Déclaration de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme, sur la place des très petites entreprsises dans l'économie du pays, la valorisation de la qualité des produits, et des savoir-faire comme dans le secteur de la boulangerie, à Poitiers le 15 octobre 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme, sur la place des très petites entreprsises dans l'économie du pays, la valorisation de la qualité des produits, et des savoir-faire comme dans le secteur de la boulangerie, à Poitiers le 15 octobre 2012.

Personnalité, fonction : PINEL Sylvia.

FRANCE. Ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme

Circonstances : 7ème édition d'"Univers Boulangerie" au Futuroscope de Poitiers, le 15 octobre 2012

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et messieurs,


Je suis heureuse d’être parmi vous aujourd’hui à l’occasion de la 7e édition de votre manifestation annuelle, ici, à Poitiers et je remercie le Président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française pour son invitation et son accueil chaleureux.

J’ai souhaité venir d’abord pour vous dire la reconnaissance, l’attachement et la considération que porte le gouvernement à votre activité. Je souhaite aussi vous faire part de mon soutien dans le travail que vous accomplissez, quotidiennement, au service des Français.

Vous connaissez comme moi l’image d’Epinal du Français, sur son vélo, avec son béret, son journal et sa baguette de pain. Et bien je crois que cette image, si profondément ancrée dans les imaginaires de nos concitoyens, et des étrangers aussi, montre bien tout ce que nous devons à votre savoir-faire, ancestral, à ce que vous représentez pour la France, pour notre image, pour notre attractivité, pour la valorisation de la qualité de nos produits et pour l’excellence de nos professionnels.

Vous le savez, le Gouvernement travaille activement à développer et à renforcer la « marque France », tant sur le marché national qu’international, et vous y participez activement.

Il s’agit là de donner un nom, de valoriser et de protéger nos produits et nos savoir-faire. Un double défi nous attend : celui de la protection et du développement de nos savoir-faire, et celui de la vente de nos produits à l’international. Trop d’approximations ont été faites sur ces deux points, qui font qu’aujourd’hui la France risque de perdre cette grande bataille commerciale alors que nous avons tous les atouts, toutes les clés et toutes les forces pour occuper, sur la scène internationale, la place qui nous revient.

Je mesure à quel point votre secteur fait pleinement partie de cette politique à la fois par la tradition que vous incarnez, que vous renouvelez et que vous modernisez sans cesse, mais également par le poids économique que vous représentez. Car le secteur de la boulangerie-pâtisserie occupe la 1ere place au sein de l’artisanat alimentaire.

Et c’est pour le préserver, de la même manière que nous nous attachons à préserver et à développer l’ensemble des TPE françaises, que le gouvernement a maintenu la défiscalisation des heures supplémentaires pour les TPE de moins de 20 salariés sur les cotisations patronales. Et cette décision se justifie ! Car avec près de 35 000 entreprises, vous êtes parmi les commerces les plus fréquentés. Chaque jour, ce sont plus de 12 millions de clients qui poussent la porte d’une boulangerie. Il est rare de produire quelque chose qui sera consommé chaque jour, par la totalité de la population et qui constitue un des piliers de notre modèle alimentaire.

Il s’agit là d’une responsabilité que vous relevez avec passion au service de votre métier et de nos concitoyens. La boulangerie, c’est aussi un commerce de proximité accessible rapidement, même en zone rurale et j’y suis particulièrement sensible en tant qu’élue locale. J’en connais l’importance. J’ai conscience du rôle social, humain et culturel que chacun reconnaîtra, d’abord par la présence du magasin qui est un lieu d'échanges quotidiens pour les habitants d'une commune, puis par les nombreux services rendus à la clientèle éloignée.

La disparition de la boulangerie d'une petite commune peut d’ailleurs précipiter la fin de la vie commerciale et souvent les municipalités oeuvrent sans relâche à la réouverture de boulangeries.

Dans ces actions, la préférence est donnée à la préservation d’une structure artisanale de boulangerie plutôt qu’à l'installation d’un simple dépôt de pain. Cela montre bien le rôle que l'artisanat peut jouer dans le développement de l'économie locale.

Mais lorsque ce n’est pas possible, il est de la responsabilité des conseils généraux d’accorder des subventions aux artisans qui achètent des véhicules pour organiser des tournées, et je souhaite que ces aides soient maintenues à chaque fois que cela est nécessaire.

Le métier de boulanger est un métier en évolution.

Le thème de votre journée « Boulangerie autrement, une nouvelle donne » le démontre bien. C’est un métier qui évolue car les goûts et les techniques changent.

Vous devez vous diversifier, proposer toujours plus de choix et de spécialités, vous adapter aux nouveaux modes de vie, à des restaurations plus rapides, moins familiales.

Ce pari, je sais que vous le relevez. Et vous en profitez pour adapter aussi votre profession aux nouvelles techniques qui lui permettent de rester une filière d’avenir. Car le défi pour votre profession, comme pour tant d’autres dans le secteur de l’artisanat et de la restauration, est grand : vous devez vous battre pour rester attractifs auprès des jeunes.

Si ces difficultés ne sont pas spécifiques à votre secteur, vos entreprises y sont particulièrement sensibles. En effet, on constate que dans certains départements et certaines localités, des offres d’emplois ne sont pas satisfaites (à hauteur de 61% selon Pôle emploi) et ceci malgré un chômage trop élevé et tant de personnes qui recherchent du travail. C’est un défi que nous devons relever collectivement.

Le redressement économique de la France et la bataille pour l’emploi nécessitent la mobilisation de tous les secteurs, et de tous les décideurs, publics comme privés pour y parvenir. C’est un sujet sur lequel nous avons une obligation de réussite, une obligation de résultat.

Je constate avec satisfaction que grâce à un travail concerté entre les différents acteurs concernés (représentants de la profession et du ministère de l’éducation nationale), un nouveau diplôme de niveau 4 rénové a pu voir le jour à la rentrée dernière et c’est une excellente initiative, et je vous en félicite.

Ce diplôme est destiné à prendre en compte les évolutions de la société et permettre de répondre aux nouvelles exigences des consommateurs, que ce soit en terme de qualité ou d’innovation, de s’adapter à l’évolution des règles de sécurité et d’hygiène et d’améliorer les compétences de gestion afin de former de futurs chefs d’entreprises.

Il est en effet non seulement important de rappeler aux jeunes les beaux débouchés qu’offre votre métier et de communiquer sur l’évolution favorable des conditions de travail pour votre activité, mais il est aussi nécessaire de leur proposer des formations pratiques, concrètes, bien articulées avec ; les professionnels, et pour qu’elles soient efficaces, leur donner tous les outils dont ils auront besoin dans leur future entreprise.

Si les jeunes sont une population que nous devons tout particulièrement convaincre, je pense qu’une attention particulière doit être également portée aux femmes et cela ne vous surprendra pas, tant le gouvernement auquel j’appartiens est vigilant sur les questions d’égalité.

Je sais, Cher Président, que vous y travaillez depuis plusieurs années, et je ne peux que vous y encourager encore davantage. Les nouveaux modes de conservation des aliments n’imposent plus les horaires qui justifiaient autrefois l’image d’un métier difficile, c’est un métier qui est aujourd’hui ouvert à tous, et l’égalité entre les femmes et les hommes ne sera vraiment réelle que lorsque les stéréotypes sur les métiers seront définitivement tombés, et je compte sur vous tous pour réussir à relever ce défi essentiel.

J’ai pleinement conscience du professionnalisme dont vous faites preuve chaque jour.

Vous exercez un métier exigeant, comme tous les métiers des professions artisanales. C’est une exigence en termes d’implication, de qualité, et de qualifications.

C’est pour mieux prendre en compte et valoriser cette exigence que je souhaite rénover le statut de l’artisan.

Le statut actuel est partiel, et peu satisfaisant. Il n’a pas pris en compte les besoins des professions.

Or, il nous faut aujourd’hui redonner du sens à la qualité du travail artisanal aux yeux du consommateur et rendre plus lisible ce statut. La qualité d’artisan et de maître artisan implique systématiquement un degré de qualification, et permettra donc de mieux définir le statut de l’artisan et l’exigence de son travail.

Car si la qualification est inhérente à la notion d’artisan et aux métiers que vous exercez, alors le statut garantira l’existence de vos savoir-faire. Il s’agira d’un mécanisme d’incitation pour les jeunes à s’orienter vers ces filières. Pour accompagner ce statut, je souhaite également donner un cadre juridique stable et clair du secteur de l’artisanat. Pour cela, je veux distinguer :

* D’une part l’entreprise artisanale qui exerce une activité règlementée qui nécessite une qualification professionnelle propre ;
* D’autre part les autres métiers, ceux qui relèvent des chambres des métiers et de l’artisanat mais ne nécessitent pas de réglementation spécifique.

Je crois que le droit doit être au service des entreprises et des métiers. Le Président de la République l’a rappelé il y a quelques semaines lors de la remise du prix de l’Audace Créative : le droit, la fiscalité,

ne doivent pas être des freins et c’est pour cela que nous souhaitons garantir la plus grande stabilité juridique possible. Mais stabilité juridique ne veut pas dire immobilisme. Je suis convaincue que le secteur de l’artisanat gagnera à être mieux défini, et vos qualifications n’en seront que mieux reconnues.

Voici, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais vous dire aujourd’hui. Le Ministère que je dirige est pleinement à vos côtés pour vous accompagner dans vos mutations, et vous aider à vous développer. Je vous donne rendez-vous en mai prochain pour la fête du pain. Avec le thème « Les jeunes en boulangerie », vous mettrez à l’honneur la jeunesse, qui est la grande priorité du quinquennat voulue par le Président de la République et le Premier Ministre. Le Ministère vous accompagne chaque année pour cette fête, et je mesure pleinement ce qu’elle vous apporte en termes de notoriété, de valorisation de vos métiers et de reconnaissance de votre travail.

C’est également un moment de convivialité et de partage avec nos concitoyens autour de votre beau métier. Nous avons donc de belles choses à faire ensemble, je sais que je peux compter sur votre mobilisation et sur votre implication pour réussir à mieux former, à créer de l’emploi, à rendre attractif ce beau métier parce qu’il n’y a pas de choses insurmontables lorsque nous sommes collectivement guidés par l’intérêt général, par l’intérêt du pays, et lorsqu’on a avec nous des professionnels de qualité animés par la passion de leurs métiers et de leur pays.


Source http://www.lesnouvellesdelaboulangerie.fr, le 31 octobre 2012

Rechercher