Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique, à "RMC" le 29 avril 2013, sur les débats au sein du gouvernement sur la politique économique la plus adéquate, sur de nouveaux apprentissages à l'école (informatique, culture économique), sur les aides aux entreprises. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique, à "RMC" le 29 avril 2013, sur les débats au sein du gouvernement sur la politique économique la plus adéquate, sur de nouveaux apprentissages à l'école (informatique, culture économique), sur les aides aux entreprises.

Personnalité, fonction : PELLERIN Fleur, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
D’abord je voudrais revenir quand même, une nouvelle déclaration dans THE OBSERVER cette fois, d’un ministre du gouvernement : il faut en finir avec les politiques d’austérité en Europe. La chancelière allemande Angela MERKEL est l’une des rares à penser encore qu’elle marche, seule MERKEL soutenue par quelques pays du Nord croit que l’austérité marche. Voilà exactement ce qu’a déclaré Benoît HAMON. Vous regrettez ce genre de déclaration Fleur PELLERIN ?

FLEUR PELLERIN
Je crois que c’est mal traduit en fait Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah c’est mal traduit ! Ah bon d’accord !

FLEUR PELLERIN
Non, je plaisante. Je crois qu’il y a véritablement, on le voit bien ces derniers temps un débat sur les politiques à mener. Les politiques macroéconomiques à mener au sein de l’Union Européenne, et d’ailleurs le président de la République lui-même a ouvert ce débat en disant qu’il était nécessaire sans doute d’attendre un peu pour que la France atteigne les 3% d’objectif de déficit. Et nous avons d’ailleurs obtenu de la Commission un an de report. Donc je pense que ce débat sur les politiques macroéconomiques à mener dans un contexte où certains pays ont plus de croissance d’autres il est réel, il existe, donc il ne faut pas le…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais le débat c’est une chose. Mais est-ce que vous pensez que la politique d’Angela MERKEL est une politique intransigeante et égoïste. Je vous dis ça parce que c’était les mots employés dans le document du Parti socialiste qui fait débat.

FLEUR PELLERIN
Je crois qu’il ne faut pas pointer ni une personne ni un pays en particulier. Vous savez très bien l’importance qu’a le moteur franco-allemand au sein de l’Union européenne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est irresponsable ? C’est irresponsable ?

FLEUR PELLERIN
Ce n’est pas irresponsable mais il n’y a pas de construction de politique européenne. C’est irréaliste je pense d’imaginer qu’on va pouvoir avancer et continuer à construire l’Europe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c’est ce que dit MELENCHON, c’est ce que dit une partie du PS.

FLEUR PELLERIN
MELENCHON n’est pas aux responsabilités. Je crois qu’il faut avoir ce débat avec les Allemands, mais pas seulement avec les Allemands. Et d’ailleurs le président de la République a été le premier à ouvrir ce débat sur la croissance au sein des politiques européennes, dès qu’il a pris ses fonctions. Donc ce débat il faut l’avoir, il faut peut-être ajuster un certain nombre de choses, d’ailleurs c’est ce que nous faisons puisque nous autorisons, la Commission européenne a autorisé certains pays à prendre un peu plus de temps pour atteindre leur objectif. L’important c’est la trajectoire qu’on se fixe et c’est la responsabilité budgétaire. Et ça c’est le cap que le président de la République a clairement fixé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Fleur PELLERIN, regardons un peu ce que vous réservez aux PME, parce que le président de la République va faire quelques annonces aujourd’hui.

FLEUR PELLERIN
Pas seulement aux PME d’ailleurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, pas seulement aux PME, à l’entreprise, au monde de l’entreprise. Mais moi ce qui m’intéresse ce sont les PME, avec vous notamment.

FLEUR PELLERIN
D’accord, moi aussi ça m’intéresse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous aussi, évidemment, évidemment, heureusement vous êtes ministre en charge des PME. Alors première mesure, la suppression du fichage des entreprises qui font faillite. Ça veut dire quoi ? C’est confirmé, ça va être supprimé.

FLEUR PELLERIN
Alors ce fichage, il ne faut pas dire fichage, déjà ce terme n’est pas joli, mais c’est vrai qu’il y a un fichier qui s’appelle le fichier Fiben qui recense l’ensemble des entrepreneurs de notre pays qui est tenu par la BANQUE DE FRANCE à partir de données qui viennent des tribunaux de commerce. Et l’idée c’est de dire quand vous avez une note 00, vous êtes un entrepreneur, ça veut dire RAS, tout va bien. Donc les banquiers qui ont accès à cette information ils se disent je peux prêter de l’argent sans problème.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je peux prêter sans problème.

FLEUR PELLERIN
Si vous avez 0,40 c’est que vous avez connu une liquidation judiciaire au cours des trois dernières années. Si vous avez 0,50 vous en avez eu 2, si vous avez 0,60 vous en avez trois ou vous avez fait une grosse faute de gestion ou vous avez fait une faillite frauduleuse, donc ce n’est pas bien, 0,50 et 0,60 c’est plutôt pas terrible. Le 0,40 en revanche il nous était signalé, ça concerne à peu près 150.000 entrepreneurs, il nous était souvent signalé par les entrepreneurs comme une sorte de stigmate qui les empêchait d’avoir accès aux crédits. C’est-à-dire que quand on voit cette note peut-être qu’un banquier est réticent à accorder un crédit ou à faire confiance. Alors qu’une première expérience d’échec pour nous ça ne signifie pas qu’on n’est pas un bon gestionnaire. Ça peut être qu’on a perdu une grosse commande, ça peut être qu’on a subi un cycle économique et donc c’est important de ne pas être stigmatisé et d’avoir un droit à la seconde chance, un droit au rebond. Et c’est ça que nous voulons manifester à travers la suppression de cette indice qui effectivement, je vous l’annonce, Jean-Jacques BOURDIN, sera ce soir présenté parmi les autres mesures que le président de la République présentera.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est d’ailleurs à l’occasion de la clôture des assises de l’entreprenariat à l’Elysée que François HOLLANDE fera toutes ces annonces.

FLEUR PELLERIN
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y en a d’autres. Par exemple l’entreprise à l’école. Aujourd’hui l’entreprise n’est pas assez présente dans les collèges et lycées, Fleur PELLERIN. Comment développer cette présente du monde de l’entreprise au collège et lycée.

FLEUR PELLERIN
Alors je crois que ce n’est pas tant la présence du monde de l’entreprise dans les écoles qu’il faut changer, mais c’est plutôt la culture dans l’entreprenariat. Et vous savez ces assisses, je veux quand même le rappeler, ce n’est pas un coup de communication ou une opération pour une seule fois aujourd’hui et pour faire de la communication. C’est quand même un travail qui a commencé, que moi j’ai commencé dès que j’ai pris mes fonctions, en juillet dernier j’ai demandé un rapport à Philippe HAYAT, qui est un entrepreneur bien connu, qui travaille d’ailleurs sur ces questions de culture de l’entrepreneuriat. Dès le mois de juillet dernier et au moment du pacte, de l’annonce du pacte pour la compétitivité et la croissance et l’emploi par le Premier ministre, il était bien prévu que j’organiserai ces assises. Donc c’est un processus qui a lieu depuis le mois de janvier, donc c’est important de le rappeler. Ce n’est pas un one shot, c’est quelque chose de continu. Et donc ce qui compte aussi beaucoup, indépendamment des questions de financement et de fiscalité, c’est de travailler sur cette culture de l’entreprenariat qu’on n’a pas suffisamment su développer ni à l’école ni au collège ni au lycée ni plus tard.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment concrètement ?

FLEUR PELLERIN
Concrètement, vous savez il y a des choses qui sont très simples, ce n’est pas question de faire rentrer l’entreprise à l’école, mais c’est d’organiser des petits jeux de rôle, on développe beaucoup grâce aux nouvelles technologies, un autre de mes sujets favoris. Grâce aux nouvelles technologies vous avez aujourd’hui ce qu’on appelle des jeux sérieux qui permettent aux enfants de manière ludique, comme on faisait pour la sécurité routière quand on était petit à l’école qui apprennent ce que c’est une entreprise, ce que c’est l’économie, ce que c’est le chômage, enfin des concepts économiques de base.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va développer cela.

FLEUR PELLERIN
Donc on va développer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans les collèges et lycées.

FLEUR PELLERIN
Dans les collèges et lycées des apprentissages de culture générale économique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
De culture générale économique.

FLEUR PELLERIN
Et aussi développer le goût du risque, le goût de l’audace.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Question subsidiaire, Fleur PELLERIN, pourquoi n’enseigne-t-on pas l’informatique au collège et lycée ? Pourquoi est-ce que l’informatique n’est pas une matière à part entière.

FLEUR PELLERIN
Alors on enseigne déjà un peu l’informatique au collège et au lycée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas beaucoup.

FLEUR PELLERIN
Moi c’est vrai que je suis favorable à ce qu’on apprenne à coder, le plus tôt possible, mais pas seulement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des cours d’informatique au collège et au lycée.

FLEUR PELLERIN
Oui mais pas seulement apprendre à taper et à se promener sur Internet évidemment.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non mais évidemment.

FLEUR PELLERIN
A coder. Moi j’ai appris à coder.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous êtes favorable à ça ?

FLEUR PELLERIN
J’y suis favorable parce que je pense que c’est une manière d’aider nos enfants à mieux décrypter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les mathématiciens sont vent debout contre cette mesure vous le savez bien Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
Oui, oui, tout changement est toujours discuté. On l’a vu encore récemment. Il y a des pays comme l’Estonie par exemple dans lesquels les enfants apprennent à coder à partir de 7 ans à l’école à l’école primaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
A partir de 7 ans.

FLEUR PELLERIN
Des langages très simples, ça s’appelle le logo.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien sûr, bien sûr.

FLEUR PELLERIN
C’est un langage très simple. Moi je suis très favorable à ce qu’on enseigne alors que ce soit à l’école ou dans les loisirs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J’en parlerai à Vincent PEILLON.

FLEUR PELLERIN
Mais Vincent PEILLON est favorable aussi à ce qu’on, il a présenté un grand plan numérique et d’ailleurs à la rentrée prochaine il va le présenter de manière plus précise. Il est très favorable à ce qu’on enseigne davantage le développement et le codage dans l’enseignement secondaire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et bien on va parler du numérique et je voudrais parler du statut d’entrepreneur dans deux minutes avec Fleur PELLERIN qui est notre invitée, qui reste avec nous encore quelques minutes. 7h48, parce que c’est intéressant, c’est passionnant, c’est l’avenir de nos PME. Fleur PELLERIN est avec nous, on parle des PME Fleur PELLERIN. La cession des entreprises, vous vous souvenez des Pigeons, c’est vrai quand on cède une entreprise la fiscalité est très lourde, vous allez l’alléger ?

FLEUR PELLERIN
Bien sûr le président de la République fera un certain nombre d’annonces ce soir, vous allez lu la presse, moi aussi donc…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous savez vous n’avez pas besoin de lire la presse vous Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
Parmi les propositions neuf groupes de travail ont travaillé dans le cadre des assises de l’entreprenariat que j’ai coordonné. Il y avait un groupe qui travaillait sur la fiscalité et nous avons décidé de travailler sans tabou. Et donc ce groupe a fait des propositions au Premier ministre vendredi dernier et puis au président de la République. Et le président arbitrera. Mais je crois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a un allégement de la fiscalité.

FLEUR PELLERIN
Il a très clairement annoncé son intention de simplifier les choses, de rendre les choses plus lisibles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et d’alléger la fiscalité sur la cession d’entreprise.

FLEUR PELLERIN
D’alléger mais tout en restant fidèle aux principes qu’il avait annoncé, c’est-à-dire à la barémisation, c’est-à-dire à la soumission des revenus du capital au barème de l’impôt sur le revenu mais avec une simplification une lisibilité accrue et quelque chose qui encourage beaucoup plus la prise de risque.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi je me souviens de ce que promettait le président de la République, le candidat François HOLLANDE, un impôt sur les sociétés à 15% pour les PME. Où est-il cet impôt à 15% ?

FLEUR PELLERIN
Alors vous savez que nous sommes dans une situation budgétaire très compliquée.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est impossible aujourd’hui ?

FLEUR PELLERIN
Pour l’instant c’est difficile, mais vous savez ce que nous avons fait lors des premières lois budgétaires que nous avons voté lorsque nous sommes arrivés, nous avons constaté, et ça va vous plaire Jean-Jacques BOURDIN, qu’il y a un accord très important de taxation effective à l’impôt sur les sociétés entre les grandes entreprises du CAC 40 et les PME. Les grandes entreprises du CAC 40 elles peuvent optimiser leur impôt, c’est-à-dire qu’elles ont recours à des conseils qui les aident, et finalement elles payent un taux effectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
8%.

FLEUR PELLERIN
Un vrai taux de l’ordre plutôt de 14%.

JEAN-JACQUES BOURDIN
14%.

FLEUR PELLERIN
Mais les PME c’est 33%, 33 un tiers. Et donc ce que nous avons fait, les premières mesures ça a été de faire converger ces taux, c’est-à-dire d’accroitre un peu la charge des grandes entreprises qui optimisent et de baisser, en tout cas d’épargner les PME de cet effort supplémentaire. Donc déjà nous avons rapproché des taux, nous avons fait en sorte que ce soit plus juste pour les PME. Nous ne renonçons à moduler les taux mais c’est trop cher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la baisse des charges ? Et la baisse des charges, parce que tous les patrons de PME demandent et vous le savez bien une baisse des charges.

FLEUR PELLERIN
Alors il ne nous a pas échappé que nous avons fait aussi un crédit impôt pour la compétitivité d’emploi, c’est quand même 20 milliards d’efforts pour les finances publiques, ce n’est pas négligeable pour réduire le coût du travail, c’est un élément important de la compétitivité. Et par ailleurs ma collègue Marisol TOURAINE est en train de mener des concertations et un travail pour la réforme du financement de la protection sociale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les chefs d’entreprise peuvent rêver d’une baisse des charges encore ?

FLEUR PELLERIN
Le président de la République a répété à plusieurs reprises qu’il considérait que le financement de la protection sociale pesait de manière trop importante sur le coût du travail et donc un travail est mené…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a des mesures qui seront annoncées, je ne vous demande pas lesquelles, mais à ce propos cet après-midi sur la baisse des charges.

FLEUR PELLERIN
Non, non parce que cela ça concerne vraiment le financement de la protection sociale, c’est un sujet…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le statut des auto-entrepreneurs, est-il vrai que vous allez limiter la durée du régime de l’auto entrepreneur ?

FLEUR PELLERIN
Alors sur le régime de l’auto entrepreneur il y a un rapport qui a été remis au gouvernement il n’y a pas très longtemps par l’inspection générale des finances et l’inspection générale de l’administration, et les conclusions de ce rapport était quand même relativement équilibrées. C’était que ce rapport disait il y a quelques abus, par exemple des entreprises qui utilisent le statut de l’auto-entrepreneur pour faire du salariat déguisé et cela c’est une précarisation des salariés. Il y a quelques abus parce qu’il y a des gens qui déclarent leurs revenus. Mais c’est quand même relativement marginal. Alors ce que nous souhaitons faire et c’est Sylvia PINEL aussi qui est en charge de ce dossier bien entendu, c’est peut-être dans certains secteurs, mais c’est quelque chose qui est pour l’instant en réflexion, limiter peut-être dans le temps. Pourquoi ? Parce que ce statut d’auto entrepreneur, quelle est sa vertu ? C’est d’être très simple, mais d’être aussi un premier pas vers la création d’entreprise et donc ce que nous souhaitons faire c’est que pour les gens pour lesquels c’est un premier pas vers la création d’entreprise eh bien il faut les accompagner et les aider à devenir des vrais entrepreneurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pendant combien de temps, trois ans ?

FLEUR PELLERIN
La date sera à discuter avec les personnes concernées.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais combien de temps, trois ans, on les accompagne, on les aide.

FLEUR PELLERIN
Trois, quatre, cinq ans, on verra.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Trois, quatre, cinq ans.

FLEUR PELLERIN
Il faudra regarder…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils restent sous le statut d’auto-entrepreneur, s’ils constatent que ça fonctionne bien ils passent entrepreneur.

FLEUR PELLERIN
Pour les gens dont c’est l’activité principale bien entendu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc c’est statut durée limitée.

FLEUR PELLERIN
Peut-être dans certains secteurs, tous ces sujets-là sont en cours de discussion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais ça sera à durée limitée.

FLEUR PELLERIN
Mais l’important c’est aussi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je peux vous le dire, vous le savez d’ailleurs Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
Peut-être dans certains secteurs, pas de manière générale, et surtout pour les gens dont c’est l’activité accessoire. Parce que c’est aussi un complément de revenu pour beaucoup de nos concitoyens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui je sais bien, je sais bien.

FLEUR PELLERIN
Pour eux c’est important que ça ne soit pas limité dans le temps, donc voilà. Mais les choses ne sont pas arbitrées, elles sont en discussion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dernière chose Fleur PELLERIN, l’inégalité numérique sur ce territoire, ça fait des années que tous les gouvernements nous disent : on va y mettre fin, on va, ça n’arrive toujours pas.

FLEUR PELLERIN
C’est arrivé, maintenant on va y mettre fin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon vous croyez ?

FLEUR PELLERIN
Ça n’existait pas depuis des années et des années vous savez.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand vous allez y mettre fin, quand ?

FLEUR PELLERIN
Le haut débit c’est quand même relativement récent, mais j’ai présenté il y a peu de temps et le président de la République et le Premier ministre ont validé les orientations que j’ai proposées un plan de déploiement du très haut débit, France très haut débit. Et donc nous allons doter conformément à ce que le président de la République avait annoncé pendant la campagne présidentielle nous allons doter l’ensemble du territoire en très haut débit, 100 méga, d’ici 10 ans. Donc la différence avec le plan précédent, c’est que le plan précédant avait laissé les opérateurs décider dans quelle zone ils allaient investir donc évidemment les zones les plus rentables et certainement pas celles de Montagne, celles qui sont reculées ou à la campagne.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez obliger les opérateurs à investir partout.

FLEUR PELLERIN
Et donc nous avons un plan qui permet d’avoir un déploiement sur l’ensemble du territoire parce que tout simplement l’Etat a mis les moyens d’assurer la solidarité nationale, là où ce n’est pas rentable pour les opérateurs privés d’investir, ce qui n’était pas le cas auparavant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
L’argent n’était pas là.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 3 mai 2013

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