Déclaration de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme sur les mesues gouvernementales de soutien aux métiers du tourisme, en particulier en matière de formation professionnelle et d'offre d'emploi, Paris le 9 avril 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Sylvia Pinel, ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme sur les mesues gouvernementales de soutien aux métiers du tourisme, en particulier en matière de formation professionnelle et d'offre d'emploi, Paris le 9 avril 2013.

Personnalité, fonction : PINEL Sylvia.

FRANCE. Ministre de l'artisanat, du commerce et du tourisme

Circonstances : Débat national sur la formation tout au long de la vie dans les métiers du tourisme, à l'Institut français du tourisme, le 9 avril 2013

ti : Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs,


Je suis très heureuse d’ouvrir avec vous cette journée de débat sur un sujet essentiel : la formation tout au long de la vie dans les métiers du tourisme.

Je remercie le Conservatoire National des Arts et Métiers de nous accueillir aujourd’hui, et je tiens à saluer l’engagement, pour cet événement comme pour l’ensemble de ses actions, de l’Institut Français du Tourisme, qui contribue, depuis sa création, à la structuration des formations initiales et à la valorisation des métiers du secteur.

Ce débat, est au coeur de mes priorités, et il s’inscrit parfaitement dans l’actualité et les besoins des métiers du tourisme.

D’abord, parce que l’emploi et la jeunesse sont les deux grandes priorités du Gouvernement, pour lesquelles chaque jour tous nos efforts sont mobilisés.

Egalement parce que le tourisme, qui représente plus de 7% du PIB et surtout plus de 2 millions d’emplois, est assurément un contributeur majeur de l’économie française, qui résiste mieux que d’autres en période de crise économique et irrigue l’ensemble de notre territoire.

Pourtant, comme vous le savez, plus de 50 000 emplois demeurent non pourvus dans le secteur. On ne peut pas accepter pareille situation quand près d’un quart de nos jeunes sont au chômage.

J’ai fait de la structuration d’une solide filière de l’industrie touristique et de l’amélioration de l’accueil et de la qualité de nos services les deux chantiers majeurs de ma feuille de route lors de ma prise de fonction.

Le tourisme est avant tout une affaire d’hommes et de femmes, qui sont au coeur de la réussite d’une destination. Le contact humain, le sens du service client, la faculté à s’adapter à différents public sont autant de facteurs de succès qui reposent sur ceux qui travaillent dans nos entreprises. Et ce qui est vrai en matière d’accueil des touristes en France l’est aussi pour les tour opérateurs et les agences de voyage qui emmènent les Français en vacances.

Les enjeux auxquels sont confrontés les métiers du tourisme sont multiples, qu’il s’agisse de la qualification des employés, de la professionnalisation des formations, de l’adaptation des prestations aux nouvelles attentes et aux nouvelles pratiques des visiteurs, et bien sûr de leur image mal définie auprès du grand public.

La meilleure façon d’y répondre, c’est la formation. Initiale, bien sûr, et les offres sont en train de se structurer, mais aussi tout au long de la vie, par des organismes, ou par le tutorat.

Cette articulation doit permettre aux jeunes qui envisagent de rechercher un emploi dans le secteur touristique de se projeter sur le long terme, de ne pas considérer cet emploi comme une simple première expérience, et de savoir qu’un parcours construit et diversifié est possible avec une progression salariale réelle, des changements d’entreprises, voire de branche, grâce à la formation continue.

Ce sont ces impératifs qui ont guidé l’action du Gouvernement pour répondre tout à la fois à l’urgence ainsi qu’aux enjeux de notre économie, de ses entreprises et de ses salariés.

100 000 emplois d’avenir seront signés d’ici la fin de l’année. Ils permettent à certaines entreprises, aux associations et aux collectivités locales d’embaucher un jeune dont la rémunération est soutenue massivement par l’Etat, mais surtout, ils permettent aux jeunes sans diplôme d’acquérir une première expérience professionnelle et une formation sanctionnée et officiellement reconnue, et donc sa valorisation.

Autre outil essentiel : désormais, ce sont toutes les entreprises qui sont invitées à se saisir du contrat de génération, qui permet lui aussi, par la présence d’un tuteur sénior, de dispenser durant trois ans une formation de qualité à un jeune qui s’intègre ainsi plus durablement dans l’entreprise, dans son métier, et dans sa profession.

Car la formation professionnelle est un réel passeport pour la mobilité et la progression de carrière.

Dans cette perspective, elle doit être lisible, accessible, attractive, et innovante.

De ce point de vue, je tiens à saluer les initiatives qui y concourent, comme celles qui ont été prises par l’Institut Français du Tourisme avec la publication de l’ouvrage « Réussir dans le tourisme » qui associe tous les acteurs du secteur. Je me réjouis que l’activité de l’IFT se soit poursuivie par la création de la collection académique « Tourisme : compétences et métiers ».

C’est enfin la mise en place de licences professionnelles et de masters en partenariat avec des grandes écoles, dont l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers, qui oeuvre avec efficacité pour la professionnalisation des métiers et leur adaptation aux évolutions du secteur.

Le Ministère de l’artisanat, du commerce et du tourisme, à travers Atout France et ses services est pleinement impliqué dans la poursuite de ces objectifs. Cette action passe par un soutien fort aux dispositifs qui facilitent et qui favorisent la formation, et en particulier la formation continue.

C’est le sens du soutien apporté par le Ministère au « Permis de former » mis en place par le Fonds de Formation de l’Industrie Hôtelière, et des référentiels métiers-activités-compétences qui ont été produits avec Atout France afin de clarifier le paysage des métiers et des formations qui y mènent et de préciser les parcours possible dans le secteur.

Mais un travail d’ampleur, de diagnostic et de propositions, doit être mené pour saisir les questions de l’emploi et de la formation dans leur ensemble, puisqu’elles sont étroitement interdépendantes, et, en un mot, pour faire du tourisme un secteur moteur de la création d’emplois en France.

Ce travail a d’ores et déjà commencé.

C’est bien là le sens de la mission que Michel SAPIN et moi-même avons confiée à François NOGUE Président du Conseil d’administration de Pôle Emploi, qui a été également Directeur des Ressources Humaines du Groupe SNCF.

Cette mission nous permettra d’identifier les raisons du déficit d’attractivité de certains métiers, des difficultés de recrutement et de faire des propositions sur l’adaptation nécessaire des compétences, en fonction des activités et des territoires, pour mieux répondre aux besoins de professionnalisme accru de la filière et répondre à cette question majeure : où et dans quels métiers se trouvent les 50 000 emplois non pourvus dans la filière ?

La mission est également chargée d’identifier les évolutions de notre offre touristique à privilégier pour avoir un impact positif sur l’emploi. En effet, la situation de l’emploi en France commande que notre attractivité et ses retombées économiques trouvent de nouvelles formules qui se traduisent par des créations d’emplois.

Alors que les métiers du tourisme jouissent d’une bonne image auprès des jeunes, que 87% les trouvent épanouissant, 61% pleins d’avenir, seulement 39% considèrent avoir été bien informés sur les métiers du tourisme au cours de leur scolarité. L’information sur les opportunités professionnelles dans ce secteur doit donc être renforcée, en particulier au moment de l’orientation et des choix de cursus scolaires.

La difficulté vient en réalité du fait qu’ils sont trop souvent considérés comme des premières expériences exclusivement. Moins de la moitié des jeunes pensent qu’il est possible d’évoluer et d’y faire carrière.

Voilà ce à quoi il faut collectivement s’attaquer !

Le potentiel est là. J’en suis convaincue, et je pense que vous l’êtes aussi.

D’abord en montrant que cette image est fausse, en informant davantage, en valorisant des trajectoires, des parcours et non pas seulement les premiers postes accessibles. Ensuite, en renforçant encore les perspectives de carrière par le développement de deux pans essentiels à la progression : la formation continue et l’entrepreneuriat.

Les jeunes font preuve aussi d’une certaine appréhension quant au nombre de langues étrangères requises, ou à d’éventuels impératifs de mobilité géographique importante. Ce sont des idées qu’il faut pourtant nuancer, dans bien des cas. Même si je suis convaincue que nous devons améliorer l’apprentissage des langues étrangères.

Surtout, la filière doit s’appuyer sur des compétences que cette génération a développées plus vite, plus facilement, et plus naturellement. Je veux parler, bien sûr, de l’usage des technologies numériques et de la bonne connaissance des réseaux sociaux.

Ces compétences sont de plus en plus cruciales dans les activités de la filière touristique. Il est indispensable pour les entreprises de prendre ce virage rapidement. Moins des deux tiers d’entre elles permettent des réservations sur internet, alors même que plus de 9 personnes sur 10 préparent au moins une étape, ou plus, de leur voyage sur internet.

Enfin je voudrais insister sur l’une des orientations cruciales du tourisme pour les années à venir, et qu’il revient à la France de ne pas manquer : c’est le tourisme vert.

Et pour faire émerger les solutions pour une croissance verte du secteur touristique, pour la réduction de l’empreinte écologique des déplacements et des séjours, il est nécessaire de constituer une offre solide de l’éco-tourisme.

Autre enjeu majeur pour ce secteur : il faut également soutenir les entrepreneurs et encourager l’innovation.

Je salue donc chaleureusement l’ouverture du premier incubateur d’entreprises innovantes du monde exclusivement dédié au tourisme, à Paris, par Jean Bernard BROS, présent parmi nous aujourd’hui. Je souhaite remercier les élus pour leur implication dans ce projet.

Mais il faut aussi que les métiers y soient étroitement adaptés, et facilement transformés par la transmission de bonnes pratiques et l’évolution des formations.

C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à ce que la mission de M. NOGUE étudie l’adaptation des compétences aux besoins réels des entreprises et de la filière.

Aujourd’hui, la transmission, la valorisation et l’innovation sont au coeur des débats et je salue ces orientations ; je souhaite que vos échanges ouvrent des perspectives audacieuses qui permettront à davantage de jeunes de décider, par envie, de rejoindre ce secteur stratégique pour notre économie qui participe pleinement au redressement de notre pays.


Je vous remercie.


Source http://www.artisanat-commerce-tourisme.gouv.fr, le 11 avril 2013

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