Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans "Aujourd'hui en France" du 9 août 2012, sur l'action de la France face à la situation politique et humanitaire en Syrie. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans "Aujourd'hui en France" du 9 août 2012, sur l'action de la France face à la situation politique et humanitaire en Syrie.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti :
Q - Avez-vous été surpris par l'intervention de Nicolas Sarkozy ?

R - Je suis étonné que M. Sarkozy souhaite susciter une polémique sur un sujet aussi grave, alors qu'on attendrait autre chose de la part d'un ancien président. Sur le fond, la situation de la Syrie est évidemment très différente de celle de la Libye. D'abord, d'un point de vue géostratégique puisque la Syrie est entourée, comme chacun devrait le savoir, de l'Irak, du Liban (avec les conséquences sur Israël), de la Turquie et de la Jordanie. Les situations militaires ne sont pas du tout les mêmes : la Syrie dispose de stocks d'armes importants, notamment chimiques. Les différences sont si manifestes qu'aucun pays n'a demandé ni souhaité une intervention militaire, ce qui n'était pas le cas pour la Libye. Tout ceci fait que je suis en effet surpris qu'on puisse avoir exercé d'importantes responsabilités et livrer une analyse aussi rapide...

Q - La France manque-t-elle d'initiative ?

R - Nous ne sommes pas inactifs. Nous avons été les premiers, d'ailleurs avec la Ligue arabe, à réunir dans une union les Amis du peuple syrien. Nous avons soutenu des résolutions au Conseil de sécurité de l'ONU qui, malheureusement, ont été barrées pas la Russie et la Chine. Nous avons par ailleurs décidé d'amplifier notre soutien humanitaire : je serai la semaine prochaine en Jordanie avec nos amis marocains pour installer un hôpital militaire, et je me rendrai ensuite au Liban et en Turquie. À la fin du mois, je présiderai ensuite une réunion du Conseil de sécurité. Puisqu'il est très difficile d'avancer sur le plan politique, au moins qu'on le fasse sur le plan humanitaire.

(…)


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 août 2012

Rechercher