Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la formation des enseignants, la réforme des rythmes scolaires, l'école maternelle, Les Sables d'Olonne le 28 mai 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la formation des enseignants, la réforme des rythmes scolaires, l'école maternelle, Les Sables d'Olonne le 28 mai 2012.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George.

FRANCE. Ministre de la réussite éducative

Circonstances : 66ème Congrès de la FCPE aux Sables d'Olonne du 26 au 28 mai 2012

ti : M. le Président,
Mesdames et messieurs,


C'est avec une grande joie que j'ai répondu à votre invitation pour venir clore les travaux de ce 66ème Congrès National intitulé « Pour refonder l'Ecole publique ; pour une école plus juste pour une société plus juste ».

Nous venons juste de prendre nos fonctions mais Vincent Peillon est venu ouvrir vos travaux samedi. Et Je suis là aujourd'hui. Nos deux présences expriment là notre volonté de reconnaitre les parents d'élèves comme des acteurs incontournables de la communauté éducative et comme des interlocuteurs fondamentaux dans la mise en place de notre projet global qui visera à refonder l'Ecole de la république.

Comme vous le savez l'Ecole de la république vient de vivre des années difficiles : elle a connu une réduction drastique des effectifs avec prés de 70 000 suppressions de postes en cinq ans. L'école est devenue une véritable variable d'ajustement sur le plan budgétaire ! nous voyons aujourd'hui des classes surchargées ; des élèves souffrant de l'absence de professeurs non remplacés ; des écoles souffrant d'un manque d'équipement et bien sur, des parents de plus en plus inquiets devant cette dégradation du service public de l'éducation.

- La formation initiale et continue des enseignants a été fortement malmenée et sérieusement remise en cause ;

- L'instauration de la semaine de 4 jours a été faite sans véritable concertation alors que cette semaine de 4 jours est reconnue par la plupart de tous les spécialistes comme allant à l'encontre des rythmes biologiques de l'enfant. La réforme des rythmes scolaires qui a été engagée et qui a consisté à réduire l'année scolaire et allonger la journée scolaire a fait que nous avons en 2012, une année sans équivalent dans aucun autre pays : 140 jours de classe par an !!

- Enfin dernier exemple de cette dégradation de l'école, le sort réservé à cette invention française qu'est la maternelle : elle a été si fortement remise en cause qu'aujourd'hui le taux d'accueil des enfants de moins de trois ans est passé de 35% à 13%.

Nous avons donc connu une période de réformes souvent brutales qui n'ont eu aucun résultat positif sur la résorption des maux qui frappent notre système éducatif :
- Il y a toujours plus de 150 000 jeunes qui quittent aujourd'hui le système scolaire sans aucun diplôme et aucune qualification ;
- prés de 40 % des élèves arrivent au collège avec une trop faible maitrise de la langue écrite ; 15% des élèves sont en échec scolaire à la fin du CM2.

Le poids des inégalités sociales est toujours aussi fort au sein de notre système éducatif. Notre Ecole de la république est devenu simplement un lieu de reproduction des inégalités de toute nature. Le thème de votre Congrès national cette année « une école plus juste pour une société plus juste » résonne en un parfait écho à mes propos.

Cette situation a généré, comme vous avez pu le constater, un malaise grandissant parmi les enseignants bien sûr mais aussi parmi tous ceux qui font partie de la communauté éducative et au premier rang desquels sont les parents d'élèves.

Ce malaise, en un mot, est commun à tous ceux qui pensent que notre Ecole doit être certes un lieu de transmission de savoirs mais aussi un temps d'apprentissage de la citoyenneté pour l'enfant, l'adolescent ou l'adulte en devenir.

Ce malaise est partagé par tous ceux, enseignants, parents d'élèves ; chefs d'établissements, conseillers d'orientation qui constatent que notre Ecole doit redevenir une Ecole où l'enfant doit être respecté dans sa personnalité, dans ses rythmes, dans son histoire culturelle personnelle, dans ses différences et dans ses éventuels handicaps.

Ce malaise est enfin partagé par tous ceux qui pensent que l'élève est au centre du système éducatif et que ce système éducatif doit tenir compte de l'évolution de l'élève et des mutations de la société. L'école doit permettre à chaque élève d'acquérir des savoirs, des savoir faire, des savoir être et des outils méthodologiques pour s'adapter et comprendre les mutations de plus en plus rapides du monde d'aujourd'hui et de demain.

Le Président François Hollande a compris les raisons de ce malaise grandissant et les enjeux de l'Ecole d'aujourd'hui et demain. Il a fait de la jeunesse une des ses priorités car c'est de sa formation, de sa qualification, de son aptitude à devenir des citoyens responsables que dépend le redressement de la France. Il a donc placé l'Ecole au coeur de son action afin que L'Ecole de la république retrouve sa faculté d'instruire, de former, d'émanciper tous les enfants de France. François Hollande a fait de la refondation de l'Ecole de la république un axe majeur de son action car nous avons une véritable dette éducative au même titre que nous avons une dette financière.

Samedi matin, le Ministre de l'Education Nationale mon ami Vincent Peillon vous a parlé des propositions de réformes qui allaient faire l'objet d'une vaste concertation dans les semaines qui vont venir. Je n'y reviendrai donc pas aujourd'hui.

Je me permettrai simplement de souligner qu'au coeur de ce programme de refondation de l'Ecole, en filigrane de toutes mesures envisagées, il y a la réussite éducative. J'ai bien noté que la création de ce ministère délégué à la réussite éducative avait dans un premier temps suscité, dans la presse notamment, quelques interrogations ou parfois quelques remarques teintées d'ironie. Et pourtant, si L'école de la république a naturellement pour objectif fondamental la réussite éducative de chaque enfant, il faut bien constater qu'aujourd'hui, notre Ecole sur bien des aspects, n'atteint plus cet objectif essentiel.

Ma présence au côté de Vincent Peillon dans ce gouvernement vise à remettre cet objectif de réussite éducative au coeur de notre action. Cette notion de réussite éducative comme vous l'avez déjà noté n'est pas simplement la réussite scolaire. Elle englobe également des dimensions culturelles et sociales. Il me semble donc évident que parler de réussite éducative c'est parler de tout ce qui favorise à la fois, la réussite scolaire de chaque élève et l'avènement d'un futur citoyen responsable et ouvert au monde.

Ce ministère de la réussite éducative est un message fort lancé par notre Président, François Hollande et le Premier Ministre Jean Marc Ayrault à tous ceux qui espèrent en une école plus juste et donc en une société plus juste. Affirmer cet objectif de réussite Educative est l'expression d'un volontarisme politique et d'un rejet de la fatalité : en un mot, c'est affirmer que l'on peut lutter avec succès contre l'échec scolaire et les inégalités de toute nature qui minent notre système éducatif.

Un certain nombre de dispositifs ont été mis en place précédemment pour lutter contre les inégalités et je pense tout particulièrement à l'éducation prioritaire aux collèges ambitions réussite, éclair, aux dispositifs contre le décrochage scolaire et autres. Il nous faudra déjà faire ensemble le bilan de ce qui existe, de ce qui a marché plus ou moins bien. Nous savons bien que surtout dans les quartiers populaires dont je suis l'élue, pour nombre d'élèves, l'école est aussi un lieu de malaise, d'inégalité, voire pour certains que les processus d'orientation sont perçus comme excluants, comme une mise à l'écart.

Nous nous interrogeons sur l'égalité effective de moyens dont disposent tous les établissements pour assurer la réussite scolaire de tous les enfants. Il faudra donc remettre tout cela à plat.

Soyez surs cependant, que je mettrai le dialogue et la concertation au centre de la démarche que je conduirai avec Vincent Peillon comme il est de règle dans ce gouvernement. Tous les acteurs de la communauté éducative seront consultés et bien entendu les parents d'élèves, qui doivent être les artisans de la mise en place d'une véritable co-éducation.

La réussite éducative nécessite la mobilisation des collectivités locales et de tous les acteurs de la communauté éducative (enseignants et parents d'élèves, associations d'éducation populaire…).En un mot, la réussite éducative a besoin de tous ceux qui font de l'Ecole, le coeur du pacte républicain. Notre jeunesse qui et la priorité de ce quinquennat doit pouvoir compter sur les responsables, et plus largement les adultes que nous sommes.

Je sais que je peux compter sur vous pour réaliser les missions ambitieuses que comporte le mandat qui m'a été confié par François Hollande et Jean Marc Ayrault. Les enfants de la République vous en sauront gré.


Merci.


Source http://www.fcpe.asso.fr, le 31 mai 2012

Rechercher