Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la fusillade devant un établissement scolaire de confession juive, à Paris le 19 mars 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur la fusillade devant un établissement scolaire de confession juive, à Paris le 19 mars 2012.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République

ti : Mesdames et Messieurs,


Nous sommes face à des évènements d'une extrême gravité qui ont bouleversé la France et les Français.

A la minute où je vous parle, après avoir fait le point avec les autorités judiciaires et les autorités de police, nous savons que c'est la même arme qui a tué des militaires, des enfants et un enseignant. Cet acte est odieux. Il ne peut pas rester impuni. Tous les moyens, absolument tous les moyens disponibles, seront engagés pour mettre hors d'état de nuire ce criminel.

D'ores et déjà, 120 enquêteurs se trouvent à Toulouse. Avec le Premier ministre, j'ai demandé au ministre de l'Intérieur et au ministre de la Défense de se rendre à Toulouse. Le ministre de l'Intérieur coordonnera l'enquête et demeurera sur place le temps qu'il conviendra.

Des mesures de protection exceptionnelles seront prises pour la région Midi-Pyrénées et quelques départements limitrophes. J'ai décidé que serait donc activé le plan VIGIPIRATE couleur écarlate.14 unités de CRS et de gendarmes mobiles sécuriseront donc la région tant que ce criminel n'aura pas été mis hors d'état de nuire. Des gardes statiques seront engagées devant tous les lieux de culte juifs et musulmans, devant toutes les écoles confessionnelles. Des moyens exceptionnels seront donc mobilisés pour que nous puissions arrêter ce criminel.

Ce sont deux institutions qui ont été attaquées : l'institution militaire, avec trois soldats tués, assassinés et un quatrième qui lutte aujourd'hui dans un hôpital ; l'institution scolaire, avec cette école de confession juive.

Jamais notre pays n'avait connu une fusillade à l'intérieur d'une école. Cet homme, à chaque fois qu'il agit, agit pour tuer, ne laisse aucune chance à ses victimes. C'est la République tout entière qui est mobilisée pour faire face à ce drame. Nous ne savons pas les motivations de ce criminel. Bien sûr, en s'en prenant à des enfants et à un enseignant juifs, la motivation antisémite semble évidente. S'agissant de nos soldats, nous savons que deux étaient de confession musulmane, qu'un troisième était Antillais, mais nous ne connaissons pas les motivations même si on peut penser, on peut imaginer que le racisme et la folie meurtrière sont en l'occurrence liés.

Je tiendrai tous les jours avec le Premier ministre et les ministres concernés, les réunions nécessaires pour faire face à ces évènements. Naturellement, je suspens ma participation à la campagne électorale au moins jusqu'à mercredi qui sera la date et le jour de l'enterrement de nos soldats lors d'une cérémonie que je présiderai.

Je ne connais pas encore les modalités d'enterrement de ces malheureux enfants et de l'enseignant. Nous en discuterons avec les familles.

Je recevrai demain les représentants de la communauté juive de France et de la communauté musulmane. Je les recevrai ensemble pour qu'ensemble, nous disions que c'est toute la République qui est à leurs côtés, pour que chacun puisse vivre sa foi et sa différence dans le cadre de la République. Et j'irai bien sûr avec le ministre de l'Education nationale observer une minute de silence, comme il y en aura demain dans tous les établissements scolaires, à la mémoire de ces trois petits enfants qui ne demandaient qu'à vivre et qu'un fou, un assassin, un barbare a fauchés alors qu'ils n'avaient pas, aucun d'entre eux, dépassé l'âge de 10 ans.

Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes, c'est une tragédie. Tous les moyens seront mis en œuvre pour arrêter ce criminel.


Je vous remercie.

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