Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la scolarisation des élèves malades et l'orientation scolaire, Sablé sur Sarthe le 26 janvier 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre de la réussite éducative, sur la scolarisation des élèves malades et l'orientation scolaire, Sablé sur Sarthe le 26 janvier 2013.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George.

FRANCE. Ministre de la réussite éducative

Circonstances : Inauguration du lycée Centre Soins Etudes Pierre Daguet à Sablé sur Sarthe le 26 janvier 2013

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Je suis ravie d’être parmi vous, aujourd’hui pour l’inauguration du lycée centre soins études Pierre-Daguet, ici même, à Sablé-sur-Sarthe.

* Le projet de lycée centre soins études Pierre-Daguet

Ce nouveau lycée qui a ouvert ses portes aux élèves en octobre dernier, est le signe de l’engagement sans faille de la Fondation santé des étudiants de France qui œuvre depuis bientôt un siècle pour que les jeunes qui ont besoin de soins, puissent dans le même temps être scolarisés et poursuivre leurs études, comme tous les jeunes de leur âge, vers l’obtention d’un diplôme et l’acquisition d’une formation.

C’est ainsi, 4 500 nouveaux jeunes qui sont suivis chaque année dans les établissements de la Fondation, dont 60 jeunes dans le lycée que nous inaugurons aujourd’hui.

Et l’éducation nationale - je tiens à le souligner - est un partenaire clé de cette synergie des projets médicaux et éducatifs qui permettent d’allier parcours de soins et parcours scolaires. C’est en effet 361 personnels enseignants et non enseignants que nous mettons à disposition de la Fondation santé des étudiants de France sur tout le territoire pour la réussite de tous les élèves.

* Des objectifs partagés avec notre ambition de refondation de l’École

Ministre déléguée à la réussite éducative, c’est en effet la réussite de tous les élèves que je veux ériger comme possibilité potentielle mais surtout concrète.

Loin d’être un supplément d’âme ou des paroles en l’air, l’éducation est la priorité du président de la République et du Gouvernement. Elle se traduit d’ailleurs par des orientations claires et une hausse nette du budget de l’éducation nationale en 2013. L’École est le fleuron de notre République et le creuset de nos valeurs communes. Elle doit dans ces conditions offrir à tous les mêmes chances.
On a un impératif de réussite afin de refonder l’école, comme l’a engagé Vincent Peillon : réforme des rythmes scolaires, formation solide pour les futurs enseignants, lutte contre le décrochage scolaire qui laisse sur le bord de la route près de 150 000 jeunes par an, sans diplôme, ni qualification.

Parce que l’école conditionne la France de demain non seulement dans sa dimension de cohésion sociale mais aussi dans sa dynamique économique, je suis plus que jamais déterminée à agir pour que chacun - quel qu’il soit, d’où qu’il vienne - puisse trouver sa place dans notre parcours éducatif et ait des perspectives de réussite.

Tel est l’objectif politique que nous nous sommes fixés avec Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale !

* L’enjeu de la scolarisation des jeunes malades

La scolarisation des enfants et jeunes malades pose évidemment question. La nécessité de soins prend le pas sur le parcours scolaire et mène souvent à une déscolarisation - sur un temps donné - des jeunes malades.
Or, ces parcours de vie, subis, difficiles à admettre et à accepter sont porteurs de sentiment de stigmatisation et de différenciation chez les jeunes.
C’est à ce défi moral, social, éthique que répond la Fondation santé des étudiants de France : celui de l’identification des jeunes par l’école et le parcours scolaire, celui de la projection dans l’avenir, celui de la nécessaire reconnaissance en tant qu’individu comme les autres, ni plus ni moins.
Nous savons que les besoins sont considérables et que nombre de jeunes attendent longtemps un prise en charge surtout en région parisienne.

Au-delà des jeunes qui sont les premiers concernés, c’est aux familles qu’une réponse et une solution idoine sont apportées par ces structures innovantes.

Pleinement innovantes, non seulement parce qu’elles sont inédites en France mais aussi parce que les projets pédagogiques mis en place sont pensés spécifiquement pour chacun des jeunes suivis. On est donc loin de méthodes pré-pensées ou plaquées. C’est bel et bien une pédagogie différenciée qui est mise en place pour chacun des élèves en fonction de leurs besoins de soins et de leur niveau scolaire. C’est d’ailleurs une démarche qui a porté ses fruits sur le plan scolaire puisque les résultats au baccalauréat notamment dépassent la moyenne nationale.

L’alliance des soins et de l’École permet donc cette intégration vers la réussite éducative.

C’est le rôle de mon ministère de prendre en charge la réussite de tous les élèves, en considérant l’élève dans sa globalité d’individu avec un bagage social et culturel donné. L’élève au sein de l’École ne peut être déconnecté de l’élève-individu dont le parcours de vie n’est pas toujours linéaire. Son environnement au sens large - sa santé entre autres - influe sur son parcours à l’école. Le bel exemple de ce lycée Pierre Daguet permet de créer un pont entre l’École et ces jeunes fragilisés par la maladie.

* Quelques actions de réussite éducative : signe du lien entre l’élève et son environnement

Et c’est dans l’objectif de créer ce lien entre l’élève et son environnement que j’agis en tant que ministre déléguée à la réussite éducative.

Mes actions s’inscrivent pleinement dans ce cadre. C’est pourquoi je souhaite :

- Prévenir le décrochage scolaire non seulement en luttant contre l’absentéisme, mais aussi en améliorant les procédures d’orientation scolaire afin de mettre fin au phénomène de "l’orientation subie". Nous savons d’ailleurs que c’est le mal être de certains jeunes qui les conduit à déserter petit à petit l’école.

- Développer l’innovation. Ceux qui ne réussissent pas dans le cadre de droit commun ne doivent pas être condamnés à l’échec. Nous devons proposer des outils alternatifs et innovants leur offrant un cadre éducatif renouvelé. C’est tout le sens du Conseil de l’innovation que je vais mettre en place.

- Accompagner les familles dans leur rôle d’acteurs éducatifs, notamment les familles les plus en difficulté : soutien à la parentalité, création d’espaces parents, tant que faire se peut, dans les établissements.

- Permettre l’inclusion en milieu ordinaire des enfants et jeunes en situation de handicap. À cet égard, la mission menée par Pénélope Komites rendra ses travaux en mars prochain et nous permettra d’élaborer un plan d’action quant à l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

- Favoriser le bien-être et la santé des enfants à travers le dépistage précoce de troubles du langage, visuels, auditifs, liés au handicap et à travers le suivi des élèves, notamment les plus vulnérables. Là encore nous prenons au sérieux des préconisations comme celles de madame Versini, alors Défenseur des enfants, et les pistes qu’elle avait tracées méritent d’être mieux explorées.

C’est ainsi une action que je mène pour tous les élèves, en partenariat avec les parents d’élèves, les associations, les collectivités territoriales car la réussite de tous ne concerne pas seulement l’École mais la société dans son ensemble. Et qui mieux que les acteurs de terrain pour nous aider à construire ensemble ce parcours de réussite ?

C’est le message que véhicule la Fondation santé des étudiants de France et je tiens à les remercier chaleureusement pour leur dynamisme, de même que tous les partenaires qui ont permis la réalisation de ce beau projet. Je souhaite aussi saluer le travail effectué quotidiennement par les personnels de ces établissements : médecins et enseignants notamment qui ont accepté d’adapter leurs pratiques professionnelles dans une perspective éducative.
Depuis toujours, la littérature nous a fait connaître des jeunes hommes qui ont du mal à se sentir bien car comme André Chénier, ils sont inconsolés et souffrent du soleil noir de la mélancolie. Notre pays doit avoir la possibilité de les prendre mieux en charge.

Mesdames et Messieurs, vous l’aurez compris, la vocation du lycée Pierre-Daguet s’inscrit pleinement dans le cadre de mon ambition politique de réussite pour tous.

Je souhaite le meilleur à ce nouveau lycée et à ses élèves, dont l’avenir reste à écrire.


Je vous remercie.


Source http://www.education.gouv.fr, le 13 février 2013

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