Déclaration de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, sur la recherche médicale fondamentale clinique et thérapeutique, notamment la transplantation d'organes, Paris le 3 décembre 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, sur la recherche médicale fondamentale clinique et thérapeutique, notamment la transplantation d'organes, Paris le 3 décembre 2012.

Personnalité, fonction : TOURAINE Marisol.

FRANCE. Ministre des affaires sociales et de la santé

Circonstances : Remise du prix d'honneur de l'Inserm à Paris le 3 décembre 2012

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Votre institut témoigne de la vitalité de la recherche française. Depuis bientôt un demi-siècle, l’Inserm est le seul établissement public entièrement dédié à la santé humaine : il est la preuve éclatante qu’une science responsable et éclairée trouve sa finalité dans l’amélioration de la qualité de vie des malades.

Savoir pour mieux guérir. Comprendre pour soulager la douleur. Innover pour vaincre l’ignorance. Vos travaux en recherche fondamentale, clinique ou thérapeutique, sont tous guidés par le souci permanent de placer le malade au coeur de votre démarche. C’est votre ligne de conduite. Vous assurez une recherche translationnelle d’excellence, où l’innovation scientifique trouve sa traduction dans les soins prodigués aux patients.

Depuis 2004, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) récompense une femme ou un homme qui a consacré sa vie au service de la recherche biomédicale, au service du progrès, au service de la santé des Français.

C’est le sens de la carrière de Jean Paul Soulillou, à qui je suis heureuse de remettre aujourd’hui le prix d’honneur de l’Inserm. Nombreux sont les enseignements que nous pouvons aujourd’hui tirer de votre parcours.

Pour ceux qui ne le savent pas, je veux rappeler que vous êtes titulaire d’un baccalauréat de philosophie. Votre brillant parcours illustre un principe simple, auquel je suis particulièrement attachée : la diversification du profil des étudiants qui s’engagent dans la santé est un atout considérable qu’il nous revient de développer. Notre devoir, c’est de veiller à ce que le lien entre les sciences dures et les sciences humaines se renforce encore. La maîtrise d’un socle de compétences scientifiques est certes indispensable. Mais j’ai la conviction que l’enseignement médical ne doit pas rester cloisonné, et qu’il est primordial de l’ouvrir aux sciences humaines et sociales.

En exerçant dans le champ de la transplantation d’organes, vous êtes vous-même le témoin de cette nécessité. Comment pourrions-nous négliger, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, les dimensions humaine et éthique ?

Le prix qui vous est remis vient consacrer une carrière de chercheur, de praticien et d’enseignant. Vous avez tout d’abord largement contribué à l’essor de la recherche médicale à Nantes, en créant l’Institut de transplantation et de recherche en transplantation (Itert), qui fut le premier institut de recherche médicale nantais.

Ce succès, vous le devez à votre persévérance. Votre combat n’aura pas été facile : à plusieurs reprises, vous aurez notamment affronté les réticences de vos pairs. Votre mobilisation commence en 1977 à l’hôpital Saint-Jacques de Nantes. Jusqu’à l’Hôtel Dieu, il vous fallait transporter vous-même, dans votre voiture personnelle, les échantillons nécessaires à vos recherches.

Au-delà de vos nombreuses publications scientifiques, vos travaux ont débouché sur plusieurs brevets. Ils sont aujourd’hui un exemple, un modèle de continuum entre la recherche préclinique et la recherche au chevet des patients. Un continuum entre l’innovation thérapeutique, sa mise à l’épreuve en laboratoire, sa confirmation empirique, sa valorisation, puis son application au service de la guérison des patients.

Voilà le modèle que nous devons suivre pour faire progresser la recherche biomédicale et la rendre encore plus efficace : une même équipe, un même institut qui assurent la continuité du processus de découverte, de l’idée à son application pratique.

Ensuite, ce prix récompense vos nombreuses réussites médicales. Vous aimez vous-même le rappeler, elles sont le fruit d’un travail commun : ces succès n’auraient pas vu le jour sans vos équipes. Ensemble, vous avez réalisé chaque année entre 150 et 200 greffes rénales, pendant près de vingt ans. Dans ce domaine, vous avez été un pionnier. Vous êtes parvenu à faire de la transplantation rénale un « traitement de référence et de routine », par rapport à l’hémodialyse chronique. Nombreux sont les Français dont la vie a été transformée grâce à la pratique de votre art. Nombreux sont nos concitoyens à qui vous aurez permis de retrouver un quotidien normal, en leur permettant de renouer avec le monde du travail et de se réinsérer dans un environnement social.

Enfin, vous avez suscité l’intérêt de nombreux jeunes qui se réclameront fièrement d’avoir été vos élèves. Je suis certaine qu’ils assureront la pérennité de vos travaux.

Le Prix d’honneur de l’Inserm qui vous est remis aujourd’hui n’est pas le point final de votre carrière. Il est, bien au contraire, un encouragement pour prolonger vos travaux, pour persévérer dans vos efforts et pour continuer votre marche sur les chemins de la connaissance.


Je vous remercie.


Source http://www.inserm.fr, le 14 décembre 2012

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