Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à des questions sur l'agression d'un jeune militant à Paris, au Sénat le 6 juin 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à des questions sur l'agression d'un jeune militant à Paris, au Sénat le 6 juin 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Questions au gouvernement posées par Mme Laurence Rossignol, sénatrice (groupe socialiste) de l'Oise, et par Mme Cécile Cukierman, sénatrice (groupe Communiste, Républicain et Citoyen) de la Loire, au Sénat le 6 juin 2013

ti : Monsieur le président du Sénat,


Vous avez trouvé les mots il y a quelques instants en ouvrant cette séance. Vous l'avez fait de façon solennelle et je voudrais vous en remercier parce que dans ces moments, en effet, comme vous l'avez dit, Mesdames les sénatrices, Madame Rossignol et Madame Cukierman, avec vos mots qui étaient quasiment les mêmes, il est important que la représentation nationale s'exprime de façon solennelle et sache se rassembler sur l'essentiel, c'est-à-dire défendre sans faiblesse, sans hésitation, sans aucun doute les valeurs républicaines.

Ce qui s'est passé hier soir, dont nous avons eu connaissance tardivement mais dont les radios, les télévisions ont parlé tôt ce matin, c'est-à-dire la mort d'un jeune homme, Clément Méric, victime d'une agression, victime d'un crime odieux, hier, a profondément troublé les Français, les a indigné. Pas seulement nous, les membres de la représentation nationale ou les membres du Gouvernement mais les Français, dans leur immense majorité, qui ne se reconnaissent ni dans la haine, ni dans la violence, qui les refusent et qui veulent qu'on les combatte avec la plus grande fermeté. Je tiens à le dire ici, devant vous Mesdames et Messieurs, les sénateurs : c'est la volonté du Gouvernement, c'est l'engagement du Gouvernement, il est total et il sera sans faiblesse.

J'ai été informé, juste avant cette séance, par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, que les auteurs présumés de ce crime avaient été arrêtés. Ils sont plusieurs. Je fais toute confiance à la Direction régionale de la Police Judiciaire sous l'autorité du Parquet pour mener au bout cette enquête. Je ne doute pas que la justice fera preuve de la plus grande sévérité, tout simplement en application des lois qui sont celles de la République.

Mais c'est vrai que, en cet instant, comme vous, je pense aux parents de Clément Méric qui ont déjà dans leur histoire familiale connu d'autres drames, qui aujourd'hui sont profondément touchés par ce qui leur arrive, et donc, je voudrais leur exprimer notre solidarité, notre affection la plus totale. Je voudrais dire aussi notre soutien à tous ces jeunes, ces jeunes étudiants qui font leurs études, qui savent aussi défendre des idées, mais qui les défendent avec les mots, avec la vigueur qui convient, en refusant la violence et en refusant la haine. Et notre responsabilité aujourd'hui, c'est non seulement de veiller à ce que ces idées ne prospèrent pas, qu'elles ne trouvent pas leur place, mais c'est aussi de trouver les réponses juridiques, politiques, pour que tous ces mouvements racistes, antisémites, xénophobes, homophobes, qui sont contraires à toutes les valeurs de la République soient combattus, y compris par les moyens de droit que vous avez évoqués.

J'ai demandé au ministre de l'Intérieur, j'ai demandé à la Garde des Sceaux d'étudier toutes les possibilités qui permettront de tailler en pièces en quelque sorte, de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d'inspiration fasciste et néonazie, qui font tort à la République et qui font tort à la France. Ils sont ultra-minoritaires, mais parfois ils veulent tenir le haut du pavé, avec des armes, des coups de poings américains ou d'autres moyens. C'est d'abord la haine qui les inspire, avec des idéologies qui ont fait tant de mal à la France, qui ont fait tant de mal à l'Europe. Elles n'ont pas complètement disparu, nous le savons. Donc, en tout instant, en tout moment nous devons les combattre et le Gouvernement les combattra. Je suis sûr que, à chaque fois que ce sera nécessaire, le Parlement nous soutiendra. Merci d'y veiller, nous y veillerons ensemble.


Source http://www.gouvernement.fr, le 7 juin 2013

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