Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'insécurité en Guadeloupe, à l'Assemblée nationale le 5 juin 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, en réponse à une question sur l'insécurité en Guadeloupe, à l'Assemblée nationale le 5 juin 2013.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Ary Chalus, député (Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste - RRDP) de Guadeloupe, à l'Assemblée nationale le 5 juin 2013

ti : - Ary Chalus, député GUSR (groupe RRDP) de Guadeloupe

Merci Monsieur le Président. Ma question s'adresse à Monsieur Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, à qui j'associe Madame Lu Gabrielle Carabin (sic). Monsieur le Ministre, nous assistons depuis le début de l'année, à une recrudescence des faits de violence dans les territoires de la République. La sécurité demeure une compétence régalienne et les collectivités locales ne parviendront jamais à obtenir les résultats satisfaisants sans le concours effectif des services de l'Etat. Monsieur le Ministre, dans les territoires ultra-marins et en Guadeloupe singulièrement, 17 homicides et plus de 20 blessés graves depuis le début de l'année qui font tristement écho aux 11 homicides perpétrés en Corse. On note une évolution de cette violence qui s'est transformée : constitution de gangs, professionnalisation du trafic de drogues et plus grave encore, nous observons une gradation dans les faits commis avec les armes utilisées, 3 braquages en deux jours la semaine dernière. La situation nécessite pour autant une réponse audible et ferme. La protection des biens et des personnes appelle à la même attention, la même vigilance, en Outre-mer comme en métropole. L'urgence induite par l'affaire relativement grave récemment commise me conduit à vous dire que nous saurions atteindre les effets escomptés par la zone de sécurité prioritaire récemment mise en place par le gouvernement. Afin d'obtenir des résultats immédiats, il semble nécessaire d'accroître plus rapidement les effectifs et les moyens existants. Certaines communes n'ont que 2 policiers pour plus de 8.000 habitants, il manque des moyens en forces de l'ordre. Au-delà de cette zone, qui montera en puissance progressivement, il convient de prendre des mesures fortes visant à faire face à la recrudescence de la délinquance et d'assurer la sécurité des biens et des personnes. Monsieur le Ministre, nous connaissons votre volontarisme et votre engagement. A l'instar des dispositifs exceptionnels que vous avez récemment mis en place dans certaines villes de l'Hexagone, en Guadeloupe, quelles sont les mesures concrètes immédiates que le gouvernement entend mettre à disposition des forces de l'ordre ? Pourquoi ne pas permettre aux Ultra-marins policiers qui attendent une mutation de rentrer et renforcer les effectifs en place ? La Guadeloupe attend sur vous. (Sic) Merci.

- Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

Monsieur le Président, Monsieur le Député Ary Chalus, le gouvernement a pleinement conscience de la situation que vous décrivez, de la réalité, du sentiment aussi d'insécurité que peuvent éprouver les Guadeloupéens. Victorin Lurel, qui était et à Saint-Martin et en Guadeloupe, ces derniers jours, a lui-même réuni les forces de sécurité autour de ces questions. Nous avons décidé, en décembre 2012, de créer à Pointe-à-Pitre, une zone de sécurité prioritaire et la lutte contre les vols à mains armées, contre les trafics de stupéfiants, contre le port d'arme, qui est un sujet majeur et vous le savez, aux Antilles, est au cœur des objectifs de cette ZSP. Une cellule antivol à mains armées, associant les effectifs de police et de gendarmerie a été créée. Dans cette zone de sécurité prioritaire, avec les moyens nécessaires – et nous les avons maintenus, alors que la circonscription de police avait connu au cours de ces dernières années, une « saignée » de 50 postes – les postes sont maintenus. Il faut mettre des moyens supplémentaires, nous les mettrons parce que nous sommes évidemment à l'écoute des élus et des habitants qui subissent cette insécurité. Le gouvernement, Monsieur le Député, agit en Outre-mer comme en métropole. Les violences que vous mentionnez, peut-être moins médiatisées ici, méritent la même attention. Dans quelques jours à la fin du mois, le Premier ministre ira aux Antilles et il fera de la sécurité notamment à la Martinique et en Guadeloupe, une priorité. Vous voyez, Monsieur le Député, ce que vous dites retient toute notre attention et la sécurité est une priorité ici en métropole et dans les Outre-mer et notamment en Guadeloupe.


Source http://www.interieur.gouv.fr, le 6 juin 2013

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