Lettre de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, adressée aux Wallisiens et aux Futuniens, sur l'avenir de Wallis et Futuna, le 1er avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Lettre de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, adressée aux Wallisiens et aux Futuniens, sur l'avenir de Wallis et Futuna, le 1er avril 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

ti : Mes chers compatriotes de Wallis et de Futuna,


Dans quelques jours, vous aurez à choisir la direction que vous souhaitez donner à notre pays pour les cinq années qui viennent en exerçant le plus sacré de vos droits en démocratie : celui de voter. Mon programme pour l’ensemble des Français est connu. Il s’applique, naturellement, à Wallis et à Futuna pour les matières dans lesquelles l’État est compétent. Je tiens toutefois à prendre un certain nombre d’engagements complémentaires à votre endroit, car je connais bien les situations spécifiques auxquelles vous êtes parfois confrontés.

Notre monde a bien changé depuis que les Français m’ont fait le grand honneur de m’accorder leur confiance en 2007. Que ce soit sur le plan financier, budgétaire, économique, monétaire, nous avons eu à faire face à une succession de crises sans précédent dans notre histoire.

Dans cette tourmente, les Français ont souffert. Et, à Wallis et à Futuna, vous avez sans doute ressenti ces crises encore plus fortement que dans l’hexagone. J’en suis conscient. Mais tout au long de ces cinq années, j’ai essayé de vous protéger en donnant le meilleur de moi-même. J’ai vraiment fait de mon mieux, j’y ai mis tout ce que j’ai appris en trente ans de vie publique. Nous avons mieux résisté que les autres pays d’Europe. Certains pays ont mis un genou à terre, d’autres ont été balayés par les crises.

Durant cette période délicate, difficile, j’ai mis un point d’honneur à tenir l’ensemble des engagements que j’avais pris pour Wallis et pour Futuna. La raison en est simple : je considère qu’il n’y a pas de « petit territoire » : vous êtes des Français à part entière, qui comptez autant que les autres, même si vous êtes très éloignés de la métropole.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais demandé à Madame la Ministre de l’Outremer, Marie-Luce Penchard, de me représenter personnellement lors des cérémonies marquant le cinquantenaire du statut, car cet anniversaire de notre « Maison commune » était très important pour Wallis-et-Futuna comme pour la République. Je n’oublie pas, en effet, que les enfants de Wallis-et-Futuna sont particulièrement présents sur tous les théâtres d’opérations militaires, allant parfois jusqu’à donner leur vie pour la défense de notre Patrie.

C’est en ayant tout cela à bien l’esprit que je souhaite prendre devant vous plusieurs engagements.

Je souhaite tout d’abord favoriser le développement de Wallis et de Futuna en donnant une priorité à la jeunesse et à sa formation.

Ensemble, nous avons beaucoup fait sur ce sujet depuis 2007. Les travaux du lycée de Mata’Utu, qui ont été lancés, feront l’objet d’un financement complémentaire dans le contrat de développement 2012-2016. De la même manière, le lycée professionnel agricole de Wallis a été inauguré en 2011, avec une conséquence immédiate et positive qui est que les jeunes Wallisiens et Futuniens n’ont plus à se rendre à Nouméa, à Papeete ou en métropole pour suivre une formation dans les métiers de l’agriculture. Enfin, le Programme « 40 Cadres » continue de produire de très bons résultats. Ces efforts seront non seulement poursuivis, mais amplifiés si vous me faites confiance car je veux redonner à votre jeunesse les moyens de construire leur vie sur le territoire.

Pour permettre à la jeunesse de Wallis et de Futuna de trouver des perspectives d’avenir sur place, il faut permettre un plus grand développement de votre territoire. C’est pourquoi je veux que les engagements financiers de l’État soient maintenus dans le contrat de développement à venir, qui concerne la période allant de 2012 à 2016. Dans le contexte budgétaire que nous connaissons, il s’agit d’une marque forte d’engagement de l’État aux côtés des Wallisiens et des Futuniens. Ainsi, vos deux îles seront dotées des nouveaux équipements structurants qui leur manquent encore, et des débouchés professionnels seront offerts à votre jeunesse.

Je souhaite ensuite que nous menions une action forte et résolue en faveur du désenclavement de Wallis et de Futuna.

Le désenclavement commence par la desserte aérienne. La transformation de l’aérodrome de Futuna pour accueillir des appareils de type ATR 42 sera financée. Il en sera de même pour la mise en place du balisage de nuit à Futuna. Cela permettra, le moment venu et si c’est le souhait du Territoire, de mettre en place une liaison Fidji / Futuna / Wallis propre à desservir Futuna et à donner à votre territoire une seconde porte vers l’extérieur.

Le désenclavement doit aussi être numérique. Je serai particulièrement vigilant à ce que Wallis et Futuna puisse bénéficier du Grand Emprunt initié par le Gouvernement, en plus de la défiscalisation, pour permettre de relier le territoire à l’internet mondial.

L’ouverture à l’extérieur, ce sont aussi les mini-jeux du Pacifique en 2013. L’État a déjà engagé plus de 8 millions d’euros pour le financement d’installations qui seront opérationnelles pour les Jeux et qui constitueront à l’issue des équipements sportifs durables. L’État, par l’intermédiaire du ministère des sports, apportera son soutien au fonctionnement de ces Jeux car ils participent du rayonnement de Wallis et de Futuna dans le Pacifique Sud.

Par ailleurs, je souhaite continuer à renforcer la sécurité des Wallisiens et des Futuniens.

La première des protections, c’est celle qui concerne, à Wallis comme à Futuna, les risques naturels. À cet égard, vous le savez, l’État s’est tenu à vos côtés après le cyclone « Tomas », puisque plus de 8 millions d’euros ont été mobilisés dans tous les secteurs, notamment l’aide alimentaire et la reconstruction. En outre, les 16 sirènes d’alerte de Wallis et de Futuna sont désormais opérationnelles. En cas de tsunami, elles auront un rôle essentiel dans la diffusion de l’alerte.

Un effort particulier a été fait pour les pompiers. Plusieurs véhicules et équipements de secours, dont un véhicule citerne contre les feux et un véhicule de secours aux accidentés et victimes, ont été achetés pour Wallis et Futuna. D’autres suivront, notamment à Futuna où j’ai demandé que soit attribué un véhicule supplémentaire, comme pour la Garde Territoriale. Je profite d’ailleurs de l’occasion qui m’est ici donnée de saluer nos Pompiers et nos Gardes Territoriaux, qui font un excellent travail au service de toute la communauté.

Enfin, je souhaite aborder la question du statut de Wallis-et-Futuna et des fonctionnaires qui y travaillent.

Je tiens d’abord à transmettre mes chaleureuses salutations aux chefferies, dont je sais qu’elles sont très attachées à la préservation des liens avec la France. Sur la question du statut de 1961 et de son éventuelle évolution, ma position vous est connue. Il n’appartient pas à l’État de décider à la place des Wallisiens et des Futuniens d’une modification du statut, y compris pour tenir compte des évolutions technologiques. C’est à vous d’en décider.

Sur le plan de la coutume, je me réjouis que soit possible désormais la mention, sur les registres d’état-civil, du village d’origine de la mère de l’enfant, lorsqu’elle n’accouche pas sur son île. Cet arrêté permet de clarifier la situation des enfants futuniens nés à l’hôpital de Wallis. C’est une bonne chose.

Par ailleurs, s’agissant des fonctionnaires territoriaux, je souhaite qu’ils puissent bénéficier du statut moderne qu’ils réclament depuis longtemps, et qui est en train de se dessiner grâce à la sagesse de tous.

Je n’oublie pas des sujets qui vous sont chers, comme dans le domaine de la santé. Là encore, l’effort budgétaire de l’État a été très important, puisque le budget de l’Agence de Santé a augmenté de 10 %, passant de 23 millions d’euros en 2010, à 25 millions d’euros en 2013. Cet effort sera poursuivi grâce à une clarification des relations financières entre l’Agence de Santé de Wallis-et-Futuna et l’Hôpital de Nouméa.

Au fond, ce que je vous propose, c’est de bâtir un territoire fort et respecté, dans une France forte. La France a la mission de protéger Wallis-et-Futuna contre les soubresauts du monde. Dans le même temps, je veux que vous soyez les premiers acteurs de votre développement.

Je ne suis pas là pour vous dire ce que vous avez à faire, je suis là pour accompagner vos projets car je crois à la richesse de Wallis et de Futuna et aux talents des hommes et des femmes qui y vivent. Je suis aussi là pour vous protéger lorsque vous en avez besoin. Je vous ai toujours dit la vérité car c’est ma manière de vous respecter et, pourquoi ne pas le dire, de vous aimer.

Ici, au coeur du Pacifique, vous incarnez la fabuleuse promesse de la République, qui permet de faire primer l’histoire sur la géographie, l’appartenance à notre grande Nation sur les milliers de kilomètres qui nous séparent. Vous savez que notre pays s’est construit sur des valeurs qui ont été inventées par de grands penseurs à la fin du XVIIIe siècle, et qui nous éclairent encore aujourd’hui. Ces valeurs permettent de se savoir français à Wallis et Futuna comme n’importe où ailleurs sur le territoire.


Vive Wallis et Futuna, Vive la République, et Vive la France !


Source http://www.lafranceforte.fr, le 19 avril 2012

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