Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, sur le bilan de la sécurité routière au premier semestre 2013 et le renforcement des dispositifs de contrôle à la veille des grands départs en vacances, à Paris le 11 juillet 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, sur le bilan de la sécurité routière au premier semestre 2013 et le renforcement des dispositifs de contrôle à la veille des grands départs en vacances, à Paris le 11 juillet 2013.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Déclaration liminaire à la conférence de presse sur le bilan du premier semestre 2013 de l'accidentalité routière, à l'hôtel de Beauvau (Paris) le 11 juillet 2013

ti : Monsieur le délégué interministériel à la sécurité routière,
Mesdames et messieurs,


Merci à toutes et à tous d'être présents pour cette présentation des chiffres de la sécurité routière concernant le premier semestre 2013.

Je tenais à vous rencontrer pour faire ce bilan de mi- année afin d'insister, alors que les grands départs ont débuté et se poursuivent, sur combien la sécurité routière doit nous mobiliser ; sur combien elle est une priorité.

Un bilan ne peut jamais être « bon » en soi, car derrière les chiffres, il y a des morts, des blessés, des destins irrémédiablement brisés. Mais un bilan peut être encourageant.

C'est le cas : 257 vies ont été épargnées ces six derniers mois, c'est-à-dire une baisse de 15,1% par rapport au premier semestre 2012. Cette baisse est deux fois plus importante que celle constatée l'an dernier. Ce fait est très notable.

Au cours du semestre, 11 860 personnes ont été admises à l'hôpital à la suite d'un accident de la route. Cela représente une baisse de plus de 6%.

Ces résultats sont encourageants mais nous ne devons pas nous en satisfaire. A ce titre, je rappelle l'objectif ambitieux – et il faut l'être – que nous nous sommes fixé : diviser par deux, d'ici à 2020, le nombre de morts sur nos routes.

Nous devons donc collectivement fournir des efforts nouveaux, faire preuve d'imagination et de ténacité En d'autres termes : être encore meilleurs.

C'est notamment la mission de Frédéric PECHENARD et de ses services, des forces de l'ordre, policiers et gendarmes, mais également du Conseil national de la sécurité routière – présidé par Armand JUNG - dont j'ai tenu à relancer les travaux.


Réduire le nombre de morts et de blessés nécessite, pour mieux agir, pour mieux prévenir et pour mieux sanctionner, de bien identifier les catégories d'usagers victimes de la route.

Les 18-24 ans sont particulièrement exposés. Alors qu'ils forment près de 9% de la population, les jeunes adultes représentent encore 20,6% des morts et 20,4% des blessés hospitalisés. Il n'y a pas de fatalité à cela. Voir notre jeunesse mourir sur la route – notamment du fait de l'alcool et des stupéfiants – est un drame. J'entends être particulièrement mobilisé sur ce point.

La sur représentation des usagers de deux-roues motorisés dans la mortalité routière est également préoccupante : 23% des personnes décédées sur les routes le sont en deux-roues motorisés alors que celles-ci ne représentent que 2,5% du trafic routier.

Même si la baisse de la mortalité des motocyclistes enregistrée en 2012 (-12,6%) se poursuit au premier semestre 2013 (-6,9%), le mois de juin constitue, en ce début d'été, une alerte : hausse de 30,2% des morts par rapport à l'an dernier.

Enfin, la mortalité des cyclistes reste orientée à la baisse (-11,9%) sur les six premiers mois de l'année. Cependant, la vigilance s'impose. C'est pourquoi, avec Frédéric CUVILLIER, ministre en charge des transports, nous avons souhaité que la sécurité routière soit une des composantes essentielles du plan de développement des modes actifs mais aussi de la réflexion sur le partage harmonieux de l'espace public. Je l'ai dit lors du dernier CNSR, je le redis devant vous, il faut réfléchir à la place des deux-roues – des vélos, comme des motos – dans notre société.


A ce stade de l'année, je ne souhaite pas entrer dans une analyse précise des causes qui ont pu amener à une baisse des victimes. Bien sûr, on ne peut pas écarter les éléments météorologiques ou économiques, mais je crois qu'en premier lieu ce qui produit des effets c'est l'action déterminée menée sur nos routes par les policiers, les gendarmes et l'ensemble des acteurs de la sécurité routière. J'ai pu d'ailleurs assister, samedi matin, sur l'autoroute A9, dans le Gard, à des actions de sensibilisation que je sais particulièrement utiles, notamment en cette période de l'année. Les préfectures sont mobilisées ainsi que les sapeurs-pompiers, la Croix-Rouge, les associations, ...

Nous devons accentuer notre action en matière de lutte contre la vitesse excessive. Celle-ci est une cause majeure d'accidents mortels. Les comportements doivent évoluer impérativement : aller trop vite, c'est mettre délibérément la vie des autres en danger.

Depuis le mois d'avril, des radars mobiles de nouvelle génération équipent les forces de police et de gendarmerie. 46 ont déjà été livrés. Ces nouveaux équipements ont vocation à remplacer les premiers radars embarqués déployés entre 2004 et 2005 au rythme moyen de cent équipements par an sur les trois prochaines années. Ces radars immergés dans le flot de circulation permettront une action encore plus efficace et de cibler plus particulièrement les excès de vitesse importants.

Le contrôle, la sanction sont nécessaires. Ils doivent s'accompagner d'actions de prévention.

A ce titre, je tiens à saluer la nouvelle campagne de communication de la Sécurité routière en direction des jeunes. C'est une campagne sérieuse mais astucieuse avec des codes de communication bien adaptés à la cible. Le personnage « Sam », connu aussi en Europe sous le nom de « Bob », fera ainsi la tournée des plages à partir du 19 juillet dans 17 villes de France. Il rappellera que « celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas ! »


L'été est une période de grands départs. Les mois de juillet et d'août sont historiquement des mois avec un pic de mortalité. Un renforcement des dispositifs s'imposait donc.

J'ai demandé aux préfets qu'une présence particulièrement significative des gendarmes et des policiers soit assurée lors des chassés-croisés estivaux : 13 000 d'entre eux sont et seront mobilisés sur les routes tous les week-end pour des missions tant de contrôle que de prévention.

Ces actions viseront aussi bien le réseau routier principal que les axes secondaires. Elles porteront en particulier sur les infractions les plus graves : vitesse excessive, usage du téléphone tenu en main, ou encore non port de la ceinture à l'avant...comme à l'arrière !

Par votre biais – car en informant, vous êtes aussi des acteurs de la sécurité routière – je souhaite rappeler à chaque conducteur combien la vigilance, le repos régulier pour éviter la fatigue ou la somnolence, la prudence permanente sont de rigueur. Ce qui compte, c'est d'arriver sur son lieu de vacances ! Ou de retourner à son domicile à l'issue des vacances !


Il faut être vigilant l'été. Et il faut être vigilant tout le reste de l'année. Chaque jour, en moyenne, 10 personnes trouvent la mort sur nos routes et 200 sont blessées, parfois sérieusement.

Si la lutte contre l'insécurité routière est une grande cause nationale c'est parce qu'elle est l'affaire de tous et un combat de chaque instant. C'est par une mobilisation permanente de tous les acteurs que nous obtiendrons des résultats, que nous sauverons encore plus de vies.

Je suis prêt à présent, en compagnie du délégué interministériel à la sécurité routière et des personnes qui m'entourent, à répondre à vos questions.


Source http://www.interieur.gouv.fr, le 17 juillet 2013

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