Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans "Jeune Afrique" du 28 avril 2013, sur les relations de la France avec les pays africains et sur les conflits au Proche Orient. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, dans "Jeune Afrique" du 28 avril 2013, sur les relations de la France avec les pays africains et sur les conflits au Proche Orient.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - L'attentat contre l'ambassade de France à Tripoli est-il le premier «effet boomerang» de l'intervention française au Mali ?

R - Quelques heures après l'attentat, je me suis rendu à Tripoli pour apporter le soutien du gouvernement aux deux gendarmes français blessés et pour organiser, avec nos diplomates et les autorités libyennes, le renforcement de la sécurité de nos implantations. L'attentat n'a à ce jour fait l'objet d'aucune revendication, mais une enquête a été ouverte par le Parquet de Paris, qui doit permettre, en liaison avec les autorités libyennes, de faire la lumière sur les circonstances de cet acte lâche et odieux et identifier ses auteurs. En s'attaquant à notre ambassade de France, ces derniers ont voulu s'en prendre non seulement à la France, mais aussi à l'amitié entre les peuples libyen et français et, d'une façon plus large, à tous ceux qui luttent contre le terrorisme, partout dans le monde. Ils devront rendre des comptes.

Q - L'actualité récente c'est la libération de la famille Moulin-Fournier. Vous vous êtes personnellement impliqué dans le dossier, vous êtes même allé les chercher au Cameroun. Maintenant, on le sait, il y a eu un échange contre un certain nombre de prisonniers camerounais de Boko Haram, votre commentaire sur cette libération...

R - La libération de la famille Moulin Fournier est un immense soulagement et une grande joie. Ils ont traversé une dure épreuve, notamment les enfants. Ils ont fait preuve d'un courage exceptionnel. Leur libération a été rendue possible par la mobilisation des services de la France, du Cameroun et du Nigeria et par l'implication personnelle du président Paul Biya. Je tiens à remercier tous ceux qui ont permis cette libération. Pendant deux mois, nous avons travaillé sans relâche, avec détermination et discrétion. Ce fut une clef du succès.

Q - La France n'a rien payé ? GDF Suez non plus ? C'est une nouvelle doctrine...

R - Nous respectons la règle fixée par le président de la République : la France ne paie pas de rançon. Il faut bien comprendre que, si l'on suit une autre logique, on expose encore davantage tous nos ressortissants.

Q - Y a-t-il eu une contrepartie politique avec le président Biya ? On a parlé de l'affaire des biens mal acquis, assez gênante pour son fils...

R - À aucun moment. Après l'enlèvement, je suis entré en relation avec les présidents Goodluck Jonathan et Biya. Ils se sont montrés très attentifs et ont souhaité s'impliquer dans le règlement de cette situation dramatique, notamment le président Biya. À aucun moment il n'y a eu d'autres éléments dans la discussion. Sur un plan général, ce succès témoigne des bonnes relations qui existent entre le Cameroun et la France. GDF Suez, opérateur important au Cameroun, au lieu d'envisager de partir après cet épisode tragique, a au contraire décidé de rester.

Q - Mais plus généralement, Monsieur le Ministre, n'y a-t-il pas la tentation pour certains présidents de monnayer - l'expression n'est pas très sympathique - leur soutien ? Je pense par exemple au Tchad dans le dossier malien ? Un soutien en échange d'une certaine bienveillance ou d'une certaine discrétion sur les problèmes intérieurs de droits de l'Homme, de démocratie, etc. ?

R - Votre question est directe, ma réponse aussi : non.

Q - Vous avez reçu le président Sassou Nguesso à déjeuner lors de sa visite. Sur le perron de l'Élysée, en sortant de son entretien avec le président François Hollande il a dit «la justice française n'a pas à se mêler de ce qui se passe chez nous». Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration ?

R - Il existe des lois nationales, des lois internationales. Il est normal qu'on les respecte.

Q - Sur la tentation de modifier la Constitution pour pouvoir rempiler de certains chefs d'État ? Quelle est votre position ?

R - Nous sommes, chacun le sait, très attachés à la défense et à la promotion des valeurs démocratiques partout dans le monde. Pour autant, nous n'avons pas vocation à décider à la place des autorités politiques des autres pays. Quand il y a des choses à dire, nous les disons. Ce qui compte, c'est l'efficacité.

Je veux cependant souligner que, sur la durée et s'agissant du continent africain en général, des progrès importants ont été accomplis, même si certains pays connaissent encore en matière de démocratie des entraves et des retards.

Q - Sur ce sujet, votre prédécesseur Alain Juppé était plus direct. Il y a un an il disait : «moi je suis contre toute modification de Constitution permettant aux chefs d'État de rempiler».

R - Ne créons pas de fausse querelle : l'important est de progresser concrètement. Concernant la politique africaine de la France, si vous souhaitez comparer l'approche des gouvernements précédents et la nôtre, il existe des différences incontestables. Par exemple, leur approche de l'Afrique a été souvent partielle, car limitée surtout à l'Afrique noire subsaharienne et francophone ; or l'Afrique, c'est aussi l'Afrique du Nord et l'Afrique anglophone : notre approche à nous consiste à prendre en compte, non pas seulement une partie de l'Afrique, mais la pluralité et la diversité du continent. Autre différence : dans le passé - même si certains ont su échapper à ce travers -, l'approche officielle française est souvent apparue condescendante : utilitariste, arrogante, quand ce n'était pas les deux. Nous, nous souhaitons une approche partenariale, d'égal à égal. Enfin, par le passé, la politique pratiquée a parfois manqué de continuité et préféré les «coups». Nous, nous croyons profondément en l'avenir du continent africain ; nous voulons l'appuyer sur le plan démocratique, sur le plan économique comme sur le plan sécuritaire. L'Afrique et les Africains joueront un rôle majeur et positif dans ce siècle. Bref, si vous comparez les deux fameux discours programmes qui ont été prononcés au cours des dernières années par des présidents français à Dakar, et ma préférence va au plus récent...

Q - Monsieur le Ministre, le Mali, avec une question sur cette petite phrase : «je serais intraitable» a dit François Hollande, à propos des élections du mois de juillet. Cela a été perçu comme comminatoire et ça a un peu choqué les Maliens...

R - Ce que le président de la République a voulu dire, c'est que, pour traiter les problèmes du Mali, il faut non seulement veiller à la sécurité de ce pays, à son développement économique, mais aussi à la démocratie et au dialogue politique. Celui-ci implique notamment l'organisation par les maliens des élections dans les délais prévus. L'Assemblée nationale malienne a voté, à l'unanimité, une feuille de route qui prévoit ces élections en juillet. C'est le bon moment.

Q - Mais il y a les problèmes des listes électorales, de sécurisation...

R - Je me suis rendu récemment sur place et j'ai évoqué l'ensemble de ces points avec les autorités maliennes de transition et les dirigeants des principaux partis politiques. Ils sont d'accord sur la nécessité d'organiser l'élection présidentielle en juillet prochain. Les candidats se déclarent. La campagne se prépare. Tout doit être mis en oeuvre sans délai sur le plan technique pour respecter cet objectif. Pour les législatives, il est raisonnable et souhaitable qu'elles aient lieu dans la foulée. Nous sommes en train de gagner la guerre au Mali, il faut maintenant gagner la paix.

Q - À propos de l'armée, Monsieur le Ministre, dans quel état est-elle et quand est-ce que le Mali pourra être doté d'une armée républicaine, capable de protéger le pays ?

R - L'armée malienne a été très affaiblie, c'est vrai. Ce n'est pas son courage qui est en cause, mais sa formation, son organisation et son équipement. Depuis quelques semaines, l'EUTM, c'est-à-dire l'Union européenne, conduit un intense travail de formation de l'armée malienne sous la direction efficace du général Lecointre. La formation se fait bataillon par bataillon. Cette action va donner des résultats, mais elle prendra du temps. À terme, l'armée malienne sera renforcée, capable de défendre le territoire et de renforcer la démocratie. Entre-temps, pour garantir la sécurité, une vaste mission de maintien de la paix, dans le cadre de l'ONU, va bientôt se déployer. La Misma sera remplacée par la Minusma, au sein de laquelle des troupes maliennes assureront la stabilisation du pays, aux côtés de troupes africaines et non-africaines. Dans le cadre d'une convention entre les gouvernements français et malien et en liaison avec l'ONU, une force française d'appui, d'environ un millier d'hommes au total sera présente sur place pour empêcher tout retour des groupes terroristes. Le rétablissement durable de la sécurité du territoire malien est engagé.

Q - Le capitaine Amadou Sanogo a encore une grosse influence à Bamako. Comment le faire tenir éloigné de la scène politique ?

R - Il existe une règle dans tout pays démocratique : l'armée est au service du pouvoir civil. Point à la ligne.

Q - Il se présente un peu comme un faiseur de roi. Est-ce qu'il ne faudrait pas un dispositif pour l'éloigner ?

R - Je n'ai pas à entrer dans ce genre de considération.

Q - L'Élysée a «pris acte» du renversement du président François Bozizé en Centrafrique. Pourquoi ne pas avoir tout simplement condamné ce putsch et réclamé le retour à la légalité constitutionnelle ?

R - L'ancien président Bozizé a échoué : il a pris des engagements qu'il n'a pas tenus, notamment en ce qui concerne le gouvernement de large union. Face à cette situation, nous agissons avec nos amis et collègues de l'Union africaine et de la CEDEAC en faveur de la paix, sans pour autant nous substituer aux autorités en place.

Q - Six cents militaires français sont sur place, ce n'est pas rien...

R - Leur rôle est de sécuriser l'aéroport, les représentations diplomatiques et d'effectuer des patrouilles en ville. L'idéal serait que les forces locales et régionales assurent la sécurité. J'espère qu'on y arrivera. L'ensemble des autorités régionales et l'Union africaine nous ont demandé d'être présents.

Q - Un petit tour par les Grands Lacs. Vous n'étiez pas aux affaires en 1994, mais il y a toute une histoire avec le Rwanda. Ce pays a pourtant soutenu l'intervention française au Mali. Cela vous a étonné ?

R - La situation des Grands Lacs est une question importante, elle compte pour la France. Dès le début de l'intervention française au Mali, les autorités du Rwanda et de la RDC se sont manifestées pour nous soutenir, notamment la ministre des affaires étrangères rwandaise, [Louise Mushikiwabo, NDLR] qui est attachée à de bonnes relations avec la France. Je connais le passé difficile entre nos deux pays mais aujourd'hui, nous voulons nous tourner ensemble vers l'avenir pour stabiliser la région. La France, membre permanent du Conseil de sécurité, est reconnue par ces différents pays comme un interlocuteur important.

Q - Elle vous a invité au Rwanda, comptez-vous vous y rendre ?

R - Sans doute. Nous sommes très attachés à la Francophonie qui est une grande et belle aventure, mais nous voulons aussi être présents en Afrique dans sa diversité. J'ai ainsi prévu un déplacement en Angola dans quelques semaines.

Q - La normalisation est un peu lente avec le Rwanda, d'où ma question...

R - Elle se fera.

Q - Passons au nord du Sahara, et plus particulièrement au Maroc. Il y a eu le soutien de François Hollande au plan d'autonomie du Sahara occidental proposé par le Maroc lors de sa visite. Et puis la douche froide : Susan Rice porte un projet de résolution, apparemment sans consulter les autres pays, qui devrait doter la Minurso d'un mandat sur les droits de l'Homme. Alors, la France a une position depuis toujours, c'est «on est contre». C'est difficile d'être contre quand même ?

R - Ce n'est pas notre position. Depuis longtemps, ce que nous souhaitons c'est une solution juste, durable, mutuellement agréée sous l'égide des Nations unies, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité. Le plan d'autonomie marocain présenté en 2007 est une base sérieuse et crédible pour une solution négociée. Dans ce contexte, les États-Unis avaient songé à une résolution. Le Maroc en a été surpris, car, même si les choses ne sont pas parfaites, des progrès ont eu lieu en matière de droits de l'Homme. Depuis, le débat a évolué. Nous, nous sommes résolument en faveur des droits de l'Homme, dans des conditions qui soient utiles et efficaces. Une initiative qui entraînerait le blocage de la Minurso ne ferait rien avancer. Il est d'autant plus important d'avancer que la question du Sahara occidental bloque malheureusement les avancées sur l'Union du Maghreb. Si l'on progresse dans l'Union du Maghreb, ce sera positif.

Q - Une petite question sur l'Algérie. Je pense que vous vous en souvenez : vous aviez annoncé que l'Algérie autorisait le survol immédiat de son territoire - lors du début de l'opération Serval - avant même que cela soit officiellement annoncé dans le pays. Cela a beaucoup gêné les Algériens. C'était quoi, pour les acculer, c'était une gaffe ?

R - Je n'ai pas le sentiment d'une gêne. Nos relations avec l'Algérie sont excellentes. Un état d'esprit constructif et amical se manifeste sur les nombreux sujets abordés : l'histoire, la circulation, l'économie, les questions régionales, etc.... Le voyage de François Hollande y a beaucoup contribué, et - malheureusement - l'avancée des jihadistes au Mali et les évènements d'In Amenas aussi. Dans la crise malienne, les Algériens font preuve de grande fermeté. Eux-mêmes ont beaucoup souffert du terrorisme .Nous partageons les mêmes principes, à savoir que l'intégrité du Mali doit être respectée et qu'il ne peut y avoir deux forces armées au Mali. Je souligne avec satisfaction cet état d'esprit positif et commun.

Q - La Tunisie, Monsieur le Ministre, elle va dans le bon ou le mauvais sens ?

R - Au début de des transitions arabes, j'ai pensé que la Tunisie était probablement le pays dans lequel elle serait la moins difficile à réussir. Pourquoi ? Notamment parce que c'est un pays qui possède un solide niveau d'éducation, un niveau économique appréciable, une tradition de précurseur pour les droits des femmes. Mais toute transition est difficile.

Aujourd'hui, la situation tunisienne n'est pas complètement stabilisée, d'évidentes difficultés demeurent. Nous, Français, nous n'avons pas à nous substituer aux responsables tunisiens, mais nous appuyons économiquement ce pays et nous souhaitons que tous ceux qui ont lutté pour la dignité et les libertés se retrouvent pleinement dans l'évolution que choisira ce pays dont nous sommes proches. Il est prévu que le président Hollande s'y rende au début de l'été.

Q - Vous ne parlerez pas de fascisme islamique, comme votre ami Manuel Valls ?

R - Je pense qu'il faut surtout prendre garde à «l'extrémisation» des positions : cela, tout le monde en convient.

Q - Cette déclaration a fait dire au président Marzouki : «la gauche française a toujours du mal à comprendre le monde arabe et islamique»...

R - Évitons, si vous le voulez bien, les généralisations de part et d'autre.

Q - Un sujet qui intéresse nos lecteurs Monsieur le Ministre, c'est la relation Israël-Palestine. Est-ce que la solution à deux États est encore possible, quand on voit la politique de colonisation israélienne qui se poursuit ?

R - Oui, elle est encore possible. Mais elle serait gravement mise en cause si la colonisation devait se poursuivre, contrairement aux résolutions internationales. C'est pourquoi il faut non seulement avancer vers cette solution des 2 États, mais avancer vite. Ce sont des sujets que nous traitons avec les Israéliens, les Palestiniens et d'autres, notamment le Secrétaire d'État américain John Kerry très impliqué dans ce dossier.

Q - Vous parlez sans problème avec votre homologue israélien ?

R - Oui. Pour le moment, c'est Benyamin Netanyahu qui assure l'intérim des affaires étrangères. Je parle aussi, côté israélien, avec Tzipi Livni.

Q - Qu'est-ce qui a changé, par rapport à Nicolas Sarkozy, dans l'approche française du problème israélo-palestinien ?

R - Ce que je sais, c'est que notre politique consiste à travailler pour la paix, garantir le droit à la sécurité d'Israël et reconnaître le droit des Palestiniens à disposer d'un État. Pas seulement en théorie, mais concrètement. Aux Nations unies l'an dernier, le choix de la France a incontestablement pesé dans le vote positif sur la reconnaissance du statut d'État observateur non-membre pour la Palestine. Nos relations sont bonnes avec les divers protagonistes. Nous sommes disponibles pour favoriser les avancées.

Q - Est-ce que l'annonce américaine, à Istanbul, de doubler l'aide non létale à l'opposition syrienne n'est pas de nature à fragiliser cette opposition ?

R - Au contraire, j'ai perçu la position présentée par John Kerry à Istanbul comme une avancée. L'implication plus grande des Américains traduit la prise de conscience générale que, si la situation sur le terrain n'est pas modifiée, on risque un éclatement de la Syrie, avec des conséquences gravissimes pour ce pays et pour l'ensemble de la région. Il faut éviter que cette tragédie épouvantable ne s'aggrave - on est à près de cent mille morts - et que les extrémistes des deux côtés se renforcent. C'est pourquoi nous soutenons pour notre part l'opposition responsable de la Coalition nationale syrienne.

Je regrette la démission de Moaz Al-Khatib. Il avait pris position en faveur du dialogue. Pour avancer vers un dialogue politique, nous avons besoin de dirigeants comme lui. Je souhaite que son successeur puisse reprendre son travail pour aller vers une solution politique, dans la ligne de l'accord de Genève de 2012.

Q - Pour terminer Monsieur le Ministre, deux questions plus personnelles. Vous êtes le ministre d'un gouvernement dont le chef n'a que 25 % d'opinions favorables. Est-ce que cela ne vous affaiblit pas à l'extérieur ? Est-ce que cela n'affaiblit pas le pouvoir et la parole de la France ?

R - Notre politique étrangère est un sujet sur lequel le gouvernement dispose en France et à l'étranger d'un net soutien. Quant à notre poids sur la scène internationale, il est lié à des données de fond, qui ne varient pas au gré des sondages. Et l'intervention française contre les groupes terroristes et pour l'intégrité du Mali nous a conféré un surcroit de crédibilité en Afrique - où la totalité des pays soutient notre action. Ils savent qu'il n'existera pas de développement durable et stable sans sécurité. Ils constatent que les pays qui peuvent réaliser avec succès ce qu'a fait la France au Mali se comptent sur les doigts d'une demi-main. (...).


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 mai 2013

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