Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise économique, le travail, les retraites, la formation professionnelle et sur l'immigration, à Morlaix (Finistère) le 17 avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, notamment sur la crise économique, le travail, les retraites, la formation professionnelle et sur l'immigration, à Morlaix (Finistère) le 17 avril 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Morlaix (Finistère) le 17 avril 2012

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Mes chers amis, d’abord, je veux saluer les centaines de nos amis qui sont dans la deuxième salle là-haut, qui nous regardent, qui n’ont pas pu rentrer dans la salle. J’en viens. J’avais promis de leur adresser, ils nous voient au travers d’un écran. Et puis je veux saluer les 5 ou 600 personnes qui sont dehors et qui ne peuvent rentrer ni dans la première ni dans la seconde. Franchement, je m’en excuse auprès d’eux et, en même temps, je préfère tellement avoir ce genre de problème à gérer.

Mes chers amis, vous aurez, dans quelques jours, à faire un choix absolument historique. Je ne veux pas qu’on galvaude les mots mais ici, ici en Bretagne, on connaît le sens des mots. C’est un choix historique. Il ne s’agira pas de voter par habitude. Il ne s’agira pas de choisir un camp. Il s’agira de répondre à une question, la seule : où, nous, les Français, voulons-nous aller ? C’est un moment absolument décisif.

Je veux prendre un petit temps pour essayer d’expliquer les choses parce que c’est l’avenir de vos familles, de vos enfants, de nos territoires qui est en cause. Il y aura une alternative. Il y a ceux qui disent : « Le monde n’existe pas, nous sommes seuls au monde. » Il y a ceux qui disent : « La crise, ça n’a pas existé. On peut faire, après la crise, comme on faisait avant la crise. » C’est leur droit de penser cela mais c’est mon devoir de chef de l’État qui a conduit la France pendant quatre ans au milieu des pires difficultés et des crises d’une violence inouïe que de dire aux Français : le monde existe, nous ne pouvons pas faire comme s’il n’existe pas. Nous sommes en compétition avec les autres. C’est notre devoir de préparer l’avenir et nous ne pouvons pas faire, après les crises que nous avons connues, comme on faisait avant.

Et je veux vous le démontrer dossier par dossier, question par question. L’affaire ne consiste pas à dire : toute ma vie, j’ai voté à droite ou toute ma vie, j’ai voté à gauche ou toute ma vie, j’ai voté au centre. La question, c’est de se libérer de tout ce qu’on a fait dans le passé pour se tourner vers l’avenir et d’affirmer un choix pour la France. C’est cela la question qui est posée, il n’y en a pas d’autre ! Et si vous êtes convaincus, comme nous, que ce choix est historique, alors je vous demande à vous, la majorité silencieuse, toutes ces femmes et ces hommes raisonnables qui ont construit leur famille et leur vie en ne demandant rien à personne, qui, quand ils ont souffert parce que tous ici, dans nos vies, on sait qu’il y a un moment où on met un genou à terre, mais qui avez trop de fierté quand vous souffrez pour le dire, à cette France que vous représentez, qui, quand elle n’est pas d’accord, le pense très fort mais ne casse pour le dire, à cette France qui est tellement peu adaptée au système médiatique qui ne donne la parole qu’à celui qui parle le plus fort pour dire les choses les plus grosses, les plus énormes, les mensonges les plus souvent prononcés, je veux dire à cette France qui vit de son travail, qui aime son terroir, qui aime sa famille et qui est préoccupée par l’avenir de son pays, je veux dire à cette France : ne vous laissez pas voler le résultat d’une élection historique pour notre pays. Voilà ce qui est en cause aujourd'hui !

Et je le dis devant mes amis. Je le dis parce que c’est ma conviction, la France a tous les atouts pour réussir dans l’avenir. Nous avons la jeunesse, nous avons les savants, nous avons les infrastructures, nous avons une politique familiale et une démographie qui fait l’envie du monde entier, en tout cas l’envie de l’Europe entière. Nous savons travailler. Nous avons une main-d’œuvre de qualité. Mais les quatre années de crise d’une violence inouïe ont montré qu’il y avait des faiblesses françaises qu’il nous faut corriger maintenant, que ce qui nous attend pour compter dans le monde de demain, c’est un gigantesque effort d’investissement, d’innovation et de formation pour que la France puisse garder son rang parce que l’affaire centrale, c’est qu’un pays faible ne peut pas protéger vos familles. Un pays fort peut protéger vos familles. Il y a un lien entre le destin de chaque famille de Bretagne et le destin de la France et c’est ce lien dont je ne veux pas qu’il soit cassé parce qu’un pays faible ne protégerais pas les Français dans un monde dangereux, complexe, où la compétition est absolument redoutable.

Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? Le choix est absolument simple. Il y a d’abord tout ce à quoi nous tenons, les valeurs qui sont les nôtres. Au premier rang de ces valeurs, il y a le travail. Et là, se pose une première ligne de démarcation entre nos adversaires et nous. Nous, nous considérons que le travail est une émancipation, que c’est le chômage qui est une aliénation, que tout doit être fait pour encourager le travail, pour valoriser le travail, pour récompenser le travail. Nous sommes attachés à la justice. Certains comportements et certaines rémunérations nous ont choqués. Mais nous choque aussi que celui qui ne travaille pas puisse gagner autant, voire davantage que celui qui travaille. La justice, elle est en haut et en bas.

Le travail, cela veut clairement dire que nous devons réfléchir ensemble au financement de notre protection sociale. Un sujet très difficile que mes amis parlementaires et élus ici connaissent bien et que tu connais bien, Agnès. La question est la suivante. Nous avons un modèle social auquel nous tenons mais ce modèle social ne peut plus être financé exclusivement par la taxation du travail car le travail se délocalise. Si nous ajoutons charge après charge, coût après coût sur le travail, alors, qu’est-ce qu’il restera, sur ces terres de Bretagne, comme activité de production, que cela soit pour l’agriculture ou que cela soit pour l’entreprise ? Nous devons donc faire un choix courageux. Et j’étais heureux, cher Jean-François, de pouvoir compter sur toi sur ce choix courageux. J’ai voulu que les importations participent au financement de notre modèle social en allégeant de 5,4 points les cotisations que payent les agriculteurs sur leurs salariés et les entrepreneurs sur leurs salariés. Ça rentrera en vigueur en octobre parce que si on ne fait pas ça, on est complice des délocalisations. Ce n’est pas aux entreprises de payer la politique familiale de la France. Ce n’est pas à elles.

Alors, naturellement, c’est difficile parce que lorsqu’il s’agit de baisser les cotisations, elles baisseront pour 93 % des salariés de l’agriculture, pour 75 % des salariés de l’industrie et pour 63 % des salariés des services. Mais il faut payer par quelqu’un parce que, naturellement, la politique familiale, j’y tiens. Et lorsqu’on voit que les Français sont friands de téléphone portable, d’ordinateur ou de télévision à écran plat, il n’y en a pas un seul qui est fabriqué en France. Il est normal que ce qu’on importe soit frappé par une augmentation de la TVA qui vient compenser le coût du travail.

C’est un choix central ! C’est un choix absolument central parce que de ce choix dépendra notre capacité à financer votre protection sociale. Dans la protection sociale, il y a la question des retraites. Ici, c’est une terre où on travaille mais c’est une terre aussi où les anciens ont bien mérité de se reposer après une vie consacrée au travail. Il y a deux ans, j’ai affronté la mauvaise humeur d’un certain nombre d’entre vous en proposant la réforme des retraites. Je l’ai fait en conscience. Je viens à cette campagne en vérité. Je ne viens pas pour me cacher, pour me dissimuler. Il y a 15,5 millions de retraités en France. Pour 1,5 million d’entre eux, les retraites n’étaient pas payées. On leur mentait. On allait chercher à la banque un argent que l’on n’a pas. Je me suis dit : on ne peut pas continuer comme ça. Je n’accepterai pas de prendre des leçons de la part de ceux qui ont fait la retraite à 60 ans en 1983 alors qu’ils savaient pertinemment qu’on n’avait pas l’argent pour faire ce cadeau qui était un marché de dupe. De dupe !

Mais je veux m’expliquer là-dessus ! Naturellement que lorsque j’ai dit aux Français : il va falloir travailler 2 années de plus parce que vous gagnez 1 trimestre d’espérance de vie chaque année. Pourquoi l’ai-je fait ? Je l’ai fait pour que demain, vous qui partirez un jour à la retraite, vous ne soyez pas la remorque et à la charge de vos enfants. Parce que je l’ai fait parce que je ne veux pas que notre génération soit la génération qui reste dans l’histoire comme celle qui a refusé de payer ses dettes et qui a transmis à la génération d’après, enfants et petits-enfants, des dettes qu’elle était incapable de payer.

Grâce à la réforme que nous avons mise en œuvre, les retraites ont été payées, le régime de retraite est équilibré. Mieux, nous sommes le seul pays d’Europe où non seulement on n’a pas baissé les retraites, mais où on les a actualisées sur l’inflation – 3 milliards d’euros de pouvoir d’achat chaque année en plus pour les retraités. Oui ! Parce que quand on sauve le régime de retraite, on peut garantir le maintien du pouvoir d’achat pour les retraités. Et j’ai aussi qu’au 1er juillet de cette année, les retraites seront payées le 1er du mois et non pas le 8 parce que ce n’est pas aux retraités à faire la trésorerie de l’État. Quand on prend les bonnes décisions, quand on a le courage de les assumer, on peut alors améliorer la vie quotidienne de nos compatriotes.

Je n’ai pas à me cacher d’avoir fait ça. Mais quand j’ai fait ça, nos parlementaires – et je vous en, je les en remercie – m’ont soutenu, le Nouveau Centre, cher Hervé MORIN, m’a soutenu. Mais lorsqu’il a fallu discuter avec les syndicats, pas un seul syndicat ne pensait qu’il fallait une réforme des retraites. À ceux qui m’ont reproché de ne pas dialoguer, il fallait que je fasse quoi ? Que je m’installe ? On se regarde ? D’un côté de la table, il y a ceux qui disent : « Il n’y a pas d’allongement de la durée de la vie, il n’y a pas de problème de financement des retraites. » ; et de l’autre, il y avait nous. Si j’avais cédé, dans quelle situation serions-nous aujourd'hui ? 9 manifestations nationales, des millions de gens dans la rue. Je n’ai pas reculé d’un millimètre parce que l’intérêt général était en cause. Voilà la vérité ! Elle est là la vérité ! Et d’ailleurs, si j’avais reculé, les mêmes qui manifestaient contre la réforme viendraient me demander des comptes aujourd'hui en me disant : « Pourquoi le régime est au bord de la faillite ? » Et à ceux qui ne me croiraient pas, je leur demande juste une chose : regardez ce qui arrive aux pays qui, pendant que je faisais la réforme des retraites et que j’affrontais les manifestants, regardaient sans faire les réformes. Y a-t-il un seul Français, y a-t-il un seul habitant de cette région qui souhaiterait, aujourd'hui, connaître la situation de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal ou de l’Espagne ? Il n’y en a pas un seul ! Voilà la vérité ! Elle est là la vérité !

L’Espagne a baissé les retraites, a baissé le niveau des pensions parce qu’ils n’ont plus l’argent pour les payer. Le Portugal a diminué de 15 % les pensions de retraite parce qu’il n’y a pas d’argent pour payer. L’Irlande a baissé de 10 % les pensions et les salaires dans la fonction publique parce qu’il n’y a pas d’argent pour payer. Nous avons garanti le pouvoir d’achat parce que, clairement, le choix que nous avons fait : si on vit plus longtemps, on travaillera plus longtemps. Et le problème, ce n’est pas le travail ; le problème, c’est le chômage. Voilà la réalité des valeurs qui sont les nôtres.

Mais je veux aller plus loin avec vous parce qu’autour de cette question du travail, c’est, au fond, la société dans laquelle on veut vivre. Nous avons connu une période extraordinaire de l’histoire de notre pays où le ministre le plus important, c’était, souvenez-vous, le ministre du Temps libre. Un ministre qui devait être drôlement occupé. Il y a eu l’affaire des trente-cinq heures qui partait d’une analyse économique fausse qui est celle du partage du travail, mais surtout qui a été une faute morale parce que ça a laissé à penser aux plus jeunes que le travail est l’ennemi. Cette période, souvenez-vous, extravagante où, dans les parkings des entreprises, on voyait arriver en fin d’après-midi l’inspecteur du travail pour traquer le délinquant absolu, c’est-à-dire le cadre qui osait rester à son bureau après les heures de bureau. On a connu ça !

Dans le même temps, les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Mexicains, la course du monde continuait ! Et nous, voilà, on traquait les cadres d’entreprise qui aimaient leur travail et qui restaient plus longtemps. Vous tous qui avez fondé votre famille, qui avez fait votre vie, combien de dizaine de milliers d’heures de travail parce que vous aimez vos enfants, parce que vous aimez votre famille et parce que vous pensez à quelque chose, c’est que vos enfants et vos petits-enfants, vous souhaitez qu’ils commencent dans la vie un peu plus haut que vous, vous avez commencé et qu’ils connaissent une vie moins difficile que celle que vous avez connue ? C’est ça nos valeurs !

Alors j’ai proposé de créer un nouveau droit et un nouveau devoir, c’est la question de la formation professionnelle qui est centrale. L’autre jour, j’étais à la télévision dans une émission qui était assez longue avec un reportage, je me suis demandé si on était en France. Enfin, tout allait mal, tout s’écroulait. Naturellement, je précise que j’en étais le responsable parce que ça c’est un sujet absolument central. Et il y avait un monsieur très sympathique qui avait envoyé, tenez-vous bien, 2 500 curriculums vitae en 5 ans. Et ça m’a donné une idée, je me suis dit : mais dans le fond, ce pauvre homme, après 2 500 curriculums vitae, il n’a plus aucune confiance en lui. Et il n’y avait personne donc qui a pris la peine de téléphoner à ce monsieur pour lui dire : « Vous pouvez même en envoyer 5 000 des curriculums vitae que ça ne changerait rien. Il faut vous apprendre un nouveau métier, il faut faire un bilan de compétences et il faut vous donner une nouvelle chance. »

Mais je pense à d’autres personnes. La mère de famille qui a voulu, pendant 15 ans, se consacrer à l’éducation de ses enfants, on ne va pas le lui reprocher. Mais le jour où ses enfants s’en vont, vous savez, ce moment de l’existence extraordinaire où l’enfant attend avec impatience sa mère et puis, du jour au lendemain, il lui dit : « Tu peux t’arrêter dans la rue d’à côté. » Je vois que c’est du vécu et nous avons donc des souvenirs communs. Cette mère de famille, quand elle veut reprendre une activité professionnelle après 15 ans, je vais vous dire une chose, elle a perdu confiance en elle. Et quelle est sa chance de trouver une activité professionnelle si la société ne lui donne pas la chance d’apprendre un nouveau métier ?

Ce jeune, parce que tous, nous n’avons pas la chance d’avoir des bêtes à concours (bac + 18). Ah ! C’est du vécu encore, ça ! Bon, … Il y a plusieurs manières de réussir, il n’y a pas qu’une seule voie de réussite. Ce jeune qui n’est pas fait pour passer des longues études ou passer des concours, ce jeune, par exemple, passionné d’ordinateur et moins passionné par le bac, est-ce qu’on ne peut pas valoriser ses qualités devant l’ordinateur en créant un bac numérique dans des académies qui prépareraient à ce bac numérique pour que ce que parents considèrent comme un défaut devienne, pour la société, une qualité parce qu’on en aura besoin ? Est-ce qu’on doit l’obliger, ce jeune, à passer par l’algèbre, par la géométrie et par tout un tas de matières qu’il ne maîtrisera pas et qui, de toute manière, ne l’intéressent pas ? Est-ce qu’il n’y a pas, là aussi, une chance à lui donner ?

Bref, la question de la formation professionnelle, quand les dames de LEJABY m’ont appelé au secours, 35 ans dans le textile, il y en a une, déléguée CGT, Arlette – ça ne s’invente pas –, bon, qui m’a dit : « 35 ans dans le textile, je reste dans le textile. Et par ailleurs, j’habite Yssingeaux, je reste à Yssingeaux. » Eh ben je dis : « Arlette, ça ne va pas être possible parce que vous pouvez rester à Yssingeaux mais le textile à Yssingeaux, malheureusement, il n’y en a plus. » On l’a mise dans la maroquinerie, on lui a offert une formation professionnelle et tout ce qu’elle avait appris de précision, de rigueur dans 35 années dans le textile, elle va le retrouver dans la maroquinerie. Et c’est comme une nouvelle jeunesse, un nouveau départ.

Bref, je souhaite que désormais, une femme ou un homme au chômage ne soit pas indemnisé pour rester chez lui à perdre sa confiance mais soit rémunéré pour suivre une formation qualifiante. À la fin de cette formation – je précise les choses –, il sera obligé d’accepter l’offre d’emploi qui correspond à cette formation qualifiante. Des droits et des devoirs. Pas l’un sans l’autre, l’un et l’autre.

Alors on m’a fait un reproche, on m’a dit que je ne considérais pas assez les syndicats. Quand les syndicats font de la politique, ils se trompent. Ce n’est pas leur rôle. La formation professionnelle, ce sont 35 milliards d’euros par an. Mais tenez-vous bien, il y a 10 % des chômeurs qui sont en formation. Donc il y a quelque chose qui ne va pas. Et la chose qui ne va pas, c’est une injustice, une injustice que j’exprimerais ainsi : si vous êtes dans un grand groupe international qui fait des milliards d’euros de bénéfices, que vous avez déjà HEC et que vous voulez faire l’INSEAD, il y aura toujours quelqu’un pour vous rémunérer. Si vous avez cinquante-sept ans, que vous êtes dans le textile et que vous êtes en province et que vous voulez changer de métier, il n’y a pas de formation pour vous. Donc il faut changer notre système parce que les fonds de la formation professionnelle vont d’abord à ceux qui en ont, en fait, le moins besoin.

Si les organisations syndicales acceptent de réformer le système, alors on le fera avec les organisations syndicales. Avant la fin de l’année 2012, si elles n’acceptent pas, parce que derrière, il y a d’autres choses, pardon de le dire, et notamment le financement des mêmes organisations syndicales – il faut aller en vérité à cette campagne électorale, il faut mettre les dossiers sur la table, il faut dire les choses telles qu’elles sont –, alors je me tournerai vers le peuple français par le biais du référendum et je vous poserai 2 questions : êtes-vous d’accord pour un droit à la formation professionnelle quel que soit l’âge de la vie et êtes vous d’accord pour qu’une fois qu’on vous a formés, celui qui est formé soit obligé d’accepter l’offre d’emploi qui lui est proposée ? Et c’est le peuple qui tranchera ! Et c’est lui qui décidera !

Mes chers amis, dans toute cette campagne, il y avait des sujets dont on devait parler et d’autres qui nous étaient interdits. J’ai voulu briser cela. Dans le sujet interdit, il y en a deux qui me semblent vraiment importants, c’est le sujet de l’immigration et le sujet de l’Europe. Je sais que j’ai une responsabilité particulière, pas simplement de rassembler, cher Hervé, l’ensemble de la famille politique, l’ensemble de la majorité (l’UMP, les centristes et tous ceux qui sont autour de nous). J’ai la responsabilité de rassembler les Français. Mais on ne peut pas rassembler les Français si on leur ment, si on ne dit pas la vérité. Et je veux parler de cette question d’immigration pour vous dire : voilà mes convictions et voilà ce que l’on va faire.

D’abord, je ne prendrai pas de leçon de ceux qui habitent dans les quartiers où il n’y a aucun problème et qui donnent des leçons de morale à ceux qui vivent dans les quartiers où la vie est devenue insupportable parce que c’est trop facile de donner des leçons. Je ne prendrai pas de leçon de la part de ceux de la gauche caviar qui mettent leurs enfants dans des écoles bien tranquilles et qui donnent des leçons aux autres qui, dans les quartiers, sont obligés de mettre leurs enfants dans des écoles qui sont devenues des ghettos. Voilà la vérité des choses !

La question de l’immigration, elle est celle-ci. Je sais d’où je viens, je connais mes origines et je suis passionné de l’histoire de France. Je sais parfaitement que la France s’est construite par l’ouverture. Jamais – vous m’entendez ? –, jamais je ne plaiderai la fermeture. Jamais je ne vous dirai : ayez peur de celui qui est différent. Moi, je suis pour la France forte, pas pour la France faible. Celui qui a peur, c’est celui qui est faible. Je ne vous dirai pas : détestez celui-ci, faites l’amalgame de celui-là. Je n’ai rien à voir avec ceux qui défendent ces idées. Mais je veux, avec la même force, qu’on me laisse dire que si l’immigration peut être un atout, l’immigration peut aussi être un problème et que contester l’idée que l’immigration peut être un problème, c’est contester la réalité que vivent ceux de nos compatriotes qui souffrent et c’est les pousser dans les bras de l’abstention ou des extrêmes. Voilà pourquoi les républicains que nous sommes ont le devoir de parler des sujets tels que les ressentent et les vivent les Français. C’est ça la vérité !

Alors, si vous acceptez ce raisonnement, ça me conduit à vous dire deux choses. La première, c’est qui pourrait me dire que le système d’intégration à la française fonctionne ? Est-ce qu’on peut se poser la question ? Pourquoi est-il embolisé ? Pourquoi ne fonctionne-t-il plus ? Ma réponse est claire, simple, limpide : il ne fonctionne plus le système d’intégration à la française parce que, à peine a-t-on accepté sur notre territoire des personnes venues d’ailleurs que nous acceptons bien volontiers, que d’autres arrivent avant même qu’on ait intégré ceux qui sont ici. Le nombre était si important que le système d’intégration s’est totalement paralysé parce qu’on n’intègre pas quand on n’offre pas un logement, quand on n’offre pas un emploi et quand nos écoles sont devenues dans certains quartiers des ghettos. Il faut donc diviser par deux pour les cinq années qui viennent le nombre d’étrangers que nous accueillerons sur notre territoire pour faire repartir la machine à intégrer.

J’ajoute, pour être sûr de bien me faire comprendre et qu’il n’y ait pas d’ambiguïté là-dessus, que comment puis-je dire aux Français il faut faire des économies, il y a des déficits, mais dans le même temps que je dis ça, je dois aussi protéger la France contre une immigration qui ne serait sur notre territoire que parce qu’elle serait attirée par un système social et des prestations sociales qui sont parmi les plus généreuses d’Europe. On ne vient pas en France pour la seule raison qu’en France, il y a des prestations sociales plus généreuses qu’ailleurs ! Mes chers amis, je sais ce que je dis, j’affirme ces convictions et j’affirme que ces convictions sont humanistes, elles sont républicaines, qu’elles n’ont rien à voir avec les extrémismes, mais que si les républicains que nous sommes avaient défendu ces idées il y a bien longtemps avec courage, en regardant lucidement les problèmes de la France, jamais la France n’aurait donné le spectacle d’un Jean-Marie LE PEN au deuxième tour des élections en 2002 !

Alors, un mot de plus là-dessus, je crois au regroupement familial, car c’est un droit de vivre avec sa famille. Je ne le remettrai pas en cause. Mais j’affirme dans le même temps et avec la même force que pour faire venir sa famille, il faut avoir un logement pour loger sa famille. Il faut avoir un salaire pour faire venir sa famille. Je vais poser une troisième condition, pour faire venir sa famille en France, il faudra prendre la peine, avant l’entrée sur le territoire, que cette famille apprenne le français et comprenne les valeurs de la République. Parce que quand on ne parle pas le français et qu’on ne comprend pas les valeurs de la République, j’aimerais qu’on m’indique comment on peut s’intégrer à la France.

Je vais prendre un exemple très simple. Imaginez le regard de cet enfant d’une famille immigrée, dont la femme est claquemurée dans l’appartement par le mari, dont la femme ne parle pas un mot de français, dont la mère de famille, cette femme, serait incapable de comprendre le petit mot de l’instituteur ou du professeur, incapable d’aller dialoguer avec l’instituteur ou le professeur, d’après vous, quelle est l’image que cet enfant se fait de la société française ? Quelle image a-t-il de l’autorité de sa mère ? Quelle image a-t-il de la vision de sa famille ? Ne pas faire ce travail qui impose l’apprentissage des valeurs de la République et du français aux parents avant leur entrée sur le territoire, c’est condamner ces enfants et c’est le contraire de la solidarité et c’est le contraire de la générosité. La faiblesse est toujours une forme de culpabilité, voilà la vérité pour ces enfants, comme pour ceux qu’on prétend accueillir avec générosité, sans se préoccuper de leur situation et de leur intégration.

J’ajoute là-dessus, pour en terminer sur cette question parce qu’elle est centrale, en même temps que je vous dis que la France doit s’adapter au monde d’aujourd’hui, je vous dis avec la même force que parce que la France s’adaptera à la compétition du monde d’aujourd’hui, vous pourrez garder votre mode de vie, vous pourrez garder vos valeurs et ce à quoi vous êtes attachés. Il est là le projet. Ça veut dire très simplement que nous devons dans le même temps refuser avec plus de force le communautarisme. Nous ne voulons pas des horaires différents dans nos piscines pour les femmes et pour les hommes. Parce que nous, en France, on considère que dans les piscines municipales, les hommes et les femmes, c’est ensemble. Dans nos hôpitaux, nous ne voulons pas de médecins différents pour les hommes et pour les femmes, ce sont les médecins des hôpitaux français pour des êtres humains traités à égalité, hommes ou femmes ! Dans nos cantines scolaires, nous voulons les mêmes menus pour tous les enfants d’une République laïque !

Peu m’importe les habituels porteurs de la pensée unique qui me critiqueront, d’ailleurs, pensée unique, c’est très aimable, car ça laisse à imaginer qu’il y a une pensée ! Ce qui est déjà un compliment et une générosité, il y a beaucoup à débattre. Mais peu m’importe ce qu’ils disent, ce qu’ils affirment ! Dire cela, c’est éviter toute forme de débordement, c’est renforcer l’attachement de nos compatriotes à la République.

Ça va me permettre de parler d’un sujet qui est vraiment passionnant et qui doit être mis dans le débat politique, c’est la question des frontières. Je voudrais votre attention sur cette question centrale. Qu’est-ce qui fait que vous avez envie de tendre la main au voisin et de le recevoir chez vous ? Si vous le faites, c’est parce que l’endroit où vous êtes, sa propriété n’est pas contestée. La frontière protège, le cadastre protège, quand on est chez soi, on tend la main et on accueille bien volontiers. A la minute où sa maison n’est pas sa maison, mais peut-être celle d’un autre, à cette minute-là, la compétition et l’affrontement s’opposent. Les frontières sont pour un pays ce qu’est le cadastre pour une propriété. Si demain, vous êtes condamné à avoir des maisons sans porte, sans fenêtres, sans volets, est-ce qu’il n’y aura pas la peur à l’intérieur des maisons ? Si demain, chacun peut s’installer dans votre jardin ou dans votre appartement, parce que la propriété de cette maison, du jardin, même si vous êtes locataire, parce que le titre de bail est indéfini, réfléchissez, le sentiment d’angoisse qui vous étreindra à ce moment-là.

Ce fut une erreur de penser que la nation n’existait plus et que les frontières n’existaient plus. Je m’en explique. Regardez dans la compétition mondiale, la Chine renonce-t-elle à son identité de nation ? Les États-Unis renoncent-ils à leur identité de nation ? Le Japon renonce-t-il à son identité de nation ? L’Afrique du Sud renonce-t-elle à son identité de nation ? Au nom de quoi la France serait-elle le seul pays au monde à qui on contesterait le droit de savoir qui elle a le droit de recevoir, qui elle veut recevoir sur son territoire et qui elle ne veut pas recevoir ? Et le seul pays du monde où on n’aurait pas le droit de dire, oui, quand je regarde ce long manteau d’églises et de cathédrales, nos racines, à nous, en France, elles sont chrétiennes ? Et ce n’est pas parce qu’on dit cela qu’on fait l’apologie ou la propagande pour une église !

Comprenez-moi bien ! Ici, dans cette Bretagne, où il y a tant d’églises, de chapelles – on ne va pas le reprocher quand même ! – vous pouvez parfaitement ne pas aller à la messe ou y aller, mais savoir d’où on vient, qui on est, ça permet d’être sûr pour l’avenir et de tendre la main aux autres. Dire qu’on a des racines chrétiennes, ce n’est exclure personne. C’est simplement revendiquer une mémoire collective. Nous sommes le pays de CHATEAUBRIAND, de Victor HUGO, nous ne venons pas de nulle part ! La France n’est pas une page blanche, elle a une histoire. Ce fut d’ailleurs une erreur, de mon point de vue, quand il y a eu le débat sur la Constitution européenne, de renoncer à écrire qu’il y avait des racines chrétiennes de l’Europe, parce qu’un certain nombre de nos compatriotes se sont dit à ce moment-là, on a compris, l’Europe, c’est en vérité pour contester notre identité. Alors que, au fond, l’Europe a été faite pour protéger la civilisation et la culture européenne. Voilà la vérité au fond !

Si nous avons décidé dans Schengen, cher Hervé, de mettre des frontières communes, ce n’est pas pour supprimer les frontières. C’est parce qu’on s’est dit, à l’époque, dans les années 90, on sera plus forts à la défendre ensemble qu’à la défendre tout seul. Mais je revendique le droit pour la France de suspendre Schengen et de reprendre ses contrôles aux frontières, si ça continue à la frontière entre la Grèce et la Turquie, d’avoir 115 kilomètres de frontières de l’Europe défendues par personne, contrôlées par personne, gardées par personne ! Ce n’est pas ça le projet européen ! Le projet européen, c’est être plus forts ensemble, pas l’Europe passoire, pas être plus faibles ensemble.

Je veux dire la même chose pour la liberté du commerce, je sais qu’un certain nombre de mes amis ici présents sont attachés à l’économie de marché et à la liberté du commerce. Mais comment se fait-il que depuis 1994, la totalité des marchés publics européens sont ouverts aux entreprises du monde entier et que pas un seul marché public en Chine n’est ouvert aux entreprises européennes ? Qu’au Japon, le seul marché public qui est ouvert, c’est l’eau ? J’exige la réciprocité. Si la réciprocité, nous ne l’obtenons pas, dans un an, j’appliquerai la règle selon laquelle les élus locaux comme l’État réserveront leurs marchés publics aux seules entreprises qui produiront en Europe et pas aux autres !

Sur cette terre de Bretagne où il y a tant d’agriculteurs et tant d’éleveurs, bien sûr que la traçabilité est essentielle pour rassurer le consommateur, bien sûr qu’on peut discuter à perte de vue du bien-être animal, bien sûr que c’est un effort qui est demandé à tout jeune agriculteur qui reprend une exploitation de la mettre immédiatement aux normes, tout cela, nous l’acceptons. Mais ce que nous n’acceptons pas, c’est qu’en même temps qu’on impose à nos agriculteurs et à nos éleveurs des règles, on continue à importer en Europe des produits venant de pays qui ne respectent aucune des règles qu’on impose à nos producteurs ! Dire cela, ce n’est pas refuser l’Europe, c’est défendre l’Europe.

Lorsque le général de GAULLE, en 1965, a fait la politique de la chaise vide, les habituels tenants de la pensée unique le lui ont reproché. Mais s’il n’avait pas fait cela, il n’y aurait pas la Politique agricole commune aujourd’hui. Notre devoir, c’est de mener un leadership en Europe pour répondre à ces questions, les frontières, la nation, la réciprocité, le « Small Business Act », je parle sous le contrôle des élus, ici, il y a les circuits courts, il y a les productions locales, je conteste que 100 % de nos marchés publics doivent être attribués en vertu du seul critère du prix. Je le conteste pourquoi ? Parce que c’est toujours le plus gros qui fait le prix le plus bas ! Quand le marché est attribué, le petit disparaît parce qu’il ne peut plus suivre, le jour où le petit a disparu, comme par hasard, c’est les prix qui augmentent ! Je demande que 20 % des marchés publics locaux, départementaux, régionaux, nationaux puissent être réservés aux PME qui irriguent notre territoire et qui permettent de maintenir la France comme une terre de production !

Ces sujets-là, mes chers amis, je veux terminer par là, sont des sujets centraux, absolument centraux. Pendant quatre ans, j’ai dû vous protéger et protéger le pays de crises d’une violence inouïe. Je ne veux évoquer avec vous qu’une seule de ces crises. Peut-être vous souvenez-vous qu’aux confins de 2008 et de 2009, l’impensable s’est produit, le système bancaire mondial a implosé. Deux des cinq premières banques américaines ont fait faillite. Le monde entier s’est alors demandé : Est-ce que ma banque va faire faillite ? J’étais à Toulon et j’ai pris un engagement devant les Français, que pas un seul d’entre vous ne perdrait un centime de son épargne. A l’époque, l’aimable et si sympathique Ségolène ROYAL, très raisonnable, une personne avec qui j’ai eu le plaisir de débattre – c’est un très bon souvenir pour moi, j’ai compris un certain nombre de choses ce jour-là – a dit que je faisais un cadeau aux banques et que je mentais. Nous sommes trois ans après, pas un seul d’entre vous n’a perdu son épargne, pas un seul d’entre vous n’a dû aller faire la queue à la banque pour retirer son épargne, pas un seul.

Nous avons soutenu les banques, pas pour elles, pour vous, parce que dans les banques, c’est l’argent de votre travail, c’est l’argent de votre vie, c’est votre épargne. Si nous ne l’avions pas fait, que se serait-il passé ? Là encore, est-ce que vous avez envie de vivre ce que vivent les Grecs, ce que vivent les Espagnols, ce qu’ont vécu les Irlandais ? Mieux que ça, le seul pays au monde où le plan de sauvetage des banques a rapporté de l’argent au Trésor public, c’est la France. Bien sûr qu’on n’a pas tout réussi. Mais ma fierté, c’est de vous avoir protégés et d’avoir évité que la France qui travaille et qui épargne soit ruinée par une crise qui a ruiné tant d’épargnants dans le monde. La France n’a pas connu ce drame.

Regardez les choses, elles sont simples. L’Espagne a promis en 2011 d’être à 6 % de déficit, elle est à 8. La France en 2011 avait promis d’être à 5,7 % de déficit, nous sommes à 5,2. La sanction est imminente, l’Espagne emprunte l’argent dont elle a besoin à un taux deux fois supérieur à celui de la France. Ce n’est pas une question idéologique, c’est une question de bon sens.

Je vois que le candidat socialiste a expliqué ce qu’il ferait la première année de son éventuel mandat. Je lui rappelle que ça dure cinq ans et que quitte à nous donner le menu, autant ne pas nous arrêter à l’entrée. Mais mes chers amis, il ne s’agit pas de faire peur, il ne s’agit pas de diaboliser, ça n’aurait pas de sens, il s’agit de réfléchir. On commence par créer 61 000 postes de fonctionnaires en plus, y a-t-il une personne qui considère qu’on n’a pas assez d’emplois publics et qu’il faut augmenter nos dépenses publiques ? Il n’y a pas un pays dans le monde qui ne fait ça ! Nous avons 12 millions d’enfants scolarisés et 1 million d’enseignants, si c’était simplement une affaire de nombre d’enseignants, on devrait avoir l’Éducation nationale la plus heureuse et ayant les meilleurs résultats du monde.

On nous dit il faut remettre la réforme des retraites en cause parce que c’est la réforme de Nicolas SARKOZY. C’est un peu court comme raisonnement quand même ! Franchement ! Alors, qui va payer ? C’est vous ! La question est donc simple. En 1981, monsieur François MITTERRAND a mis deux ans pour faire le tournant de la rigueur, deux ans après, on avait vidé toutes les caisses, c’est vous qui avez payé. Mais en 2012, ce n’est pas deux ans, c’est deux jours. Voilà la vérité, la vérité de l’état du monde, de l’état de l’Europe et de l’état de la France.

Il nous reste moins d’une semaine d’ici au premier tour, deux semaines et demie d’ici au deuxième tour, je vous ai écrit une lettre. Je l’ai écrite avec tout mon cœur et avec l’expérience de cinq années, c’est un grand honneur, à la tête de notre pays. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai évolué sur beaucoup de choses. Le choc de la présidence de la République, cinq ans dans une période pareille, des crises que le pays n’avait jamais connues, ça compte dans la vie d’un homme. Mais ce n’est pas moi qui suis en cause. J’ai écrit cette lettre avec tout ce que je sais, avec toute ma passion pour la France, avec toute ma conviction que nous n’avions pas le choix. Je vous demande de la lire parce que j’ai voulu vous faire cette lettre comme une marque de respect. Je n’ai pas voulu faire un tract. Je n’ai pas voulu faire faire par des collaborateurs un livre qui irait augmenter le déficit écologique, il faut préserver, chère Nathalie, le patrimoine forestier français. Remarquez, quand je vois les livres de mes concurrents, on n’a pas dû abattre beaucoup d’arbres… honnêtement… !

Mais cette lettre, elle m’engage. Tout ce que j’y ai mis, je le pense. Tout ce qui est écrit, je le crois. C’est ma forme, c’est ma façon de vous dire combien je suis attaché au peuple français. Les mots sont galvaudés. Ici, en Bretagne, souvent, on préfère les preuves aux déclarations. Je n’aime pas les déclarations, surtout dans cette période. Mais cette lettre, prenez-la comme une marque de considération et d’attachement au peuple français et à la France.

Je vais vous dire une chose, jamais je ne me suis engagé comme je m’engage dans cette campagne. Jean-François qui me fait l’amitié de me soutenir, de m’aider avec la force qui est la sienne et le talent qui est le sien, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET qui est ma porte-parole le savent bien tous les deux. Tous les jours, on est ensemble, jamais je ne me suis engagé comme je m’engage dans cette campagne. Je donne tout et je vous garantis que jusqu’à la dernière minute du premier tour et du deuxième tour, je donnerai tout, complètement, parce que c’est la France, parce qu’on n’a pas le droit de plaisanter avec ça. Parce que j’ai longuement réfléchi avant d’être candidat. Parce que c’est une responsabilité très lourde.

Mais je vais vous dire une chose, cette élection, elle dépendra de vous et de personne d’autre. Si vous vous déplacez, si autour de vous, vous dites, allez, il faut faire cet effort pour le pays, on ne doit pas laisser le pays se tromper, on doit s’engager, se mobiliser, se dresser pour dire les choses comme nous, ici, nous les pensons, pour les faire comme nous voulons qu’elles soient faites, si vous dites avec force que vous en avez plus qu’assez d’entendre le torrent de mensonges dont on nous rebat les oreilles à longueur de journée et si vous dites, maintenant, ça suffit, c’est nous qui allons décider, c’est nous qui allons faire l’élection, c’est nous qui avons dans les mains le destin de la France, alors, je vous promets qu’à ce moment-là, ce sont les valeurs qui sont les nôtres, les idées qui sont les nôtres qui triompheront ! C’est vous, peuple de France, qui avez un choix à faire. Je vous demande de m’aider, je vous demande de me soutenir, je vous demande de faire cet effort dans les quelques jours qui restent. Vive la République et vive la France !

Alors là, merci ! Parce que des Marseillaise, j’en ai entendu, mais je pourrais dire, chère Agnès, qu’ici, La Marseillaise, vous la chantez comme une seule et même personne ! Merci !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 18 avril 2012

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