Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur les atouts de la filière aéronautique et la finalisation d'un ensemble de mesures en faveur de la compétitivité des entreprises, à Toulouse le 24 octobre 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur les atouts de la filière aéronautique et la finalisation d'un ensemble de mesures en faveur de la compétitivité des entreprises, à Toulouse le 24 octobre 2012.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Inauguration de la chaîne d'assemblage final de l'Airbus A350, à Toulouse le 23 octobre 2012

ti : Merci. Merci Monsieur le président d’EADS, Monsieur le président d’Airbus, Mesdames, Monsieur le préfet, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Monsieur le président de la région Midi-Pyrénées, Monsieur le président du Conseil général, Messieurs les maires de Coulommiers, de Blagnac, de Toulouse, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs les salariés d’Airbus et des entreprises partenaires et cher Monsieur Roger Beteille.

Au moment où mon gouvernement finalise un ensemble de mesures en faveur de la compétitivité des entreprises, conformément aux engagements que j’ai pris devant l’Assemblée nationale lors de ma déclaration de politique générale en juillet dernier, j’ai tenu à assister aujourd'hui à la naissance de cet important et de cet imposant Airbus A-350 et de partager avec vous cet évènement formidable parce qu’il marque une étape majeure dans le développement de l’entreprise, mais aussi de son évolution technologique car cet avion est un avion plus léger, plus économe en énergie, plus respectueux de l’environnement, plus confortable pour le passager, c'est l’avion que nous avons découvert aujourd'hui. Et j’ai voulu saluer le bel exemple de la réussite des projets d’Airbus et mettre en lumière trois caractéristiques de la filière aéronautique sur lesquelles repose sa performance. Sa dimension européenne, son caractère partenarial et sa vocation exportatrice.

Le premier atout de votre filière en effet est indéniablement sa dimension européenne. L’excellence de l’industrie aérospatiale européenne, repose sur la mise en commun des compétences de grandes Nations industrielles et cela tant dans la conception que dans la production. En mutualisant les efforts il est possible et vous le démontrez, de proposer au monde des produits européens de haute technologie ayant toujours un temps d’avance. Et c’est le cas aujourd'hui avec l’utilisation massive des matériaux composites. Les Etats européens partenaires, dont je salue les représentants présents, jouent depuis toujours un rôle majeur dans le développement des grands projets aéronautiques et c’est bien sûr le cas pour l’A-350 et il est essentiel que les engagements soient intégralement tenus. La France, pour sa part, respectera les siens.

Le secteur aéronautique accompagne désormais l’engagement européen en faveur de la transition écologique. L’Europe doit rester la force motrice de cette démarche dans le monde pour entraîner les pays aujourd'hui les plus réticents. J’ai pour ma part récemment tracé la feuille de route qui sera celle de la France dans ce domaine en clôturant la conférence environnementale, je veillerai personnellement à ce que les engagements pris à cette occasion soient tenus mais il conviendra bien sûr de ne pas imposer à notre industrie aéronautique des mesures qui auraient des effets contreproductifs, alors que la compétition mondiale ne cesse de s’accroître. Elle est renforcée aussi par l’arrivée de nouveaux acteurs et exige dans nos échanges commerciaux internationaux des accords équilibrés, ce que l’on appelle le juste échange.

Mais votre entreprise est aujourd'hui devenue une référence incontournable pour les compagnies aériennes du monde entier comme en témoigne vôtre excellent carnet de commandes. Le premier vol de l’A-350 n’aura lieu que dans quelques mois et déjà plus de 550 appareils ont déjà été commandés, de quoi garantir une activité, donc des emplois stables pendant de très nombreuses années à Toulouse, mais aussi sur tous les sites de vos partenaires industriels. La France est particulièrement attachée à ce schéma industriel remarquable, équilibré, entre les territoires européens qui a été construit par Airbus et les autres sociétés du groupe EADS. Monsieur le président d’EADS, Tom Enders, j’ai pleinement confiance dans la stratégie du groupe que vous dirigez, dont la dimension internationale est toujours plus marquée. Je vous souhaite bon courage et réussite pour tous les projets que vous engagez.

La deuxième caractéristique forte de la filière aéronautique, c’est sa dimension partenariale qui associe des laboratoires de recherche, des PME et de grands industriels. Je visitais la semaine dernière et comme vous l’avez rappelé monsieur Fabrice Bregier, l’institut de recherche technologique Jules Verne à Nantes et qui n’aurait pas pu voir le jour sans la présence d’Airbus. J’y ai observé combien la mutualisation des moyens et des compétences peut être fertile et bénéfique pour toutes les filières. La conception de la pointe avant de l’A-350 en matériau composite en est d’ailleurs la traduction directe et je suis heureux de la retrouver ici, assemblée avec les autres pièces venues de différents sites européens.

Je suis convaincu que la recherche technologique est un facteur déterminant pour la compétitivité de nos entreprises. C'est vrai dans l’industrie aéronautique comme dans tous les autres secteurs d’activités et puisque nous sommes à Toulouse, je pense aussi à l’industrie du médicament. J’ai demandé au CEA d’expérimenter sa plate-forme de transfert technologique qui est une vraie réussite à Grenoble à trois autres villes, Toulouse, Bordeaux et Nantes à titre expérimental et cette plate-forme sera ouverte à d’autres organisme de recherche. L’objectif c’est d’être tourné directement dans les entreprises, dans les PME, pour permettre la nécessaire montée en gamme de toute notre industrie et le partenariat étroit qui s’est tissé ici entre Airbus et sur les autres sites et ses équipementiers, va bien au-delà de l’innovation, il est présent dans chaque métier de l’entreprise que vous représentez mesdames et messieurs les salariés. Depuis les centres de développement jusqu’à la fabrication et l’industrialisation des différentes pièces de cet avion.

Il s’inscrit dans le long terme et il bénéficie à tous les partenaires. Ces bénéfices ils sont visibles jusque dans la construction de cette immense ligne d’assemblage puisque 80% des entreprises qui sont intervenues depuis le début des travaux il y a deux ans, sont des entreprises de la région toulousaine. Elles ont apporté leur savoir-faire pour transformer cette chaîne d’assemblage en un bâtiment de haute technologie capable de produire plus de la moitié de la consommation électrique grâce à des panneaux solaires. La démonstration nous en est apportée ici, c’est en engageant toute une filière autour de grands projets, chaque entreprise bénéficiant du concours des autres, qu’il est possible de se doter d’un tissu industriel de référence robuste et compétitif.

Le troisième atout de la filière aéronautique, c’est qu’elle est résolument tournée vers l’exportation, de retour de Singapour, et des Philippines où je me suis rendu ces derniers jours en compagnie d’une trentaine d’entreprises françaises, de grandes comme de petites et moyennes, je veux insister sur ce point essentiel, la compétitivité d’un tissu industriel se concrétise et se renforce par sa capacité à exporter. Je précise qu’à l’occasion de ce déplacement Airbus a d’ailleurs signé une commande de 15 avions et a pris des options pour l’A350 et peut-être même pour l’A380. Les produits français et les produits européens bien sûr bénéficient d’une image forte à l’étranger, j’ai pu le mesurer. Et ainsi la distance aidant de voir encore davantage où sont nos atouts pour mieux les mobiliser et mieux réussir ensemble. Et ce que je constate c’est que cette image et ces atouts sont associés à un haut niveau de qualité et de technologie. C’est pour cela qu’il faut soutenir plus efficacement les entreprises françaises, pour leur permettre de diffuser leurs produits à l’extérieur de nos frontières, et c’est ensemble qu’elles doivent aller à la conquête de nouveaux marchés, les grandes entreprises sollicitant les PME, qui sont et doivent être leurs partenaires en France, à les accompagner et à s’implanter à l’international. C’est aussi à cela que doivent conduire les partenariats au sein-même des filières industrielles. Ce sera la mission de la Banque Publique d’Investissement, désormais décidée, qui proposera, en association étroite avec les régions – je salue les différents présidents de région présents ici, le président Malvy, le président Auxiette, parmi eux – qui proposeront des financements adaptés, pour permettre l’innovation et l’exportation. L’association des régions n’est pas un hasard, les régions font déjà un travail formidable, parce qu’elles sont au cœur des territoires, là où existe l’entreprise, où les synergies peuvent se développer, et donc elles font déjà beaucoup, et elles feront beaucoup mieux encore, et c’est ainsi que nous redresserons notre industrie. Parce qu’il est urgent de donner à notre industrie les moyens de gagner en compétitivité.

C’est pour cela que je mobilise l’ensemble du gouvernement sur cette question. Nous sommes sur le point de prendre des mesures fortes en direction des entreprises et de leurs salariés, ce sera l’aboutissement de travaux intenses, conduits depuis plusieurs semaines par les différents ministères, et je salue mes collègues ici présents, que j’associe à cette cérémonie, le ministre des Transports, la ministre chargée des Petites et Moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique, eh bien ce travail que nous faisons ensemble depuis plusieurs semaines sera enrichi des propositions de Louis Gallois, à qui j’ai confié une mission sur ce sujet stratégique. Je voudrais saluer ce grand industriel. Vous le connaissez encore mieux que moi, et il est aujourd’hui commissaire général à l’Investissement auprès du Premier ministre, sa contribution sera importante, et j’ai toute confiance dans Louis Gallois.

Si j’évoque cette question de la compétitivité, mesdames, messieurs, ce n’est pas un mot comme ça, technocratique, c’est la question de la sécurité, de la qualité, de notre industrie. Un pays sans industrie, ambitieuse et innovante, est un pays qui perd de l’influence, qui est en déficit sur le plan de son commerce extérieur, eh bien la France doit relever ce défi, parce que relever le défi de la compétitivité c’est relever le défi de la lutte contre le chômage, c’est relever le défi de la formation professionnelle des jeunes, c’est relever le défi de l’emploi, et de l’influence, et du rayonnement de la France, eh bien cette bataille, vous en faites la démonstration ici à Toulouse, et sur tous les sites d’Airbus, si nous le voulons, si nous nous en donnons les moyens, la France va la gagner.

J’ai évoqué à l’instant le partenariat, au sein des filières, comme un facteur puissant de compétitivité, mais dès lors qu’il s’inscrit sur le moyen et sur le long terme, qu’il associe les territoires, et l’Etat doit jouer pleinement son rôle, pour accompagner cela, pour que les filières soient déjà, même si elles sont déjà organisées, comme l’aéronautique ou l’automobile, mais qu’elles le soient davantage, comme le numérique, les éco-industries, ou celles qui sont en phase de développement. Le gouvernement proposera une démarche résolue en faveur des différentes filières, en développant une feuille de route stratégique, pour chacune d’entre elles, et en musclant le rôle de la Conférence Nationale de l’Industrie. La notion de partenariat peut enfin se développer au sein de chaque entreprise, sous une autre forme et en associant toutes ses composantes. C’est le sens aussi des travaux, engagés à ma demande, par les partenaires sociaux, sur la sécurisation de l’emploi, sur le financement de la protection sociale, dont je souhaite que ces négociations aboutissent et qu’elles soient positives d’ici la fin de l’année. Certains diront que j’ai mis la pression en termes de calendrier, mais parce qu’il y a urgence, et que relever le défi du redressement nécessite une mobilisation de tous les acteurs.

Mesdames, messieurs, oui je suis heureux d’avoir participé, avec deux de mes collègues du gouvernement, et vous tous, et vous toutes, à cette inauguration de cette chaîne, magnifique, d’assemblage, en votre présence, vous, mesdames et messieurs les salariés d’Airbus, et des entreprises partenaires, vous qui travaillez déjà depuis plusieurs années sur ce grand projet. merci à vous, l’équipe dirigeante, parce qu’il n’y a pas de réussite sans travail d’équipes et sans capacité à mobiliser tous les acteurs à tous les niveaux, merci à vous Tom Enders, Fabrice Bregier, Günter Butschek, Didier Evrard, et Louis Gallois que j’associe, puisque c’est lui qui avait obtenu en décembre 2010 la décision de lancer l’A350. Merci encore à tous les salariés d’Airbus et les entreprises partenaires, mais merci aussi à vous Roger Beteille, l’un des pères d’Airbus. Vous étiez ému il y a quelques instants, vous l’avez dit, mais nous le sommes avec vous. Vous avez inventé il y a presque 50 ans ce concept érigé en exemple, la famille Airbus est devenue une famille nombreuse, et dont le dernier né se construit devant vous, et je comprends que vous en soyez fier. Alors saluons, tous ensemble, la stratégie d’Airbus, qui lui a permis de devenir le symbole d’une Europe performante, et a démontré que la France, et l’Europe, peuvent réussir dans la compétition internationale, alors bon vent à l’A350, bon courage à vous et merci. Merci à tous et à toutes.


Source http://www.gouvernement.fr, le 25 octobre 2012

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