Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur les défis de l'Union européenne face au changement du monde, La Haye le 21 mars 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur les défis de l'Union européenne face au changement du monde, La Haye le 21 mars 2013.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Déplacement aux Pays-Bas ; intervention à l'Université de Leyde, La Haye le 21 mars 2013

ti : Monsieur le Recteur,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,


Je suis heureux de m'adresser à vous à l'occasion de cette visite aux Pays-Bas, à l'invitation de mon collègue et ami Frans Timmermans. Je remercie l'Université de Leyde de m'offrir l'occasion de m'exprimer devant vous, ici, à La Haye, grande ville où siègent les principales juridictions internationales, pour vous parler de la politique étrangère de la France et de notre vision pour l'Europe.

Erasme, un des grands hommes que les Pays-Bas ont donné au monde, a écrit dans l'Éloge de la folie, «L'esprit de l'homme est ainsi fait qu'on le prend beaucoup mieux par le mensonge que par la vérité. [...] S'il est question de choses sérieuses, l'auditoire dort, bâille, s'embête». C'est donc avec un peu d'inquiétude sur votre attention que je prends la parole devant vous !

Pour reprendre les mots de François Mitterrand, prononcés le 6 février 1984 lors d'une visite officielle dans votre beau pays, il existe une «amitié naturelle» entre les Pays-Bas et la France. Cette affinité naturelle et cette histoire plusieurs fois centenaire de relations étroites ont été renforcées par notre participation à la construction européenne, dont nous sommes deux pays fondateurs. Nous sommes deux nations profondément européennes. Mais - j'y vois la manifestation de cet atavisme de la liberté - nous sommes des Européens exigeants. Nous sommes les deux pays du «non» de 2005 à la Constitution européenne. Les raisons du rejet n'étaient pas exactement les mêmes, mais sans doute avions-nous certains problèmes de l'Europe qui sont apparus à tous au moment de la crise financière.

Depuis plusieurs mois, des décisions importantes ont été prises en Europe pour surmonter la crise de la dette, pour réduire les déficits et pour tenter de faire redémarrer le moteur économique. Mais nous ne sommes encore qu'au début du processus de réorientation et de relance de l'Europe qui doit permettre de remettre l'Union sur les rails de l'avenir. Les récents développements de la situation de Chypre montrent en effet que nous ne sommes pas sortis de la zone de risque. Les messages des peuples, à l'occasion des différentes élections, doivent être entendus. Pour ce faire, notre conviction est que nous avons besoin d'une Europe forte et solidaire pour affronter les défis actuels.


Quels sont ces défis ? J'ai l'habitude de dire que nous ne vivons pas une crise, mais un véritable changement de monde.

Notre monde est, en effet, bouleversé par une nouvelle hiérarchie des puissances : l'Europe dominait le monde jusqu'à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, les États-Unis au 20ème, les nouveaux géants au 21ème (Chine, Inde, Afrique). Trois pays européens figurent aujourd'hui parmi les six premières puissances économiques, probablement aucun en 2030. En 2050, parmi les 30 premières économies, 19 seront des pays dits «émergents», en réalité «émergés».

Ce monde est aussi bouleversé par les transformations qui affectent l'organisation du travail, les temps de la vie, l'environnement, le climat, la technologie, etc. Nous vivons donc un moment charnière et il nous revient de prendre les décisions permettant de faire face à ce changement du monde.

Ces décisions sont rendues d'autant plus difficiles que le monde est aussi «éclaté» : autrefois bipolaire (États-Unis/URSS), ensuite brièvement unipolaire (États-Unis), demain, espérons-le, multipolaire. Aujourd'hui, éclaté, ce qui explique que nous n'arrivons pas, au niveau international, aux Nations unies, à régler le drame syrien ou à endiguer pour le moment la menace iranienne. Le système est grippé : on le voit par exemple en ce qui concerne le blocage à l'OMC, dans le cas de conférences sur le climat. On le voit aussi avec la difficulté de faire progresser notre objectif - porté par nous Français, Néerlandais et par d'autres - de réguler ce monde par le droit. Le système de régulation mondiale à la hauteur des enjeux du XXIème siècle reste à construire.

Une troisième caractéristique de ce monde, si je le compare avec ce qui a été la période précédente, c'est qu'il y a une multiplication des acteurs internationaux. À côté des États - c'est ce qu'on appelle le système westphalien - prennent place, de plus en plus, des nouveaux intervenants : les organisations non gouvernementales, les entreprises multinationales, les grands acteurs locaux, et malheureusement dans un tout autre ordre d'idée, les groupes terroristes ou narcoterroristes.


Face à ces bouleversements, la volonté de la France est d'orienter ce monde dans le sens de la solidarité, de la justice et de l'efficacité. Nous voulons y contribuer en apportant des réponses aux six principaux défis qui sont ceux des temps qui viennent.

Le premier défi, c'est évidemment le défi économique. Il concerne la France, la zone euro - c'est l'évidence -, et plus largement l'Europe. En France, il faut que nous retrouvions, car nous l'avons perdu, le chemin de la compétitivité et de la croissance. En Europe, il faut que nous relancions la croissance, l'innovation, l'investissement. Il faut que nous parvenions à résorber les déséquilibres de la mondialisation et à réduire la pauvreté.

Le deuxième défi est écologique. On dit souvent que quatre planètes ne suffiraient pas si tout le monde devait adopter notre mode de vie d'ici 2050. Il faut répondre à l'épuisement d'un certain nombre de ressources, à l'effondrement de la biodiversité, à l'aggravation des dérèglements climatiques. La lutte contre le dérèglement climatique reste trop timide faute d'une approche coopérative à la mesure du danger.

Le troisième défi, c'est le défi éducatif et culturel. Il existe - et c'est assez nouveau - une compétition massive sur le terrain éducatif. La Chine «produit» six millions de diplômés universitaires par an et devrait compter 200 millions de diplômés d'ici quelques années. Il est donc décisif d'investir dans l'éducation et la recherche, non seulement pour continuer la tâche de progrès que nous nous sommes fixés, mais aussi pour nous maintenir à la frontière scientifique et technologique.

Le quatrième défi, c'est le défi démographique. Nous serons plus de 8 milliards d'humains en 2030, 9,5 milliards en 2050. Cela implique des enjeux alimentaires, puisqu'il va falloir augmenter la production, des enjeux migratoires, compte tenu des déséquilibres qui risquent se creuser. Beaucoup de pays vieilliront, d'autres resteront plus jeunes, ce qui impliquera de nouveaux rapports de puissance.

Cinquième défi, c'est le défi sécuritaire. Certes, il n'y a pas de conflits mondiaux, mais il y a toute une série de conflits localisés, et le terrorisme, le narco-terrorisme font des ravages avec des risques de déstabilisation de régions entières. Pour assurer la paix, il faut désormais mettre l'accent sur des questions qui étaient peu connues ou non traitées : le financement du terrorisme ou des groupes violents, la gestion des zones post-conflit, la reconstruction politique, juridique, économique et sociale des sociétés, et plus largement, bien sûr, la question du développement.

Le dernier défi - ou le premier -, c'est le défi démocratique. On assiste, d'un côté, à des progrès assez spectaculaires, par exemple en Birmanie, mais aussi à des incertitudes, lorsqu'on regarde les printemps arabes. Aucune transition démocratique n'est simple ou linéaire. Chaque pays doit inventer son modèle démocratique.

Tous ces défis posent la question de la régulation internationale. J'y insiste, ici à La Haye, à quelques encablures des principales juridictions internationales, dont nous souhaitons qu'elles puissent remplir pleinement leur mission. Nous voulons renforcer les instances de gouvernance internationale, qu'il s'agisse des Nations unies, du G20, du G8, d'une possible Organisation mondiale de l'environnement, de la justice internationale. Les grandes institutions internationales ont souvent été créées pour le monde d'hier, il faut les adapter pour qu'elles nous permettent de réguler le monde de demain.


Face à ces défis, nous devons, Français, Néerlandais, Européens, nous donner les moyens de peser sur les affaires du monde. C'est le sens de l'idée européenne : être plus forts collectivement. Encore faut-il que la pratique suive.

L'Europe a incarné une promesse de paix et de prospérité. Cette promesse est aujourd'hui malheureusement en question. Les difficultés que nous connaissons sont pour l'essentiel l'héritage de trop d'années d'imprévoyance. Elles ont laissé s'affaiblir nos économies et accumulé dettes et déficits. Elles ont laissé s'installer les fragilités et les incohérences d'une intégration européenne déséquilibrée, souffrant de «vices de construction».

Vice économique : notre modèle productif s'est trouvé affaibli dans la mondialisation sans réponse européenne.

Vice de structure : d'un côté une monnaie unique - l'euro - et, de l'autre, des structures financières, budgétaires, économiques, politiques inadaptées pour gérer en commun nos économies. L'impossibilité d'avoir durablement une monnaie commune sans un véritable gouvernement économique était reconnue depuis longtemps par certains ! Mais les conséquences n'en ont pas été tirées.

Ces incohérences ont explosé au grand jour avec la crise financière. L'Europe a tardé à apporter des réponses, ce qui a considérablement aggravé le coût de la crise et les conséquences pour les peuples. Dernier exemple en date : la situation de Chypre. Ce pays est confronté depuis plusieurs mois à de grandes difficultés financières. Il doit faire face à un besoin de financement qui représente 100 % de son PIB. Le calendrier électoral interne a conduit à retarder la prise de décision. Le plan de sauvetage présenté, qui impliquait la taxation des petits dépôts, était une erreur. Après le rejet par le Parlement chypriote de ce plan les discussions ont repris pour parvenir à un nouvel accord. Il faut que la question soit traitée rapidement en respectant des principes d'équité et d'efficacité. Nous en connaissons les paramètres : une assistance financière doit être apportée à l'île, qui se trouve dans une situation particulière à cause de son secteur financier, hypertrophié (7 fois le PIB du pays). Il faut aussi corriger des déséquilibres qui ne sont ni justes ni viables : le taux d'imposition sur les sociétés qui relève du dumping fiscal, la part des dépôts des non résidents peu transparent de l'origine. Il existe une volonté forte de parvenir à une solution, mais après des rebondissements qui portent le discrédit sur l'ensemble des gouvernements.

Résultat : les Européens doutent de l'Europe - on observe un peu partout un euroscepticisme croissant. Et à l'extérieur de l'Europe, alors que notre continent et son intégration étaient souvent regardés comme des modèles, c'est aujourd'hui l'inverse. Il y a une perte de confiance dans l'Europe et il ne sera pas facile de la reconquérir.


La solution consiste à bâtir de nouveaux compromis qui nous permettent d'avancer pour répondre aux attentes des peuples. Cela exige davantage de solidarité et donc une Europe réorientée.

Le gouvernement français y travaille depuis dix mois. Il y a eu, dans cet intervalle, même si c'est peu perçu par l'opinion, des progrès importants : établissement de mécanismes d'assistance ; octroi d'une aide à plusieurs partenaires en difficulté ; renforcement de la surveillance dans le cadre de la nouvelle gouvernance économique européenne ; intervention sur les marchés de la Banque centrale européenne. Une véritable Union bancaire est en train de se mettre en place, avec un contenu renforcé. Il s'agit d'une refonte majeure de la supervision bancaire en Europe. La perspective d'une recapitalisation directe des banques par le MES est ouverte : elle permettra de rompre le cycle vicieux entre crise de la dette souveraine et crise bancaire.

Les pays subissant la pression des marchés ont effectué des progrès notables. De façon générale, les États membres ont engagé des politiques de consolidation budgétaire et de réformes structurelles souvent difficiles mais nécessaires. Dans ce cadre, la France a pris l'engagement de revenir à l'équilibre budgétaire en 2017. Mais nous nous situons sur une ligne de crête, comme le montre la situation en Italie. Les motivations de vote des Italiens sont nombreuses et ont aussi à voir avec la situation politique intérieure. Il n'en reste pas moins que les dernières élections constituent aussi une forme de désaveu de la politique conduite par le gouvernement sortant. Il faut entendre ce message des peuples.

Pour notre part, c'est la position que nous défendons depuis maintenant une dizaine de mois. Il nous faut tout mettre en oeuvre en faveur de la croissance. C'est la seule voie qui nous permettra de répondre à la hausse du chômage, en particulier celui des jeunes. Dans cet esprit, nous avons agi pour l'adoption en juin 2012 du Pacte européen pour la croissance et l'emploi. Plusieurs outils ont été utilisés : la Banque européenne d'investissement, la mobilisation des fonds structurels en faveur de la croissance, le lancement de «project bonds». Cela représente un engagement total de 120 milliards d'euros, avec un effet de levier double.

Mais ces avancées ne sont que de premières étapes qui doivent être prolongées. Il reste un effort considérable à conduire, pour compléter le budgétaire par l'économique, pour renforcer l'économique par le social et l'écologique, pour avancer vers l'Europe politique. Il en va de la place de notre continent dans le monde. Il en va de la pérennité du projet européen, souvent contesté par déception face à cette déconnexion entre le projet et l'action.

À plus long terme, nous proposons une approche ambitieuse tournée vers l'intégration solidaire et l'Europe politique qui implique de progresser par étape. Car à l'échelle du monde, ce qui rapproche les Européens est plus important que ce qui les distingue. La poussière du quotidien peut quelquefois le dissimuler à nos yeux, mais qu'il s'agisse de la place de la régulation, du statut de l'individu, du système de valeurs politiques et sociales, l'Europe a bien une cohérence. Chaque pays européen a besoin de l'Europe pour s'affirmer dans ce monde bouleversé.

J'ai cru comprendre que David Cameron aurait dû prononcer ici, à La Haye, un discours sur sa conception des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Je pense que l'approche des conservateurs britanniques selon laquelle la Grande-Bretagne pourrait se passer de l'Europe ou la faire servir ses seuls intérêts est erronée et de courte vue. De même qu'il est bien rapide de dire que l'Union européenne se porterait mieux sans les Britanniques. Ce n'est en tout cas pas notre opinion.


Nous voulons donc remettre l'Europe sur les rails de l'avenir avec quelques grandes priorités.

- Le terrain de l'Union européenne n'est pas la compétition par le bas, par la baisse continue des coûts et le dumping social. Son terrain, c'est celui de la connaissance, de la recherche, de l'innovation, de l'éducation. Nous devons développer au niveau européen les échanges, les investissements, les projets communs. C'est la clef de l'avenir. De même, mobilisons-nous pour faire du verdissement de nos économies un levier de croissance. Personne ne peut raisonnablement douter que ces enjeux soient continentaux plutôt que nationaux. Il est temps d'engager une véritable politique industrielle à l'échelle européenne ou d'harmoniser mes politiques fiscales qui sont une condition nécessaire au bon fonctionnement du marché intérieur. Il est également impératif de mieux réguler les échanges : la fraude récente à l'étiquetage de produits alimentaires nous rappelle combien cette régulation, qui a manqué en l'espèce, peut être protectrice.

- Au-delà, de nouveaux projets concrets doivent être lancés. C'est le cas en matière énergétique. L'importance stratégique pour nos pays de la sécurité des approvisionnements, de la gestion des déchets nucléaires, du développement des énergies renouvelables imposent de renforcer notre coopération et nos échanges sur le long terme. La France, en liaison avec son partenaire allemand, présentera des propositions dans ce domaine, en vue du Conseil européen de mai, qui sera consacré à l'énergie.

- La politique commerciale commune doit être moins naïve. Depuis 2010, le Conseil européen promeut une notion importante, celle de réciprocité. Notre idée n'est pas le protectionnisme. C'est le contraire : notre conviction est qu'une ouverture de l'Europe au reste du monde n'est durable que si les règles du jeu commerciales et économiques sont les mêmes pour tous les États et que nos entreprises ont les même chances sur les marchés étrangers que les entreprises étrangères l'ont en Europe, le marché le plus ouvert au monde. C'est une condition indispensable pour préserver la croissance, l'emploi et le socle industriel européen.

- Nous devons aussi raffermir ensemble la place de l'Europe sur la scène internationale afin de parler d'égal à égal avec ses principaux partenaires stratégiques. Cela passe par la mise en oeuvre d'une politique extérieure de l'Union plus cohérente, plus globale et mieux organisée. L'Union doit être davantage présente encore et active dans les principales crises régionales : elle a montré qu'elle pouvait le faire dans les Balkans ou dans la crise iranienne. Nous devons accentuer nos efforts dans le cadre d'autres crises d'où l'Union reste trop absente, qu'il s'agisse du processus de paix au Proche-Orient, de la Syrie où la question de l'embargo sur les armes doit être résolue.

- Nous devons, enfin, avoir une politique européenne de sécurité et de défense renforcée. La France a assumé ses responsabilités au Mali. À l'appel des autorités maliennes et en cohérence avec les résolutions des Nations unies, nous avons agi dans l'urgence afin d'éviter l'effondrement du Mali. Le soutien de l'ensemble des États membres a été précieux. Mais comme cette crise l'a montré et comme auparavant la crise libyenne en avait été le révélateur, nous avons besoin de rendre plus efficace, plus visible et plus opérationnelle la PSDC. Ce sera l'objet du Conseil européen de décembre prochain. Je sais l'importance que les Pays-Bas attachent à cette question et nous comptons sur vous pour nous aider à faire de cette échéance une étape ambitieuse. Il s'agit de renforcer la base technologique et industrielle européenne en matière de défense, de renforcer nos capacités en les mutualisant et en les partageant davantage, de faciliter et de rendre plus efficace les lancement d'opérations européenne.

- Pour mettre en oeuvre ces projets, la France plaide pour une Europe différenciée : non pas une Europe à la carte, mais une Europe où des États décident d'aller de l'avant, au-delà du socle des compétences communes. La zone euro requiert notamment une intégration plus poussée entre ses membres, y compris, éventuellement, des mécanismes de décision renforcés et spécifiques. Ces différentes avancées impliquent un contrôle démocratique renforcé, notamment pour que le pouvoir des parlements soit garanti. Des innovations seront sans doute nécessaires pour prendre en compte les coopérations à géométrie variable qui vont se mettre en place.


Mesdames et Messieurs,

J'ai conscience de m'exprimer devant vous alors que les peuples s'interrogent de plus en plus sur le destin de l'Europe. «Les fusées sont téléguidées et les hommes désorientés» ! Cette phrase que répétait Martin Luther King définit assez bien notre monde, elle semble plus que jamais d'actualité. Alors que les bouleversements de toutes sortes se multiplient, les peuples, en particulier le nôtre, ont besoin d'orientations fermes de la part de nos dirigeants. C'est indispensable en matière européenne.

En 1969, un président français - Georges Pompidou - prononça ici, à La Haye, un discours important sur la volonté de la France de relancer l'Europe. Il conclut son propos ainsi : «à l'heure où, nous le savons bien, les très grandes puissances [...] ne considèrent et ne peuvent considérer les problèmes européens qu'en fonction de leurs intérêts propres, nous devons à nos peuples de ranimer l'espérance d'une Europe maîtresse de son propre destin». Il s'exprimait dans un contexte très différent, mais cette ambition est la nôtre.


Je vous remercie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 mars 2013

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