Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur la politique de la sécurité en Guadeloupe, l'aide à l'investissement, l'évaluation des dispositifs de défiscalisation et les grandes lignes du projet de loi relatif au développement et à la modernisation de l'économie dans les outre-mer, en Guadeloupe le 27 juin 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur la politique de la sécurité en Guadeloupe, l'aide à l'investissement, l'évaluation des dispositifs de défiscalisation et les grandes lignes du projet de loi relatif au développement et à la modernisation de l'économie dans les outre-mer, en Guadeloupe le 27 juin 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Déplacement en Martinique et en Guadeloupe du 26 au 29 juin 2013 - Rencontre avec la société civile à la Résidence départementale du Gosier (Guadeloupe) le 27

ti : Monsieur le président du Conseil général, je m'adresse d'abord à vous, parce que c'est vous qui nous recevez dans ce lieu magnifique, donc je voudrais vous remercier particulièrement d'avoir bien voulu mettre à disposition ce lieu qui appartient au Département, donc une collectivité territoriale ce soir au service de l'Etat. Donc je suis particulièrement sensible et heureux, mesdames et messieurs les parlementaires, présidents de Région, les maires, tous les élus, de vous saluer, de vous saluer aussi madame la préfète et les représentants de toutes les administrations de l'Etat et des services publics de l'Etat et aussi des collectivités territoriales et puis, bien sûr, tous les représentants de la société civile qui ont répondu à mon invitation ; Je suis heureux d'être entourés de plusieurs ministres, Victorin Lurel je ne vous le présente pas, enfin si - si vous voulez - je peux le faire, mais je pense que vous le connaissez bien et que vous l'aimez bien et que vous l'appréciez, et moi aussi ; George Pau-Langevin était présente mais est repartie en fin de journée à Paris ; et puis François Lamy, c'est lui qui m'a accueilli avec madame la préfète quand je suis arrivé ici en venant de Martinique, il était déjà là, ce n'est pas sa première visite ; et puis Michel Sapin, ministre du Travail, nous a rejoint et je le remercie parce que le thème de l'emploi c'est aussi, non pas le thème seulement de demain - parce que demain nous allons y consacrer beaucoup de temps - mais c'est le thème permanent qui nous anime, qui nous mobilise, qui est le thème de l'emploi des jeunes, qui est le thème du développement économique, je vous en dirais quelques mots. Donc, messieurs les ministres, merci d'être là, merci surtout pour le travail que vous faites.

Et donc aujourd'hui, en arrivant ici, j'étais tout de suite dans le bain - enfin dans le bain, je n'ai pas eu le temps de me baigner, rassurez-vous, on n'a pas beaucoup le temps de se baigner dans ce genre d'activité, mais je ne suis pas venu pour ça, je ne suis pas venu pour faire de la plage, je suis venu pour aller tout de suite sur les problèmes - et j'ai été reçu par les maires de Pointe-à-Pitre et des Abymes. Nous avons visité plusieurs quartiers en rénovation urbaine, là où il y a plus de 30 ans François Mitterrand s'était rendu et avait constaté l'état indigne de l'habitat et donc, depuis toutes ces années, des chantiers ont été engagés, des chantiers de rénovation urbaine, j'ai parlé avec des habitants qui ont quitté leurs logements indignes et qui évidemment aujourd'hui retrouvent espoir. Mais le chemin n'est pas terminé, le combat pour la rénovation urbaine dans ces villes, dans ces quartiers, ici en Guadeloupe, doit se poursuivre, donc je suis venu dire - avec le ministre de la Ville - que la réorganisation de la politique contractuelle pour la rénovation urbaine est en marche mais que surtout, à l'occasion du futur plan d'investissement que le Président de la République m'a demandé de préparer, le 9 juillet prochain je présenterai plusieurs orientations en matière d'investissements publics et qui viendront aussi soutenir l'activité économique, mais je présenterai aussi le plan qui permettra de financer tous les projets de rénovation urbaine qui se préparent aujourd'hui, ils seront tous soutenus.

Et puis j'ai été tout de suite dans le bain avec les questions de sécurité, je ne les ai pas découvertes en venant, la sécurité est une préoccupation permanente du gouvernement. Et ces préoccupations, parce que c'est aussi une attente légitime des Françaises et des Françaises - quel que soit l'endroit où ils habitent - dans un pacte social entre l'Etat et les citoyens, la question de la sécurité des personnes et des biens c'est une question au cœur de ce pacte et surtout, dans une démocratie, dans une république, s‘il n'y a pas la sécurité, rien n'est possible, c'est un préalable, donc là où elle n'existe pas, où elle recule, il faut se donner les moyens de la rétablir cette sécurité. Donc, c'est ce que j'ai dit à ceux que j'ai rencontrés au commissariat de police après avoir discuté avec les élus - monsieur le président du Conseil général vous étiez là, madame la présidente de la Région aussi – et je vous remercie de votre contribution avec les maires, parce que c'est à une mobilisation générale que j'ai appelée. J'ai apporté des moyens, certains les jugent insuffisants - mais enfin ça c'est un discours récurrent, on trouve toujours que c'est insuffisant – mais ce que j'ai trouvé en arrivant à mon poste de Premier ministre, ce que j‘ai trouvé ce sont beaucoup de problèmes à résoudre et je suis là pour ça, je ne m'en plains pas, mais il faut rattraper tout ce qui été défait ou abimé et affaibli, et, s'agissant de la sécurité, j'ai trouvé la situation très dégradée puisque 10.000 postes de fonctionnaires de police et de gendarmes avaient supprimés et, si nous n'avions pas rétabli les crédits nécessaires au 1er janvier 2013 lorsque nous avons battu le budget, il y aurait eu 3.000 emplois de policiers et de gendarmes supplémentaires supprimés, on aurait été à plus de 13.000, donc c'est la situation que j'ai trouvée. Donc chaque année, non seulement nous avons stoppé cette spirale, mais chaque année nous avons décidé – puisque c'est dans les priorités – de mettre 500 postes de plus pour la police et la gendarmerie et 500 postes de plus pour la justice, donc ça va monter en puissance, mais il faut aussi former ces personnels. Donc là je viens ici à Pointe-à-Pitre et j'annonce que dès le 1er janvier prochain il y aura 27 policiers qui viendront au commissariat de Pointe-à-Pitre - certains disent que ce n'est pas assez - mais je les prends ailleurs, parce que ceux que nous créons ils ne sont pas encore formés. J'étais à l'Ecole de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, pour former un commissaire de police – alors c'est vrai que ce n'est pas pour tous les personnels – mais il faut 2 ans, donc ce retard il sera rattrapé, cette action s'inscrit dans la durée. Mais d'ores et déjà, j'ai dit : Bon, là, il y a un problème en Guadeloupe, il y a un problème particulier à Pointe-à-Pitre, et donc je vais… ces postes. Et je sais que ce n'est pas suffisant, c'est pour ça que j'ajoute un escadron de gendarmerie : 75 postes, ils arrivent aussi tout de suite. Donc, on est autour de plus de 100 postes.

Alors est-ce que ça va tout résoudre ? Non ! C'est pour ça que j'ai voulu une politique globale, cohérente, qui mobilise à la fois la police, la gendarmerie, la justice - madame la procureure vous êtes présente ce soir et vous en remercie – sous l'autorité de la préfète de Guadeloupe, nous allons mettre en œuvre un plan global d'actions contre l'insécurité qui consiste à aller s'attaquer à la racine du mal, à défaire ces bandes organisées et violentes qui profitent du trafic de la drogue et qui sont armées, et qui font beaucoup de mal, qui sont aussi… lorsqu'elles sont en concurrence, elle s'attaquent les unes aux autres, c'est la cause de beaucoup d'homicides, j'ai eu les chiffres avant d'arriver bien entendu et ils sont préoccupants. Mais en même temps l'action que les élus sont prêts à mettre en œuvre : les maires, des intercommunalités et aussi du département et de la région, c'est une politique de prévention qui doit mettre en mouvement tous les acteurs, ceux de l'éducation, ceux de la prévention spécialisée, ceux des transports, les acteurs du logement – en particulier du logement social – les associations qui sont nombreuses et qui sont prêtes à jouer, donc n'opposons pas répression et prévention, il faut faire les deux. Et moi je veux travailler dans la durée, travailler dans la durée c'est aussi mettre le paquet sur l'éducation, c'est aussi mettre le paquet sur l'école… pour qu'on apprenne aussi les règles, qu'on apprenne aussi à vivre en société et qu'on s'en sorte aussi et, donc, c'est aussi mettre le paquet sur l'emploi que j'évoquais à l'instant. Il faut donner des perspectives et c'est vrai que le taux de chômage est trop élevé en France et il l'est encore plus dans les Outremer et ici en Guadeloupe.

C'est pour ça que je disais gouverner c'est choisir, nous avons une situation financière que vous connaissez, la situation des déficits, de la dette et vivre au-dessus de ses moyens et vivre à crédit chacun sait pour un particulier, pour une famille, que ça ne dure pas longtemps ; une collectivité locale, pour ceux qui en gèrent, on sait que si on fait de la fuite en avant financière, un jour ou l'autre on est en difficulté et on se fait mettre sous tutelle. Moi je ne voudrais pas, j'ai été maire 35 ans, je n'aurais jamais voulu - parce que j'aurais fait des graves fautes de gestion, j'aurais fait de la cavalerie - je sois mis sous tutelle de la Chambre régionale des Comptes ou du préfet. Moi je n'ai pas envie que la France soit sous tutelle, donc c'est pour ça qu'il faut réduire les déficits et la dette, ce n'est pas un but en soi, c'est notre souveraineté, notre indépendance qui est en cause et puis surtout que, plus vous faites monter la dette, plus vous êtes obligé de la rembourser tous les ans et, donc, ça devient le premier budget de la Nation le remboursement des intérêts de la dette et donc ça nous affaiblit et, moi, je n'ai pas envie que demain notre tutelle ça soit les marchés financiers. Donc… Nous n'en sommes pas là, c'est pour ça que nous devons continuer. Mais en même temps, comme je vous dis, ce n'est pas le but, c'est le moyen, le but c'est de remettre le pays en marche, de le redresser économiquement et de réformer nos systèmes sociaux, de redonner de l'espoir sur les territoires et c'est pour ça que ça veut dire faire des choix, gouverner c'est choisir.

Et les choix c'est les priorités, priorité : l'emploi, priorité numéro 1, et la Conférence sociale qui s'est déroulée la semaine dernière et à laquelle les Outremer étaient bien représentés - et notamment grâce à Victorin Lurel - les questions ont été abordées : comment faire pour aller plus vite, plus loin, encore ? Nous avons donc, avant même que la négociation pour réformer notre système de formation professionnelle et d'orientation aboutisse - ça demandera plusieurs mois, ça ne sera pas avant la fin de l'année – nous avons convenu avec les partenaires sociaux que les crédits qu'ils gèrent de façon paritaire puissent être utilisés dans un plan, qui intervient dès la rentrée et dont les éléments vont être constitués pendant tout le mois de juillet, pour être opérationnel dès la rentrée pour mettre en formation 30.000 demandeurs d'emploi qui viendront répondre à des offres d'emploi non satisfaites, e il y en a partout des offres d'emploi non satisfaites.

J'étais je crois hier - je ne sais plus avec le décalage horaire - ou ce matin dans une exploitation agricole en Martinique et j'ai vu là la réorganisation de la filière de la viande qui est marche et qui va réussir, donc il y a l'amont avec l'élevage, la production et puis il y a l'aval avec la consommation et la boucherie, et j'ai vu des jeunes qui sont en formation pour devenir boucher, ils manquent des bouchers, et ces jeunes eh bien ils ont, après bien avoir hésité, ils se sont dits !: C'est un métier qui n'est pas si mal, et ils sont en formation en alternance, et maintenant ils conviennent que ça va être un beau métier, ils vont y trouver… j'allais dire une perspective d'avenir, mais tant mieux, mais il y a tellement d'autres métiers où c'est possible. Après je suis tombé, dans un autre quartier, sur un jeune, j'ai dit : Qu'est-ce que vous êtes en train de faire comme formation ? Il me dit : Soudeur, eh bien j'ai dit : Il en manque des soudeurs, et je pourrais continuer comme ça… Donc ce plan de formation, de mobilisation, dès septembre il va profiter aussi aux Outremer parce que nous veillons à chaque fois que des politiques publiques sont décidées elles concernent tous les territoires et surtout tous les territoires qui en ont le plus besoin. Donc, ce soir, c'est aussi ce message que je voudrais vous adresser et puis un message de confiance et de soutien. J'ai dit la première priorité l'emploi, la deuxième l'éducation et la troisième c'est la lutte contre les inégalités et les inégalités entre les territoires et, donc, c'est pour ça aussi qu'on met le paquet. Je l'ai dit : sécurité, rénovation urbaine, éducation, université, ici dans les territoires ou bien dans les départements d'Outremer et des Outremer et puis c'est aussi la sécurité et la justice.

Mesdames et messieurs, oui je crois que le message de confiance que je veux vous adresser c'est aussi ce qui doit vous être dit pour respecter la confiance que, vous, vous avez accordé dans vote très grande majorité - et je respecte ceux qui n'ont pas voté pour lui bien entendu – à François Hollande à l'occasion de l'Election Présidentielle. Le département de la Guadeloupe est un des départements qui a donné au Président son meilleur score, chacun savait qu'il s'était présenté avec des propositions, pas des propositions tous azimuts et démagogiques, il s'était concentré sur 60 propositions, ces 60 propositions qui sont la feuille de toute de mon gouvernement. Mais pour les Outremer il avait aussi pris 30 engagements que je connais par cœur et que le ministre de l'Outremer connait encore mieux que moi - parce que je suis sûr qu'il a contribué à les formuler et à convaincre le candidat François Hollande de les prendre à bras-le-corps - ces 30 engagements seront tenus. Alors je comprends les impatiences, on me dit au bout d'un an : Tout n'est pas fait, c'est vrai, j'en conviens, mais des choses ont bougé. Dès les premiers mois du gouvernement Victorin Lurel a préparé un projet de loi, qui est passé au conseil des ministres, qui était le projet de loi de régulation économique sur la vie chère, c'est très important les prix élevés - et notamment de la consommation courante - ici les populations s'en plaignent et à juste titre. Alors, il y a deux fa??ons de contribuer à cela : il y a la régulation économique avec le bouclier qualité – prix que nous avons mis en œuvre, qui commence à porter ses fruits, avec une baisse réelle des prix, le panier de produits qui sont dedans, mais il faut continuer. Et puis l'autre façon de faire baisser les prix, en tout cas d'améliorer le pouvoir d'achat, c'est l'activité économique et l'activité économique dans les Outre-mer, c'est-à-dire plus d'investissements qui vous permettront dans toute une série de secteurs d'être moins dépendants des importations qui font que les prix pratiqués ici sont plus élevés – et c'est facile à comprendre – tout n'est pas facile à résoudre en une fois mais c'est le chemin qu'il faut emprunter. Je prenais l'exemple de la filière bovine il y a quelques instants, parce que le jour viendra où cette filière permettra l'autosuffisance, sans avoir à aller chercher loin, à des coûts prohibitifs pour la consommation, et c'est vrai dans beaucoup d'autres filières. Et toutes les filières ici peuvent trouver leur place, je pense notamment à celle de la transition énergétique, vous avez une carte à jouer dans les Outremer et en particulièrement en Guadeloupe comme en Martinique, je l'ai dit.

Alors, en même temps, il faut donner un message clair à ceux qui peuvent investir, ceux qui gèrent les entreprises ou qui créent des entreprises. C'est pour ça que j'ai dit clairement à Fort-de-France, mais je voudrais le redire encore ce soir : il faut de la stabilité dans les systèmes fiscaux et réglementaires, il ne faut pas changer tous les ans, si c'est yoyo c'est déstabilisateur et personne n'ose prendre des risques. C'est pour ça que j'ai annoncé des grandes orientations, notamment concernant la défiscalisation, j'y reviens, les orientations que j'ai définies pour le projet de loi qui est en préparation de finance pour 2014 l'ont été sur la base d'une intense concertation avec tous les acteurs sous la présidence de Victorin Lurel, nous voulions faire une évaluation des systèmes existants qui viennent en soutien de l'économie des Outremer, donc la défiscalisation… ce n'est pas un sujet tabou de faire une évaluation, il s'agit d'argent public, c'est-à-dire l'argent des contribuables, c'est votre argent, c'est notre argent, est-ce que cet argent est bien utilisé ? Est-ce qu'il va bien là où on dit qu'il va, c'est-à-dire à l'investissement ? Et force est de constater que ce travail, qui a été fait en concertation avec parfois des désaccords, nous sommes arrivés à un constat, nous sommes arrivés à un constat, c'est que pour les petites et moyennes entreprises le système de défiscalisation était le plus bénéfique et nous voulions le conserver – c'est ce qui sera fait – je ne dis pas que ça plait à tout le monde, il arrive parfois dans l'hexagone qu'on dit : Oh ! Les Outremer coûtent cher, il n'y a qu'à supprimer la défiscalisation. Moi je ne veux pas être sous ce type de réaction, je veux faire les choses sérieusement, donc j'ai demandé à ce qu'on examine avant de trancher dans un sens ou dans l'autre et, donc, c'est ma conviction que je vous livre ce soir. Pour les entreprises qui manquent de fonds propres, pour les entreprises qui ont du mal à accéder au crédit en trésorerie ou en investissement - c'est un nombre important d'entreprises, des très petites, des moyennes - on verra jusqu'à quel niveau elles sont concernées. J'entendais un chef d'entreprise qui disait 50, on peut aller au-delà, ça cela va être la concertation que vous allez faire. Et ce que nous voulons expérimenter c'est, en plus, un crédit d'impôt pour les plus grandes entreprises, celles qui sans intermédiaire, sans avoir à payer des frais, sans passer par le système de la défiscalisation, qui pourraient bénéficier de ce crédit d‘impôt, donc nous allons faire cohabiter ces 2 systèmes et donc c'est à l'épreuve que nous verrons quel est le meilleur. Mais, en tout cas, c'est la voie que le gouvernement a choisi. Et c'est vrai aussi, ça sera vrai aussi pour le logement, sur le logement il y aura les 2 systèmes, on sait déjà que beaucoup de bailleurs sociaux sont intéressés par le crédit d'impôt parce qu'ils vont pouvoir en bénéficier tout de suite, leur situation est différente pour la plupart d'entre eux des entreprises, des petites et des moyennes. Donc, on va aller dans cette direction-là. Moi ce qui m'intéresse c'est l'investissement et l'investissement dans l'entreprise, des investissements productifs, créateurs d'emploi, des investissements dans le logement social.

Et en plus de ce système fiscal il y a maintenant suffisamment abondé la ligne budgétaire unique, elle le sera aussi dans le budget 2014, à mes yeux ce que nous sommes en train de préparer - mais je ne vais pas vous dévoiler tout le budget 2014 – il n'est pas arbitré dans toutes ses grandes masses en dépenses et en recettes - mais enfin on a quand même une petite idée, je travaille avec Victorin Lurel pour que ce soit un budget positif pour les Outremer parce que ça fait partie aussi des engagements qui ont été pris et c'est la base de la confiance.

Alors il y a d'autres choses dont j'ai parlé ce matin, ce midi et dont je reparle brièvement ce soir. Les Outremer doivent bénéficier, comme l'hexagone, de la Banque Publique d'Investissement, la création de la Banque Publique d'Investissement, ainsi que le crédit d'impôt compétitivité emploi. Le crédit d'impôt compétitivité emploi personne n'est obligé de le demander d'en bénéficier en avance de trésorerie, il sera de toute façon inscrit dans les comptes 2013 des entreprises : - 4% du coût du travail jusqu'à une masse salariale de 2,5 fois le SMIC, donc c'est quand même beaucoup, beaucoup de monde et puis 6% en 2015, donc de façon durable, donc c'est une première, il n'y a jamais eu de baisse du coût de travail. Je ne sais pas quelle est la date où il y a eu une baisse du coût de travail en France ? C'est nous qui le faisons ! Certains mêmes nous disent : Ah ! Vous faites un cadeau aux patrons, moi je ne rentre pas dans ce type de propos parce que ce qui m'intéresse c'est les entreprises, il faut leur donner des marges de manœuvre. Pour quoi faire ? Pour qu'elles puissent investir, pour qu'elles puissent innover, qu'elles puissent embaucher - ce n'est pas pour autre chose - et, donc, nous avons trouvé cette solution.

Alors les entreprises qui veulent bénéficier du crédit d'impôt en avance de trésorerie peuvent en faire la demande - et c'est facile – donc la Banque Publique d'Investissement va être présente Outremer très prochainement et elle jouera un rôle très important. J'ai demandé à ce que la Banque Publique d'Investissement veille à ce que l'ensemble de ses produits, ceux qui sont déjà progressivement mis en place dans l'hexagone, soient disponibles de manière effective dans les Outremer et de développer une stratégie d'intervention spécifique pour prendre en compte les besoins de ces territoires. La BPI s'est donc engagée – et c'est bien normal, c'est une banque publique, donc de l'Etat – et quant à l'AFD, qui existe, qui a changé de directrice, donc elle doit faire extrêmement attention pour que les produits qu'elle distribue le soient fait en liaison avec la Banque Publique d'Investissement. BPI France sera présente officiellement par des délégations, des directions interrégionales, l'une dans la zone Antilles Guyane, l'autre sur la zone Océan Indien, et pour les entreprises c'est quand même un changement extrêmement important d'avoir un interlocuteur-investisseur public, la Banque Publique d'Investissement, qui est un des changements importants que nous avons conduit.

Et puis enfin, nous préparons avec Victorin Lurel un autre projet de loi, qui est relatif au développement et à la modernisation de l'économie dans les Outremer, donc pour décliner le Pacte national pour la compétitivité, la croissance et l'emploi adapté aux besoins spécifiques des Outremer, il s'agit-là de se concentrer… il y a aussi sur les besoins réels, il y a aussi la question des dettes sociales et fiscales des entreprises - et même de certaines collectivités locales – donc, là, nous sommes en train de mettre en place des dispositifs, mais personnalisés, entreprise par entreprise, pour trouver la bonne solution, pour créer en quelque sorte un cercle vertueux, mais je ne veux pas rentrer dans les détails techniques, j'ai déjà été trop long, j'ai été trop long.

Je vous ai parlé de l‘emploi - je remercie déjà à tous ceux qui se sont mobilisés pour les Contrats d'avenir, nous ferons le point demain - nous allons rencontrer tous les acteurs de la politique de l'emploi, nous allons faire une réunion de travail : comment les mobiliser davantage ? Contrat d'avenir ? Contrat de génération ? Contrat de génération, un employeur privé qui veut embaucher un jeune et maintenir un senior dans l'emploi va bénéficier du crédit d'impôt compétitivité emploi, de l'aide financière de l'Etat jusqu'à 300 salariés – donc ça concerne beaucoup d'entreprises ici – et ça fera l'équivalent de 6.000 euros quand on additionne les deux pour… c'est un allégement considérable pour embaucher quelqu'un et c'est… je le dis, parce que ce sont des moyens qui sont à votre disposition et qui ne sont pas assez connus. Les jeunes il faut aussi les former, je ferai le point demain sur la formation dans le cadre du service militaire adapté, je verrai aussi ce qui est fait dans l'Ecole de la deuxième chance, je verrai aussi ce qui est fait en ce qui concerne le développement d'apprentissage, beaucoup de chantiers, beaucoup de choses qui se font déjà et pour lesquelles je voudrais remercier tous les acteurs publics et privés qui s'y consacrent, qui croient à l'avenir de leurs départements, qui croient à l'avenir du pays. Moi je vois… Evidemment on peut toujours voir que les problèmes - je les vois les problèmes - mais moi je veux les résoudre, mais je vois aussi les talents, je vois les gens qui prennent des risques, je vois les gens qui se mobilisent, qu'ils soient du secteur public ou du secteur privé, parce qu'ils pensent qu'ils ont une cause à défendre qui est celle de l'avenir du pays et qui, parce qu'ils aiment leur pays dans sa diversité et sa richesse, ont envie de donner le meilleur d'eux-mêmes et, ça, ça vaut la peine d'être salué.

Et si je vous parle de la diversité de la France, c'est pour à la fois concilier son unité et sa diversité. Hier ou avant-hier j'ai rendu hommage à Aimé Césaire, 100 ans après sa naissance cette grande figure de Martinique, à la fois attaché au pays natal et donc attaché comme vous à la culture d'où l'on ait, la langue mais aussi les liens avec les pays voisins, la culture créole, la culture caribéenne, mais c'est aussi la culture française, c'est aussi la culture européenne - c‘est tout ça qui se mélange – et donc ce n'est pas parce qu'on est attaché au pays natal – et c'est bien d'y être attaché – que pour autant on est replié sur soi-même et qu'on n'a pas envie de découvrir ailleurs et de partager avec d'autres, et de construire avec d'autres, et c'est ce qui fait notre force nous la France et c'est en ce sens qu'Aimé Césaire avait compris que la bataille pour l'égalité n'est pas contradictoire avec la bataille pour l'identité et la diversité culturelle. Et ce n'est pas un hasard s'il est battu avec d'autres en 1946 pour que ce système néocolonial, qui perdurait avec toutes ses… je dirais ce mépris des populations d'Outremer, il s'est battu pour la départementalisation. Ça peut paraître compliqué pour quelqu'un de l'hexagone qui ne connait pas cette question mais je sais le sens, la portée que cela a eue et que cela a encore, parce que derrière c'est l'égalité des droits, c'est l'égalité des droits civiques, c'est l'égalité des droits sociaux, c'est l'égalité des droits économiques et c'est la reconnaissance, et c'est ça qui conditionne le respect de cette égalité : l'appartenance à la République, et la République c'est ce que nous avons en commun. Je l'ai dit encore cet après-midi, en m'exprimant à la fin de mes visites : la République eh bien nous en sommes… nous sommes les héritiers de ceux qui l'ont fondée, nous sommes les héritiers des révolutionnaires de 1789 ceux qui ont apporté à la France une ère nouvelle mais qui ont aussi apporté au monde un message nouveau et qui fait que la France est toujours aimée, est toujours considérée et qu'on a toujours dans le monde envie de France, et la France c'est nous tous dans notre diversité et nous revendiquons le pays natal et comme nous revendiquons l'appartenance à la République Française.

Donc, mesdames, messieurs, chers amis, je voulais vous dire ce message-là, un message de confiance dans notre pays, dans sa richesse, dans sa vitalité, dans ses talents, dans ses valeurs ; Vous dire aussi le soutien du gouvernement tout entier aux Outre-mer ; Vous dire aussi le salut amical du Président de la République, François Hollande, qui m'a chargé de vous le transmettre. C'est un message d'affection, c'est un message de solidarité, encore merci de la chaleur de votre accueil.


Source http://www.gouvernement.fr, le 15 juillet 2013

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