Interview de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, dans "Actualité juive" du 19 avril 2012, sur les violences antisémites, la lutte contre le terrorisme et sur la question israélo-palestinienne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, dans "Actualité juive" du 19 avril 2012, sur les violences antisémites, la lutte contre le terrorisme et sur la question israélo-palestinienne.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

ti : Actualité Juive : Pour la communauté juive de France, il ne pourra qu'y avoir un « après-Toulouse » tant cette tragédie l'a traumatisée. Quelles réponses apportez-vous à la communauté juive qui s’interroge aujourd'hui sur sa place - et son avenir - au sein de la communauté nationale ?

Nicolas Sarkozy : Ce n’est pas un terroriste sanguinaire qui va décider de la place et de l’avenir de la communauté juive en France. J’ai salué, il y a un an, la profondeur des racines juives de la France. La présence du judaïsme est attestée en France depuis plus de 2000 ans, la communauté juive fait partie intégrante de la communauté nationale, elle participe de l’identité de la France.

Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur de Toulouse, mais nous n’avons pas le droit de penser que ces crimes ont un impact sur la place des juifs en France. Ce serait donner raison à un tueur. Je ne l’accepterais pas. Je veux au contraire saluer l’unité et la dignité de la France au moment de ce drame. Pour tous les Français, les enfants qui ont été abattus froidement devant et dans leur école sont leurs enfants. Ces enfants sont nos enfants.

A.J. : Les derniers chiffres du rapport du SPCJ (Service de protection de la communauté juive) le montrent, les actes antisémites en France demeurent à un niveau préoccupant. Comment envisagez-vous la lutte contre ce fléau ? Quelles mesures pensez-vous prendre pour combattre les menaces que représentent les dérives islamistes ?

N. S. : Toute violence antisémite est une violence de trop. Les chiffres avaient été stabilisés, ils étaient même en recul, mais les crimes de Toulouse vont bien au-delà des statistiques. Toutes les synagogues, toutes les écoles confessionnelles juives font l’objet d’une protection particulière. Le ministre de l’Intérieur vient d’adresser une circulaire à tous les préfets pour leur demander de redoubler de vigilance dans la surveillance des synagogues et des écoles confessionnelles. Les préfets vont donc entrer en contact avec les responsables de la communauté juive dans chaque département pour envisager avec eux toutes les mesures de protection qui peuvent être mises en place, qu’il s’agisse de la vidéo-protection ou de policiers en faction.

Quant à la menace islamiste, le ministère de l’Intérieur a pris des mesures immédiates. Des activistes qui représentaient un danger potentiel ont été arrêtés. Plusieurs imams radicaux et étrangers ont été expulsés il y a quelques jours. Plus généralement, je souhaite que les séjours dans des camps d’entraînement ou de conditionnement idéologique ou la fréquentation de sites Internet incitant au terrorisme soient punis pénalement. Un dispositif de ce type est déjà en place pour combattre la pédophilie, il doit être étendu au terrorisme. Il faut combattre le fondamentalisme islamiste et la haine à sa racine intellectuelle.

A.J. : Étonnamment, la question de l’abattage rituel est devenue un sujet de débat dans la campagne présidentielle. Quel est votre avis sur cette question, en particulier pour ce qui concerne la viande cachère ?

N. S. : Sur cette question de l’abattage cultuel, j’ai une position très simple. Chacun, dans une République laïque, doit pouvoir pratiquer le culte de son choix et respecter ses rites dès lors qu’ils ne portent pas atteinte à l’ordre public. En revanche, je trouve normal que chacun puisse être informé du mode d’abattage du bétail dont il consomme la viande. La traçabilité est une nouvelle exigence des consommateurs. Ils souhaitent le plus d’informations possibles sur leur alimentation. On ne peut pas leur refuser ce droit à l’information.

A.J. : Considérez-vous qu'Israël est un État juif et Jérusalem, sa capitale ?

N. S. : Ces questions sont indissociables de la problématique du conflit israélo-palestinien. La solution à ce conflit, agréée par les Israéliens, les Palestiniens et l’ensemble de la communauté internationale, est la création d’un État palestinien viable, moderne, démocratique, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l’État d’Israël. Le droit d'Israël à la sécurité n'est pas négociable et ma conviction est qu'un État palestinien est le meilleur moyen de la garantir réellement et durablement.

Cette solution, je l’ai dit à plusieurs reprises et récemment au dîner du CRIF, doit conduire à la coexistence de deux États-nations : un État pour le peuple juif, un État pour le peuple palestinien.

Quant à la question de la capitale, j’ai affirmé dès 2008 devant la Knesset que Jérusalem devrait être la capitale des deux États. Chacun sait ce que représente Jérusalem pour les juifs du monde entier. Mon souhait le plus cher est qu’un règlement du conflit permette, à travers cette solution, que Jérusalem puisse être reconnue internationalement comme la capitale


PROPOS RECUEILLIS PAR LAËTITIA ENRIQUEZ


source http://www.lafranceforte.fr, le 19 avril 2012

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