Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la crise économique, l'immigration, le travail, l'Ecole, l'Union européenne et sur la Nation, à Nice le 20 avril 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, sur la crise économique, l'immigration, le travail, l'Ecole, l'Union européenne et sur la Nation, à Nice le 20 avril 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République;FRANCE. Union pour un mouvement populaire (UMP), candidat à l'élection présidentielle de 2012

Circonstances : Meeting à l'occasion de la campagne présidentielle, à Nice (Alpes-Maritimes) le 20 avril 2012

ti : Alors, nous y voilà ! C’est donc le moment de l’explication.

Mes chers amis, nous y voilà parce que le moment où les choses vraiment sérieuses vont commencer arrivent. Jusqu’à présent, ca a été le début. Leur conception de l’égalité, neuf contre un !

Leur conception du service public : quand on n’est pas insulté, on est remercié ! Leur conception de l’égalité : le mensonge le matin, le midi et le soir. Leur conception du débat : on ne débat pas ; on ne parle pas ; on n’interroge pas de la même façon les uns et les autres.

Aux autres, on déroule le tapis rouge. Voilà le moment de vérité, le moment où le peuple de France va dire sa vérité et va dire à tous ceux qui voudraient parler en son nom : voilà ce que nous voulons, voilà ce que nous décidons et ce n’est pas vous qui déciderez à notre place. Voilà le moment où nous sommes et vous ici, à Nice, Christian et dans cette magnifique région, vous ici, vous allez dire votre vérité. La nôtre, c’est que la France est à un moment historique, c’est que la France n’a pas le droit à l’erreur, c’est que la France doit choisir et elle doit choisir maintenant. Il ne s’agit pas comme je l’ai entendu de faire peur ; il ne s’agit pas de choisir un camp ; il ne s’agit pas de désigner des adversaires ; il s’agit de décider en fonction de l’avenir que vous voulez pour votre pays, pour vos familles et pour vos enfants.

Si vous …Le choix se fera en toute transparence et en toute clarté, il n’y aura pas de surprise. Pour vous, pour chaque Français, il s’agit de savoir ce qu’il veut pour l’avenir, quelle est la place de la France, quelle est la société dans laquelle nous voulons vivre, les valeurs que nous portons, les décisions que nous allons être amenés à prendre et par-dessus tout, il y aura ce chacun d’entre nous, nous avons au fond du cœur, je vous demande de vous libérer de toute attache partisane pour ne penser qu’à une seule chose : quel avenir pour notre pays ? Quel choix pour notre pays ? Quel intérêt pour la France ? Quelles décisions pour la France ?
J’ai entendu d’autres candidats parler avec des mots tellement brutaux, tellement sévères, tellement cruels de telle ou telle personne qui ne partageait pas ses opinions. J’ai entendu du manque de respect pour les personnes. J’ai entendu qu’on était candidat pour la gauche, qu’on ne parlait qu’à la gauche, qu’on ne voulait voir que la gauche et je voudrais, moi rappeler … qu’un président de la République, il est président de tous ceux qui ont voté pour lui et il est président aussi de ceux, et c’était leur droit, qui n’ont pas voté pour lui. Cela s’appelle la tolérance, le respect, la République. J’ai vu comment on traitait celles et ceux qui m’ont rejoint, qui m’ont soutenu. J’ai vu les mots qui ont été prononcés. Jamais je ne prononcerai ces mots à l’égard de ceux, fussent-ils peu élégants à notre endroit et à mon endroit parce que je pense que quand on n’a pas un comportement républicain, c’est soi-même que l’on abaisse, pas les autres, d’abord soi-même.

On m’a dit …. On m’a dit : que pensez-vous de ceux qui à la première brise contraire s’en vont ? J’ai choisi de ne pas commenter, je vais vous dire pourquoi. Parce que l’idée que je me fais de la France, l’idée que je me fais de la politique, l’idée que je me fais du projet qui nous rassemble et qui rassemblera de plus en plus de Français, c’est l’idée du respect, de la tolérance, de la compréhension. C’est l’idée qui consiste à tirer tout le monde vers le haut et à ne ramener personne vers le bas ; c’est l’idée qui consiste à ne pas s’abaisser. Si tel ou tel choisit la peur ou l’intérêt, c’est leur droit. Qu’ils continuent leur route ! Nous, nous avons une autre route, celle de la France, celle de l’intérêt général et celle des Français. Nous ne sommes pas à la même altitude.

Mes chers amis, dans cette campagne, elle est faite pour ceux qui ont du courage, qui ont des convictions, qui ont envie d’aller à la rencontre des Français, qui ont envie que la victoire soit belle parce qu’elle sera méritée, parce que l’on aura parcouru toutes les routes de France, parce qu’on aura rencontré des centaines de milliers de Français, parce qu’on aura créé une dynamique, parce qu’on aura résisté à tout et à tous. Voilà pour qui cette campagne est faite !

L’autre jour, on m’a posé la question : mais vous dites que vous voulez parler au peuple de France mais qui est le peuple de France ?

C’est eux. Le peuple de France, à tous ceux qui le découvrent au détour de cette campagne, c’est celui qui lorsqu’il y a une épreuve dans la vie, qu’il faut mettre un genou à terre, ne compte que sur lui-même parce que le peuple de France, il est fier et pudique. Quand il souffre, il se bat, il travaille, il fait des efforts et il mérite ce qu’il a créé, obtenu, bâti.

Le peuple de France, quand il n’est pas d’accord, il ne descend pas dans la rue, il ne casse pas, il n’injurie pas, il ne proteste pas et il dit : au moment des élections, je serai là. Voilà le peuple de France !

Le peuple de France d’où qu’il vienne…il a, chevillée au corps, la reconnaissance pour son pays, pour sa patrie, pour la République ; il aime son pays, sa région, sa ville, le peuple de France et il ne supporte plus la mise en cause systématique de la France, de la République et des Français. C’est le peuple de France !

Le peuple de France comprend parfaitement ce que la démocratie a apporté à la France. Il accepte bien sûr que toutes les opinions puissent s’exprimer ; il n’aurait pas compris, le peuple de France, que tel ou tel candidat ou telle ou telle candidate n’ait pas pu présenter sa candidature mais le peuple de France, il est choqué lorsqu’avec l’argent du contribuable, il a l’impression que l’audiovisuel public ne fait pas une campagne équitable.

Le peuple de France comprend parfaitement que lorsqu’on est président de la République, on est le réceptacle de toutes les attaques, de tous les reproches, de tous les problèmes mais le peuple de France, il considère que lorsqu’on injurie le président de la République, c’est un peu son pays que l’on injurie.

Le choix qui est le nôtre, le choix que je vous propose après quatre années de crise d’une violence inouïe où il a fallu protéger les Français, où j’ai eu l’honneur, le plaisir et la chance de travailler avec une équipe menée par François FILLON…où il a fallu protéger les Français, protéger les Français, les protéger contre les risques qui ont emporté tant de pays à nos frontières. Je me souviens très bien, j’étais jeune en 1981. Deux camps s’opposaient et à l’époque, on pouvait penser, lorsqu’on disait « la catastrophe va arriver », que c’était une prédiction, que cela faisait partie du jeu de la politique mais que ça ne correspondait pas à des réalités. Aujourd’hui, mes chers compatriotes, je veux vous demander une chose : regardez simplement, simplement de l’autre côté de nos frontières, juste à côté de nous, ce qui est arrivé à des pays dont les gouvernements n’ont pas voulu faire les choix qu’il fallait faire au moment où ils auraient dû les faire. Y a-t-il un Français qui souhaite pour la France la situation que connaissent aujourd’hui la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, l’Islande ? Ces pays-là ont souffert parce que les gouvernements qui étaient les leurs n’ont pas pris au moment où il fallait les prendre les décisions qu’il y avait à assumer. Voilà la vérité.

Je me souviens de la campagne de 2007 où la candidate qui me faisait face n’avait qu’un seul exemple à citer qui était l’exemple de l’Espagne. Et je me souviens très bien, c’était il y a quelques semaines, du candidat socialiste dont le seul chef de gouvernement qui l’ait reçu et dont il voulait s’inspirer de l’action, c’était le chef du gouvernement socialiste de l’Espagne, Monsieur ZAPATERO. Pourquoi Monsieur ZAPATERO a-t-il aujourd’hui disparu des références du candidat socialiste ?!
Est-ce l’avenir qu’il nous promet ? Je me souviens lorsqu’il y a deux ans, il a fallu faire la réforme des retraites, le gouvernement espagnol regardait la France avec ses manifestations, ses protestations, ce gouvernement et sa majorité, merci cher Jean-François COPE de nous avoir soutenus avec l’ensemble des parlementaires de notre famille. A ce moment-là, il nous regardait comme des gens bizarres. Il y avait des manifestations, les gens n’étaient pas contents. Tous les syndicats étaient contre nous : neuf manifestations nationales. Je n’ai pas voulu reculer ; je n’ai pas voulu céder parce que c’était l’intérêt général qui était en cause.
Mes chers amis, je vous demande d’y réfléchir. Où en serait la France si nous n’avions pas fait la réforme des retraites il y a deux ans ? Nous serions dans la situation de l’Espagne. Voilà la vérité. Cette vérité, chacun doit la regarder en face. En 1981, il a fallu deux ans pour que les Français payent la facture et l’addition. En 2012, il faudrait deux jours pour que les Français payent l’addition.

Ici dans cette ville, cher Christian, dans cette région, on a travaillé dur, on a construit sa famille, on a acquis son appartement, sa maison, on s’est battu et on n’a qu’un seul rêve, c’est que ses enfants puissent commencer plus haut que soi-même on a commencé. Lorsque la crise a frappé, dès 2008, et lorsque nous avons vu l’impensable, deux des plus grandes banques américaines disparaître d’un trait de plume, en quelques jours ! Sur les cinq plus grandes banques américaines, deux disparues, rayées de la carte ! C’est tout juste si on se souvient de leur nom et à ce moment là, je dois le dire : jamais, je n’aurais pu penser, imaginer que l’impensable se produise, un système bancaire mondial qui s’arrête, qui se paralyse, des banques centrales qui ne veulent plus prêter aux banques, des banques qui ne se font plus confiance en elles et partout entre elles-mêmes et partout dans tous les pays, des queues aux guichets pour aller retirer l’épargne. A ce moment-là, c’était Toulon, cher Hubert, ce n’était pas loin d’ici, Toulon et j’ai dit : je vous promets, nous sauverons les banques, pas pour les banques mais parce qu’à l’intérieur des banques, il y a votre épargne et je ne laisserai pas un seul épargnant français ruiné par une crise dont il n’est pour rien.

Eh bien, trois ans et demi après …trois ans et demi après, les choses sont claires. Trois ans et demi après, je peux venir dans cette salle immense et dire à vous mais à travers vous à tous nos compatriotes, pas un seul d’entre vous n’a perdu un centime de son épargne parce que le gouvernement de la République a protégé l’épargne des Français en sauvant les banques et le système bancaire français. Voilà la vérité !

A l’époque, la si sympathique et si modérée Ségolène ROYAL a dit devant tous les micros : le président ment, le président utilise l’argent public pour sauver les banques. Trois ans et demi après, qui a menti ? Eux. Qui a pris les bonnes décisions ? Nous. Non seulement les épargnants français ont gardé leur épargne mais nous sommes le seul pays au monde où le plan de sauvetage des banques non seulement n’a rien coûté au contribuable mais a rapporté 2, 4 milliards d’euros d’intérêts que nous avons fait payer aux établissements bancaires français !

Que l’on me comprenne bien. Je ne dis pas cela, je ne dis pas cela pour vanter je ne sais quel bilan. L’action que nous avons menée depuis cinq ans, elle appartient à l’Histoire et l’Histoire tranchera. Je dis cela pour que chaque Français puisse décider en toute connaissance de cause. Imaginez un peu dans ces successions de crises phénoménales que nous avons eu à traverser et à affronter, si la barre de la France avait à l’époque était conduite par ce triumvirat MELENCHON, JOLY et HOLLANDE !

Mes chers amis, que les choses soient claires entre nous. La crise a provoqué des souffrances et il y a tant de Français qui souffrent et qui se demandent : est-ce que l’on peut avoir encore la maîtrise de notre destin ? Je le sais, je prends en charge cette souffrance, je la considère et je la respecte mais je dis à cette France qui a envie de renverser la table, qui pense que la seule liberté qui lui reste, c’est de dire « non », « la barbe ! », d’envoyer tout le monde balader, je lui dis : si vous faites cela, vous penserez vous faire plaisir mais cette table que vous renversez, vous ne la renverserez pas sur les responsables, vous la renverserez sur vous-même et vous le paierez de davantage de souffrance, de davantage de misère, de davantage de désespérance. Voilà la réalité telle qu’elle est !

Franchement, j’ai honte parfois pour ceux qui veulent exploiter la misère et la désespérance. C’est vrai, il y a des femmes et des hommes de France qui sont au chômage et qui n’y peuvent rien. Il y a des femmes et des hommes de France qui travaillent dans des usines avec l’angoisse au ventre en se disant : est-ce que demain, je ne serai pas délocalisé parce que je suis tombé sur un actionnaire qui est un fonds de pensions sans cœur et parfois sans morale ? Je sais cela. Je sais qu’il y a des femmes et des hommes de France qui souffrent parce qu’elles mettent leurs enfants dans des écoles qui se révèlent être des impasses, parce que malheureusement, les chances d’y réussir ne sont pas les mêmes qu’ailleurs. Je veux parler de cette France, je veux parler à ces Français et je conteste à quiconque de m’interdire de le faire parce que lorsque les Républicains ne parlent pas à la France du « non » ou à la France qui souffre, il ne faut pas s’étonner que cette France-là soit devenue l’otage des extrémistes de gauche ou des extrémistes de droite. C’est parce que nous, les Républicains, pendant trop longtemps, nous avons eu peur d’affronter cette souffrance, d’affronter cette misère, d’affronter ces problèmes, d’affronter ces personnes. Et je veux vous raconter une anecdote. L’autre jour, j’étais l’invité d’une radio, manifestement on ne m’attendait pas. Heureusement qu’il y avait le CSA pour m’obliger à faire une toute petite place. Oh, je préviens : je ne reviendrai pas, ce n’est pas que c’était un tel plaisir mais bon …Et alors, figurez-vous qu’on avait fait, cher Jean-François, un reportage extrêmement intéressant sur les militants de l’UMP. Je me dis : tiens, je vais entendre des choses agréables ! Et on a choisi une fédération au hasard, la fédération de la Seine-Saint-Denis, le plus grand des hasards ! Et une dame a pris la parole et j’ai bien vu le piège mais je veux en parler devant vous car j’ai dit que je ferai campagne en vérité, je ne masquerai rien, je ne dissimulerai rien, et j’assumerai mes choix et mes convictions. Et pour moi, la seule chose qui compte, c’est de convaincre le peuple de France. Cette dame a dit une chose, des choses qui ne m’engagent pas dans les mots mais qui me créent un devoir dans la réalité. Elle a dit : « on n’en peut plus, on a peur. » Et alors la personne qui l’interroge, bien sûr, poussant dans ses retranchements « mais peur de qui ? », « on a peur, monsieur » dit-elle. Et elle dit quelque chose dans lequel je ne me reconnais pas mais que je comprends parce que ça venait d’elle : « on a peur, on a peur mais ceux qui nous font peur, ils ne sont pas portugais » et le journaliste se retourne « alors ? ». Eh bien, je vais vous dire alors. Cette femme, elle n’aurait pas dû parler comme ça, mais je comprends sa souffrance et je conteste que qui que ce soit qui n’habite pas dans ces quartiers, qui ne met pas ses enfants dans ces écoles donne des leçons de morale à cette femme qui s’est sans doute mal exprimée mais qui derrière les mots a traduit une réalité et cette réalité, mon devoir, c’est d’y apporter une réponse. Voilà ma réponse devant le peuple de France !

Bien sûr, le politiquement correct aurait voulu – oh je le sais ! – le politiquement correct aurait voulu que je me bouche le nez, que je tance cette femme, que je lui dise qu’elle n’aurait pas dû, qu’elle ne devrait pas, que ça ne se fait pas. Sans doute, ça ne se fait pas mais peut-être que si je vivais là où elle vit et si je ressentais la peur qu’elle ressent, peut-être même que j’aurais parlé comme elle. Et ce n’est pas en niant cette réalité-là qu’on répondra à cette souffrance-là ! Je veux considérer cette souffrance pour ramener cette femme vers d’autres sentiments, vers d’autres mots, vers d’autres paroles et vers d’autres réactions. Voilà ce que je pense. Alors, quand nous avons commencé la campagne – et je le sais, je vois l’aréopage, le vôtre, ceux des élus qui me soutiennent, je vois vos différences de sensibilité, je vois vos différences de parcours, je vois ceux qui ont une ancienneté d’ancrage plus militant, j’en vois d’autres qui ont une autre sensibilité. Si je veux rassembler, il faut que chacun se retrouve dans ce discours. J’ai donc choisi de ne pas évacuer les problèmes, de les traiter pour que chacun sache dans les cinq années qui viennent ce que l’on va faire et je conteste l’idée qu’on ne peut pas parler des sujets qui préoccupent les Français, qu’on ne devrait parler que des questions qui ne les préoccupent pas, dont on parle dans quelques cénacles où personne ne comprend rien quand on les écoute, où quand ils parlent, ils parlent entre eux, jamais à vous, toujours à eux, niant la réalité, faisant comme l’on expliquait, « vous n’avez pas peur, vous avez l’impression d’avoir peur. » Oui mais pour celui qui souffre, vous n’avez pas mal, vous avez l’impression d’avoir mal, c’est la même chose, Docteur !

J’ai voulu parler de l’immigration et j’ai voulu en parler non pas parce que ça serait une obsession. Je sais d’où je viens. Je sais quelles sont mes origines et je n’ai aucune leçon à recevoir en la matière de personne !

J’ai voulu en parler, vous savez pourquoi ? Parce que j’ai voulu que personne d’autre n’en parle à notre place. J’ai voulu en parler pour que les choses soient claires entre nous. Dans les cinq ans qui viennent, jamais, vous m’entendez bien, jamais, je ne proposerai la fermeture de la France. Jamais je ne vous demanderai la haine de l’autre, la haine de la différence. Je me bats pour la France forte, pas pour la France faible. La France faible, elle a peur, elle déteste. Quand j’ai entendu hier à la télévision Jean-Marie LE PEN …

…je me suis, je me suis dit : voilà la confirmation de pourquoi je n’ai jamais voulu durant toute ma carrière politique avoir ni de près ni de loin un accord avec eux parce qu’il y a des choses …

Quand on compare le rassemblement magnifique de la place de la Concorde à Nuremberg, j’ai honte pour celui qui fait cette comparaison !

Je vais même aller plus loin avec vous. Il y a des choses qui peuvent me séparer de tel ou de tel. Moi, je pense que, ici, c’est la France. Ce n’est pas comme dans d’autres pays où avant de vous opérer, quand vous arrivez à l’hôpital, on vous demande si votre carte bleue est bien fournie. Ici, ici, c’est la France. Ici, c’est la République. Quand quelqu’un est devant l’hôpital qu’il soit français ou étranger, pauvre ou riche, on le soigne parce que c’est un être humain quelle que soit sa couleur de peau, quels que soient ses engagements, quelle que soit l’adresse sur son passeport. C’est la raison pour laquelle je ne toucherai pas ni à la CMU ni à l’aide médicale mais simplement, je dis une chose, aussi fort que je crois que la tradition de la France, c’est l’ouverture, je veux dire que ça ne peut plus durer, qu’on ne peut plus faire semblant de considérer que notre système d’intégration fonctionne alors qu’il ne fonctionne plus. Il ne fonctionne plus.

Il ne fonctionne plus parce que quand vous accueillez des gens à qui vous refusez toute opportunité d’avoir un logement parce qu’on n’en a pas assez, un emploi parce qu’on n’en a pas assez ou une place à l’école parce qu’il y a des écoles qui sont devenues ghettos, c’est de la fausse générosité, c’est du faux humanisme, c’est de la fausse ouverture. Dire cela, c’est la vérité, que si nous voulons intégrer comme ils le méritent ceux que nous accueillons, alors prenons la peine de les recevoir dignement, dans de bonnes conditions. Et j’ai fixé comme règle que désormais, toute personne qui voudra venir en France et qui sera le bienvenu, devra apprendre le français et les valeurs de la République avant même que d’entrer sur le territoire de la République.

Et je veux que vous compreniez quelque chose parce que ça me tient à cœur. À tous les faux généreux, à tous les Tartuffe, à tous les hypocrites, à tous ceux qui donnent des leçons de morale – et Dieu sait s’ils sont nombreux –, je veux dire une chose : pensez à cet enfant d’une femme immigrée qui ne parle pas un mot de français, qui est incapable de dialoguer avec l’instituteur de son enfant, qui est incapable de répondre à la lettre ou au bulletin de notes de son enfant. Cette femme claquemurée dans son appartement parce qu’elle ne parle pas un mot de français, qu’on lui interdit de travailler. Cet enfant devenu grand, quelle image aura-t-il de la République française, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’autorité de ses parents et de la place de la femme dans la société si la France tolère une situation de cette nature ? Y a-t-on pensé ?

Chez nous, la femme que l’on va accueillir avec ses enfants, elle sera libre, libre de marcher dans la rue sans avoir à revêtir une prison de tissu. Elle sera libre, libre de se marier avec qui bon lui semble sans que ses frères ou ses parents aient à donner leur opinion sur le choix libre d’une femme libre sur le territoire libre de la République française ! Et cet enfant, qui est notre enfant parce que nous l’avons accueilli quelle que soit la couleur de la peau, il aura les mêmes chances que les autres parce qu’il travaillera dans une école où on s’occupera de lui et qu’il aura une famille où on comprendra le français et les valeurs de la République. Ça changera tout pour cet enfant de la République.

Je veux dire un mot du travail et de tout ce que nous avons à faire ensemble. Bien souvent, on me dit : « Est-ce que la France peut s’en sortir ? Est-ce qu’il y a un avenir pour un pays comme le nôtre ou est-ce que nous sommes condamnés dans la compétition par des ensembles immenses (la Chine, le Brésil, l’Inde, les États-Unis d’Amérique) ? ». La France peut s’en sortir mais la France ne peut pas s’exonérer du travail, de l’effort, du mérite. La France ne peut pas s’exonérer d’un gigantesque effort de formation pour chacun d’entre nous. La France ne peut pas s’exonérer de comprendre la réalité du monde.

Lorsque l’on est au chômage en France, nous nous enorgueillissons de notre modèle social et nous considérons qu’on a réglé le problème en permettant aux chômeurs non pas de vivre mais de survivre. Et au fond, avec une forme d’hypocrisie, nous disons : « Mais enfin, vous avez une indemnité. Et après l’indemnité, il y a le RMI devenu RSA. De quoi vous plaignez-vous ? » Ce n’est pas comme ça qu’on traite les hommes et les femmes dans la République. Dans la République, on les traite différemment. Et voilà le changement considérable que je vous propose : désormais, chaque Français, chaque Française, quel que soit son âge, quel que soit son parcours, aura le droit à une formation professionnelle, aura le droit d’apprendre un métier pour faire vivre sa famille de son travail et non pas de l’assistance, aura le droit de vivre debout et non pas en tendant la main, aura le droit de vivre dignement parce qu’on lui reconnaîtra une compétence. Et parce qu’elle aura cette compétence, elle reprendra, cette personne, confiance en elle. Voilà le nouveau modèle social français que je propose, un nouveau droit.
Mais je veux dire aussi, ce droit doit partager, irriguer toute la société française. Celui qui a plus de cinquante ans et qui a perdu son emploi, si on ne l’aide pas, il n’a aucune chance qu’une entreprise lui fasse une place. Cette mère de famille qui a voulu élever ses enfants, s’y consacrer pleinement, la société ne va quand même pas le lui reprocher. Mais après quinze ans, dix-huit ans à s’occuper de ses enfants et de sa famille, quelle chance a-t-elle, si on ne l’aide pas, si on ne lui apprend pas une formation, si on ne lui enseigne pas un nouveau métier, quelle chance a-t-elle de retrouver une place dans la société ? Est-ce que c’est la récompense de la société de dire à une femme : « Voilà, j’ai tout sacrifié pendant quinze ans, pendant dix-huit ans pour mes enfants et à l’arrivée, la société dit : il n’y a plus de place pour vous. Trop vieille, trop ancienne, trop démodée, trop exclue du marché du travail. » Je n’aime pas cette injustice parce que c’est une injustice et une injustice particulièrement violente.

Mais je pense aussi à vos enfants. Nous n’avons pas tous la chance d’avoir des bêtes à concours – ah ! Je vois qu’il y a du vécu dans la salle –, c’est-à-dire des enfants qui réussissent du premier coup leur examen et qui, à bac + 18, regardent s’il n’y a pas encore quelques années à faire. Il n’y a pas une voie de réussite dans la société dans laquelle nous voulons vivre, il y en a beaucoup de voies de réussite. Il doit y avoir une place pour chaque jeune à qui on reconnaît le droit d’apprendre un métier. Je pensais notamment à tous ces jeunes passionnés par le Net ou passionnés par l’ordinateur et un peu moins par le bac. Faut-il vraiment, pour utiliser leurs compétences, leur volonté de s’intégrer dans ce nouveau monde virtuel, les obliger à faire le même parcours que les autres ? Créons des académies avec un bac du numérique qui permettra d’amener des jeunes dans un secteur où il y a 70 000 offres d’emploi qui ne sont pas pourvues parce qu’il n’y a pas assez de candidats. Faut-il vraiment leur faire faire le parcours du combattant dans une filière qui ne les intéresse pas pour être certain de les décourager et que l’ennui soit synonyme de leurs études ?

Mais ce nouveau droit que je souhaite vous réserver, je veux qu’il soit la contrepartie d’un devoir : désormais, chacun qui aura une formation sera obligé d’accepter l’offre d’emploi qu’on lui proposera. Là aussi les choses ne peuvent pas durer. Tous les jours, vous me le dites ! Tous les jours ! La solidarité, c’est le devoir de la société quand l’un d’entre vous met un genou à terre. Mais l’assistanat, c’est-à-dire cette situation qui laisse à penser à un certain nombre de nos compatriotes qui travaillent dur qu’on peut gagner plus en ne travaillant pas du tout, là est l’injustice, là est le scandale, là est la situation dont nous ne voulons plus. Tout au long de cette campagne, je ferai le débat sur l’injustice et sur la justice. Qu’est-ce qui est juste et qu’est-ce qui est injuste ? Il y a des choses choquantes, particulièrement choquantes : des rémunérations invraisemblables, l’attitude d’une certaine finance, l’arrogance d’une certaine classe dirigeante, des bonus invraisemblables. Il y a une injustice du haut mais il y a aussi une injustice du bas. Lorsqu’on a le droit de se passer sa carte Vitale parce qu’elle n’est pas biométrique, c’est une injustice parce que c’est avec l’argent des Français qui travaillent que cette fraude est organisée. C’est une injustice aussi quand celui qui n’a jamais cotisé, jamais travaillé peut gagner davantage que celui qui cotise et qui travaille. C’est une injustice !

Enfin, je veux terminer par deux institutions qui sont centrales à mes yeux. La première, c’est l’école. On me dit souvent : « Mais pourquoi n’avez-vous pas été au bout de votre réforme de l’école ? » Je veux m’en expliquer devant vous. J’ai considéré que la réforme des universités était prioritaire et je veux d’ailleurs remercier Valérie PÉCRESSE pour le travail et le courage dont elle a fait preuve. Oh ! Vous savez, je me souviens de toutes ces années où prononcer le mot autonomie et déjà, le gouvernement retirait le dossier. Nous avons affronté une année de mouvement sans reculer d’un millimètre. C’est peut-être cela aussi qui a changé. Et nous avons changé la recherche. Dans ce prochain quinquennat, l’école de la République sera ma priorité. Mais que là encore les choses soient claires, je veux les dire sans détour, je comprends parfaitement que lorsqu’on parle du statut des enseignants, on discute avec les syndicats, mais je conteste l’idée que l’école de la République appartiendrait aux seuls syndicats de l’Éducation nationale. Je veux défendre cette idée : l’école de la République, les familles de France ont le droit et même le devoir de donner leur avis ! Quand on parle statut, il est normal qu’on discute avec les syndicats, mais quand on parle de l’avenir, des programmes, de la discipline, de la politesse, du respect, de la drogue à l’école, ce sont les familles de France qui sont concernées au premier chef ! Et je refuse le débat entre spécialistes sans que les familles ne puissent donner leur avis.

Que se passe-t-il ? Nous avons un premier problème immense : sept cent cinquante mille enfants arrivent chaque année sur les bancs de notre école et il y en a cent mille qui se noient dans la classe, qui n’y arrivent pas. Dyslexie, problèmes psychologiques, problèmes sociaux, problèmes familiaux. Il y en a cent mille de nos enfants qui ne s’en sortent pas. Si on n’intervient pas à cet âge charnière entre la maternelle et la primaire, aux alentours du CP, ces jeunes-là, non seulement on ne résout pas leurs problèmes mais on se prive de toute chance de les résoudre après. Et ces jeunes-là à qui on fait croire qu’on peut passer du primaire au collège, du collège au lycée, ces jeunes-là qui sont les enfants de la République, on prépare les drames que nous connaissons. Il faut intervenir tout de suite.
Je propose donc que la chose soit claire, qu’une priorité nationale soit réservée, que tous les enfants de maternelle et de primaire, on voie leurs problèmes. À ceux dont on détermine qu’ils ont des problèmes, qu’on s’en occupe, qu’un crédit de 2 000 euros soit réservé par la société pour que le directeur d’école et le maire puissent suppléer la famille lorsque la famille n’y arrive pas. Et même lorsque la famille y arrive, quand on confronté au problème d’un enfant, parfois, même si on n’a pas un problème social, même si on a des grandes responsabilités, même si on a des bons revenus, on a besoin d’être conseillé, d’être aidé, d’être entouré parce qu’il n’y a pas une chose plus difficile que l’éducation de ses enfants, spécialement quand ses enfants ont des problèmes. Nous allons les accompagner ! Nous allons mettre les moyens pour en sortir mais je dis une chose : pas un seul de ces enfants ne sera autorisé à passer en secondaire du primaire s’il ne sait pas lire, écrire et compter. Parce que, quelle réussite pour un jeune au collège ou au lycée s’il ne sait pas lire, écrire et compter ?

Et puis enfin, il y a dans cette région, cher Christian, cher Jean-Claude, la question de l’Europe. Je connais cette région peut-être sur le bout des doigts. J’y suis venu tant de fois. J’ai parlé dans tant de vos villes. J’ai arpenté tant de vos routes. Je connais les visages, je connais les réactions, je sais à qui je parle et je sais bien que lorsqu’on vous a posé souvent la question de l’Europe, une majorité d’entre vous a répondu non alors que moi-même, j’ai toujours répondu oui. Je veux m’en expliquer avec vous et je veux vous faire comprendre quelque chose, quelque chose qui est très important à mes yeux, c’est que le projet européen, c’est un projet humaniste. Nous l’avons fait pour la paix. Nous l’avons fait pour être plus forts. Et c’est vrai que le projet européen s’est perdu, s’est perdu dans la technocratie, a perdu ses valeurs et a détourné nos compatriotes de cet idéal.

Je ne peux pas me résoudre – et je le dis devant les plus Européens d’entre nous – à ce qu’à chaque fois qu’on interroge le peuple français ou les peuples d’Europe sur l’Europe, ils répondent non alors que c’est un projet de paix, de développement et de culture. Quelles erreurs ont-elles été commises pour en arriver là ? Et je veux prendre ma part de ces erreurs ! Mais en énonçant ces erreurs, je veux vous dire qu’il y a une solution. L’une des premières erreurs, ça a été, me semble-t-il, quand l’Europe s’est regardée avec inquiétude. Elle s’est interrogée sur le fait de savoir si elle avait des racines chrétiennes. Et l’Europe a répondu : nous n’avons pas de racines chrétiennes. Et en faisant cette réponse, l’Europe a donné le sentiment a tant de nos compatriotes que l’Europe n’était pas un projet pour conforter la civilisation européenne mais pour la nier et pour la détruire. Ce fut une erreur profonde.

Que les choses soient claires entre nous, je crois aux racines chrétiennes de la France et de l’Europe. Ça ne veut pas dire que je fasse la propagande d’une église. Ça ne veut pas dire que j’oublie que la République est laïque. Il suffit de regarder ce long manteau de cathédrales et d’église pour comprendre d’où vient la France, qui a fait la France, comment s’est bâtie la France. Dire cela, chère Rama, ça ne veut pas dire que je nie que la France ait eu d’autres apports. Je n’ai pas dit que la France avait des origines exclusivement chrétiennes, je dis que la France a des racines chrétiennes et je dis qu’un pays qui n’est pas capable de savoir d’où il vient est incapable de définir où il doit aller. Ce fut une erreur majeure. Mais il y a une deuxième erreur, François, que tu avais vue sans doute avant moi. Cette deuxième erreur majeure, elle est dans la suppression de notre vocabulaire de mots fondateurs que sont les mots frontière et les mots nation. Je sais que c’est bizarre que je vous parle de ça et pourtant, je l’ai tellement au fond de l’âme. Je pense tellement que ce fut une erreur. La frontière. La frontière est présentée par tous ceux qui n’y ont pas réfléchi comme une barrière. Moi, je pense que la frontière rassure, que la frontière apaise, que la frontière conforte et qu’un pays, une société rassurée, confortée, confiante, c’est une société ouverte, qu’un pays qui est inquiet, c’est une société fermée.

Pourquoi avez-vous tant de plaisir à recevoir vos voisins et vos amis dans l’appartement que vous louez ou dans la maison que vous possédez ? Parce qu’il y a le cadastre, parce que vous savez qu’avec le bail et avec le cadastre, personne ne vous contestera la propriété de votre logement ou la résidence de votre bail de location. Rassurés que vous êtes, vous pouvez tendre la main de l’autre côté de la frontière pour dire à l’autre : « Tu es le bienvenu chez moi. » Imaginez la même situation où aucun d’entre vous ne serait assuré de la propriété de sa maison ou de la réalité de son titre de location. Comment attendrez-vous l’autre ? Vous l’attendrez alors comme celui qui est une menace, qui est une menace pour vous et pour votre famille. La frontière rassure. La frontière protège. La frontière permet de défendre une identité. C’est la frontière qui permet d’être heureux et en paix avec ses voisins. Voilà la vérité !

Eh bien si nous avons choisi de faire Schengen avec nos partenaires européens, c’est pour que nos frontières soient mieux défendues, pas pour qu’elles soient détruites. Et je dis que si, dans un an, l’Europe n’a pas changé et qu’il y a encore un trou béant entre la Turquie et la Grèce de cent quinze kilomètres de frontières européennes où il n’y a pas un douanier, pas un contrôle, pas une barrière, eh bien la France reprendra les contrôles ciblés à ses frontières, pas pour la fermeture mais pour l’Europe forte que nous voulons !

La nation. On a tout confondu dans un débat politique et médiatique où ceux qui ont la parole sont, en général, ceux qui parlent le plus fort pour dire le moins de choses. La nation n’est pas le nationalisme. L’attachement à sa patrie n’est pas une marque de bellicisme. L’attachement à sa nation, à sa patrie, c’est simplement la référence à une identité. Parce qu’on est sûr de son identité, on accepte la rencontre avec d’autres identités. Si on conteste sa propre identité, si on n’en est pas sûr, si on ne sait pas qui l’on est, d’où l’on vient, où on habite, je ne vois pas comment on peut être dans la logique de l’ouverture qui est la tradition française ! Regardez les grands pays du monde ! Regardez-les ! Regardez la Chine ! Avez-vous vu beaucoup de Chinois qui renoncent à leur identité ? Regardez ce pays magnifique, les États-Unis d’Amérique, où lorsque je m’y rends, je suis toujours ému par le fait qu’une maison sur deux a un drapeau américain pour manifester l’adhésion et l’attachement à ce pays ! Regardez ce pays extraordinaire qu’est le Brésil et la fierté de la culture brésilienne ! Oui, je suis fier de l’identité française, de la langue française, de la culture française et de la nation française !

La nation n’est pas l’opposé de l’Europe, cher Gérard ! L’Europe se construit sur des nations et c’est libres et souveraines que ces nations, qui ne doutent pas d’elles-mêmes, décident d’associer leurs destins dans une ambition commune ! C’est parce que nous sommes souverains, c’est parce que nous sommes sûrs de nous que nous pouvons nous additionner aux autres. Imaginez que nous n’ayons plus de langue, plus de culture, plus de cinéastes, plus d’écrivains, plus de chanteurs. Oui, je vous le dis, nous sommes les héritiers d’un pays où l’on peut parler sur la place de la Concorde de PÉGUY, de Victor HUGO, de CHATEAUBRIAND. Nous sommes les héritiers d’un pays où nous nous reconnaissons dans Jeanne d’ARC, dans BONAPARTE, dans de GAULLE. Nous ne venons pas de nulle part ! Nous ne sommes pas des étrangers avec notre propre histoire ! La France est fière de cette culture !

Donner le sentiment que nous avions peur de défendre nos frontières, peur d’assumer notre nation, ce fut une erreur parce que cela a été vécu comme une forme de lâcheté. Et je veux d’ailleurs dire, dans cette région si chère à mon cœur, que si j’ai voulu que la France – moi qui n’aime pas la repentance, qui n’accuserai jamais la France de maux dont elle n’est pas responsable –, si j’ai voulu, moi, aller, premier président de la République, à Rivesaltes dans un camp de harkis, c’est parce que je pense qu’il n’y a qu’un pays fort qui est capable de regarder son histoire et que des hommes, qui avaient choisi la France, ont été trahis dans leur amour de la France. J’ai voulu leur rendre hommage, ils le méritent. Et j’ai voulu, au travers des harkis, dire d’ailleurs à ceux qu’on appelait les pieds-noirs – je sais, ça ne me gêne pas d’en parler –, j’ai voulu leur dire une chose : il y a un sens de l’histoire collective et le sens de l’histoire collective, c’est que chaque pays a le droit d’être indépendant et personne ne me fera renoncer à ce principe. Et que sans doute, si j’avais été de l’autre côté, sans doute que j’aurais eu la même aspiration que nos amis de l’autre côté de la Méditerranée à l’indépendance. Mais le tort qui fut le nôtre, c’est de ne pas comprendre qu’une histoire collective, qui va dans le sens de l’indépendance, a pu briser des histoires familiales et des histoires personnelles qui devaient être protégées, qui devaient être rassurées, qui devaient être indemnisées.

Moi, je ne veux pas choisir. Nos amis algériens, nos amis marocains, nos amis tunisiens ont le droit à l’indépendance. Il ne s’agit nullement de faire reproche qui que cela soit, il s’agit de s’interroger sur ce qu’est la République. Quand l’histoire collective brise des destins individuels, la République s’honore de reconnaître cette souffrance et d’en tirer les conséquences. Cela n’a pas été fait sur le territoire de la République française. C’est pourquoi j’ai fait ce déplacement à Perpignan et à Rivesaltes.

Voilà, mes chers amis. Alors, maintenant, je vais vous dire une dernière chose plus personnelle. Si j’ai décidé de me battre comme je bats, ce n’est pas pour moi, c’est pour vous, c’est pour notre pays. Je vous demande de me croire. Ce ne sont pas des grands mots, c’est l’expression de ce que j’ai au plus profond de mon cœur. J’ai ressenti la chance de présider aux destinées de notre pays pendant cinq ans comme un immense honneur. Cet honneur m’oblige. Moi aussi, j’ai des droits mais j’ai beaucoup de devoirs. Et dans le devoir qui est le mien, j’ai le devoir de m’engager dans cette campagne avec une force que je n’ai jamais mise, avec une volonté que je n’ai jamais exprimée, avec une soif de gagner pour la France que je n’ai jamais reconnue comme telle, avec une volonté absolument inébranlable parce que nous n’avons pas le choix. Pour notre pays, il faut gagner !

Si j’ai décidé de m’engager, c’est parce que l’essentiel est en jeu. Alors je vous appelle au rassemblement et je veux dire pour moi que dans cet appel au rassemblement, la présence de Bernadette CHIRAC, ça me fait plaisir. Oui, Bernadette, par votre présence, vous faites taire les mensonges et les menteurs ! Par votre présence, c’est toute la famille qui est réunie ! Je veux dire aussi mon amitié au président de l’Assemblée nationale, Bernard ACCOYER. J’ai dis à Jean-François et François ce que j’en pensais et je voudrais faire un petit clin d’œil, cher Christian – tu me le permettras – à deux jeunes femmes qui sont ici, qui me font… dont la présence me fait très plaisir. La première, c’est ma si courageuse et indomptable porte-parole, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. Et la deuxième, c’est Rama YADE dont la présence me fait très plaisir, voilà.

Oh ! Je sais ce qu’on va dire ! Que je suis sentimental. Mais je vais vous dire une chose, c’est vrai, la présidence ne m’a pas transformé, je ne suis pas devenu une momie. Je suis un être humain qui aime profondément son pays, sa patrie, ses concitoyens. Et c’est en être humain, en Français engagé totalement dans l’avenir de notre pays que je suis venu ici, à Nice ! Rassemblez-vous ! Mobilisez-vous ! Défendez-vous ! Prenez la parole ! Ne vous laissez pas priver de parole ! Imposez votre victoire ! Venez en masse dimanche porter votre bulletin parce que chaque bulletin construira notre victoire, parce que nous avons besoin de tout le monde, parce que les forces qui sont rassemblées contre nous sont si grandes que seul le peuple français pourra dire : « Voilà le choix que nous faisons, c’est celui de la France forte. » ! Vive la République et vive la France ! Et qu’il me soit permis de dire à Carla qu’elle fait honneur à la France, l’Italienne devenue Française.


Source http://www.lafranceforte.fr, le 23 avril 2012

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