Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur l'intervention militaire de la France au Mali, à Paris le 29 janvier 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur l'intervention militaire de la France au Mali, à Paris le 29 janvier 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion des responsables du Parlement, à l'hôtel de Matignon à Paris le 29 janvier 2013

ti : Bonsoir Mesdames, Messieurs. Je viens de réunir les représentants des groupes parlementaires, et les présidents et présidentes des commissions des affaires étrangères et de la défense de l'Assemblée nationale et du Sénat. L'objectif de cette réunion, c'est de poursuivre l'information du Parlement sur le déroulement de l'intervention française en appui aux forces maliennes dans ce pays

Le gouvernement – je m'y suis engagé – entend respecter scrupuleusement les conditions les meilleures d'information du Parlement. Cela depuis le début de l'opération et conformément à l'esprit et à la lettre de l'article 35 de la Constitution.

Les échanges ont été approfondis et très fructueux. Ils ont confirmé la convergence de l'ensemble des forces politiques de notre pays autour de cette intervention décidée par le président de la République le 11 janvier, dont la légitimité n'est pas contestée et dont le déroulement suit la direction annoncée.

Tous les groupes politiques ont tenu à saluer l'efficacité et le professionnalisme des forces armées engagées dans l'opération Serval. Au moment où nos armées interviennent, avec l'appui des forces africaines, en soutien à l'armée malienne, je redis l'importance de ce message d'unité et je rends hommage à l'engagement de nos soldats dans des opérations dont il convient de mesurer la difficulté.

Je rappelle les objectifs fixés par le président de la République. Le premier objectif, c'est d'arrêter l'offensive des groupes terroristes.

Le deuxième objectif, préserver l'existence de l'État malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale.

Troisième objectif, préparer le déploiement de la force d'intervention africaine qui a été autorisée le 20 décembre dernier par une décision du Conseil de sécurité qui a adopté une résolution à l'unanimité.

Sur chacun de ces trois objectifs, les avancées ont été substantielles. L'offensive des groupes terroristes a été stoppée. Plusieurs villes importantes ont été reprises par les forces maliennes grâce à notre soutien. Nous sommes désormais en chemin pour atteindre le deuxième objectif, aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale.

Gao et Tombouctou ont été libérées par l'armée malienne avec notre soutien et celui également des troupes nigériennes et tchadiennes. Notre dispositif mobilise actuellement quatre mille six cents hommes dont trois mille cinq cents au Mali.

En deux semaines, nos forces combinées avec l'armée malienne sont parvenues à enclencher un mouvement de reconquête par le Mali de sa souveraineté sur la partie de son territoire qui était jusqu'à présent contrôlée – et cela depuis plusieurs mois – par des groupes terroristes. Vous l'avez tous vu, les populations expriment leur soulagement mais aussi leur enthousiasme et leur reconnaissance d'être délivrées de cette occupation. Mais il faut toutefois se garder de tout triomphalisme car la menace n'a pas encore totalement été réduite. Des actions de harcèlement sont donc toujours possibles.

Pour autant, la France n'a pas vocation à rester au Mali. Comme l'a indiqué le président de la République, ces opérations dureront le temps nécessaire pour permettre à la force africaine de prendre le relais. Mais, justement, le déploiement des forces africaines se poursuit. Il y a désormais près de trois mille soldats africains au Mali déployés dans la capitale comme en province et, très vite, ils devraient être autour de sept mille soldats.

Le soutien de la communauté internationale a également pris de l'ampleur. Le sommet de l'Union africaine a été l'occasion, la semaine dernière, pour tout le continent africain d'exprimer un soutien sans ambiguïté à notre intervention. Quant ?? la conférence des donateurs, c'est-à-dire la recherche de financements pour cette opération militaire, le ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, y participe aujourd'hui à Addis-Abeba. Et cette réunion est l'occasion pour nos partenaires internationaux – et beaucoup l'ont déjà déclaré publiquement et concrètement – de s'engager à soutenir la MISMA, cette force militaire africaine internationale.

Nos partenaires européens et nos alliés nous apportent un soutien particulièrement efficace avec une coopération sur le plan logistique et sur le plan du renseignement. L'opération de formation, qui est pilotée par l'Union européenne pour les troupes maliennes, se met en place, ainsi que l'aide européenne au processus de transition politique. Nous travaillons, en effet, avec nos partenaires, à la mise en place de ce processus politique. Les autorités civiles maliennes reprennent le contrôle des villes qui ont été libérées des groupes terroristes. Et quant au Conseil des ministres du gouvernement malien, il a adopté la feuille de route de la transition le 25 janvier. Et cette feuille de route porte à la fois sur le rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali et sur l'organisation d'élections législatives et présidentielles. Elle fixe les termes d'un dialogue avec toutes les composantes du Mali et la communauté internationale accompagnera ce processus.

Pour répondre au risque d'exactions, nos forces ont reçu pour consigne de se montrer d'une extrême vigilance. Je précise toutefois que le COMITÉ INTERNATIONAL DE LA CROIX-ROUGE n'a confirmé à ce jour aucun des faits qui ont été rapportés sur ce sujet par certaines organisations non gouvernementales. Le gouvernement français est néanmoins favorable au déploiement rapide d'observateurs internationaux qui veilleront au respect des droits de l'homme et cela conformément à l'esprit de la résolution 2085 du Conseil de sécurité adoptée le 20 décembre dernier. Et nous avons également rappelé aux autorités maliennes leurs propres responsabilités.

Je conclurai en indiquant que le gouvernement a pris plusieurs mesures pour protéger nos compatriotes résidant en Afrique de l'Ouest. Et s'agissant du territoire national, sa protection fait l'objet d'une attention renforcée de la part de nos services de renseignement et des consignes strictes de mise en œuvre des dispositions du Plan Vigipirate ont été données.

Nous devons, en effet, rester d'une extrême vigilance face à l'évolution de la situation tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de nos frontières. Face à la menace terroriste, les Français peuvent compter sur la mobilisation de tous les instants du gouvernement et je me félicite de cette réunion qui a permis de montrer une nouvelle fois l'unité des forces politiques françaises quant à cette intervention de la France. Je vous remercie.


Source http://www.gouvernement.fr, le 30 janvier 2013

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