Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à BFM TV - RMC le 22 août 2012, sur les cent premiers jours de François Hollande, le coût du carburant, le financement de la protection sociale, le relèvement du plafond du livret A, le budget 2013, l'avenir de la zone euro, les contrats d'avenir et le démantèlement des campements de Roms. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à BFM TV - RMC le 22 août 2012, sur les cent premiers jours de François Hollande, le coût du carburant, le financement de la protection sociale, le relèvement du plafond du livret A, le budget 2013, l'avenir de la zone euro, les contrats d'avenir et le démantèlement des campements de Roms.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN La rentrée, c’est maintenant, publiquement, pour vous, Jean-Marc AYRAULT. Bonjour.

JEAN-MARC AYRAULT Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN Merci d’être avec nous. Vous êtes sur RMC et BFM TV. Vous allez répondre à toutes les questions qui concernent directement les Français, évidemment, les deux premières préoccupations, parce que les présidents changent, les gouvernements changent, mais pas les préoccupations des Français, pouvoir d’achat et emploi. Nous allons abondamment parler de ces questions-là, mais tout de suite, question sur la Syrie, est-ce que vous croyez franchement à une démission possible de Bachar EL-ASSAD ?

JEAN-MARC AYRAULT Il faut y arriver, vous savez, la diplomatie française, avec Laurent FABIUS et sous l’autorité du président de la République, fait un travail absolument intense, qui n’est pas toujours visible, c’est ça le travail diplomatique. Et quel est l’objectif ? C’est de trouver les conditions d’une transition politique, et pas dans le cas où…

JEAN-JACQUES BOURDIN Diplomatique ?

JEAN-MARC AYRAULT Oui, parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN Ça veut dire qu’une intervention militaire est impossible, Jean-Marc AYRAULT ?

JEAN-MARC AYRAULT Franchement, d’abord, je voudrais dire une chose très précise, c’est la décision du président de la République, depuis le début de la prise de fonction, c’est qu’il n’y a aucun engagement militaire de la France sans qu’il y ait une décision des Nations Unies, dans le cadre du droit international…

JEAN-JACQUES BOURDIN Donc rien n’est possible…

JEAN-MARC AYRAULT Aujourd’hui, le conseil de sécurité, qui d’ailleurs se réunit le 30, ne va pas décider une intervention militaire. Mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous avez entendu les critiques de l’ancien président de la République.

JEAN-MARC AYRAULT Oui, mais j’ai entendu aussi ce qu’a dit François FILLON, l’ancien Premier ministre, son ancien Premier ministre, mon prédécesseur, qui dit que, une intervention militaire en Syrie serait une erreur stratégique. Donc ça veut dire que, on doit s’y prendre autrement, parce que, quel est le résultat d’une intervention militaire, c’est-à-dire, se mettre en guerre, en état de guerre, la France, et les Etats-Unis n’y sont favorables, vous connaissez la position russe, malheureusement, qui est très bloquée, pas seulement sur l’aspect militaire, et puis, celle de la Chine, donc conseil de sécurité. Mais il faut faire attention, on a l’exemple de l’Irak, il y a eu la guerre décidée par le seul George BUSH…

JEAN-JACQUES BOURDIN 2003…

JEAN-MARC AYRAULT Oui, nous étions contre, nous avions eu raison. Ça a été le chaos ensuite. Après, il y a eu la Lybie, il fallait sauver la population de Benghazi, ça, c’était juste. Mais en même temps, vous voyez les conséquences ensuite, toutes les armes qui sont en circulation, notamment au Sahel. Donc quand on prend une décision face à une situation extrêmement violente, extrêmement douloureuse pour le peuple syrien, il faut faire très attention et réfléchir. Ce que nous souhaitons dans cette région très instable, l’Iran, la relation avec Israël, j’ai parlé de l’Irak, on pourrait parler du Liban, ce qui se passe aussi dans certains pays arabes, je pense à l’Egypte, attention à ce que l’on fait, et en même temps, on ne peut pas laisser tomber les Syriens. Donc action humanitaire de la France, elle est très forte, action politique pour trouver une solution d’une transition politique, elle est très forte, et sur le plan militaire, ce que nous faisons, nous avons répondu à la demande du conseil national syrien et de la résistance syrienne d’envoyer un certain nombre d’éléments, mais non létaux, comme on dit, c’est-à-dire qui ne tuent pas, mais des moyens de communication et des moyens, je dirais, de protection. Donc on n’est pas, je dirais, impassible par rapport à ce qui se passe, et vous voyez que les choses sont en train de bouger, je ne dis pas que c’est gagné, mais ce qui est très important, c’est que, demain, ce qui se met en place en Syrie soit un gouvernement de transition, et qui associe toutes les composantes de la société syrienne pour éviter des règlements de compte, notamment vis-à-vis des minorités.

JEAN-JACQUES BOURDIN Cent jours pour presque rien, cent jours pour presque rien, Jean-Luc MELENCHON a frappé fort, est-ce qu’il souhaite que votre gouvernement échoue ?

JEAN-MARC AYRAULT Ecoutez, je n’en sais rien, mais Jean-Luc MELENCHON devrait avoir peut-être un peu plus de lucidité, c’est vrai que quand on revient de cinq semaines de vacances au Venezuela, avec monsieur CHAVEZ, peut-être qu’on manque un peu de connaissance réelle de la situation de la France et de l’Europe, donc ce n’est pas la peine d’employer des grands mots et des formules toutes faites, il faut se confronter au réel, et nous, qui sommes au pouvoir, et en tout cas, c’est ma feuille de route, celle du président de la République, celle qu’il m’a donnée et celle du gouvernement, c’est de réussir le redressement du pays, et je dis bien « le redressement », ça veut dire que notre pays s’est affaibli sur le plan économique, sur le plan industriel, sur le plan social, sur le plan de son influence, c’est réussir le redressement du pays, donc ça, ça demande beaucoup d’efforts, ça demande du temps, ça demande aussi de la justice…

JEAN-JACQUES BOURDIN D’ailleurs, vous demandez du temps ce matin.

JEAN-MARC AYRAULT Je ne demande pas du temps, pour moi, je demande… je dis deux choses…

JEAN-JACQUES BOURDIN Parce qu’il y a une impatience qui est grandissante…

JEAN-MARC AYRAULT Absolument…

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous la voyez, vous l’entendez…

JEAN-MARC AYRAULT Elle est compréhensible, elle est compréhensible, il y a l’augmentation du prix de l’essence, donc ça veut dire quoi…

JEAN-JACQUES BOURDIN On va en parler…

JEAN-MARC AYRAULT Problème du pouvoir d’achat…

JEAN-JACQUES BOURDIN Dans un instant, oui…

JEAN-MARC AYRAULT Ça veut dire un certain nombre de plans sociaux, ça veut dire une industrie qui s’est dégradée, une Education nationale qu’il faut reconstruire. Tous ces chantiers, nous voulons les engager dans la durée…

JEAN-JACQUES BOURDIN Parce que, jusqu’à maintenant, vous avez détricoté ce qu’avait fait le précédent gouvernement…

JEAN-MARC AYRAULT Non, non, non, nous avons supprimé les injustices, et qu’est-ce qu’on a fait, non mais, qu’est-ce qu’on a fait quand même, je voudrais quand même le rappeler, tous les engagements qui avaient été pris par le président de la République pour améliorer la vie des Français, la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes, l’augmentation de rentrée scolaire pour les familles modestes, cinq millions d’enfants, pour là, ça y est, c’est versé maintenant, l’augmentation du Smic, le coup de pouce, certains ont trouvé que ce n’était pas assez et d’autres que c’était trop, mais on l’a fait, l’encadrement des loyers, toutes ces mesures ont été prises, la diminution du salaire du président de la République, du Premier ministre et des membres du gouvernement, l’exemplarité…

JEAN-JACQUES BOURDIN Décret ?

JEAN-MARC AYRAULT Oui, tout ça a été décidé…

JEAN-JACQUES BOURDIN Le décret…

JEAN-MARC AYRAULT Maintenant, il s’agit d’engager des réformes en profondeur, de continuer à s’occuper des urgences, les urgences, c’est les plans sociaux…

JEAN-JACQUES BOURDIN Alors les engagements…

JEAN-MARC AYRAULT Y compris pendant les vacances, je peux vous le dire, moi, j’ai suivi le dossier DOUX, il y a maintenant le dossier PEUGEOT, il y a d’autres…

JEAN-JACQUES BOURDIN Il y a le dossier FRALIB, d’autres dossiers, oui…

JEAN-MARC AYRAULT Nous ne sommes pas, là, en train d’observer les événements, nous sommes dans l’action…

JEAN-JACQUES BOURDIN Bon, alors, vous allez vous engager…

JEAN-MARC AYRAULT Nous sommes dans l’action, et en même temps, je le répète, le redressement du pays, la cohérence de notre politique, ce n’est pas l’agitation permanente.

JEAN-JACQUES BOURDIN Alors, vous allez vous engager, le pouvoir, les carburants, est-il vrai que vous envisagez un gel des prix ?

JEAN-MARC AYRAULT Nous envisageons des mesures qui seront très claires, qui seront prises, alors dans le calendrier qui avait été décidé avant les vacances, le 24…

JEAN-JACQUES BOURDIN Engagement de François HOLLANDE : nous gèlerons les prix si les prix augmentent…

JEAN-MARC AYRAULT Le 24… alors, je vous rappelle que quand il a été élu président de la République, les prix étaient en train de baisser, donc tout le monde a compris que ça n’était pas nécessaire de les bloquer…

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, mais maintenant, c’est nécessaire ?

JEAN-MARC AYRAULT Et aujourd’hui… vous savez à quel niveau ils sont rendus, donc il y a des mesures à prendre. Le ministre de l’Economie et des finances, Pierre MOSCOVICI, comme prévu, avant les vacances – je le répète – reçoit un rapport le 24, donc c’est dans cette semaine, ensuite, il rencontre les associations de consommateurs, et il rencontre les producteurs, les distributeurs. Le gouvernement prendra ses responsabilités, c’est-à-dire qu’il prendra une mesure qui diminuera, et en particulier au niveau fiscal, le coût du carburant, ça sera sa part, mais il demandera…

JEAN-JACQUES BOURDIN Alors, ça sera quoi ?

JEAN-MARC AYRAULT Alors, je ne vous le dis pas encore…

JEAN-JACQUES BOURDIN Non, ça sera quoi, instauration d’une TIPP flottante ?

JEAN-MARC AYRAULT Non, pour l’instant, ça sera une mesure unilatérale, unilatérale, de baisse…

JEAN-JACQUES BOURDIN Allègement provisoire des taxes ?

JEAN-MARC AYRAULT Oui, une diminution, mais ça sera la part de l’Etat, et qui demandera…

JEAN-JACQUES BOURDIN Diminution donc des taxes ?

JEAN-MARC AYRAULT Et qui demandera… oui, mais ça sera modeste, et ça sera provisoire…

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, provisoire, diminution provisoire des taxes…

JEAN-MARC AYRAULT Et puis, et ce qui nous permettra aussi de demander aux producteurs et aux distributeurs leur propre part d’efforts, ça s’est fait dans d’autres pays. Et puis, ce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN Donc pas de gel des prix ?

JEAN-MARC AYRAULT Ce que nous voulons…

JEAN-JACQUES BOURDIN Pas de gel des prix, Jean-Marc AYRAULT ?

JEAN-MARC AYRAULT Gel des prix, si vous gelez les prix pendant trois mois, et puis, que vous les laissez repartir après, vous n’avez rien résolu…

JEAN-JACQUES BOURDIN Donc vous écartez l’idée du gel des prix…

JEAN-MARC AYRAULT J’ai écouté vos auditeurs ce matin, et ils vont dans ce sens…

JEAN-JACQUES BOURDIN Ça veut dire que les taxes seront provisoirement baissées.

JEAN-MARC AYRAULT En attendant de mettre en place un mécanisme qui régule le prix du carburant. Deuxième chose que je voudrais dire, j’ai vu que ça s’était fait dans d’autres pays, c’est de mettre en place un organisme, auquel je pense que les consommateurs devraient être associés, de surveillance de l’élaboration du prix, c’est-à-dire, à combien…

JEAN-JACQUES BOURDIN Ça existe en Allemagne…

JEAN-MARC AYRAULT Oui, à combien achètent les distributeurs, réellement, à chaque fois qu’ils achètent, et à combien ils vendent, pour que, il n’y ait pas, je dirais, cet effet d’aubaine qui peut exister. Donc la transparence totale. Ensuite, moi, je crois qu’il faut dire les choses avec franchise aux Français, on voit bien que le prix augmente, pourquoi il augmente, il augmente parce que l’euro a baissé, et comme nous achetons en dollars, on achète plus cher, deuxièmement, il y a aussi une situation, je dirais, d’instabilité, on l’a évoqué tout à l’heure à l’échelle des pays producteurs, ça crée une inquiétude, ça fait monter les prix, et puis ensuite, je pense qu’il faut être honnête, si on se projette dans l’avenir, si on se projette à dix ans, vingt ans, le prix de l’énergie fossile va augmenter. Donc il faut être aussi cohérent, c’est-à-dire qu’il faut trouver des solutions alternatives, ça ne sera pas du jour au lendemain, mais que ça soit pour les gens qui vont travailler, des solutions de transports en commun, parce que là, il n’y en a pas assez en France, il y a des zones entières qui ne sont pas couvertes, et puis, par ailleurs, je vous rappelle que nous avons soutenu un plan automobile en juillet, avec le soutien à la filière de la voiture électrique et de la voiture hybride, donc il faut aller dans ce sens. Il y a le court terme, je le répète encore une fois, et il y a les réformes de structure.

JEAN-JACQUES BOURDIN Bien, Jean-Marc AYRAULT, puisqu’on parle de pétrole et de gaz, est-ce que vous envisagez d’interdire définitivement l’exploitation du gaz de schiste ?

JEAN-MARC AYRAULT Pour l’instant, tous les permis d’exploitation de gaz de schiste avec le système, ce qu’on appelle la fracturation hydraulique, qui a des effets dévastateurs...

JEAN-JACQUES BOURDIN Mais, est-ce que vous voulez interdire l’exploitation du gaz de schiste, quel que soit le système ?

JEAN-MARC AYRAULT Ecoutez, moi je pense qu’il faut, là aussi, dire la vérité. Le débat, il n’est pas tranché, il n’est pas tranché.

JEAN-JACQUES BOURDIN Pour vous, il n’est pas tranché ?

JEAN-MARC AYRAULT Non, il n’est pas tranché, pour la raison suivant, c’est que le 14 septembre va s’ouvrir une conférence environnementale, qui travaillera aussi sur la transition énergétique, qui travaillera sur la question de la biodiversité, et tout sera mis sur la table. Donc, la fracturation hydraulique, j’en ai parlé, ça c’est interdit, il n’y a aucune autorisation donnée. Par contre, il faut qu’on mette sur la table les différentes solutions qui pourraient exister, et faut-il les utiliser, qui ne seraient pas polluantes, donc qui ne seraient pas dégradantes de l’environnement et de la qualité des paysages, si ça existe. Pour l’instant je ne vois pas les solutions technologiques. Si elles existent, il faudra les mettre dans le débat, dans le débat public, et ensuite on tranchera.

JEAN-JACQUES BOURDIN A partir du 14 septembre. Bien. Est-ce que vous envisagez un allègement des charges sur les salaires compris entre 1 fois et 1,6 fois le SMIC ?

JEAN-MARC AYRAULT Mais c’est déjà le cas, il y a déjà des allégements qui sont…

JEAN-JACQUES BOURDIN D’autres allégements ?

JEAN-MARC AYRAULT Non. Ce qui vaut…

JEAN-JACQUES BOURDIN Non ? J

EAN-MARC AYRAULT Laissez-moi expliquer un instant, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN Allez-y.

JEAN-MARC AYRAULT Nous avons, j’ai confié, le gouvernement a confié, à Louis GALLOIS, une mission. Louis GALLOIS, vous vous souvenez, c’est l’ancien patron d’EADS et d’AIRBUS.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, bien sûr.

JEAN-MARC AYRAULT Qui est en même temps commissaire général auprès de moi, chargé des investissements d’avenir – une mission sur les conditions pour rétablir la compétitivité de nos entreprises, et en particulier de notre industrie.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, on va y venir.

JEAN-MARC AYRAULT En octobre il va remettre son rapport, ensuite nous prendrons des décisions. Ce qui est sûr c’est que, à l’évidence, vont apparaître, c’est ma conviction, qu’il faut davantage investir, qu’il faut davantage soutenir l’innovation et la recherche, mais qu’il y aura un problème sur le coût du travail. Donc là il y aura des décisions à prendre. Décisions que le gouvernement prendra, et qui seront, avant d’être prises…

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous baisserez le coût du travail ?

JEAN-MARC AYRAULT Ce n’est pas comme ça qu’il faut poser la question. Nous mettons en discussion aussi, avec les partenaires sociaux, cette discussion va être engagée à la fin de l’année, comment financer notre système de protection sociale ? Est-ce qu’il faut qu’il soit financé uniquement en s’appuyant sur les salaires, ou est-ce qu’il peut s’appuyer sur d’autres ressources ? Le débat est ouvert. Eh bien, je vous le dis, il sera tranché, parce que moi je ne me résigne pas…

JEAN-JACQUES BOURDIN Est-ce que vous êtes favorable à une augmentation de la CSG par exemple ?

JEAN-MARC AYRAULT Il y a plusieurs formules…

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui ou pas ?

JEAN-MARC AYRAULT Non, je ne veux pas vous répondre, parce que le débat n’est pas tranché, nous avons ouvert le champ des possibles…

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous ne dites pas « non » à une augmentation de la CSG ?

JEAN-MARC AYRAULT Je ne dis pas non, je dis simplement que la question posée, faut-il que la protection sociale, que nous voulons sauver, c'est-à-dire à la fois la santé, la retraite, la politique familiale, est-ce que tout ça doit être financé uniquement appuyé sur les salaires ?

JEAN-JACQUES BOURDIN Il y avait la TVA sociale.

JEAN-MARC AYRAULT Alors, nous l’avons abandonnée parce que nous l’avons considérée comme très injuste, nous avons d’ailleurs redonné du pouvoir d’achat aux ménages, je vous le rappelle.

JEAN-JACQUES BOURDIN Alors, TVA sociale, la CSG, on ne voit pas trop quelles sont les autres solutions.

JEAN-MARC AYRAULT Eh bien il y a d’autres hypothèses, on n’est pas obligé de tout baser sur le travail, je viens de vous le dire. En tout cas le débat est ouvert, et nous ne restons pas inertes, et nous prendrons nos responsabilités au premier trimestre 2013. Mon objectif, et celui du gouvernement, vous savez, c’est quand même de relever le défi de redressement productif. Vous savez, notre commerce extérieur c’est 70 milliards de déficit, 70 milliards, alors sur ces 70 milliards il y a l’énergie, j’en ai parlé tout à l’heure, 45 milliards, mais il y a quand même 25 milliards qui correspondent à des importations supérieures à nos exportations. On a un problème en ce qui concerne nos exportations, on a des bonnes entreprises, mais elles sont souvent trop petites, elles sont souvent mal accompagnées, elles ont souvent des difficultés de financement. Il faut aussi que nos relais d’ambassades, notre diplomatie les aide davantage. Eh bien l’objectif, je vous le dis, l’ambition qu’est la nôtre, celle du gouvernement, c’est qu’à la fin du quinquennat, donc dans 5 ans, cette part, qui est déficitaire, de notre commerce extérieur, soit réduite à zéro. C’est un engagement qui est très très fort. Et quant à l’énergie, la transition énergétique…

JEAN-JACQUES BOURDIN Le candidat, alors on va parler de tout ça…

JEAN-MARC AYRAULT L’efficacité énergétique, les énergies renouvelables.

JEAN-JACQUES BOURDIN On va parler de tout cela dans 2 minutes, Jean-Marc AYRAULT, le candidat HOLLANDE avait prévu la création d’un Livret d’Epargne Industrie pour financer les PME et les entreprises innovantes, est-ce qu’il va être créé ? On va parler évidemment du Livret A, et on va parler de la croissance et de tous les sujets budgétaires…

JEAN-MARC AYRAULT Nous en avons parlé déjà.

JEAN-JACQUES BOURDIN De tous les sujets budgétaires qui vous préoccupent et qui vous occupent, dans 2 minutes, sur RMC et BFM TV. A tout de suite. [08h45] J

EAN-JACQUES BOURDIN Jean-Marc AYRAULT est notre invité ce matin. Alors la création de ce livret d’épargne industrie pour financer les PME et les entreprises innovantes : quand ?

JEAN-MARC AYRAULT Maintenant.

JEAN-JACQUES BOURDIN C'est-à-dire, « maintenant » ?

JEAN-MARC AYRAULT Parce que une augmentation sera faite au conseil des ministres aujourd'hui sur le Livret A, mais je vous rappelle qu’il y a le Livret A et le livret développement durable. Le livret développement durable, il est prévu pour financer…

JEAN-JACQUES BOURDIN C’est ce livret d’épargne industrie, c’est pareil.

JEAN-MARC AYRAULT Les financements des petites entreprises et là, nous voulons le doubler. C’est un engagement du président de la République. Ce sera fait.

JEAN-JACQUES BOURDIN 6 000 à 12 000.

JEAN-MARC AYRAULT Oui, ce sera fait. En ce qui concerne le Livret A, c’est pour financer le logement social et aussi les interventions sur la politique de la ville et là, il y a des besoins de financement parce que… Alors certains disent, j’écoutais sur votre radio ce matin, qu’il n’y en a pas besoin parce qu’il y a assez d’argent à la CAISSE DES DEPOTS. Mais en fait ce commentaire c’est un commentaire en fonction de la situation actuelle des besoins, mais nous avons l’ambition de construire 150 000 logements sociaux par an.

JEAN-JACQUES BOURDIN À condition de trouver des terrains, Jean-Marc AYRAULT.

JEAN-MARC AYRAULT Eh bien, l’Etat, l’Etat… Je rappelle que l’engagement a été pris de mettre à disposition gratuitement pour les communes qui vont construire du logement social les terrains de l’Etat, qu’un projet de loi va être présenté au Parlement, là maintenant, dans les quelques jours qui viennent, pour mettre tout ça en oeuvre. C'est-à-dire que là maintenant, on n’est plus simplement dans l’annonce : on est dans l’action. Et donc, l’argent des épargnants – les Français épargnent beaucoup – l’objectif, c’est que ce soit utile. Utile au pays, utile à la croissance, utile aux entreprises en particulier les PME et les PMI qui ont plus besoin que les autres de financement…

JEAN-JACQUES BOURDIN Et qui n’en trouvent pas souvent auprès des banques. De certaines.

JEAN-MARC AYRAULT Utile au logement, utile à l’aménagement de nos territoires. Voilà ce que nous allons faire, c'est-à-dire la finance au service de l’économie, de l’emploi. C’est la même chose sur la réforme bancaire parce qu’on nous dit : « Vous ne faites pas la réforme bancaire », mais elle va être faite la réforme bancaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN « On nous dit » : c’est Jean-Luc MELENCHON qui vous dit. Et pas le seul d’ailleurs. Il n’est pas le seul, il n’est pas le seul.

JEAN-MARC AYRAULT Mais Jean-Luc MELENCHON, je ne vais pas faire un commentaire permanent sur Jean-Luc MELENCHON.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, on est bien d’accord.

JEAN-MARC AYRAULT Mais Jean-Luc MELENCHON confond cent jours avec cinq ans. C’est sont problème. Il n’a pas été élu président de la République, il n’a même pas été élu député.

JEAN-JACQUES BOURDIN Bien. Jean-Marc AYRAULT, le Livret A : doublé, le plafond ?

JEAN-MARC AYRAULT Nous allons augmenter déjà de 25 %. Ça correspond à un besoin.

JEAN-JACQUES BOURDIN Quand 25 % ?

JEAN-MARC AYRAULT Là, ce sera annoncé ce matin au conseil des ministres.

JEAN-JACQUES BOURDIN 25 % tout de suite, là.

JEAN-MARC AYRAULT Tout de suite. Et puis je vous ai dit le livret de développement durable, on le double.

EAN-JACQUES BOURDIN Et 50 % quand ?

JEAN-MARC AYRAULT Eh bien en fonction des besoins. Ce n’est pas difficile de monter en puissance.

JEAN-JACQUES BOURDIN 25 % pour l’instant. La promesse était de doubler, promesse de François HOLLANDE.

JEAN-MARC AYRAULT Oui, c’était de doubler mais je vous rappelle que le mandat du président de la République, c’est cinq ans. Ce n’est pas, encore une fois, cent jours. Il faut le faire en fonction des besoins.

JEAN-JACQUES BOURDIN Et les sommes qui dépasseront 15 300 euros puisque c’est le plafond actuel, seront-elles soumises à prélèvements sociaux ?

JEAN-MARC AYRAULT Alors, cette décision n’est pas prise. Je vous rappelle que nous avons le budget 2013 qui est en préparation, dont la première partie est déjà bouclée. Avant de partir en vacances le 1er août, j’ai signé toutes les lettres-plafonds à chaque ministre. Nous savons que nous avons des efforts à faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN C’est une possibilité.

JEAN-MARC AYRAULT Oui, je termine. Nous avons des efforts à faire pour maîtriser nos comptes publics. Déjà 2012, on rentre dans les 4,5 % que le président de la République s’était engagé concernant le déficit. Pour 2013, l’objectif est de 3 %. Equilibre à l’horizon 2017.

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous tiendrez ces 3 % ?

JEAN-MARC AYRAULT Oui, il faut les tenir.

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous tiendrez ces 3 % ? Est-ce que vous avez vu qu’aux Pays Bas…

JEAN-MARC AYRAULT Oui, j’ai vu ça. Mais attendez, c’est une…

JEAN-JACQUES BOURDIN On va voter le 12 septembre. Les socialistes sont favoris et ils disent : « Non, non, non, non. Non, non, les 3 % nous, on abandonne cet objectif des 3 % »

JEAN-MARC AYRAULT Ecoutez, si moi je dis ça en tant que chef de gouvernement français, si c’est pour demain que les marchés financiers décident à la place des Français, moi je dis non. Je dis non parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN Donc vous dites 3 % en 2013, nous tiendrons cet objectif.

JEAN-MARC AYRAULT C’est notre objectif et nous avons commencé à le faire…

JEAN-JACQUES BOURDIN Il va falloir que vous trouviez de l’argent maintenant.

JEAN-MARC AYRAULT Puisque les lettres-plafonds que j’ai signées à tous les ministres, c’est diminution de la dépense publique, puisqu’il y a un effort sur la dépense, et puis maintenant on va passer au volet fiscal. Il y aura, pour atteindre ces objectifs, un équilibre permanent entre d’un côté les économies, et de l’autre côté les efforts fiscaux basés sur la justice.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui mais votre budget est basé sur une croissance de 1,2 %, alors 1,2 % en 2013.

JEAN-MARC AYRAULT C’étaient nos prévisions. On s’adaptera en fonction de l’évolution.

JEAN-JACQUES BOURDIN Franchement, vous croyez à 1,2 ?

JEAN-MARC AYRAULT Je ne peux pas vous dire aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui. JEAN-MARC AYRAULT Je ne peux pas vous dire aujourd'hui parce que ça ne se décrète pas, les hypothèses de croissance.

JEAN-JACQUES BOURDIN On est bien d’accord.

JEAN-MARC AYRAULT Nous, on nous disait il y a quelques jours : « La France est en récession » et finalement la Banque de France et l’INSEE ont montré que ce n’était pas le cas.

JEAN-JACQUES BOURDIN Et si la croissance est moins forte, vous faites quoi ?

JEAN-MARC AYRAULT On s’adaptera, mais on s’adaptera.

JEAN-JACQUES BOURDIN Nouveaux prélèvements ? Nouveaux impôts ?

JEAN-MARC AYRAULT Non, je vous l’ai dit : équilibre entre les économies que l’on doit faire sur la dépense publique et de l’autre côté une fiscalité qui doit être juste. C’est d’ailleurs pour ça que dès 2013, vous allez voir mise en oeuvre une réforme fiscale : la réforme de l’impôt sur le revenu c'est-à-dire une plus grande progressivité. Les hauts revenus seront plus appelés, il y aura une tranche supérieure. Et puis par ailleurs, les revenus du capital et du patrimoine seront imposés comme les revenus du travail. Ça, c’est la réforme que nous avions annoncée. 2013, c’est maintenant et ça se prépare.

JEAN-JACQUES BOURDIN Bien. Le traité budgétaire européen présenté à l’ Assemblée nationale fin septembre, je crois. J

EAN-MARC AYRAULT Ce sera très vite maintenant, oui, en effet, avec le paquet relance.

JEAN-JACQUES BOURDIN Projet de loi présenté quoi ?

JEAN-MARC AYRAULT Le 19 septembre.

JEAN-JACQUES BOURDIN 19 septembre. Des députés socialistes qui ont déjà dit qu’ils ne voteraient pas ce traité.

JEAN-MARC AYRAULT Oui. Je crois que ce n’est pas possible. Quand on est dans la majorité, qu’on soutient le président de la République, on doit être solidaire. Alors peut-être qu’il y a un… J’ai lu quelques-uns…

JEAN-JACQUES BOURDIN Notamment des députés proches d’un de vos ministres, Benoît HAMON.

JEAN-MARC AYRAULT Eh bien il y a là aussi une pédagogie à faire. Je voudrais dire aussi aux auditeurs, pas seulement à ces quelques députés qui, j’espère, prendront leurs responsabilités parce qu’ils savent bien qu’ils ont été élus après l’élection de François HOLLANDE, et qu’ils lui doivent aussi leur élection. Mais ce n’est pas seulement qu’on doit à une élection : c’est la question de la responsabilité. Où en serions-nous aujourd'hui si François HOLLANDE n’avait pas été élu président de la République ? Est-ce que la situation en Europe serait la même ? Est-ce que nous aurions tenu le paquet croissance que nous avons obtenu à la fin du mois de juin au conseil européen ? Eh bien je vous dis que nous ne l’aurions pas obtenu. Les affaires étaient déjà réglées alors que le président SARKOZY était encore au pouvoir, donc nous avons fait bouger les lignes en Europe. Avons-nous obtenu tout ce que nous voulions ? À l’évidence non. Le travail est-il terminé ? À l’évidence non. Le président de la République est demain à Berlin où il va rencontrer madame MERKEL et où ils auront à discuter de l’avenir de la zone euro. Ils vont parler aussi de la Syrie, bien sûr, mais la zone euro ce n’est pas seulement les équilibres budgétaires – nous devons les tenir – mais c’est aussi la croissance. Et donc il va falloir qu’ils discutent ensemble de ce qu’on peut faire pour que la croissance soit encore davantage au rendez-vous qu’elle ne l’est et que la Banque Centrale Européenne, si nécessaire joue pleinement son rôle. Là c’est ouvert, les choses sont en train de bouger.

JEAN-JACQUES BOURDIN Bien. J’ai quelques questions directes…

JEAN-MARC AYRAULT Et ça, ça la France va continuer à défendre son point de vue sans aucune résignation.

JEAN-JACQUES BOURDIN Jean-Marc AYRAULT, 100 000 contrats d’avenir.

JEAN-MARC AYRAULT 150 000 contrats d’avenir.

JEAN-JACQUES BOURDIN 150 000 même contrats d’avenir. Alors quand ?

JEAN-MARC AYRAULT Le projet de loi qui sera déposé le 29 août au conseil des ministres sera mis à l’ordre du jour dès la fin septembre à l’Assemblée nationale pour créer tout de suite un nouveau contrat de travail pour les jeunes.

JEAN-JACQUES BOURDIN Réservé au seul secteur public ou à certaines entreprises ?

JEAN-MARC AYRAULT Pour l’essentiel au secteur public, et en tous cas le secteur non marchand, notamment des associations ou des sociétés mutualistes, sociétés à but non lucratif. Et on va faire une expérimentation dans le secteur privé mais à la marge pour les secteurs de services aux personnes. C'est-à-dire l’aide aux personnes âgées, des choses comme ça, mais ça sera évidemment limité parce que dans le secteur des services aux personnes…

JEAN-JACQUES BOURDIN Les jeunes de 16-25 ans concernés, c’est cela ?

JEAN-MARC AYRAULT Absolument. Vous savez qu’il y a un vrai drame social que connaît notre pays : c’est l’échec scolaire. C’est tous ces jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme ou sans aucune qualification, sans parler de ceux qui ont une formation et qui ne trouvent pas de travail. On parlait l’autre jour de la situation dans certains quartiers, on parlait d’Amiens : il y a des problèmes d’insécurité, il faut les traiter, mais il y a aussi des problèmes de misère. Quand vous êtes à 45 % de chômeurs, ça n’est plus supportable donc nous, nous souhaitons évidemment le redressement productif du pays, la relance économique mais on ne va pas attendre que tout cela ait porté ses fruits. Il faut agir tout de suite et agir tout de suite c’est les emplois d’avenir, c’est le contrat de génération qui est en cours de négociation avec les partenaires sociaux. Tout cela sera à l’ordre du jour du Parlement avant la fin de l’année, donc le budget 2013 va financer tout ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN Les Roms : des camps démantelés, d’accord, mais des solutions alternatives doivent être prises, annoncées. C’est ce que disait François HOLLANDE.

JEAN-MARC AYRAULT Je préside un conseil interministériel cet après-midi à Matignon avec tous les ministres concernés – ministre de l’Intérieur, ministre des Affaires sociales, ministre de la Santé, du Logement, de la Politique de la ville. Bref ! Mais il faut regarder les choses en face, c'est-à-dire que vous avez dans un certain nombre de villes – c’était le cas à Lille mais c’est vrai aussi à Paris, c’est vrai à Toulouse, c’était aussi le cas d’Angers qui a connu ces situations. Vous avez des situations qui se sont développées, on pourrait appeler ça des bidonvilles, sur des terrains occupés par…

JEAN-JACQUES BOURDIN C’est inacceptable ?

JEAN-MARC AYRAULT Ce n’est pas acceptable parce que d’abord, c’est de façon illégale donc il y a des décisions de justice : elles doivent être appliquées.

JEAN-JACQUES BOURDIN Donc vous soutenez Manuel VALLS dans ses décisions.

JEAN-MARC AYRAULT Je soutiens la cohérence d’une politique dans laquelle tous les ministres participent.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui mais les solutions, où sont-elles ces solutions ?

JEAN-MARC AYRAULT Les solutions sont de diverses natures.

JEAN-JACQUES BOURDIN Permettre aux Roms de travailler ? Permettre aux Roms de travailler ?

JEAN-MARC AYRAULT Quand vous avez une occupation illégale d’un terrain, il y a une procédure pour demander l’expulsion de ce terrain. Avant que la justice ne soit prononcée, mettons à profit cette période pour trouver des solutions alternatives. J’avais un exemple encore récent à Paris…

JEAN-JACQUES BOURDIN Mais quelles solutions alternatives ?

JEAN-MARC AYRAULT C’est de trouver des solutions pour loger des gens ailleurs, pas tous les regrouper forcément en même temps.

JEAN-JACQUES BOURDIN Les aider à trouver un logement ? Les aider à trouver un travail ?

JEAN-MARC AYRAULT Alors s’agissant du travail, là on va en rediscuter cet après-midi, puisque vous savez que ces populations, ce sont des citoyens Roumains.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, oui.

JEAN-MARC AYRAULT Ou Bulgares qui sont membres de l’Union européenne, et avant de bénéficier de tous les droits européens ont le droit de circulation en Europe comme tous les citoyens européens comme vous et moi. Par contre s’agissant du travail, il y a une période transitoire qui a été décidée par l’Union européenne jusqu’à la fin 2013, donc qui limite l’accès à certains métiers des populations d’origine roumaine et bulgare.

JEAN-JACQUES BOURDIN Oui. Vous pouvez mettre fin à cette situation avant 2013.

JEAN-MARC AYRAULT On va en discuter cet après-midi.

JEAN-JACQUES BOURDIN Vous y êtes favorable ?

JEAN-MARC AYRAULT Je rappelle qu’il y a une taxe qui est payée par les employeurs. Souvent c’est les emplois que personne ne veut prendre.

JEAN-JACQUES BOURDIN Mais vous y êtes favorable Jean-Marc AYRAULT ?

JEAN-MARC AYRAULT Je suis favorable à une évolution. Je vais d’abord recevoir l’association Romeurope qui est un collectif. Je vais écouter puis ensuite, le gouvernement prendra ses responsabilités mais en même temps, je dis : fermeté, humanité et puis en même temps respect de nos principes républicains et de nos engagements européens. Vous savez, moi j’ai horreur de la démagogie et du simplisme. Je suis face à un problème. Moi, mon devoir c’est de trouver des solutions mais de les faire en fonction de nos principes, de nos règles mais de le faire dans la clarté, dans la fermeté et l’humanité. Eh bien, c’est ce qu’on va faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN Bien. Merci Jean-Marc AYRAULT d’être venu nous voir ce matin…

JEAN-MARC AYRAULT Merci à vous.


Source : Service d'Information du Gouvernement, le 23 août 2012

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