Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la politique générale du gouvernement, à l'Assemblée nationale le 11 septembre 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la politique générale du gouvernement, à l'Assemblée nationale le 11 septembre 2012.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Queston au gouvernement posée par M. Jean-Louis Borloo, député (Union des démocrates et indépendants - UDI) du Nord, à l'Assemblée nationale le 11 septembre 2012

ti : Merci monsieur le Président, monsieur le président Borloo, vous avez assisté à ma déclaration de politique générale et vous m’avez même répondu et j’ai vu dans des déclarations récentes venant de vous alors que vous êtes quelqu’un d’attentif en général, que le gouvernement, le président avaient découvert ces derniers jours le mot « compétitivité », qu’on avait aussi découvert la crise dans laquelle nous nous trouvons, mais le 3 juillet dernier, c’est vrai qu’il y avait tellement de bruit du côté de l’UMP parce que vous aviez tellement peur qu’on dise du mal du bilan que vous avez laissé de la politique que vous avez menée, que peut-être vous n’avez pas tout entendu. Mais j’ai dit clairement la gravité de la situation dans laquelle nous sommes, les défis à relever, le nécessaire redressement du pays, c’est ce que nous avons entrepris, mais j’ai ajouté aussi quelque chose monsieur Borloo, c’est que ce redressement du pays, le redressement économique, le redressement de notre système éducatif si affaibli, j’en ai encore eu l’illustration à Marseille, mais aussi la nécessaire réforme fiscale au service de la justice et de l’efficacité économique. La transition écologique, tous ces chantiers ne pourront se faire que s’il y a, à chaque instant la préoccupation de la justice, oui de la justice sociale et les mesures que nous avons prises en juillet, que le Parlement a votées sont des mesures d’équité et de justice, ne le regrettez pas parce que, effort il y aura, effort il y a mais il ne sera accepté que si les plus aisés participent plus que les autres. C'est la voie du gouvernement, c’est ce qui nous inspire dans les choix que nous avons à faire. Alors les choix que nous avons à faire, vous savez très bien que nous avons la nécessité de réduire les déficits et la dette, certains nous le reprochent, peut-être parfois même à droite, mais comment assurer la compétitivité du pays si le premier budget du pays c'est le remboursement des intérêts d’emprunts à cause de la dette massive que vous avez développée, 600 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans. Donc il y a nécessité d’avoir un budget qui nous permette de retrouver des marges de manœuvre et que le premier budget ne soit plus le remboursement de la dette, mais que le premier budget ce soit la politique de l’éducation, que ce soient des investissements d’avenir. C’est ça qu’il faut réussir, retrouver des marges de manœuvre et pour cela il faut le bon dosage, à la fois maîtriser la dépense par des économies dans les secteurs qui ne sont pas prioritaires mais en même temps demander un effort qui soit réparti équitablement en particulier un effort davantage en direction des ménages les plus élevés. S’agissant des entreprises, de dire que ce sont les grandes entreprises, celles qui d’ailleurs paient peu d’impôts sur les sociétés qui doivent participer davantage parce que notre objectif c’est bien la compétitivité du pays. Alors il y a des mesures d’urgence en matière d’emploi, on y reviendra tout à l’heure mais il y a aussi toute cette négociation qui vient d’être lancée avec les partenaires sociaux, auxquels nous demandons aussi d’aller vite, c’est-à-dire de se mettre d’accord sur un donnant-donnant ou d’un côté plus de sécurité et de protection pour les salariés et de l’autre côté pour les entreprises, la capacité à faire face à des restructurations, des réorganisations dans les périodes difficiles. C’est un chantier qui ne peut pas se faire sans dialogue et négociation mais en tout état de cause, le rapport Gallois qui va sortir début octobre sur la compétitivité des entreprises qui portera aussi sur le coût du travail et le financement de la protection sociale, conduira le gouvernement avant la fin de l’année, à vous faire des propositions pour qu’il y ait un vrai choc de compétitivité qui soit gagnant-gagnant, donnant-donnant à la fois pour les salariés, pour les entreprises et qui fasse avancer notre pays et qui donne du sens et de l’espérance au redressement de la France.


Source http://www.gouvernement.fr, le 17 septembre 2012

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