Interview de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme dans "Les Echos" le 18 février 2013, sur le bilan 2012 et les perspectives pour le secteur du tourisme. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme dans "Les Echos" le 18 février 2013, sur le bilan 2012 et les perspectives pour le secteur du tourisme.

Personnalité, fonction : PINEL Sylvia.

FRANCE. Ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme

ti : Q - Quel bilan tirez-vous de l'année 2012 du tourisme français ?

R - Le secteur résiste mieux que d'autres à la crise, mais il n'est pas pour autant à l'abri. On voit bien l'incidence de la conjoncture et d'une météo pas forcément clémente. La fréquentation est en légère baisse pour les Français, qui réservent de plus en plus tardivement. A contrario, elle a légèrement progressé pour la clientèle étrangère. Globalement, le total des recettes avoisine 77 milliards d'euros, mais, attention, il s'agit là d'un chiffre provisoire. Les statistiques ne sont pas encore consolidées pour le dernier trimestre, qui peut être porteur. En effet, les premiers retours sur les vacances de Noël sont favorables. Tout cela montre encore, au fond, le poids considérable du tourisme, qui représente plus de 7 % du PIB et 2 millions d'emplois. C'est un formidable atout pour la France.

Q - Pour bien des professionnels, le secteur n'apparaît pourtant pas comme une priorité pour le gouvernement...

R - Je ne ressens pas cela. Les professionnels connaissent ma feuille de route. Ils sont volontaires, dynamiques et souhaitent sincèrement s'impliquer dans la mise en oeuvre du projet du gouvernement. Je veux agir de manière concertée avec l'agence de développement touristique Atout France. Il faut notamment que les territoires soient fédérés à l'international sous la marque France et éviter que l'on se disperse.

Q - N'y a-t-il pas tout de même un problème d'affichage quand il n'y a toujours pas de liaison ferroviaire directe entre Roissy et Paris ?

R - Il y a un problème d'accueil en général. Il faut s'en occuper dès les premières secondes à l'arrivée des touristes. On parle du manque de personnel au contrôle des passeports, mais il y a aussi des problèmes d'accueil avec les faux taxis. Il y a aussi des problèmes de sécurité. L'accueil est un axe majeur d'amélioration. Les professionnels veulent d'ailleurs des formations mieux adaptées en la matière, y compris pour les langues étrangères. L'enjeu, au fond, pour moi, c'est la qualité, avec la promotion et l'emploi bien sûr.

Q - Quelles mesures comptez-vous prendre ?

R - Concernant la promotion de la destination France, il revient à Atout France de s'occuper des marchés internationaux. J'ai fixé au nouveau président des priorités claires : les pays émergents, la Chine, l'Inde, l'Amérique latine, tout en continuant de travailler avec les partenaires européens qui sont notre clientèle traditionnelle. Concernant l'offre domestique, nous allons mettre en place des contrats de destination. Les premiers seront signés d'ici à l'été. Il s'agit de fédérer les opérateurs et les collectivités locales d'un même territoire sur un thème. Cela peut être la culture, le patrimoine, le thermoludisme, «l'oenotourisme»... Le contrat de destination sera un contrat entre le ministère et les collectivités locales, auxquelles Atout France apportera son expertise, y compris pour mieux cibler les clientèles étrangères. Pourquoi regarder du côté de Shanghai, si un territoire a tous les ingrédients pour séduire des touristes d'Europe du Nord et réciproquement. Mais je crois qu'il faut aller plus loin : il faut une meilleure coordination sur le plan européen. J'aimerais qu'il y ait des contrats de destination européens. Mes homologues espagnol et grec y sont très favorables. Mon homologue allemand est ouvert. Il faut penser à une marque Europe.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 février 2013

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