Déclaration de Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie, sur la Francophonie universitaire, à Sao Paulo le 7 mai 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie, sur la Francophonie universitaire, à Sao Paulo le 7 mai 2013.

Personnalité, fonction : BENGUIGUI Yamina.

FRANCE. Ministre de la francophonie

Circonstances : Séance officielle d'ouverture de la 16ème assemblée générale de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), à Sao Paulo (Brésil) le 7 mai 2013

ti :

Monsieur le Président,
Monsieur le Recteur,
Mesdames et messieurs les rectrices, recteurs et représentants d’universités,


Ma présence aujourd'hui c'est l'histoire d'une promesse. une promesse que j'ai formulée il y a environ un an, après ma prise de fonction, auprès du recteur Cerquiglini. j'avais fait la promesse de venir à Sao Paulo au Brésil pour ouvrir la 16ème Assemblée générale de l’Agence universitaire de la Francophonie. J'ai pu tenir ma promesse. Je suis très heureuse d'être parmi vous aujourd'hui.

Le choix du Brésil témoigne du dynamisme de la Francophonie universitaire et de son ouverture au-delà de la Francophonie historique et politique. De nombreuses universités ont décidé de vous rejoindre et ainsi d’utiliser le français pour renforcer leur ouverture internationale.

Il y a eu récemment de nombreuses adhésions d’universités d’Amérique du Sud, de Chine, d’Inde ou même du Japon, l’AUF compte aujourd’hui 782 membres situés dans 90 pays.

Nous sommes aujourd'hui accueillis par l'Université de São Paulo, nouveau membre de cette très vaste communauté d'universités qui dispensent des enseignements entièrement ou partiellement en français. Je veux remercier très chaleureusement les responsables de ce prestigieux établissement pour leur accueil. Quel symbole merveilleux que cette assemblée générale soit hébergée au sein d’une telle université et dans un pays à la vitalité éclatante qui fait l’admiration de tant de citoyens du monde. Que le Brésil, qui a bâti sa puissance sur la diversité de son peuple et de sa culture, fasse le pari de rejoindre l’AUF, c’est là la preuve de l’universalité portée par notre diversité francophone.

De nouvelles puissances s’affirment dans le monde – comme le Brésil où nous nous trouvons, la Chine , l’Inde – et ainsi se dessine une nouvelle géographie des langues dans laquelle il n’y a pas un langage unique pour toute la planète, mais une pluralité linguistique qui permet à chacun de vivre sa diversité.

Dans ce contexte, la langue française et la Francophonie , avec ses 77 pays sur les 5 continents, et ses 225 millions de locuteurs qui devraient être près de 800 millions dans 40 ans, en 2050, se présentent comme une communauté d’avenir qui se retrouve dans le monde universitaire.

L’AUF qui réunit de nombreux réseaux, réseau d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, d’établissements, tire sa force de sa diversité, de sa capacité à fédérer toutes les énergies et toutes les intelligences sur tous les continents. Par votre action vous permettez aux étudiants, de tisser – depuis maintenant plus de 50 ans – des réseaux de connaissances, de travail, de recherche, mais aussi des réseaux de solidarité.

Votre approche de la mondialisation qui respecte la diversité culturelle et la pluralité linguistique est synonyme d’ouverture dans le respect des particularités de chacun.

Près de 800 universités membres de l’Agence universitaire de la Francophonie dans une 98 pays, cela veut dire des milliers d’étudiants, des milliers de chercheurs et d’enseignants qui circulent, échangent, partagent leurs travaux.

L’AUF compte désormais 10 Bureaux régionaux, le dernier né a ouvert à Rabat au Maroc l’année dernière, et l’Agence s’appuie aussi désormais sur 6 instituts de la Francophonie depuis l’inauguration à Tunis d’un nouvel établissement localisé à l’université de Carthage. Ce dynamisme est le fruit conjugué de vos efforts, Monsieur le Président, Monsieur le Recteur et de ceux de vos collaborateurs, et je vous en félicite.

Bâtir sans cesse de nouvelles relations pour renforcer votre réseau, être capable de s’adapter sans cesse à des réalités nouvelles, c’est votre atout majeur dans ce monde qui bouge à toute vitesse.

Nous devons être présents aussi sur la carte virtuelle et quasi infinie de l’espace numérique. Je me réjouis à cet égard que, tout récemment, l’Agence universitaire de la francophonie et l’université de Cergy-Pontoise aient inauguré l’Académie Francophone des Savoirs et le premier campus numérique francophone en Europe occidentale.

Notre présence au sein de cet espace très concurrentiel du savoir et de la recherche universitaire, nous ne pouvons l’assumer pleinement qu’avec de l’inventivité et de l’audace, tout en restant fidèles à nos valeurs, même par ces temps de crise.

Notre inventivité c’est de pouvoir s’appuyer aujourd’hui sur des pays qui, comme le Brésil, ne sont pas membres formellement de l’Organisation internationale de la Francophonie , mais qui ont compris l’intérêt de rejoindre notre réseau pour les valeurs qu’il incarne.

Dans cette diversité, il y a le socle de nos fondamentaux. Car la Francophonie universitaire c’est l’humanisme intégral de Senghor, un humanisme du savoir et de la connaissance, transmis généreusement à des générations d’étudiants.

Etendre notre réseau, le développer, c’est aussi étendre l’univers des possibles pour nos étudiants et nos chercheurs. La mobilité dans l’espace francophone, sur cinq continents, n’est ce pas aussi ce que nous pouvons proposer de meilleur à ceux qui nous rejoignent ?

Depuis que j’ai pris mes fonctions une question est revenue plusieurs fois. Celle de l'erasmus francophone. Or c’est bien à travers l’AUF et ses membres que cet Erasmus francophone existe déjà.

La mobilité croissante des étudiants est déjà une réalité.

La mobilité des connaissances, la mobilité des personnes, c’est vous qui la faites vivre au quotidien, par le transfert des savoirs dans le monde francophone, par les échanges universitaires que vous entretenez, par les bourses que vous offrez aux meilleurs pour leur permettre d’aller découvrir d’autres horizons.

Notre rayonnement doit également se mesurer à la place de notre langue dans l'univers extrêmement hiérarchisé du monde des sciences et de la diffusion des travaux.

Actuellement, cet univers est dominé par l’anglais. Il y a certes des publications en français, en espagnol ou en allemand mais qui restent trop minoritaires. La montée en puissance d’immense pays comme la Chine et l’Inde va sans aucun doute changer cette donne trop facilement jugée irrémédiable.

Ces pays, sous la pression de leurs propres intellectuels, publient de plus en plus dans leur propre langue. Nous allons vers un véritable plurilinguisme où la francophonie peut et doit prendre toute sa place.

Vous l’aurez compris. Je suis pleinement confiante dans l’avenir ; j’ai confiance en notre capacité de relever ces immenses défis, tous ensemble, francophones, unis dans notre diversité.

La Francophonie universitaire c’est la patrie des esprits libres. Et cette liberté n’a pas de prix. Elle rassemble des femmes et des hommes d’exception animés par la même passion du savoir et de la connaissance et qui y consacrent leur vie, de la même manière que les artistes consacrent leur vie à leur art.

Permettez-moi d’avoir une pensée particulière pour les femmes qui, aujourd’hui encore, dans certain pays, se battent pour accéder à ce monde de la connaissance dont elles sont exclues, victimes de l’obscurantisme (ICI la ministre a fait un long développement pour expliquer son déplacement à Goma, comment elle avait été sensibilisée à la situation des femmes. Elle a expliqué qu'une guerre sans image se déroulait à l'est de la RDC, que le viol était utilisé comme arme de guerre, que des femmes et des fillettes, étaient victimes de ces viols.)

Mesdames et Messieurs, je vous adresse tous mes voeux de réussite pour vos travaux et je salue une nouvelle fois, cette passion de transmettre qui vous anime.


Je vous remercie.

Rechercher