Conférence de presse de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la scolarisation des enfants handicapés, sur le décrochage scolaire et l'accueil des enfants primo-arrivants (itinérants et Roms),¨Paris le 29 août 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la scolarisation des enfants handicapés, sur le décrochage scolaire et l'accueil des enfants primo-arrivants (itinérants et Roms),¨Paris le 29 août 2012.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George.

FRANCE. Ministre de la réussite éducative

Circonstances : Conférence de presse de rentrée à Paris le 29 août 2012

ti : Bonjour. Je souhaite ajouter quelques précisions sur les points qui me concernent plus particulièrement. Nous savons tous, et comme l'a dit Vincent Peillon, que la rentrée scolaire est un moment particulièrement important, et effectivement, nous espérons que cette rentrée se passera mieux que ce que nous pouvions attendre grâce aux mesures d'urgence qui ont été prises, et grâce surtout au professionnalisme de tous les personnels de l'Éducation nationale.

Je souhaite insister tout particulièrement sur la question du handicap. Vous savez que nous avons un nombre croissant d'élèves scolarisés qui sont en situation de handicap, et nous avons souhaité cette année faire en sorte que ces enfants soient mieux accueillis et qu'il y ait, entre autres, suffisamment d'AVS à leurs côtés, qui soient en mesure d'épauler les enseignants.

Nous avons donc 227 000 élèves en situation de handicap, une augmentation qui résulte notamment d'une modification des critères, mais aussi des efforts qui ont été faits pour pouvoir accueillir un maximum d'élèves. Nous savons aussi que les besoins sont toujours nombreux, et il était tout à fait inadmissible, en tout cas de notre point de vue, que les efforts n'aient pas été faits pour prévoir des AVS en nombre suffisant pour pouvoir accueillir ces enfants et les accompagner. Nous souhaitons donc une amélioration quantitative, mais aussi une amélioration qualitative de ces emplois, qui sont destinés à accompagner ces enfants.

C'est la raison pour laquelle, dès le mois de septembre, une réflexion sera menée concernant la formation des personnels qui sont chargés de cette tâche. Nous souhaitons notamment un référentiel métier, et que ce soit un véritable métier organisé qui accompagne les enfants dans les situations de handicap. Evidemment, dans ce travail, nous allons fonctionner en collaboration étroite avec Marie-Arlette Carlotti, qui est chargée de l'exclusion et des personnes handicapées.

Nous voulons aussi, et je crois que là, votre rôle est important, nous voulons aussi sensibiliser les parents et tout le peuple français sur cette idée qu'avoir des enfants en situation de handicap dans les écoles n'est pas, comme on pourrait le craindre parfois, une charge ou un difficulté pour les autres élèves. Au contraire, la présence de ces enfants peut constituer une richesse, parce que pour nos enfants, pour les autres élèves, c'est l'apprentissage à la différence, à la tolérance, à l'ouverture à l'autre et au vivre-ensemble, donc, en cela, c'est un plus pour tout le monde. Et à l'occasion de la journée du handicap du 3 décembre, nous allons essayer de faire en sorte que le regard de tous sur le handicap soit modifié.

Par ailleurs, je voudrais aussi dire un mot des politiques d'éducation prioritaire. Au-delà des différences de vocabulaire qui ont accompagné ces politiques, je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'il y a un manque de lisibilité de ces dispositifs, puisque c'est devenu une sorte de mille-feuilles où, d'année en année, on rajoute des sigles, on rajoute des zones, on rajoute des manières de fonctionner ; et par conséquent, nous nous rendons bien compte que cet empilement de dispositifs n'est pas souhaitable et n'est pas une réussite pour nos enfants. Nous souhaitons faire en sorte que cette politique d'éducation prioritaire soit refondue pour la rendre plus efficace.

Nous ne pouvons pas admettre que dans un certain nombre de quartiers, après tant d'années où on parle d'éducation prioritaire, on se rende compte qu'un certain nombre de lieux sont des lieux de non-réussite, et que par ailleurs, les dispositifs, et donc les politiques qui sont menées depuis tant d'années, aient eu tant de mal à compenser les inégalités. D'année en année, quand on voit les résultats dans les quartiers en éducation prioritaire, on ne peut pas se contenter de ce que les chiffres nous donnent, et par conséquent, il faut remettre à plat les dispositifs. Et donc, en liaison étroite avec le ministère de la Ville, c'est une politique qu'il va falloir repenser, pour essayer de lui donner une meilleure lisibilité, et surtout une meilleure efficacité.

La rentrée est également le moment pour nous de réaffirmer l'engagement pour lutter contre le décrochage scolaire. Là encore, les résultats ne sont pas du tout satisfaisants, et par conséquent il faut que nous essayions d'avoir des réponses qui soient à la hauteur des enjeux.

Evidemment, une politique va être mise en place avec les emplois d'avenir, qui apportera des réponses pour un certain nombre de jeunes sans solution et sans emploi, mais il faut prévenir, il faut qu'au moment où les enfants sont encore chez nous, sont encore à l'école, nous fassions en sorte que les décrochages ne se produisent pas, et que, surtout, il n'y ait pas dans l'orientation quelque chose qui accélère le découragement d'une partie des jeunes face à l'école.

Enfin, nous avons à travailler sur ce qui concerne les primo-arrivants, et à cet égard, je pense notamment aux enfants itinérants et aux enfants Roms dont on parle aujourd'hui. Une circulaire interministérielle a été publiée aujourd'hui, qui rappelle que ces enfants sont sous la protection de la puissance publique, et que par conséquent, leur éducation est notre affaire, aussi bien que celle d'autres enfants, et nous préparons avec la Dgesco une circulaire pour pouvoir aider, au moment de la rentrée, ou inciter en tout cas, les éducateurs et les recteurs à aplanir les difficultés qui existent concernant la scolarisation de ces enfants, parfois pour des questions de domiciliation, parfois pour des questions sociales.

Notre préoccupation, avec les services de l'Éducation nationale, c'est de faire en sorte que ces enfants qui ont juridiquement droit à l'éducation, juridiquement droit à une égalité avec les autres enfants, soient concrètement en mesure d'exercer leur droit d'avoir un enseignement de qualité. Nous aurons prochainement à y travailler, avec les recteurs, pour que l'effectivité des droits soit la règle dans notre pays.


Merci.


Source http://www.education.gouv.fr, le 11 septembre 2012

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