Déclaration de Marie-Arlette Carlotti, ministre des personnes handicapées, sur le droit de vote, l'intégration scolaire et l'insertion professionnelle des handicapés mentaux, Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) le 1er juin 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Marie-Arlette Carlotti, ministre des personnes handicapées, sur le droit de vote, l'intégration scolaire et l'insertion professionnelle des handicapés mentaux, Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) le 1er juin 2012.

Personnalité, fonction : CARLOTTI Marie-Arlette.

FRANCE. Ministre des personnes handicapées

Circonstances : 52ème Congrès de l'Unapei à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) du 30 mai au 2 juin 2012

ti : Monsieur le Maire de Saint-Brieuc,
Monsieur le Président de Saint-Brieuc Agglomération, Baie d'Armor,
Monsieur le Président du Conseil Général des Côtes d'Armor et Président de l'Association des Départements de France,
Monsieur le Préfet, avec qui nous partageons des souvenirs anciens, à Marseille rassurez-vous,
Madame la Présidente, qui êtes peut-être la seule ici à savoir combien je souhaitais être là,
Mesdames, Messieurs,


Je vous remercie vraiment très sincèrement de m'accueillir pour ce 52ème Congrès de l'Unapei et j'ai bien compris que, peut-être l'année prochaine, ce sera moi qui vous accueillerait à Marseille avec du soleil, le vrai.

Vous avez choisi de mettre à l'ordre du jour la citoyenneté des personnes handicapées mentales et, comme vous venez de le précisez Madame la Présidente, la République peut être fière d'avoir pour la première fois de son histoire élu son Président au suffrage réellement universel. Vous avez dit « le Président François HOLLANDE doit le savoir », il le sait, et à travers cette phrase très courte j'ai compris le message que vous vouliez faire passer.

Vous vous êtes battus pour que les personnes handicapées mentales puissent voter, puissent être des citoyens comme les autres, reconnus comme membres à part entière de la société à égalité de droits et de devoirs. Je veux vous féliciter pour votre détermination qui a porté ses fruits. Certes, il reste encore bien des combats à mener pour l'inclusion des personnes en situation de handicap mais celui-ci vous l'avez gagné et vous pouvez en être fiers.

Voilà plus de 50 ans que vous êtes, chacune et chacun, les acteurs de l'évolution des mentalités, que vous luttez afin de créer pour vos enfants, vos parents, des solutions d'accueil et d'accompagnement adaptés.

50 ans que vous soutenez et accompagnez, dans tout l'hexagone et grâce notamment à un formidable réseau de bénévoles, toutes les familles concernées par la déficience intellectuelle. Puisque je parle des bénévoles, je voudrais vous dire combien, à cette occasion, nous soutiendrons et nous travaillerons avec l'ensemble des dirigeants associatifs et des bénévoles. Nous réfléchirons avec vous aux moyens de leur permettre d'assurer au mieux cette belle et grande mission d'intérêt général qu'ils remplissent aujourd'hui.

50 ans que vos associations sont des lieux de convivialité propices aux rencontres, aux échanges et aux partages d'expériences, car vous savez travailler non seulement pour mais aussi avec les personnes en situation de handicap mental et leur entourage ; et dans ce combat, moi je vais y apporter toute ma part, je voulais vous le dire. Je suis déterminée à faire entendre au sein du gouvernement la voix des personnes handicapées, la voix des personnes handicapées mentales. Je suis déterminée à favoriser leur insertion scolaire, sociale et professionnelle en promouvant leur autonomie et la reconnaissance de leur citoyenneté quel que soit leur âge. Alors, bien sûr, je suis consciente que de nombreux défis nous attendent et que vous serez très très attentifs à mon action et à celle du gouvernement parce que je sais que vous attendez des actes.

Nous devons agir donc. Agir pour que tous les enfants handicapés soient scolarisés à l'école ordinaire ou en établissement spécialisé et que les équipes éducatives soient formées au handicap mental. L'école, creuset de la Nation, est le lieu par excellence de la socialisation et de l'apprentissage des différences. Le droit à la scolarisation de chaque enfant ne doit pas souffrir d'exception. La loi doit être appliquée et tous les enfants de la République, Madame, doivent avoir les mêmes droits. Je suis certaine que François HOLLANDE ne transigera pas sur cette question.

Il faudra pour cela développer la formation des enseignants avec un module de formation au handicap et en particulier au handicap mental ; et peut-être, je ne vous fais pas de promesse ici, peut-être qu'à Marseille l'année prochaine je vous amènerai le Ministre de l'Education Nationale. Parce que l'inclusion des personnes en situation de handicap passe aussi et surtout par l'emploi, nous favoriserons l'accès aux dispositifs de formation professionnelle des jeunes et des adolescents handicapés mentaux. Les employeurs devront proposer de manière effective des emplois et adapter leur fonctionnement et leur organisation à l'accueil de ces salariés. Nous inciterons donc et nous aiderons les entreprises et les services publics à remplir leurs obligations.

C'est l'idée même qu'au gouvernement nous nous faisons d'une République exemplaire, celle-là même que le Président de la république François HOLLANDE appelle de ses voeux. Nous évoquerons tout cela et nous aurons l'occasion de le refaire, et je veux répondre à la fois à Monsieur le Président de l'ADF et à Madame la Présidente, nous évoquerons tout cela notamment dans le cadre de la conférence sociale qui s'engage et dans laquelle je souhaite que nous nous fassions entendre et en particulier sur la question des retraites ; ensemble, nous pourrons taper plus fort et agir de manière cohérente ; j'ai entendu le message et je le souhaite vraiment.

Et puis, puisque nous abordons le travail des personnes en situation de handicap, je veux aussi saluer le travail remarquable accompli par les ESAT ; bien sûr, je suis consciente que de nombreux établissements rencontrent actuellement des difficultés de toute sorte, vieillissement des travailleurs, manque de moyens pour moderniser vos activités, évolution des tarifications ; et, bien, là encore, dans ce domaine, comme dans tous les autres, ce sera l'écoute, le dialogue, la concertation et ensuite seulement la prise de décision. C'est la méthode de travail que nous impose le Président de la république ; je pense que le rôle d'associations comme la vôtre et de vos associations sera confirmé dans un dialogue public où vous aurez toute votre place.

Nous ferons également en sorte que toutes les personnes handicapées mentales puissent accéder à ce droit fondamental qu'est la santé. Vous en avez parlé tout à l'heure, ces personnes qui, naturellement du fait de l'augmentation de l'espérance de vie, avancent en âge et auxquelles nous devons être particulièrement attentifs pour éviter toute rupture dans leur prise en charge.

Il nous faut aussi travailler à un renforcement de la coordination entre les structures médico-sociales qui suivent les personnes handicapées et les autres structures de soins. Nous sommes aussi tous très attachés au principe d'accessibilité universelle prévu par la loi de 2005 pour permettre aux personnes handicapées mentales d'être vraiment orientées et accompagnées.

Nous connaissons les échéances et nous savons d'ores et déjà qu'il y a des retards. Il faudra très vite réaliser un état des lieux. Nous le ferons là encore ensemble, l'Etat, les collectivités locales, les associations et les syndicats afin de remplir les objectifs.

Nous travaillerons également ensemble sur le sujet des aidants familiaux qui sont, Madame la Présidente, souvent des aidantes, des femmes pour lesquelles, je le sais, nous aurons à faire beaucoup et je sais que vous êtes très engagée sur ces questions. Moi aussi, cela tombe très bien.

Et nous agirons pour que les personnes handicapées mentales puissent accéder aux loisirs, à la culture, au sport afin de développer leur autonomie et leur vie sociale.

Nous sommes guidés par un impératif, que les personnes handicapées soient systématiquement associées à tout ce qui les concerne. Je crois que cet impératif, c'est la philosophie même de votre Mouvement. Ce que nous voulons, c'est qu'ils soient acteurs de leur propre destin et reconnus citoyens à part entière, ce que nous voulons surtout, c'est que la société toute entière change de regard sur ceux qui sont vos enfants, vos parents, vos proches.

Mesdames, Messieurs, convaincue que l'autonomie des personnes handicapées et des personnes âgées constitue un enjeu de société majeur qui signe l'ambition de notre pacte républicain de solidarité et de cohésion sociale, je veux agir dès maintenant. Sachez que je serai une Ministre engagée. Pour cela, je souhaite, avec le soutien du Premier Ministre, Jean-Marc AYRAULT, impliquer chaque Ministre, chaque élu local, chaque association, chaque citoyen pour que change la vision sur le handicap. Je veux que nous fassions du handicap un facteur d'innovations et de progrès de l'ensemble de la société. Dans ces défis et dans ces combats, j'ai besoin de vous. Je sais que je peux compter sur votre soutien et sur l'engagement de chacun d'entre vous. Je relève le défi que vous m'avez donné à la fin, oui on s'engage et on s'engage ensemble.


Merci, merci à tous.


Source http://www.unapei.org, le 7 juin 2012

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