Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RMC le 15 janvier 2013, sur la lutte contre le terrorisme, l'engagement de la France au Mali, la régularisation des sans-papiers et les manifestations et débats autour du projet de "mariage pour tous". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RMC le 15 janvier 2013, sur la lutte contre le terrorisme, l'engagement de la France au Mali, la régularisation des sans-papiers et les manifestations et débats autour du projet de "mariage pour tous".

Personnalité, fonction : VALLS Manuel, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Manuel VALLS, la France a ouvert les portes de l'enfer des Djihadistes ; c'est ce que j'ai entendu. Des Djihadistes menacent de frapper le coeur de la France. Le peuvent-ils ?

MANUEL VALLS
Il faut être prudent. Je me garderai bien de vous donner une réponse définitive. En tous cas, ce que je peux assurer, ce que je peux assurer aux Français, c'est que la plus grande vigilance doit permettre d'empêcher des actes sur notre sol.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que des actes, des attentats ont été déjoués ?

MANUEL VALLS
Mais il y a déjà eu des attentats au coeur de ces derniers mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ces dernières semaines ?

MANUEL VALLS
Non. La menace est présente. Il y a eu les attentats de MERAH au mois de mars 2012. Nos services ont démantelé un groupe, une cellule qui était passée à l'acte à Sarcelles au mois de septembre et qui s'apprêtait à commettre sans doute d'autres actes sur le sol national, avec aussi la volonté de se rendre en Syrie pour combattre. Nos services de renseignement intérieur et extérieur sont particulièrement vigilants. Nous avons adopté au Parlement une loi, la loi antiterroriste, qui permet de poursuivre des Français ou des résidents en France qui commettraient des actes à l'étranger. A la tribune du Sénat comme de l'Assemblée nationale, j'ai dit que nous faisions face à une menace, à la fois un ennemi extérieur et un ennemi intérieur. Il faut donc être particulièrement vigilant à la fois sur la blogosphère, sur Internet, sur les propos qui sont tenus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous surveillez attentivement Internet ?

MANUEL VALLS
Bien évidemment. Nous surveillons aussi des individus qui voudraient se rendre en Syrie, en Afghanistan, évidemment au Sahel.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Certains ont cette intention-là ? Vous l'avez remarqué ? Vos services l'ont remarqué ?

MANUEL VALLS
Certains ont cette intention-là. Nous surveillons également ceux qui pourraient revenir sur le sol national de ces régions. Mais ce n'est pas nouveau, Jean-Jacques BOURDIN. Cette menace elle est très forte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Permanente.

MANUEL VALLS
Permanente, et nous devons donc être mobilisés pour faire face à cette menace.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que des arrestations ont eu lieu ces dernières semaines ?

MANUEL VALLS
Non. Elles n'ont pas eu lieu mais il faut être vigilant. Il ne faut pas arrêter les gens pour les arrêter ; il faut être respectueux du droit mais il faut être extrêmement discret – permettez-moi de vous le dire – et en même temps mobilisé, vigilant pour nous protéger et pour protéger nos compatriotes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Plan Vigipirate rouge, renforcé nous dit-on. Mais est-ce qu'il n'y a pas là un peu de communication ? Parce qu'entre rouge et écarlate, ça veut dire quoi « renforcé » ? On ne comprend pas très bien.

MANUEL VALLS
Cela veut dire qu'on intensifie. Parce que le niveau supérieur, c'est écarlate. Cela a été mis en oeuvre une seule fois, dans la région Méditerranée, dans la région Midi-Pyrénées, pas loin de la Méditerranée après l'affaire Merah. Là, ça veut dire tout simplement qu'on intensifie les contrôles sur les aéroports, sur les gares, qu'il y a une vigilance, qu'il y a une très grande mobilisation. Sept cents militaires par exemple sont mobilisés sur la zone de Paris. Donc, là encore une fois, vigilance ; ne jamais succomber à la routine, à l'habitude et les forces de l'ordre soutenues aussi par l'armée, permettent encore une fois la mise en oeuvre de ce plan Vigipirate.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réunion hier soir autour du Premier ministre, Manuel VALLS. Il s'agit maintenant d'informer la classe politique, les représentants de la nation dans les Assemblées. Manuel VALLS, un débat mercredi, demain à l'Assemblée nationale, pas de vote. En Allemagne, avant d'engager l'armée, on doit obtenir le feu vert du Parlement. Est-ce qu'on devrait faire la même chose en France ? Est-ce que ça doit rester du choix du président de la République ?

MANUEL VALLS
Nous devons respecter la Constitution. Hier, après les avoir informés en fin de semaine, le Premier ministre avec le ministre de la Défense et moi-même, a reçu les représentants des groupes parlementaires de l'Assemblée et du Sénat. Cet après-midi, le Premier ministre et le ministre de la Défense répondront aux questions des parlementaires. Et demain à l'Assemblée et au Sénat, il y aura une déclaration du gouvernement, du Premier ministre à l'Assemblée nationale et de Laurent FABIUS au Sénat. Cela permet un débat. Et puis comme le prévoit l'article 35 de la constitution, si dans quatre mois ces opérations durent toujours, alors à ce moment-là il faudra un vote.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faudra un vote. Vous êtes favorable à un vote dans quatre mois si ça dure ? si les opérations durent toujours ?

MANUEL VALLS
Je suis favorable au respect de la Constitution.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Manuel VALLS, la classe politique justement qui vous soutient dans son ensemble à part quelques voix.

MANUEL VALLS
Oui, je veux le saluer. Je veux saluer l'unité nationale, le soutien évidemment de la majorité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelques voix discordantes. J'ai entendu Jean-Luc MÉLENCHON, Dominique de VILLEPIN ou Noël MAMÈRE.

MANUEL VALLS
C'est toujours les mêmes, vous avez remarqué, sur tous les sujets. Mais en tous cas, il ne s'agit absolument pas de polémiquer. Moi, je veux saluer la responsabilité de la majorité évidemment, mais de l'opposition aussi, rassemblées, réunies autour du président de la République et derrière nos soldats qui combattent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous savez bien que des questions commencent à être posées. Cinq jours d'engagement français au Mali, les questions sont claires : l'objectif, quel est l'objectif. Je vous la pose : quel est l'objectif ?

MANUEL VALLS
Il y a trois objectifs. L'objectif, c'était d'arrêter les groupes terroristes et criminels qui fondaient vers Bamako, puisque s'il n'y avait pas eu cette intervention de la France en soutien aux forces maliennes, aujourd'hui ces groupes terroristes et criminels seraient sans doute à Bamako. Il faut à tout prix, il fallait à tout prix empêcher que l'État malien bascule dans les mains de ces terroristes. Je rappelle par ailleurs que nous avons six mille de nos compatriotes qui résident au Mali, et plus particulièrement dans la capitale à Bamako. Premier objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Objectif atteint.

MANUEL VALLS
Deuxième objectif, c'est de permettre au Mali de retrouver son intégrité, sa souveraineté. Nous le faisons évidemment. Cet objectif, nous devons l'atteindre à travers les résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais un pays sans gouvernement stable, un pays sans armée opérationnelle.

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN, le troisième objectif c'est de faire en sorte qu'une force d'interposition africaine puisse se déployer. Je n'en doute pas un seul instant, ce sera fait dans les jours et dans les semaines qui viennent. Oui, le Mali est en proie à de très grandes difficultés mais le laisser dans les mains des terroristes, à quatre heures ou à cinq heures d'avion de Paris, voir se constituer au coeur de l'Afrique de l'Ouest, au coeur du Sahel, un État terroriste cela était impossible. La communauté internationale, mais aussi les pays africains, ne le veulent pas et soutiennent aujourd'hui l'action de la France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous savez bien que toutes les interventions militaires sont sur le terrain militaire souvent des succès et des catastrophes sur le terrain politique, des défaites politiques. Les États-Unis ont voulu jouer les gendarmes au Moyen-Orient : échec en Irak, échec en Afghanistan.

MANUEL VALLS
Je récuse ce mot « gendarme » pour ce qui concerne l'intervention de la France. Le président du Mali, l'autorité légitime de ce pays, a lancé un appel au secours à la France. C'est l'article 51 de la charte des Nations Unies, c'est la légitime défense et la France a répondu à cet appel. C'est de sa responsabilité, c'est le choix du président de la République, c'est le choix, c'est la volonté du chef de l'État. Il fallait répondre à cet appel. La lutte contre le terrorisme, l'ennemi qu'il représente ?? la fois pour nos valeurs, pour notre démocratie, pour la stabilité du monde, nous amenait à répondre. On ne peut pas lutter contre le terrorisme en cédant au terrorisme. On ne peut pas lutter à cette menace extérieure et intérieure en laissant faire et nous ne pouvions pas laisser faire ces groupes terroristes et criminels.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Attitude coloniale de la France, dit la presse algérienne. Que lui répondez-vous ?

MANUEL VALLS
Mais c'est absurde ! Au contraire ! Depuis des mois, la France a déployé des efforts auprès des États africains, au niveau des Nations unies, pour permettre une mobilisation d'abord des États africains et de la communauté internationale. Dans quelques jours devaient arriver des formateurs européens, les formateurs notamment de l'armée malienne, puisqu'il fallait cette mobilisation de la communauté internationale et des Africains. Mais l'intervention de ces groupes terroristes et criminels, le fait qu'ils fondaient vers le sud et vers la capitale Bamako, a amené le président de la République à prendre cette décision qui est légitime, qui est légale, et qui correspond évidemment à ce qu'il fallait faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous dis ça, Manuel VALLS, parce que d'autres avancent des arrières pensées en disant et en expliquant que si la France intervient dans cette région du monde, c'est qu'elle a des arrières pensées, des arrières pensées notamment économiques avec, dans la région du Sahel – vous le savez bien – des réserves considérables avec l'uranium, avec du pétrole. Nous n'avons aucune arrière-pensée dans cette intervention ?

MANUEL VALLS
Mais le Mali est un des pays les plus pauvres du monde.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quinze millions d'habitants, deux fois la France.

MANUEL VALLS
C'est un pays ami avec qui nous avons des liens. Il y a beaucoup de Franco-Maliens, de Maliens qui vivent sur notre sol, qui soutiennent par ailleurs cette intervention. La France a changé de politique par rapport à l'Afrique, mais elle a aussi des responsabilités et ces responsabilités, elles sont assumées par le Président de la République et avec le soutien de l'ensemble des responsables politiques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les otages. Les otages passent par profits et pertes de cette intervention ? J'imagine que vous avez mesuré le risque pour leur vie, Manuel VALLS.

MANUEL VALLS
Mais le Premier ministre l'a dit hier à la sortie de cette rencontre avec les responsables politiques français. Nous sommes conscients des risques qui pèsent sur nos otages. Mais vous croyez que laisser faire, voir se voir créer un État terroriste, voir ces groupes terroristes et criminels prendre en otage tout un pays aurait changé favorablement la situation des otages ? Je ne le crois pas. Nous ferons tout, le président de la République, le ministre des Affaires étrangères l'ont déjà dit : nous ferons tout pour permettre à ces otages de retrouver leur famille.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Manuel VALLS, je change de sujet. Où en est l'enquête sur l'assassinat des trois militantes kurdes à Paris il y a quelques jours ? Où en est-on ?

MANUEL VALLS
L'enquête est en cours quelques jours après ce triple assassinat, cette exécution tout à fait insupportable de trois femmes, de trois militantes politiques à Paris, en plein coeur de Paris. L'enquête, sous l'autorité judiciaire, avance et j'espère qu'elle donnera des résultats.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais l'enquête avance dans quelle direction ?

MANUEL VALLS
Ça, je ne peux pas vous le dire parce que d'abord on ne le sait pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'elle avance dans une direction ou pas ?

MANUEL VALLS
Plusieurs pistes sont sans aucun doute exploitées, l'essentiel d'abord étant de savoir qui sont et les commanditaires et les meurtriers.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Plusieurs familles dont des enfants qui ont été condamnés ont été expulsées à Boulogne Billancourt, expulsées de leur immeuble HLM parce que les enfants ont été condamnés. Est-ce que vous approuvez ces expulsions, Manuel VALLS ?

MANUEL VALLS
Oui. Le fondement du jugement porte sur le trouble à l'ordre public provoqué par ces familles dans leur logement, à la fois dans les halls d'immeuble, dans les cages d'escaliers. Il y a de la responsabilité de la part des familles ; il peut y avoir des familles qui sont dépassées par les événements, qui ne contrôlent plus leurs enfants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais imaginez une famille de cinq enfants, il y a un des enfants qui est délinquant et les quatre autres, non.

MANUEL VALLS
Je ne suis pas favorable à de la punition collective, et de toute façon la loi ne le permettrait pas. Mais dans ce jugement prononcé deux fois, à la fois en première instance et par la cour d'appel, ce qui est intéressant c'est qu'il y avait troubles à l'ordre public. Il faut restaurer de la confiance dans nos quartiers et dans nos cités. J'étais il y a quelques jours à Mulhouse où on a attaqué au cocktail Molotov un tramway. Je veux saluer le courage d'ailleurs du conducteur de ce tramway. On a jeté des projectiles sur les policiers. On fait régner parfois dans un certain nombre de nos quartiers de la terreur sur les habitants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Est-il vrai que dans certains quartiers, les policiers n'entrent pas ?

MANUEL VALLS
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est faux ou c'est vrai ?

MANUEL VALLS
C'est faux. Il n'y a pas de zone de non droit dans notre pays. Les policiers et les gendarmes doivent pouvoir rentrer partout.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Doivent pouvoir, mais le font-ils ?

MANUEL VALLS
Ils le font. Mais souvent la vie au quotidien est infernale pour un certain nombre de nos concitoyens. Donc, ceux qui ne respectent pas la loi, ceux qui laissent faire leurs enfants, ceux qui permettent à des jeunes mineurs d'exercer une véritable terreur, de provoquer des incivilités, de s'accaparer des quartiers ou des immeubles, doivent être combattus par la loi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dites-moi, puisqu'on parle des quartiers, parlons des quartiers nord de Marseille. Où en sont les policiers qui avaient été suspendus, certains même révoqués ? Vous vous rappelez de cette affaire de corruption.

MANUEL VALLS
Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Où en est-on ? Parce qu'on dit que beaucoup ont été réintégrés. C'est vrai ?

MANUEL VALLS
Non, ils ne sont pas réintégrés à Marseille. Certains sont sous des enquêtes judiciaires, d'autres sous des procédures administratives et là aussi, il faut laisser les enquêtes aller jusqu'au bout. Je rappelle que j'ai dissous la BAC nord qui avait été impliquée dans cette affaire parce que je considère que la police doit être irréprochable. Mais ce que je peux vous dire en revanche, c'est qu'à Marseille, grâce aux zones de sécurité prioritaires, grâce je l'espère au déploiement de la vidéo-protection, avec aussi une autre manière d'occuper le terrain sous la responsabilité du préfet de police, je suis convaincu que nous aurons des résultats. Je peux vous dire qu'il y a beaucoup de détermination avec des résultats déjà de la part des policiers à Marseille pour arrêter ces individus qui se livrent au trafic de drogue, au trafic d'armes, qui utilisent des armes pour s'entretuer. Là aussi, l'ordre républicain même si ça ne se fait pas du jour au lendemain, même si c'est difficile, même si nous avons en face de nous des réseaux mafieux, une économie souterraine qui exploite des personnes qui sont en très grande déshérence ; là encore, c'est l'ordre républicain qui doit s'imposer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous répétez ce matin que vous ne régulariserez pas les sans-papiers sous la pression ?

MANUEL VALLS
Bien sûr. Nous maintenons le dialogue avec les associations. Les préfets le font un peu partout mais j'ai publié après l'arbitrage du président de la République et du Premier ministre une circulaire qui concerne la régularisation de ceux qui n'ont pas un titre de séjour, avec des critères qui sont à la fois justes mais qui sont exigeants parce que la politique d'immigration de ce pays doit être à la fois ferme et respectueuse des personnes, mais ferme. J'ai déjà dit que nous ne régulariserons pas de manière massive, qu'aujourd'hui nous n'étions pas en 1981 ou en 1997. Ces critères sont applicables de la même manière partout dans le pays. On examine les dossiers un par un, au cas par cas et nous ne céderons pas aux pressions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quelles que soient les grèves de la faim engagées ? Quelles que soient les protestations des associations qui soutiennent les sans-papiers ?

MANUEL VALLS
Je me félicite que notamment grâce aux associations, aux grandes associations caritatives, la grève de la faim qui n'est jamais une solution ait été stoppée à Lille. Les dossiers sont examinés. L'engagement que je prends, c'est que tous les dossiers sont examinés mais il y a des critères et ces critères doivent être appliqués.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien de personnes régularisées en 2012 ?

MANUEL VALLS
Ça, je n'ai pas encore les chiffres de cette régularisation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez pas encore les chiffres. Combien de régularisations en 2013 ? pas plus ?

MANUEL VALLS
Pas plus, mais on a déjà eu l'occasion de le dire : on était, dans les années précédentes, autour de trente mille régularisations. C'est sans doute autour de ce chiffre que dans les années prochaines on aura ces régularisations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes aussi ministre des Cultes. Est-ce que le président de la République a l'intention, comme promis, d'inscrire dans la constitution les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité ?

MANUEL VALLS
Je n'ai pas entendu le président de la République s'exprimer de nouveau sur ce sujet-là et je ne crois pas que ce soit à ce stade à l'ordre du jour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas d'urgence.

MANUEL VALLS
Il n'y a pas d'urgence sur ce sujet-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ce n'est pas l'ordre du jour.

MANUEL VALLS
Non, je crois que le président de la République veut, sur ce sujet comme sur bien d'autres, rassembler, apaiser.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'il l'avait promis dans sa campagne.

MANUEL VALLS
Ensuite, il faut que ça soit possible juridiquement. La laïcité nous réunit, nous rassemble. Il faut l'appliquer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux sujets puisqu'on parle de laïcité : le mariage pour tous. Certains ont contesté les chiffres avancés. Beaucoup ont contesté les chiffres avancés par la police : trois cent quarante mille manifestants, sous-estimation flagrante disent les organisateurs de la manifestation. Ces chiffres sont sous-estimés ?

MANUEL VALLS
Non. Je crois que la préfecture de police a fait un travail tout à fait remarquable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? ce sont les chiffres réels ? Trois cent quarante mille manifestants ?

MANUEL VALLS
Mais vous savez que c'est déjà significatif ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Oui. C'est considérable.

MANUEL VALLS
Vous savez que c'est déjà beaucoup, près de trois cent cinquante mille ou quatre cent mille personnes en train de manifester à Paris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous maintenez ces chiffres ?

MANUEL VALLS
Je les maintiens bien évidemment puisque je n'ai aucune raison de douter du travail de la préfecture de police.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, significatif donc forte mobilisation.

MANUEL VALLS
Mais c'est une mobilisation évidemment significative. Pourquoi le contester ? Chacun a vu les images. On a le droit de manifester dans ce pays, cela fait partie du débat public.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que le président de la République doit recevoir le collectif qui a organisé cette manifestation ? Le collectif anti mariage pour tous ?

MANUEL VALLS
Il faut lui demander. Je ne suis pas sûr que ce soit au niveau du président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Et un référendum ?

MANUEL VALLS
Non, mais ça a déjà été dit. On m'explique, on nous explique qu'il n'y a pas de débat sur ce sujet-là et on en débat beaucoup. J'ai même entendu des Français, peut-être sur votre antenne, dire qu'ils en ont peut-être assez de ce débat. Il va y avoir un débat qui va durer à l'Assemblée nationale au moins deux semaines, dans l'enceinte de notre démocratie. Beaucoup de personnes s'expriment, il y a des émissions de télévision, des articles de presse qui y sont consacrés. On en débat tout simplement avec nos proches, avec nos amis. Il y a un débat dans la société, mais il y a un engagement : le mariage pour tous au nom de l'égalité, et l'adoption, et cet engagement sera tenu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et l'engagement du droit de vote aux élections locales des immigrés en situation régulière en France ?

MANUEL VALLS
Pour que cet engagement soit tenu, il faut une majorité qualifiée au congrès.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aujourd'hui, c'est impossible.

MANUEL VALLS
Vous le savez : aujourd'hui, ça n'est pas possible.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 janvier 2013

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