Interview de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la peche, à RMC BFMTV le 2 août 2013, sur les consignes concernant les vacances du gouvernement, les augmentations de péage sur les autoroutes, les suites de l'enquête sur l'accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge (Essonne) et l'annonce d'un plan social à Air France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la peche, à RMC BFMTV le 2 août 2013, sur les consignes concernant les vacances du gouvernement, les augmentations de péage sur les autoroutes, les suites de l'enquête sur l'accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge (Essonne) et l'annonce d'un plan social à Air France.

Personnalité, fonction : CUVILLIER Frédéric.

FRANCE. Ministre des transports, de la mer et de la pêche

ti : ALAIN MARSCHALL
Bonjour à tous, bienvenue sur RMC et BFM TV, Frédéric CUVILLIER bonjour.

FREDERIC CUVILLIER
Bonjour.

ALAIN MARSCHALL
Dernier conseil des ministres ce matin avant les vacances du gouvernement, alors, surtout pas trop longues ces vacances et pas trop loin, c'est ça la consigne ?

FREDERIC CUVILLIER
Ecoutez ! Chacun adapte sa période à sa mission et puis à ses travaux. Vous savez, pour ce qui me concerne, le ministre des Transports et de la Mer -en périodes estivales et en périodes de grands départs ou de chassés-croisés – ce n'est pas des périodes où l'on peut se permettre beaucoup de répit.

ALAIN MARSCHALL
Donc, vous restez en France pas très loin de Paris ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! J'ai la chance d'habiter Boulogne-sur-Mer - sur la Côte d'Opale – et, donc, j'y consacrerai un peu de temps.

ALAIN MARSCHALL
Mais c'est si terrible que ça de montrer le Président de la République en bermuda sur une plage ?

FREDERIC CUVILLIER
Ah ! Mais ce n'est pas la question. Je crois que...

ALAIN MARSCHALL
Eh bien il parait que ça traumatise François HOLLANDE.

FREDERIC CUVILLIER
Non ! Non, non, il ne nous donne pas de consignes, simplement c'est le bon sens lorsque nous avons des responsabilités – et elles sont majeures dans bon nombre de domaines – que de pouvoir être à la fois attentifs et réactifs lorsque cela est nécessaire. Donc, ce n'est pas la période du vide de gouvernance, c'est la période où l'on peut au contraire à la fois réfléchir mais aussi lorsque c'est nécessaire agir.

ALAIN MARSCHALL
Et un ministre ne peut pas profiter de quelques jours pour quitter la France et aller à l'étranger…

FREDERIC CUVILLIER
Le ministre n'est pas…

ALAIN MARSCHALL
Surtout pas de vacances bling-bling ?

FREDERIC CUVILLIER
Eh bien n'est pas… d'abord ce n'est pas dans notre façon d'être, je connais mes collègues et je sais combien ils ont plutôt envie de simplicité et de proximité familiale, c'est ce qu'ils font.

ALAIN MARSCHALL
Week-end très chargé sur nos routes, beaucoup de départs en vacances dès maintenant, avec un samedi noir. Qu'est-ce que vous conseillez aux Français, aux vacanciers, c'est de différer, partir dimanche ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est d'être attentif d'abord aux conditions de déplacements ! Vous savez nous allons connaître un week-end qui sera très chargé sur les routes, dans les gares, nous aurons plus d'un million de voyageurs ferroviaires, nous aurons quatre millions de véhicules sur les routes et, le tout, dans des conditions climatiques qui seront difficiles, donc soyons prudents. Assurons-nous que ces départs se fassent dans les meilleures conditions et, surtout, ayons présent à l'esprit une chose c'est que la vitesse n'a pas de sens lorsqu'on part en vacances. Lorsque l'on fait dix kilomètres, dix kilomètres/heure de plus, nous gagnons trois minutes sur le trajet en une heure, donc ça ne sert à rien mais en revanche vous augmentez les chances ou les malchances d'accidents de quarante pour cent.

ALAIN MARSCHALL
Plus de treize mille policiers et gendarmes mobilisés ce week-end sur les routes ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! Bien sûr, c'est nécessaire.

ALAIN MARSCHALL
Ce n'est pas trop ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est la volonté pour nous de la prévention et aussi d'être la réponse à ce grand chassé-croisé et, donc, nécessaire.

ALAIN MARSCHALL
Et donc, pour les automobilistes, vacances riment avec répression alors ?

FREDERIC CUVILLIER
Vous savez répression lorsque vous souhaitez que ce soit adressé à ceux qui mettent en cause et en risque votre avis, vous ne la craignez pas cette répression, donc il faut toujours voir aussi par rapport aux autres comportements et pas simplement avoir le sentiment d'être visé par ces mesures de sécurité qui sont mises en place.

ALAIN MARSCHALL
Les autoroutes sont-elles trop chères ?

FREDERIC CUVILLIER
Les autoroutes doivent fournir une prestation et avec des prix qui sont contractualisés entre l'Etat et les concessionnaires.

ALAIN MARSCHALL
Alors, je repose ma question, sont-elles trop chères ?

FREDERIC CUVILLIER
Aujourd'hui les prix sont fixés par un contrat, des contrats qui sont anciens, et qui sont ceux hérités de la privatisation des autoroutes en 2006.

ALAIN MARSCHALL
Mais c'est l'Etat qui décide, oui ou non, d'accorder…

FREDERIC CUVILLIER
Non ! C'est le contrat….

ALAIN MARSCHALL
Ces augmentations ?

FREDERIC CUVILLIER
Non ! Non, c'est le contrat qui…

ALAIN MARSCHALL
Donc vous validez les augmentations qui sont au-delà de l'inflation, là ?

FREDERIC CUVILLIER
Nous devons les contrôler ! D'ailleurs vous avez remarqué que la Cour des comptes a été assez sévère sur la façon dont l'Etat ces dernières années, 200- - 2012, mes prédécesseurs ne mettaient pas suffisamment pas suffisamment en oeuvre le contrôle nécessaire par l'Etat.

ALAIN MARSCHALL
Alors qu'allez-vous faire ?

FREDERIC CUVILLIER
Eh bien nous allons commencer un certain nombre d'actions ! D'abord de limiter la hausse des autoroutes, 2%, elles étaient traditionnellement de 2,3%...

ALAIN MARSCHALL
C'est quand même au-delà de l'inflation !

FREDERIC CUVILLIER
C'est aussi en fonction des travaux qu'il faut contrôler, de la réalité des travaux, de l'amélioration des infrastructures. Une autoroute nous ne pouvons pas la laisser vieillir sans même l'adapter aux conditions de circulation, donc elle doit être rénovée lorsque c'est nécessaire, améliorée, sécurisée, donc ça doit rentrer en ligne de compte des calculs.

ALAIN MARSCHALL
Le PDG de VINCI, qui exploite des autoroutes en France, estime que seule une augmentation des tarifs autoroutiers peut compenser la hausse finalement que vous imposez et c'est une redevance domaniale de 50%, donc finalement vous êtes un peu hypocrites de dire aux sociétés d'autoroute : « limitez les augmentations » alors que l'Etat perçoit des taxes et donc pousse ces sociétés d'autoroute à demander ces augmentations ?

FREDERIC CUVILLIER
Vous m'autorisez la précision…

ALAIN MARSCHALL
Hum ! Hum.

FREDERIC CUVILLIER
Et quelques secondes sur ce point ? La redevance domaniale, c'est quoi ? C'est une forme de loyer que le concessionnaire paie à l'Etat pour pouvoir utiliser l'infrastructure qui est du domaine public, c'est un bien national les autoroutes géré par des sociétés parce que ces autoroutes ont été privatisées en d'autres temps et la redevance domaniale n'a jamais été ou insuffisamment actualisée depuis des années et, précisément, la Cour des comptes en a fait grief à mes prédécesseurs, donc je n'ai pas attendu le rapport de la Cour des comptes pour rééquilibrer les choses et donc pour faire qu'il n'y ait pas de pertes pour l'Etat. Et ce n'est pas pour l'Etat… dans le budget général ce sont cent millions, cent millions sur un milliard deux de résultat net positif des concessionnaires autoroutiers, un milliard deux, cent millions d'actualisation de la redevance domaniale, qui a amendé le financement de l'Agence des infrastructures, c'est-à-dire que ce sont des sommes qui sont affectées à l'amélioration des infrastructures et donc qui créeront de l'emploi pour l'Etat.

ALAIN MARSCHALL
Vous dites quoi au patron de VINCI ?

FREDERIC CUVILLIER
Eh bien je dis que le régime juridique de ces redevances est un régime qui ne doit pas être répercuté sur les usagers.

ALAIN MARSCHALL
Donc, ce ne sont pas aux automobilistes…

FREDERIC CUVILLIER
C'est une charge !

ALAIN MARSCHALL
A payer l'augmentation de la redevance ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est une charge, ce n'est pas aux automobilistes, et il y a un contentieux - puisque le Conseil d'Etat a été saisi – et il appartiendra au Conseil d'Etat de dire le droit.

ALAIN MARSCHALL
Revenons sur cet été meurtrier dans le transport ferroviaire, en France bien sûr avec Brétigny mais aussi en Europe, en Espagne et en Suisse. Concernant l'accident de Brétigny, on déplore désormais sept morts, une première plainte pour homicides involontaires - après donc le déraillement du train a été déposée - c'est la famille d'un jeune homme de dix-neuf ans, qui a trouvé la mort dans l'accident, qui a déposé plainte contre X, quelle est votre réaction ?

FREDERIC CUVILLIER
Je n'ai pas de réaction précisément sur les suites juridiques, judiciaires que...

LAIN MARSCHALL
Mais qui est responsable ?

FREDERIC CUVILLIER
Eh bien clairement le président de la SNCF a indiqué que la société était responsable, elle est responsable des conditions de transport bien évidemment. Simplement ça été un moment difficile, douloureux, dont nous devons tirer toutes les conclusions, à la fois en maintenance, en entretien, en sécurité, et je l'ai fait – parce qu'on l'oublie souvent – en accompagnement des familles, j'ai nommé Monsieur SEB, qui est un haut fonctionnaire de l'Etat, pour être le facilitateur en quelque sorte, le médiateur et l'accompagnateur autour du drame que vivent ces familles. Je souhaite, pour avoir rencontré les responsables d'associations de victimes - notamment Monsieur GICQUEL - que cet aspect d'accompagnement des victimes ne soit pas un aspect méconnu ou insuffisamment pris en compte et, donc, nous devons là, de ce point de vue, être exemple et défendre les intérêts des victimes évidemment.

ALAIN MARSCHALL
Et les conséquences de l'accident, est-ce que vous prenez l'engagement que cet accident restera exceptionnel, plus jamais ça sur le réseau français ?

FREDERIC CUVILLIER
L'accident ferroviaire est exceptionnel, il y a un ratio qui est...

ALAIN MARSCHALL
Oui ! Mais s'il est lié à la vétusté du réseau ?

FREDERIC CUVILLIER
L'accident… D'abord il y a une enquête ! Et, avant même l'accident, j'avais demandé en mars à l'Etablissement public de sécurité ferroviaire de faire un point précis sur le niveau de sécurité des infrastructures de transports ferroviaires, j'aurai le rapport en septembre. Des mesures ont été prises, annoncées par le Premier ministre, sur la nécessité de moderniser les infrastructures, de réorienter les investissements vers la maintenance et l'amélioration du réseau existant ; et, par ailleurs, nous devons de ce point de vue être très attentifs à tout ce qui pourra faciliter la sécurité mais surtout de pouvoir répondre aux préoccupations des Français, lorsqu'ils prennent le train, c'est d'avoir la qualité de service. Et pour le…

ALAIN MARSCHALL
Et pas uniquement pour le TGV ?

FREDERIC CUVILLIER
Et pas uniquement pour le TGV !

ALAIN MARSCHALL
On voit bien que ces dernières années on a privilégié…

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! Il y a eu…

ALAIN MARSCHALL
Le réseau à grande vitesse et les trains de banlieue, les TER ou le train Corail ont parfois été un peu laissés à l'abandon ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est une critique que nous formulons ! D'autres, en d'autres temps – et nos prédécesseurs – ont engagé en même temps de grands chantiers extrêmement importants, quatre lignes LGV, au moment où le rythme normalement d'une ligne LGV c'est une tous les six ans, c'est-à-dire que…

ALAIN MARSCHALL
C'était trop ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! Puisque les moyens qui ont été consacrés au tout TGV ont été consacrés au détriment du réseau existant. Nous ne souhaitons pas tourner le dos à ce qui est une vitrine technologique de la France, la grande vitesse, mais nous souhaitons le faire à condition que ça ne soit pas au détriment du quotidien des Français.

ALAIN MARSCHALL
Alors on sait aujourd'hui que les accidents de train en Espagne, mais aussi en Suisse, sont dus à des erreurs humaines. En France – et il va y avoir beaucoup de voyageurs dans les gares aujourd'hui – est-on protégés de ces erreurs humaines lorsqu'on prend le train ?

FREDERIC CUVILLIER
Le risque en tout lieu, en tout instant, quelle que soit l'activité. Mais je mets vraiment à l'honneur le travail de la famille cheminots - l'a montré par la solidarité à Brétigny - mais aussi par la qualité de la formation qui ne doit pas être négligée…

ALAIN MARSCHALL
Non ! Mais alors, autrement dit, si un cheminot français va trop vite et passe un coup de fil dans un virage, est-ce qu'il y a un système qui permet d'empêcher le déraillement ?

FREDERIC CUVILLIER
D'abord je suis attentif à ne pas faire de recollement de situation ! Il y a eu la situation en Espagne, les enquêtes auront lieu et je crois qu'il ne faut pas en tirer les conséquences par rapport à une situation française, mais c'est vrai que notre réseau est sécurisé, c'est vrai qu'il y a des mécanismes automatiques permettant de rappeler au chauffeur si c'est nécessaire…, de s'assurer que le chauffeur n'ait pas de problèmes de santé…

ALAIN MARSCHALL
De freiner si le chauffeur, lui, ne le ferait pas ?

FREDERIC CUVILLIER
Et éventuellement de se substituer aux gestes qui doivent être engagés par le chauffeur. Donc... le conducteur. Donc, cette question elle n'existe pas sur le réseau grande vitesse en France. Une fois encore, nous souhaitons bien évidemment poursuivre dans l'amélioration de la sécurité.

ALAIN MARSCHALL
Parlons d'AIR FRANCE, puisque c'est l'actualité de la semaine aussi, un plan de suppressions de postes a été annoncé cette semaine, un nouveau, la CGT – principal syndicat de la compagnie aérienne – demande à l'Etat de stopper ce plan puisque l'Etat, rappelons-le, est actionnaire de la compagnie.

FREDERIC CUVILLIER
Eh bien je rappelle que l'Etat est actionnaire à 15% et que le plan « TRANSFORM 2015 » est un plan dont nous avons hérité au lendemain des Elections présidentielles, puisque je rappelle que les mesures qui devaient être des mesures engagées avaient été retenues à l'approche des Elections présidentielles pour…

ALAIN MARSCHALL
Un plan qui prévoit déjà environ 5.000 suppressions de postes !

FREDERIC CUVILLIER
Un plan qui n'a pas… et des mesures qui n'ont pas été prises au moment où elles devaient être prises. Aujourd'hui AIR FRANCE, qui est un fleuron de l'aérien et qui est la compagnie nationale, est endettée au niveau de… en 2012, lorsque je suis arrivé aux responsabilités, de six virgule cinq milliards, six virgule cinq milliards avec un déficit d'exploitation d'un milliard deux. Aujourd'hui il y a eu…

ALAIN MARSCHALL
C'est une compagnie qui a été mal gérée ?

FREDERIC CUVILLIER
Aujourd'hui il y a eu un plan qui a été…

ALAIN MARSCHALL
Ca été une compagnie mal gérée ?

FREDERIC CUVILLIER
Je pense que les coûts n'ont pas été… il y a eu des stratégies mais la question des coûts n'a pas été suffisamment anticipée. Le plan a été engagé, un certain nombre de signaux positifs d'ailleurs : diminution de l'endettement, nous sommes à cinq virgule trois milliards ; une hausse d'activités, modeste, puisque le secteur de l'aérien est…

ALAIN MARSCHALL
Touché par la crise !

FREDERIC CUVILLIER
En situation difficile. Pour notre part, nous avons engagé il y a quelques mois un plan de relance de l'aérien, de la compétitivité de l'aérien, ce sont trois cent mille empois qui concernés par ce secteur…

ALAIN MARSCHALL
Alors ce plan, ce nouveau plan…

FREDERIC CUVILLIER
C'est un plan sur lequel nous veillons à ce que, d'une part… c'était l'engagement et le postulat donnés par le gouvernement pour l'application de ce plan qu'il n'y ait pas de départs contraints - c'est une exigence - et qu'il y ait un dialogue social, ce qui été le cas, que ce soit pour le…

ALAIN MARSCHALL
Donc, vous le validez quand même ce plan ?

FREDERIC CUVILLIER
Que ce soit pour le personnel au sol, pour les PNC ou pour les pilotes, ce plan doit passer par les négociations avec les partenaires sociaux.

ALAIN MARSCHALL
Les syndicats dénoncent une concurrence déloyale dans le secteur aérien, c'est vrai AIR FRANCE est victime de cette concurrence déloyale avec des compagnies lowcost…

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! C'est vrai.

ALAIN MARSCHALL
Qui n'ont pas le même fonctionnement bien sûr ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est vrai dans ce domaine, comme c'est vrai dans beaucoup de domaines du transport, et…

ALAIN MARSCHALL
Et pourquoi elle est déloyale ? C'est une concurrence…

FREDERIC CUVILLIER
Elle est déloyale, parce que…

ALAIN MARSCHALL
A AIR FRANCE de s'adapter.

FREDERIC CUVILLIER
Non ! Parce que lorsque vous êtes confrontés à des pratiques de low cost qui ont été par la juridiction française, moi je me bats – et c'est vrai dans le maritime, c'est vrai dans le routier et c'est vrai dans l'aérien - pour que la loi française… d'abord pour harmoniser les règles sociales européennes, c'est ainsi que la libéralisation du routier ou du maritime n'a pas eu lieu parce que le postulat, parce que la priorité, parce que la condition pour le gouvernement français c'est qu'il y ait précisément harmonisation sociale, conditions et application de la loi sociale et de la loi française sur le territoire français. Et en l'occurrence, lorsqu'il y a des comportements, des manoeuvres, elles doivent être condamnées, c'est vrai dans le low cost… et je rappelle aussi que nous ne parlons pas que de chiffres, nous ne parlons pas que de santé financière, nous parlons aussi de sécurité et, donc, il est extrêmement important d'être exigent sur les conditions dans lesquelles l'aérien se pratique et se…

ALAIN MARSCHALL
Alors ce qui plombe aussi les comptes d'AIR FRANCE c'est cette fameuse taxe CHIRAC, la taxe prélevée sur les billets d'avion pour financer l'aide aux pays pauvres, la France est le seul pays en Europe à accepter cette taxe CHIRAC, est-ce que c'est vraiment le bon moment ? Elle a augmenté, là, douze virgule sept pour cent…

FREDERIC CUVILLIER
Alors le…

ALAIN MARSCHALL
A compter de 2014.

FREDERIC CUVILLIER
Là aussi, oui, là aussi permettez-moi d'être un peu précis. C'est une taxe qui est…

ALAIN MARSCHALL
Il vous reste trente secondes !

FREDERIC CUVILLIER
Oui ! Trente secondes. Alors c'est une taxe de 2006 qui n'a pas été actualisée, une taxe qui augmentera de douze et demi pour cent. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire dix à douze centimes sur un billet européen, quarante centimes sur un billet international. Et cet argent, il est pour quoi ? Il est pour le développement, la lutte contre les pandémies, contre le Sida…

ALAIN MARSCHALL
Alors… C'est très bien ! Mais pourquoi la France est le seul pays en Europe à le faire ?

FREDERIC CUVILLIER
Et je rappelle, puisque vous dites que c'est de nature à rendre moins compétitives les compagnies, ce n'est pas le cas puisque c'est sur les billets…

ALAIN MARSCHALL
C'est, je l'ai dit, AIR FRANCE.

FREDERIC CUVILLIER
Non ! Non, AIR FRANCE, j'ai lu ce que dit AIR France, j'aurais aimé lire de la part d'AIR FRANCE le satisfécit lorsque le gouvernement a allégé de près de quarante millions d'euros les taxes aéroportuaires qui permettent une compétitivité pour AIR FRANCE au moment où elle a à subir une crise…

ALAIN MARSCHALL
Donc cette taxe CHIRAC est légitime ?

FREDERIC CUVILLIER
Cette taxe, elle est nécessaire, elle réactualisée tout simplement, elle est un geste de solidarité de quelques centimes - dix centimes quand vous payez plusieurs milliers d'euros un billet - dix centimes pour lutter contre la tuberculose, contre le Sida, pour venir en aide à un certain nombre de pays, je trouve que quand même le geste de solidarité existe et ça n'est pas de nature à rendre moins compétitives les compagnies puisque ce ne sont pas les compagnies qui sont elles-mêmes… doivent s'acquitter de cette taxe.

ALAIN MARSCHALL
Frédéric CUVILLIER ! Merci.

FREDERIC CUVILLIER
Merci.

ALAIN MARSCHALL
Bonne journée sur RMC et sur BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 août 2013

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