’est battus, déchirés, affrontés en Europe au siècle dernier avec une sauvagerie qu’aucun autre continent ne pourrait égaler. La Shoah est une invention européenne, il faut quand même se souvenir de ça ! Et l’Europe c’est le génie de cette génération qui s’est dit « mais, mon dieu, qu’est-ce qu’on peut faire pour que ça ne recommence pas ? » C’est ça l’Europe ! Donc tout mon engagement politique c’est de préserver l’Europe et de préserver l’amitié entre la France et l’Allemagne. Parce que quand j’entends des responsables politiques être germanophobes je me demande s’ils n’ont jamais dans leur vie ouvert un livre d’histoire, je me demande ! Parce qu’il y a la politique, disons il y a le journal puis il y a le livre, là on est dans le livre, on est dans le structurel, on doit s’interdire quand on est un homme d’Etat, on doit s’interdire quel que mot que ce soit, cher Marc qui est à la Défense, qui puisse si peut que ce soit mettre en cause l’amitié entre la France et l’Allemagne, on n’est pas les mêmes mais on doit converger parce qu’on sait ce qu’il y a au bout de la divergence entre nous, donc l’Europe j’y crois !

Mais l’Europe nous l’avons fait pour préserver la civilisation européenne, pas pour la détruire ! L’Europe nous l’avons fait pour être plus fort, pas pour être moins fort ! L’Europe c’est un idéal humaniste, ce n’est pas une Europe passoire, ce n’est pas une Europe technocratique, ce n’est pas une Europe qui n’a aucune conviction ! Je veux prendre un certain nombre d’exemples. Je crois dans les frontières, je veux expliquer cette idée qui peut paraitre paradoxale et pourtant elle est tellement vraie, pourquoi aimez-vous recevoir vos voisins ? Parce que vous pouvez fermer la porte de votre maison et que chez vous c’est chez vous et que vous n’avez pas à défendre par la force chez vous parce qu’il y a un cadastre qui dit « ici c’est chez vous » et vous pouvez tendre la main parce qu’il y a une frontière, un cadastre qui permet de tendre la main de l’autre côté pour accueillir l’autre. Si demain on conteste que chez vous ce soit chez vous, demain votre façon de recevoir votre voisin ne sera pas la même parce que ça ne sera pas un ami que vous recevrez ni un concurrent, c’est ça la vérité de l’humanité, elle est là ! Les frontières ce ne sont pas des murs qui séparent, les frontières c’est le sentiment d’une communauté nationale d’être protégée, qu’elle peut donc être apaisée parce que quand on se sent protégé on est apaisé, quand on est apaisé on ne va pas en guerre, on est amis ! Quand il y a des conflits, quand il y a la négation des frontières et la négation des identités, à ce moment-là chacun pour défendre un territoire qui ne lui est pas reconnu doit se battre, voilà ce que c’est que la frontière. Et si vous regardez le monde d’aujourd’hui, c’est extrêmement intéressant, quels sont les pays qui gagnent ? C’est les pays qui ne tournent pas le dos à leur nation, la Chine, le Brésil, les Etats-Unis d’Amérique, est-ce que vous entendez qui que ce soit chez eux dire la Nation ça n’a pas d’importance ? L’Européen convaincu que je suis vous dit que c’est un tort de tourner le dos à la nation française, c’est la nation française et la civilisation européenne, les deux ensembles, pas l’un ou l’autre !
Je veux être plus précis avec vous - le public scande le prénom de Nicolas -, merci, je vais me faire attraper par Eric BESSON parce qu’il me dit toujours « laisse-les t’applaudir » et moi je veux tellement vous convaincre, comprenez-moi, comprenez-moi. Moi je fais cette campagne parce que j’aime profondément mon pays et je crois dans mes idées, je veux vous convaincre, je ne veux pas venir servir un discours qui a été préparé par d’autres, je veux défendre mes idées et je veux surtout en appeler à votre intelligence et à votre cœur, pas simplement un réflexe, moyennant en quoi j’ai complètement perdu le fil de mon discours, merci Eric, comme il n’est pas écrit ! Je parlais donc des frontières, c’est extrêmement important de comprendre ça et la Nation, l’Europe peut se construire sur les nations. La question de l’identité est absolument centrale, quand on sait d’où l’on vient et qui l’on est, on n’a pas besoin d’être agressif avec celui qui est différent. Au contraire, on lui apporte sa part de richesse et il vous apporte la part de la sienne. Quand on ne sait pas qui on est et d’où on vient, ce qu’on voit avec un certain nombre de nos jeunes déracinés, à qui on n’a pas appris de quel côté de la Méditerranée ils étaient, quelle était leur part de culture, ce qu’ils devaient garder, conserver, développer. Nous, vous savez, mes chers amis, nous venons de loin, même si vous n’en avez pas toujours conscience, c’est le pays de Victor HUGO ici, c’est le pays de VOLTAIRE, c’est le pays de PEGUY, c’est le pays qui vient de loin, c’est un pays qui est recouvert d’un long manteau de cathédrales et d’églises, c’est un pays qui a des racines chrétiennes ! Et lorsqu’on nie cela, on nie l’identité de notre pays !

Je n’’ai pas changé d’avis, Jean-Pierre, je le dis, je veux m’en expliquer devant vous, ce n’est pas une question de prosélytisme pour une église ! Quand il y a eu le débat sur la Constitution européenne, fallait-il parler des racines chrétiennes de l’Europe, je pense à la réflexion, je n’ai pas toujours pensé ça, mais que ce fut une erreur de ne pas inscrire les racines chrétiennes parce qu’une partie de nos concitoyens se sont dit se faisant que l’Europe détruirait leur identité alors que l’Europe la construirait différemment. Dire cela ne veut pas dire que je nie la part de nos compatriotes d’origine juive ou d’origine musulmane, ça veut dire simplement que s’il n’y avait pas eu les rois et l’Eglise, pendant 10 siècles la nation française ne ressemblerait pas à ce qu’elle est aujourd’hui, c’est une réalité, une réalité de bon sens et je ne comprends pas qu’on ait peur d’affirmer cette réalité ! J’ai dit pour l’Europe que j’exigeais la réciprocité mais je l’exige, pourquoi ? Parce que je comprends qu’on impose à nos agriculteurs la traçabilité pour rassurer le consommateur, le bien-être animal parce qu’après tout cela compte dans notre civilisation, mais je ne peux pas accepter qu’on impose à nos agriculteurs des règles et que dans le même temps on accepte en Europe des produits venant de pays qui ne respectent aucune des règles que l’on impose à nos agriculteurs, à nos producteurs ou à nos éleveurs ! Si c’est mauvais pour le consommateur, alors arrêtons !

Il y a un tiers des fonds structurels européens, mon cher Bruno, un tiers, qui vont à des entreprises venant de pays où aucun marché public n’est ouvert alors que la totalité des marchés publics européens sont ouverts ! Eh bien si dans un an l’Europe n’a pas obtenu la réciprocité je demanderai que tous les marchés publics de l’Etat et des collectivités territoriales soient réservés aux entreprises qui produiront sur le continent européen et pas ailleurs ! Pareil pour les PME, je souhaite que les élus que vous êtes, monsieur le Président, puissent réserver 20% de leurs marchés publics aux PME parce que si la règle c’est toujours la règle du moins-disant, alors le plus gros propose le prix le plus petit, les plus petits disparaissent et au moment où les plus petits ont disparu, c’est drôle, les prix recommencent à monter, ça ne peut pas fonctionner ainsi ! Ca ne peut pas fonctionner ainsi ! Et je dis à Hervé NOVELLI, mon ami, que je fais ainsi la synthèse entre les plus Européens d’entre nous et les plus souverainistes, les plus libéraux ou les plus nationaux, il y a une synthèse à faire, elle est simple, je crois à la liberté du commerce mais je veux la réciprocité, je n’ai jamais vu que les libéraux ne souhaitaient pas à la réciprocité. Je crois à l’Europe, à l’Europe fortement mais je n’ai jamais vu que ceux qui portent l’Europe dans leur cœur avec un idéal humaniste veulent que l’Europe soit une Europe passoire laissant rentrer n’importe qui n’importe comment et donnant ses marchés à des pays qui ne jouent pas le jeu de la concurrence !

Je veux terminer en vous disant un mot de la campagne électorale et de son esprit. Ah vous faites monter l’attente alors ! Je veux dire deux, trois choses là-dessus. Moi je vais à cette campagne électorale en vérité, donc il y a des sujets qui sont tellement importants qu’ils doivent être vus et traité au seul niveau possible, c’est-à-dire celui de l’intérêt général, l’élection présidentielle ce n’est pas n’importe quelle élection. Et dans la situation du monde, de l’Europe, la situation de la France il faut de la solidité, il faut de la franchise et il faut du courage. Je sais parfaitement qu’un grand nombre d’entre vous se posent la question de savoir ce que nous faisons de nos soldats dont nous sommes fiers de ce qu’ils font en Afghanistan. Ce n’est pas moi qui ai pris la décision d’envoyer nos soldats en Afghanistan mais, que les choses soient claires, sans doute l’aurais-je prise parce que je ne veux pas que l’Afghanistan soit un pays réceptacle de tous les terroristes du monde. Mais quand j’entends que la France pourrait ne pas respecter sa parole, laisser tomber ses alliés et partir à la petite semaine simplement parce que ça ferait gagner quelques voix à l’élection, alors je dis je ne suis pas d’accord, la parole de la France c’est l’honneur de la France, la France quittera l’Afghanistan, ses soldats rentreront à la maison, nous le ferons dans l’ordre, dans la dignité et en accord avec nos alliés, les grandes démocraties du monde !

Je vois que monsieur HOLLANDE a parlé, il y a des choses qui sont trop graves pour qu’on en parle comme ça, a indiqué qu’il savait que les agences de notation allaient dégrader la France. L’agence de notation vient de répondre en indiquant qu’il n’était pas question de dégrader la France. Je comprends que monsieur HOLLANDE veuille gagner des voix mais je lui demande de ne pas gagner des voix sur l’intérêt général de la France parce que la France est plus importante que nous, parce que la France c’est plus fort que la campagne, parce que la France elle se respecte ! C’est très important, moi je me donne asse de mal pour ça, mes chers amis, c’est très important que dans cette campagne au fond vous puissiez vous dire « voilà, on est avertis de ce qui va se passer, de ce que chacun veut, de la vérité de l’homme qui se présente et que le choix se fasse en toute vérité. Et dans cette campagne j’irai jusqu’au bout de la campagne pour dire cela parce que j’ai confiance dans la lucidité des Français, j’ai confiance dans le bon sens de la France, j’ai confiance dans le courage de la France, j’ai confiance dans l’unité de la France à des moments très importants de son histoire.

Alors, voyez-vous, plus que jamais ce qui va se passer dans une semaine et dans trois semaines au fond ça dépend de vous, vous qui êtes la majorité silencieuse, vous qui êtes le peuple de France, si vous êtes au rendez-vous, si vous considérez que l’enjeu est à la hauteur de l’intérêt de vos enfants et de vos familles, si vous pensez que ce qui se passe là, ce n’est pas simplement une élection, c’est un choix historique, si cette France silencieuse à qui on ne donne jamais la parole, cette France de cette région qui quand elle souffre ne se plaint pas parce qu’elle est fière, cette France de cette région qui quand elle n’est pas d’accord ne dit rien parce qu’elle n’a jamais rien cassé, parce qu‘elle considère qu’on ne casse pas ce qui a été financé par le travail d’un pays, si cette France-là, votre France, celle de vos familles, de vos amis, se dit « ce n’est pas possible que des idées qui sont aussi éloignées des nôtres on prenne le risque dans la situation du monde et de l’Europe de faire le mauvais choix », si vous décidez que cela n’est pas possible alors à ce moment-là je vais vous dire une chose, il y a une vague qui montera des profondeurs du pays qui va surprendre tous les sondeurs, tous les observateurs, tous les journalistes, tous les médias, cette vague, cet événement, cette histoire, c’est vous qui allez l’écrire ! Ne vous laissez pas voler cette élection ! Rassemblez-vous ! Mobilisez-vous ! Battez-vous ! Et, oui, ce n’est pas nous qui gagnerons, c’est la France qui alors gagnera !


Vive la République et vive la France !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 17 avril 2012

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