Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en hommage à Pierre Mauroy, au Sénat le 11 juin 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en hommage à Pierre Mauroy, au Sénat le 11 juin 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Cérémonie nationale d'hommage à Pierre Mauroy, ancien Premier ministre décédé le 7 juin 2013, au Sénat le 11

ti : Monsieur le président du Sénat, mesdames et messieurs les sénateurs,


Pierre Mauroy avait choisi le Sénat pour y exercer l'ultime mandat confié à lui par le peuple français. Le Sénat… A travers sa manière d'être sénateur, j'ai toujours eu le sentiment qu'il s'inscrivait, au crépuscule de sa vie, dans la très longue histoire des institutions occidentales, celle qui prend naissance avec le Sénat de la République romaine.

Car il y avait dans ce grand homme du Nord une manière toute romaine d'exercer son mandat de sénateur. Il était une vigie, il était une mémoire vivante et il exerçait une force de garant. Il était un protecteur. Protecteur des principes et des valeurs de la République. Protecteur des gens les plus modestes, les travailleurs : qui avait trouvé mieux que lui les mots pour parler de la pénibilité au travail ? Protecteur de la France, à travers sa volonté de susciter et d'accompagner les changements de notre pays. Il était un sage et en lui vibrait la liberté de penser et d'imaginer que donnent parfois la vieillesse et l'âge aux hommes d'exception.

Parmi les nombreux hommages qui lui sont faits depuis vendredi, il en manque peut-être un. Pierre Mauroy était un homme libre, qualité première d'un homme d'Etat dans une démocratie, pour décider et agir. Car la liberté est nécessaire pour imaginer les chemins de l'avenir. Difficile liberté, indispensable à l'homme qui projette son action dans le temps.

Et pour n'évoquer qu'un seul des chemins de liberté imaginés par lui, il me semble naturel de dire devant vous un mot des lois de décentralisation. Il les a voulues, en très grand maire qu'il était, parce qu'il savait que l'avenir de la France se jouerait aussi dans l'alliance entre l'Etat et les collectivités territoriales. Trente ans plus tard, nous mesurons combien il avait eu raison. Il en a fallu de la liberté pour imaginer, dans un vieux pays centralisateur comme la France, pouvoir reconfigurer de fond en comble la place des collectivités locales dans l'Etat !

Monsieur le Président, mesdames et messieurs les sénateurs, s'exprimant au sujet de la mort, Pierre Mauroy l'avait comparée à la mer. "La fin de vie, je la vois un peu comme la mer, comme quelque chose qui s'impose à vous majestueusement, avec solennité, beaucoup de force et une très grande beauté". Comme la mer, comme quelque chose qui s'impose à vous majestueusement, avec solennité, beaucoup de force et une très grande beauté… C'est de lui, en tant qu'homme, qu'il s'agit là. Vous qui l'avez connu particulièrement, c'est sur la beauté singulière de son verbe, dans l'instance de la République qui la respecte le plus, le Sénat, que je veux conclure mon hommage au nom du gouvernement et en mon nom personnel, devant vous.


Source http://www.gouvernement.fr, le 13 juin 2013

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