Déclaration de Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, à "France Info" le 9 juillet 2013, sur la facture énergétique, sur les négociations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, à "France Info" le 9 juillet 2013, sur la facture énergétique, sur les négociations commerciales entre l'Union européenne et les Etats-Unis.

Personnalité, fonction : BRICQ Nicole, DUCHEMIN Raphaëlle.

FRANCE. Ministre du commerce extérieur;

ti : RAPHAËLLE DUCHEMIN
Bonjour Nicole BRICQ.

NICOLE BRICQ
Bonjour.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Merci d’être en direct avec nous ce matin sur FRANCE INFO. On va parler évidemment du plan d’investissement, si vous le voulez bien, puisque Jean-Marc AYRAULT doit le présenter aujourd’hui. Est-ce qu’il est, d’après vous, de nature à satisfaire vos amis d’Europe Ecologie les Verts qui attendent ça avec beaucoup d’impatience.

NICOLE BRICQ
Mais je crois qu’ils verront, et puis la France entière verra que la transition écologique n’est pas passée par pertes et profits. Elle figure au premier rang des priorités du gouvernement, c’est une nécessité et puis c’est un facteur de relance de l’économie.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
C’est un facteur de relance. Est-ce que vous vous y trouvez votre compte en termes de balance commerciale il y a ce qu’il faut ?

NICOLE BRICQ
Alors on y trouvera forcément son compte parce que la meilleure énergie c’est celle qu’on ne dépense pas. A savoir si on peut diminuer la facture énergétique de la balance du commerce extérieur français, ça sera un grand ouf de soulagement. Ca ne va pas se faire en un an, mais ça se fera.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Là, puisque vous me tendez la perche, vous parlez de diminuer la facture, on apprend ce matin que la facture va augmenter pour les Français en revanche concernant l’électricité. Vous pensez que c’est une nouvelle qui va faire plaisir aux Français qui partent en vacances ?

NICOLE BRICQ
Non, non, moi-même je suis…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
5 à venir, 5 encore au début de l’année prochaine ?

NICOLE BRICQ
Non, moi-même je regarde ma facture d’électricité annuelle, je vois qu’elle est en constante augmentation, donc je sais compter aussi, comme tous les Français. Mais en même temps c’est vrai qu’il faut investir dans les équipements. Il faut aussi financer les énergies renouvelables. Et c’est vrai que nous le payons sur nos factures au travers de la CSPE et qui ne fait qu’augmenter, c’est vrai. Mais en même temps il faut faire cette transition énergétique.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
On parlait des dix milliards de ce plan d’investissement d’avenir, on les prend où en temps de restriction budgétaire ? Pour l’instant ça n’est visiblement pas trancher. On entend parler de vente de participation. On entend parler de grand emprunt. Quelle est la bonne solution selon vous ?

NICOLE BRICQ
La bonne solution c’est effectivement de céder les actifs qui ne sont pas essentiels…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Par exemple ?

NICOLE BRICQ
Et faire en sorte que…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Qu’est-ce qui n’est pas essentiel aujourd’hui ?

NICOLE BRICQ
Donc qui ne sont pas essentiels à la gouvernance de l’Etat. C’est-à-dire qu’il faut faire en sorte de garder le contrôle bien sûr. Et bien regarder les fenêtres d’opportunité qui ne pénalisent pas les entreprises qui ont du capital d’Etat.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors puisqu’on parlait des Verts il y a un petit instant Nicole BRICQ, vous étiez aussi ministre de l’écologie. Delphine BATHO dit qu’elle a été victime des lobbies, ça a été votre cas aussi.

NICOLE BRICQ
Non je ne crois pas à la théorie du complot.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Ni pour elle ni pour vous

NICOLE BRICQ
Et pour ce qui me concerne, je ne me suis jamais exprimée là-dessus. Dans un gouvernement il faut la jouer collectif. Jouons là collectif, personne ne se sauvera tout seul. Nous sommes embarqués si je peux me permettre dans le même bateau, celui de la France et nous voulons qu’elle gagne. Donc il faut positiver.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Et elle a fait une erreur donc en ne la jouant pas assez collectif. Vous, vous aviez gardé le silence à l’époque et vous continuez à le faire.

NICOLE BRICQ
Oui parce que je n’ai rien dit et je n’en dirais pas plus aujourd’hui. Je suis très bien là où je suis. Je suis avec les entreprises. Du reste, après vous je vais les retrouver à Bercy.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors justement on va en parler de votre ministère. Vous êtes au coeur des négociations qui se déroulent, qui ont commencé hier entre Union européenne et Etats-Unis. Il me semble que vous aviez dit après l’affaire SNOWDEN que les négociations commerciales seraient difficiles si la confiance était rompue avec les Etats-Unis. Est-ce qu’elle est revenue cette confiance ?

NICOLE BRICQ
Elle va revenir puisque des dispositifs ont été mis en place, parallèlement à l’ouverture des négociations hier, qui vont être longues et difficiles, on peut en reparler. Eh bien il y a un dispositif qui permet de faire le point sur cette affaire d’espionnage entre guillemets. Parallèlement, il y a un projet de directive européenne sur la protection des données qui doit permettre effectivement de régler ce genre de problème avec les pays tiers dont les Etats-Unis.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Oui parce que ces données c’est aussi un des points qui se trouvent finalement dans cet accord.

NICOLE BRICQ
Non, l’accord de libre-échange ne porte pas sur les données, la protection des données. En revanche, il y a des procédures parallèles et je sais qu’au ministère de la Justice à Washington des discussions ont eu lieu parce qu’effectivement il y a aussi tout cet arsenal qui va être mis en place par l’Union européenne, par la Commission européenne pour justement protéger les données des citoyens européens.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Créer la plus vaste zone commerciale du monde ça implique aussi je suppose des sacrifices de part et d’autre. Où sont les marges de manoeuvre, les nôtres en tout cas ?

NICOLE BRICQ
Nous avons fixé des lignes rouges…

RAPHAËLLE DUCHEMIN
L’exception culturelle.

NICOLE BRICQ
Vous les connaissez, elles sont reprises par la Commission dans les pourparlers des négociations qui ont commencé hier à Washington. Et qui se poursuivront tout au long de quelques années. Et ce que je voudrais c’est que la transparence règne. Donc nous savons nos intérêts offensifs, nous savons nos intérêts défensifs, particulièrement dans l’agriculture. Nous savons aussi que nous ne voulons pas que l’audiovisuel soit dans la négociation. Nous savons que nous ne voulons pas d’OGM, nous ne voulons pas de boeuf aux hormones, nous ne voulons pas de carcasse décontaminée à l’américaine. Donc tout ça est bien posé par la Commission, mais il faut qu’on puisse surveiller l’avancée des négociations. Je sais que la Commission n’aime pas trop la transparence, je pense que les parlementaires se sont mobilisés pour arriver à un mandat de négociation ferme et précis, il faut qu’ils puissent être tenus au courant, ils peuvent s’auto saisir, et les entreprises, bien sûr, qui ont répondu massivement à la consultation que j’avais lancé pendant l’hiver. Donc il faut qu’on trouve en France des procédures qui nous permettent et j’entends bien les mettre en place de suivre les négociations.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
D’un point de vue tout à fait comptable, on va dire on a forcément intérêt à ce que ça voit le jour cet accord de libre-échange, vu notamment aussi notre balance commerciale qui n’est pas fameuse.

NICOLE BRICQ
On y a intérêt globalement parce que Europe – Etats-Unis nous voulons faire un partenariat, et un partenariat c’est là où la confiance doit être importante, ça suppose l’égalité. Ca suppose de partager des objectifs communs. Et quand je vois que Etats-Unis – Europe ça concentre les deux tiers des investissements dans tout ce qui est innovation, je me dis qu’on doit y avoir intérêt, globalement. Maintenant il faut défendre aussi des intérêts plus particuliers que sont des professions entières parce que derrière il y a de l’emploi, il y a des gens en France et en Europe.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Alors justement est-ce que c’est compatible, on se pose la question Nicole BRICQ avec la façon dont par exemple Arnaud MONTEBOURG voit les choses ou dont les Etats-Unis voient les choses quand on entend parler du small business act ou du buy américain act.

NICOLE BRICQ
Oui alors ça va être un grand enjeu de la négociation, l’ouverture des marchés publics. En Europe nous sommes ouverts à 90%, aux Etats-Unis ils sont ouverts à 32%. Donc il y a une marge de manoeuvre. Et justement toute la négociation, l’art de la négociation c’est de passer des bons compromis et de veiller à ce que des marchés publics s’ouvrent. Et moi j’ai proposé très tôt puisqu’il s’agit d’un partenariat transatlantique que nous ayons un buy transatlantique act entre l’Europe et les Etats-Unis et pas uniquement un buy american act. Et je sais qu’Arnaud plaide comme moi pour un buy european act, il a raison. Mais si on peut nos deux économies essentielles pour la marche mondiale, si on peut faire une bonne alliance il faut la tenter.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Vous avez dit que ça serait générateur d’emploi, est-ce qu’on a une idée de ce que ça peut représenter déjà en terme de retombées pour la France ?

NICOLE BRICQ
On sait que lorsqu’on fait un milliard à l’exportation, cela crée 10.000 emplois en France. Je le constate tous les jours, beaucoup d’entreprises et des PME aussi, j’étais hier en Bretagne avant le Tour de France et j’ai constaté que beaucoup de PME dans des secteurs aussi variés que les nouvelles technologies de l’information, que l’agroalimentaire ou la santé se projettent et créant des emplois à l’étranger, elles en créent aussi en France. Il y a une interactivité entre la compétitivité à l’export et l’attractivité du territoire et la création d’emploi.

RAPHAËLLE DUCHEMIN
Merci Nicole BRICQ d’avoir été en direct avec nous ce matin sur FRANCE INFO.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 juillet 2013

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