Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur le site internet du ministère des affaires étrangères "Conseil aux voyageurs" et le dispositif pour la sécurité des Français voyageant à l'étranger "Ariane", à Paris le 21 juin 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur le site internet du ministère des affaires étrangères "Conseil aux voyageurs" et le dispositif pour la sécurité des Français voyageant à l'étranger "Ariane", à Paris le 21 juin 2013.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Mesdames et Messieurs, je suis ravi de vous accueillir dans cette Maison. J'ai souhaité faire un point avec vous à la veille des vacances parce que le Quai d'Orsay est en mesure d'apporter deux sécurités en plus à l'ensemble des Français.

Lorsque l'on pense à cette Maison, on pense aux grandes négociations internationales, à la question du Mali, à l'ONU, etc. Cela fait bien sûr partie du travail qui est le nôtre et qui est le mien, mais nous sommes aussi un service public et j'ai demandé aux équipes, depuis déjà un certain temps, de travailler pour apporter des services encore meilleurs à l'ensemble de la population qui se trouve à l'étranger. Nous sommes donc en mesure aujourd'hui d'apporter, comme je le disais, deux sécurités en plus, qui je crois, vont concerner des millions de Français.

Le premier élément concerne un service que vous connaissez bien et qui a un énorme succès qui est le site de «Conseils aux voyageurs». C'est un site qui a été créé il y a longtemps déjà, en 1999. Il reçoit 7 millions de visiteurs chaque année et d'après l'enquête que nous avons menée en 2012, il connaît un taux de satisfaction très élevé. 87 % des usagés ont répondu avoir trouvé les informations qu'ils recherchaient sur le site et 94 % en ont salué la présentation et l'organisation. Mais on peut toujours améliorer les choses et il y avait en particulier un élément qui nous était signalé comme n'étant pas satisfaisant. Dans le passé, nous avions trois couleurs. Les pays étaient décrits sur les cartes avec trois couleurs et le fait qu'il n'y ait que trois couleurs faisait que les voyageurs, les visiteurs hésitaient pour savoir s'ils pouvaient se rendre dans tel ou tel pays. Comme les critères exigés étaient un peu trop durs, du coup, il se passait ce qui arrive dans «Pierre et le loup». C'est-à-dire que si on dit en permanence qu'il y a un risque en allant dans tel ou tel pays, dans un premier temps on n'y va pas et puis dans un second temps, finalement, on y va.

Cela paraît être une petite chose mais cela n'en est pas une, nous avons décidé de passer à quatre couleurs. Désormais, sur l'ensemble de la planisphère, il y a :

- la couleur verte qui indique une vigilance normale, il n'y a aucun problème,

- la couleur jaune qui sera une vigilance renforcée, il faut donc prendre quelques précautions,

- une couleur orange qui correspond aux pays déconseillés sauf si vous avez une raison impérative,

- une couleur rouge qui indique que c'est formellement déconseillé. On sait en même temps qu'il y a des personnes qui, compte tenu de leur métier sont obligés d'aller dans ces zones rouges.

Ceci permettra de visualiser les choses de façon beaucoup plus claires. À partir d'un certain nombre d'informations que le centre de crise recueille en liaison avec nos ambassades, avec différents services, des contacts pris avec les pays eux-mêmes, nous regardons le critère de sécurité, de transport, de santé, nous donnons un certain nombre d'indications, nous travaillons en liaison avec le ministère de la défense et le ministère de l'intérieur et ensuite, quand nous avons fait la synthèse de tous ces conseils, nous les publions sur notre site.

Ces conseils aux voyageurs sont mis à jour en permanence, le centre de crise fait en sorte d'intégrer les nouveaux éléments de dernière minute.

Ce qui signifie que les 550.000 visiteurs que nous avons par mois pourront être mieux informés. C'est d'autant plus important que nous remarquons, en particulier cette année, que les gens se déterminent au dernier moment. L'un des critères certainement pour choisir, même s'il y a bien sûr les critères économiques, c'est ce site qui sera plus percutant, plus pertinent et d'après ce que me disent mes collaborateurs, ce sera très apprécié des tours-opérateurs ainsi que des pays. Cela permet en effet d'avoir une présentation plus fine de ces pays en évitant de pénaliser des pays qui n'ont pas à l'être.

La seconde sécurité, c'est une opération qui s'appelle Ariane, un dispositif qui existe depuis 2011. On peut dire - et je suis amené à employer un langage diplomatique, fonction oblige - que ce n'est pas un immense succès jusqu'à présent parce que c'est compliqué. Il faut «cliquer» une vingtaine de fois avant de s'y inscrire. Nous avons revu tout cela et désormais, surtout grâce à votre intermédiaire, à la presse, je pense qu'Ariane aura beaucoup de succès.

Il s'agit tout simplement de s'enregistrer gratuitement sur le site diplomatie.gouv.fr. Cela demandera cinq «clics» et à partir du moment où l'on est enregistré, s'il se passe quoi que ce soit, vous en serez immédiatement informés. Si nous savons qu'il y a un problème particulier de sécurité, s'il y a un problème particulier de santé, a fortiori un tremblement de terre, une attaque ou autre, immédiatement vous en serez informés puisque vous êtes connectés. Non seulement vous serez informés mais si vous avez donné l'adresse d'un référent, il sera lui aussi aussitôt informé.

Concrètement, vous enregistrez votre voyage sur Ariane, vous indiquez vos lieux de passage, votre téléphone portable, le nom de vos accompagnants s'il y en a et au cours de votre voyage, si la situation le justifie, vous recevrez les recommandations de sécurité nécessaires par SMS ou par e-mail, vous serez contacté s'il y a un risque ou s'il y a une crise dans le pays de destination et, le cas échéant bien sûr, on peut vous rapatrier. Si vous désignez une personne contact, comme dans les alertes que l'on met en place pour la sécurité de notre appartement, la personne sera prévenue.

Cette inscription sur Ariane ne coûte rien. Vos données personnelles sont protégées, tout cela a été fait en liaison avec la CNIL. Ces données ne peuvent être utilisées par le centre de crise du ministère des affaires étrangères que s'il y a une dégradation de la situation. Cela veut donc dire que s'il y a un événement de quelque nature que ce soit, nous pouvons intervenir immédiatement. Pour autant, cela veut-il dire que votre séjour sera sans risque ? Non, ce n'est pas une assurance, bien sûr, mais je pense quand même que cela procure une sécurité supplémentaire qui sera très appréciée. On sait qu'il y a 13 millions de Français qui voyagent chaque année. Comme il n'y a actuellement que 40.000 personnes qui sont inscrites sur Ariane, vous voyez qu'il y a une marge de progression assez importante. Les informations que vous donnez disparaissent au bout de trois ans si vous ne voulez pas réactiver votre compte.

Voilà en gros le mécanisme. Je remercie beaucoup les services qui ont mis tout cela au point. Cela a l'air simple quand on l'explique mais ce n'est pas très simple à bâtir. Je crois que cela rendra service à beaucoup de Français.

Normalement, ce service est réservé à nos compatriotes, mais nous n'irons pas vérifier si telle ou telle personne étrangère s'inscrit. Je pense que c'est un service rendu à nos compatriotes et qui sera apprécié d'eux et, plus particulièrement, de tous ceux qui ont pour métier de favoriser le tourisme et les déplacements car de plus en plus, on cherche à se déplacer en sécurité et on a bien raison.

Attention, la couleur jaune ne veut pas dire du tout qu'il ne faut pas se rendre dans un pays, n'en faites pas une mauvaise interprétation. Ce n'est pas : «vert» on peut y aller et les autres couleurs pas du tout. On peut tout à fait aller dans les zones en jaune. Cela nous permet une plus grande souplesse dans la description des différents pays.

Nous sommes dans un monde où les problèmes de sécurité existent et les gens, avant de se déplacer, souhaitent être bien informés. Nous sommes évidemment ceux qui avons le plus d'éléments mais cela ne veut pas dire du tout, j'insiste, que les Français ne doivent pas aller à l'extérieur. Quand on a la possibilité de voyager, c'est magnifique mais il faut avoir tous les éléments en sa possession et il y a évidemment un rapport entre les deux dispositions - Conseils aux voyageurs et Ariane - car si on est inscrit sur Ariane, cela permet de voyager avec d'autant plus de sécurité. On est d'un côté informé par les «Conseils aux voyageurs» et on peut être directement sensibilisé et alerté par Ariane. Et comme formalité, tout cela ne demande que deux minutes, ce n'est rien du tout.


Q - La vigilance renforcée, qu'est-ce que cela veut dire concrètement ?

R - La couleur jaune, cela veut dire que c'est compatible avec le tourisme, c'est la question qui était posée. Le jaune, ce sont des risques limités. Il peut y avoir des risques naturels mais avec occurrence très aléatoire, petite délinquance, risque sanitaire maîtrisé, etc. Ce sont des risques qui existent mais qui sont parfaitement compatibles avec le tourisme.

Q - La question me semble-t-il, c'est comment faites-vous passer à tous les gens inscrits sur le site cette information ?

R - Cela peut être fait à la fois par nos ambassades mais une fois encore, lorsque l'on est sur une échelle trop importante comme pour le séisme en Haïti, nous n'avions plus de moyens de communication sur place, c'est donc Paris et le centre de crise qui a pris le relais et qui a prévenu toute la communauté française.

Q - Vous avez donc une capacité technique d'envoyer plusieurs milliers de mails instantanément ?

R - Oui, absolument. Nous avons des contrats avec des entreprises dont c'est le métier et qui nous aident à faire ces diffusions.

Q - Il y a des choses qui sont dès maintenant accessibles et d'autres en septembre ?

R - Oui, des informations très pratiques qui sont demandées par les Français, par exemple sur les questions sanitaires : quels sont les hôpitaux de référence qui peuvent les accueillir en cas de besoin ? Nous sommes en train de passer des accords avec des grands groupes d'assurances français qui vont nous aider car ils ont déjà fait ce travail de cartographie sanitaire. On ne va donc pas refaire ce qui a déjà été très bien fait par le privé. On passe des accords avec eux de façon à ce que cette information soit rendue aussi disponible à ceux qui s'inscrivent sur Ariane.

Q - Pouvez-vous nous dire pour quel pays ça a changé vraiment ? Vous avez parlé du Sénégal mais quels pays sont devenus plus ou moins risqués ?

R - Il n'y a pas de pays plus risqué ou moins risqué. Il y a une évolution des pays. Quand des événements graves se produisent en Égypte ou en Libye, évidemment, cela a des conséquences sur la classification. C'est cela qui a changé, avant vous aviez trois catégories et maintenant il y en a quatre. Même si la situation reste la même, la couleur peut changer.

Q - Dans le cas précis des pays orange qui sont devenus rouge ou jaune qui sont devenus orange ?

R - Oui, mais ce n'est pas lié à notre changement de couleurs, c'est lié au changement de leur situation, alors là oui, il y a évolution.

C'est au fond la combinaison entre les moyens techniques nouveaux que nous avons et qui sont très faciles et puis la préoccupation de sécurité qui est évidemment importante.

Q - En général, est-ce que les compagnies d'assurance-voyages regardent et réagissent à cette carte ?

R - Du point de vue juridique, ce n'est pas parce que nous classons tel ou tel pays ou telle ou telle zone sous notre responsabilité que cela a des incidences juridiques ; nous le précisons. De la même manière, ce n'est pas parce que quelqu'un s'est inscrit sur Ariane qu'automatiquement il va pouvoir être secouru, même si c'est l'idée.

Cependant, cette classification du risque intéresse évidemment les compagnies d'assurance. Est-ce qu'elles vont en tirer des conséquences ? C'est leur responsabilité.

Nous avons aussi une responsabilité importante, c'est sûr. Nous sommes évidemment à l'abri de toute pression, quelle qu'elle soit, et une personne qui s'occupe de cela travaille en fonction des informations que nous avons, qui sont les plus développées que l'on peut avoir et au nom de l'intérêt général. Cela peut en effet avoir des conséquences juridiques.

Q - Est-ce que vous comparez vos notes avec celles les Américains, les Anglais, les Allemands, les Espagnols ou chacun fait sa propre carte ? Il n'y a pas de carte «Union européenne» ?

R - Nous avons le troisième réseau diplomatique du monde et nous regardons bien sûr ce qui se passe ailleurs. Je pense que cette carte servira non seulement beaucoup aux Français, mais qu'elle sera regardée partout puisqu'on fait confiance aux informations que donne la France.

La presse est importante car c'est seulement grâce à votre intermédiaire que nous allons pouvoir dire aux Français qu'ils ont ce service à leur disposition et nous vous en sommes reconnaissants.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 24 juin 2013

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