Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RMC le 25 septembre 2013, sur la polémique concernant l'intégration des Roms dans la société française, l'élargissement de l'espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie, la situation de la sécurité à Marseille et le projet de refonte des sous-préfectures. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RMC le 25 septembre 2013, sur la polémique concernant l'intégration des Roms dans la société française, l'élargissement de l'espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie, la situation de la sécurité à Marseille et le projet de refonte des sous-préfectures.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'intérieur;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
On va entrer tout de suite dans le vif du sujet ! Est-ce que les Roms, les Roms, ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres ?

MANUEL VALLS
Mais ils vivent dans des campements et dans des situations tout à fait insupportables. Jean-Jacques BOURDIN, c'est quoi être de gauche ? C'est refuser la misère, c'est donc refuser des bidonvilles où s'entassent des familles, des enfants, qui vivent dans des conditions de sécurité et dans des conditions sanitaires qui sont insupportables. C'est quoi être de gauche ? C'est refuser que des enfants et des familles dorment dehors, dans la rue, à Paris. C'est quoi être de gauche ? C'est refuser l'exploitation de la misère et de gamins qui sont livrés à la mendicité, au chapardage, à la délinquance dans Paris, avec des mafias qui sont installées à Sofia ou à Bucarest. Donc l'action qui doit être celle de l'Etat, du Gouvernement et du ministre de l'Intérieur, c'est de lutter contre ces bidonvilles, contre cette misère et contre cette délinquance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, ces Roms ont des modes de vie... Là je sens, j'entends que vous êtes en train de vous recentrez à gauche, vous vous rappelez que vous êtes de gauche…

MANUEL VALLS
Non ! Je me recentre sur la réalité en permanence.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous vous rappelez que vous êtes de gauche.

MANUEL VALLS
Mais… Oui ! Je veux quelle est une action…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que certains en doutaient, certains en doutaient ?

MANUEL VALLS
Je ne le crois pas !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ?

MANUEL VALLS
Quand j'entends…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vu les commentaires au Parti Socialistes, certains en goutaient, euh en doutaient.

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Les maires de gauche – et ne faisons pas de distinction – les maires en général…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Oui.

MANUEL VALLS
Mais des maires de gauche : à Lyon, à Lille, à Roubaix, à Tourcoing, à Villeneuve-d'Ascq, à Evry, à Argenteuil, partout me demandent depuis plus d'un an d'agir et d'évacuer ces campements qui posent des problèmes majeurs, à la fois aux Roms eux-mêmes qui vivent dans ces conditions, mais aussi – parce que c'est souvent dans des quartiers populaires – aux populations riveraines.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
A Vaulx-en-Velin, maire Communiste avec une députée Socialiste, les élus de gauche de cette ville et la population des quartiers populaires – souvent elles-mêmes d'origine immigrée – ont demandé le démantèlement d'un campement où il y avait trafic, prostitution, violence. Donc nous devons agir tout en trouvant des solutions, elles sont compliquées, difficiles, parce que c'est un sujet complexes au niveau européen…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va en parler !

MANUEL VALLS
En lien avec la Roumanie et la Bulgarie...

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va en parler !

MANUEL VALLS
Et, en même temps, des projets d'insertion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors je vais reprendre ce que vous avez dit sur France Inter : il est illusoire de penser qu'on règlera le problème des populations Roms à travers uniquement l'insertion »…

MANUEL VALLS
Oui ! Bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous confirmez, c'est illusoire ?

MANUEL VALLS
Il y a des projets d'insertion…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi est-ce illusoire ?

MANUEL VALLS
Parce que c'est très difficile à mettre en oeuvre. Parlons d'insertion !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Oui.

MANUEL VALLS
D'abord en lien avec la Roumanie, parce que tout de même c'est en Roumanie… et la Roumanie a fait des efforts - et en Bulgarie dans une moindre mesure – où ces projets d'insertion doivent être menés, c'est d'abord de la responsabilité de ces pays, en lien avec l'Union européenne puisque ces pays bénéficient de fonds structurels pour rattraper le retard, aménager les pays, et ça concerne aussi évidemment les populations d'origine Rom ; la France elle-même, c'est-à-dire le Ministère de l'Intérieur, finance 80 projets d'insertion pour des familles qui ont quitté la France pour se réinstaller là-bas en Roumanie ; et puis il y a aussi des projets – on ne les cite pas suffisamment – menés par des villes, je pense aussi bien à Nantes ou à Lyon, en lien avec des villes en Roumanie, ce qu'on appelle la coopérations, la coopération décentralisée, là aussi pour faciliter l'insertion ; chez nous, en France, il y a des projets - notamment vous en avez parlé ce matin sur votre antenne avec Jacques SALVATOR, le maire d'Aubervilliers – à Aubervilliers, à Montreuil, à Tourcoing, ça concerne quelques dizaines…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Oui, oui, 18 familles à Aubervilliers.

MANUEL VALLS
Ça montre qu'il y a des familles, souvent avec des enfants, qui peuvent parfaitement s'insérer et s'intégrer dans notre société - mais c'est une minorité – et, je le répète, mais ça… vous savez il ne faut ni discriminer, ni se voiler la face, ni faire preuve d'angélisme, les Roms ont vocation à rester dans leur pays et à s'y intégrer là-bas et nous ne pouvons pas, nous…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites… vous avez dit hier : seule une minorité de Roms, une minorité veut s'intégrer en France.

MANUEL VALLS
La France, comme d'autres pays….

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous le confirmez ?

MANUEL VALLS
Oui !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'une minorité de Roms veut s'intégrer en France ?

MANUEL VALLS
Oui ! Bien sûr. La France est, comme d'autres pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les Roms ne veulent pas s'intégrer ici ?

MANUEL VALLS
Ne le disons pas ainsi !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Eh bien c'est ce que vous dites !

MANUEL VALLS
Non ! Les Roms…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites seule une minorité.

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Les Roms, contrairement à ce qu'entends, sont prêts à venir en Roumanie à condition que là-bas les conditions d'insertion et d'intégration puissent y mener…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est vrai pour les Asiatiques, c'est vrai pour les Africains, c'est vrai… Non ?

MANUEL VALLS
Nous parlons de l'Europe là, nous parlons de l'Europe…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Mais d'accord. Non ! Mais d'accord.

MANUEL VALLS
Et ne mélangeons pas tout…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non !

MANUEL VALLS
Et ne faisons pas des amalgames, nous parlons de ces populations de manière bien précise.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est ce qui a choqué, quand vous dites : une minorité de Roms veut s'intégrer en France, seule une minorité, c'est ce qui a choqué, Manuel VALLS.

MANUEL VALLS
Mais c'est… Mais ça choque qui ? Ceux qui ne connaissent pas ce…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ca a choqué Arnaud MONTEBOURG par exemple…

MANUEL VALLS
Oui ! Mais ça…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il vous demande de corriger vos propos.

MANUEL VALLS
Mais moi je n'ai rien à corriger, Jean-Jacques BOURDIN, ça choque ceux qui ne connaissent pas ce dossier. Nous avons parfois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Il ne connaît pas ce dossier, Arnaud MONTEBOURG.

MANUEL VALLS
Nous avons parfois… Je ne vais pas polémiquer, encore moins avec…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il ne s'agit pas de polémiquer, c'est lui qui le dit, ce n'est pas moi.

MANUEL VALLS
Mais moi devant vous je ne vais pas polémiquer, discuter avec un membre du gouvernement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon !

MANUEL VALLS
Pour qui j'ai estime et amitié.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Mais le problème il n'est pas là, nous avons – et nous le voyons bien - y compris avec les associations, tenté parfois des programmes d'intégration…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Oui.

MANUEL VALLS
Ce fut le cas il y a encore quelques mois à Paris où des logements dans le diffus étaient prévus, des logements dans le diffus alors que c'est difficile aujourd'hui de trouver des logements, des logements dans le diffus. Ces familles, ces associations, ces familles pardon souvent veulent rester ensemble, veulent rester aussi des campements, veulent rester dans des immeubles entier, ce n'est pas possible pour des raisons évidentes. Parfois, pas toujours – là aussi je ne veux pas faire d'amalgame - il y a des mafias qui ont mis la main sur un certain nombre de familles, puisque c'est un produit lucratif, puisque ces enfants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, ces familles n'ont pas vocation à s'intégrer dans notre pays ?

MANUEL VALLS
Ces familles ont vocation à retourner en Roumanie ou en Bulgarie - les choses doivent être de ce point de vue-là très clair – et, en même temps, il faut trouver les solutions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Finalement comme tous ceux qui viennent en France !

MANUEL VALLS
Non ! Je ne rentrerai pas de ce débat, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon ! Maintenant je vous dis parce que…

MANUEL VALLS
Non ! Parce que ça...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je considère qu'il n'existe pas…

MANUEL VALLS
Ça n'est pas le cas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pardonnez-moi de revenir sur Arnaud MONTEBOURG, quand même vous faites partie du même gouvernement : je considère qu'il n'existe pas de théorie selon laquelle il serait impossible de s'intégrer, voilà ce qu'il a dit.

MANUEL VALLS
Il y a aujourd'hui à peu près 20.000 Roms dans notre pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
20.000…

JEAN-JACQUES BOURDIN
20.000 à peu près, oui…

MANUEL VALLS
Oui ! 20.000.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est d'accord.

MANUEL VALLS
La plupart sont dans la région lilloise, dans celle de Lyon et surtout à Paris et en Ile-de-France, sur ces 20.000 il y en avait 8.000 à 9.000 dans le département de la Seine-Saint-Denis, aujourd'hui avec le démantèlement de 242 campements depuis le 1er janvier 2013 ce chiffre est descendu autour de 3.000 personnes, en Seine-Saint-Denis, c'est-à-dire l'un des départements les plus en difficulté dans notre pays, c'est-à-dire on rajoutait de la difficulté à la difficulté, de la misère à la misère et de la pauvreté à la pauvreté. Où est-ce qu'on installe ces campements ? On est-ce qu'on installe ces personnes, qui sont des personnes qui ont le droit à l'aide…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est le fond du problème, Manuel VALLS.

MANUEL VALLS
A la dignité humaine, eh bien la solution… soit on trouve des solutions d'insertion, mais elles sont…

MANUEL VALLS ET JEAN-JACQUES BOURDIN
Limitées…

MANUEL VALLS
Soit parce que beaucoup d'entre eux ne travaillent pas et selon les règles européennes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On les renvoie chez eux !

MANUEL VALLS
Ils doivent rentrer chez eux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous les renvoyez chez eux…

MANUEL VALLS
Et nous avons mis fin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Disons clairement les choses…

MANUEL VALLS
Bien sûr ! Et nous avons mis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous avez choisi de les renvoyer chez eux.

MANUEL VALLS
Oui ! Parce que nous avons mis fin, par ailleurs, à une aide de 300 euros qui permettait le retour et qui était devenue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les incitait à revenir !

MANUEL VALLS
Qui les incitait à revenir et qui était au coeur d'un certain nombre de trafics et qui organisait un véritable appel d'air.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors est-ce qu'on doit les loger ?

MANUEL VALLS
Donc, moi, je ne confonds pas toutes les populations.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on doit les loger tous ? Est-ce que nous avons les moyens de les loger tous et quelle solution pour les pousser à rentrer chez eux ?

MANUEL VALLS
Mais en posant ces questions, d'une certaine manière, vous y répondez déjà…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Il faut démanteler les campements...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, première étape, on démantèle les campements.

MANUEL VALLS
Oui ! Et on en démantèle évidemment beaucoup.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous démantèlerez tous les campements ?

MANUEL VALLS
Il faut démanteler tous les campements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon !

MANUEL VALLS
Quand il y a évidemment une décision de justice…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Evidemment !

MANUEL VALLS
Quand il y a une situation sécuritaire ou sanitaire qui est insupportable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et, ensuite, vous faites quoi avec les familles ?

MANUEL VALLS
On trouve des solutions, soit dans d'autres sites - et c'est plus difficile parce qu'il n'y a pas des terrains d'Etat qui permettent d'accueillir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et ça coûte cher !

MANUEL VALLS
Soit des villages d'insertion - nous en avons parlé - mais c'est en nombre limité et notamment pour les familles et les enfants, parce qu'il faut penser évidemment à la scolarisation des enfants…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Mais, ensuite, nous procédons évidemment à des reconduites à la frontière. Parce qu'encore une fois…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que la majorité sera reconduite à la frontière ?

MANUEL VALLS
La majorité doivent être reconduit à la frontière, il n'y a pas d'autre solution et de ce point de vue-là les choses…

JEAN-JACQUES BOURDIN
… (propos incompréhensibles)…

MANUEL VALLS
Je pense que si nous affichons de la fermeté et avec la fin de cette aide au retour qui jouait ce rôle particulièrement pervers, qui était dénoncée aussi bien par les autorités roumaines que par les associations…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, soyons clairs, nous ne sommes pas là pour les accueillir.

MANUEL VALLS
Nous ne sommes pas là pour accueillir ces populations, je crois qu'il faut dire les choses très clairement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites clairement les choses ce matin.

MANUEL VALLS
Et très tranquillement, encore une fois il ne s'agit pas de stigmatiser mais il s'agit de regarder la réalité en face, les difficultés que nous connaissons dans ces villes. Avec en plus, Jean-Jacques BOURDIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Allez-y.

MANUEL VALLS
Un problème qui confine à l'amalgame et qui est le plus dangereux, vous prenez une ville comme Lyon et le maire Gérard COLLOMB, qui me soutient dans cette action, qui fait face à ces difficultés, le rappelle souvent, quand dans l'espace public se confondent des populations qui n'ont rien à voir les unes avec les autres – je pense aussi bien aux Roms qu'aux déboutés du droit d'asile – mais qu'on retrouve sur l'espace public, le risque de confusion entre ces populations il est réel. Donc, la responsabilité du gouvernement et la responsabilité du ministre que je suis, c'est de faire en sorte que des règles de droit s'appliquent, que la loi de la République s'applique, il s'agit de traiter avec humanité ces populations mais il faut le faire intelligemment. Vous savez, vous connaissez la phrase de Michel ROCARD ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hum ! Hum.

MANUEL VALLS
La France, comme d'autres pays d'Europe, doit prendre sa part - et nous prenons notre part – dans l'accueil de cette misère et de ces problèmes-là, mais nous n'avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous reprenez cette phrase ! Oui.

MANUEL VALLS
Eh bien dans cette situation je crois que notre responsabilité c'est de ne pas permettre que s'installent - au coeur de nos villes, au coeur des quartiers populaires et aussi au coeur de la Capitale – s'installent des campements et des bidonvilles, nous ne pouvons pas l'accepter.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Juste remarque, juste remarque de Christophe, un auditeur de RMC : donnons du travail aux Roms, donnons un logement aux Roms, donnons les soins aux Roms et puis faisons la même chose pour les Maliens, pour les Ivoiriens, pour des Afghans, pour des Syriens. Qui paie pour tout ça ? Les contribuables Français ! Mais, ça, c'est…

MANUEL VALLS
Non ! Mais il y a…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'entendez ?

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN ! Il y a…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous l'entendez dans la bouche de Marine LE PEN…

MANUEL VALLS
Mais bien sûr ! Mais il y a…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pas que de Marine LE PEN, on ne va pas mettre…

MANUEL VALLS
Non ! Mais il y a des règles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Il y a des règles pour…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui !

MANUEL VALLS
Nous accueillons des étrangers, des travailleurs, des étudiants, des gens qui ont un…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez accueillir des Syriens là d'ailleurs, des réfugiés Syriens ?

MANUEL VALLS
Nous accueillons déjà des Syriens !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais nous allons en accueillir…

MANUEL VALLS
En lien avec le HCR nous accueillons ceux qui ont un statut de réfugié.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon !

MANUEL VALLS
Mais nous accueillons les étrangers, il n'y a pas des barbelés autour, nous sommes dans un monde ouvert mais avec des règles sur le droit de séjour. Ceux qui ne respectent pas le droit de séjour…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quittent la France !

MANUEL VALLS
Qu'ils soient Européens, parce que quand on est Européen il faut aussi des règles…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui ! Oui.

MANUEL VALLS
Pour s'installer, qu'on soit d'un autre pays de l'Union européenne, eh bien on a vocation à quitter le territoire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors deux questions, deux questions. Certains ont envie de travailler en France, mais il y a des restrictions aujourd'hui, ces restrictions vont être assouplies à partir du 1er janvier. Faut-il assouplir des restrictions pour permettre à des Roms de travailler en France ?

MANUEL VALLS
Elles ont déjà été assouplies et ça n'a rien changé. A partir du 1er janvier 2014, ça ne vaut pas que pour la France, c'est pour toute l'Union européenne, et même pour des pays qui ne sont pas, comme la Suisse, membres de l'Union européenne, pour tous ces pays la libre circulation des travailleurs…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Schengen ?

MANUEL VALLS
Non, ça c'est la libre circulation des travailleurs, elle est possible. Elle est possible, mais avec des règles…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avec, donc, un assouplissement des contraintes.

MANUEL VALLS
Evidemment, et cela s'applique à tous les pays. C'est un droit, ça a été voté par tout le monde…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc la France appliquera ?

MANUEL VALLS
Et la France évidemment va l'appliquer, il s'agit de traités qui ont été ratifiés, par ailleurs, par le Parlement. Il y a 1 an, avec Michel SAPIN, ministre du Travail, nous avons déjà élargi la liste des métiers possibles pour les Roumains et les Bulgares, faisons attention à ne pas tout confondre.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est d'accord.

MANUEL VALLS
Ça n'a rien changé par rapport aux métiers, que les populations d'origine Roms peuvent exercer. Parce que, vous le savez, il y a un certain nombre de métiers sur lesquels ces populations peuvent exercer.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu Jean-François COPE, j'ai écouté Jean-François COPE, qui vous demande, demande au gouvernement, de s'opposer à l'élargissement de l'espace Schengen à la Roumanie et à la Bulgarie à partir de janvier 2014. Qu'est-ce que vous répondez ?

MANUEL VALLS
Il n'y a pas de débat par rapport à la date du mois de janvier, il y a un débat sur l'élargissement à Schengen, depuis plusieurs années…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ou pas ?

MANUEL VALLS
Si les conditions ne sont pas réunies pour l'entrée de la Roumanie, et de la Bulgarie, dans l'espace Schengen, on ne peut pas le faire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on peut le faire actuellement ?

MANUEL VALLS
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Actuellement on dit non. Vous dites non. Le gouvernement français dit non.

MANUEL VALLS
Pourquoi ? C'est un peu plus compliqué que cela. Pourquoi ? parce que la responsabilité de ces pays, là on parle de la Roumanie et de la Bulgarie, demain ça peut concerner d'autres pays, c'est d'assurer à leurs frontières, celles de l'Union européenne, pas avec des pays membres de l'Union européenne, en l'occurrence, par exemple, pour ce qui concerne la Bulgarie, avec d'autres pays, eh bien c'est d'assurer la sécurité à leurs frontières. Aujourd'hui ces pays, et l'Union européenne qui mène ces discussions, ce n'est pas la France, reconnait que ces pays, la Roumanie et la Bulgarie, ne sont pas prêts. Il y a un dispositif qui peut être éventuellement levé, qui concerne les aéroports, tout simplement pour que les hommes d'affaires, ou les femmes d'affaires…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Puissent circuler.

MANUEL VALLS
Puissent circuler, et nous avons par exemple avec la Roumanie, des partenariats économiques extrêmement puissants.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc, pour résumer, aujourd'hui vous dites non. On n'ouvre pas l'espace Schengen à la Roumanie.

MANUEL VALLS
Aujourd'hui ce n'est pas possible, et c'est la position de beaucoup de pays de l'Union européenne, on verra plus tard parce que, nous n'avons qu'un seul souhait, c'est que la Roumanie et la Bulgarie, et encore une fois la Roumanie fait des efforts, puissent rattraper évidemment ce retard. Mais faisons attention, regardons la réalité de ce qui se passe en Europe, la montée des populismes, le sentiment d'exaspération que connaissent un certain nombre de citoyens. Si nous ne regardons pas cette réalité, si nous sommes naïfs, si nous pensons que nous pouvons accueillir tout le monde, alors nous nous trompons, et alors à ce moment-là c'est le populisme qui vaincra.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Plan anti-cambriolages présenté aujourd'hui, Manuel VALLS.

MANUEL VALLS
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'allez-vous présenter ?

MANUEL VALLS
Je présenterai…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, mais vous allez me dire quelque chose quand même.

MANUEL VALLS
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, rien du tout ?

MANUEL VALLS
Précisément parce qu'il faut encore que j'y travaille, et parce que tout simplement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Présenté cet après-midi ?

MANUEL VALLS
Oui, cet après-midi, parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quel est l'objectif, que contient, en gros, ce plan ?

MANUEL VALLS
C'est la détermination de la police et de la gendarmerie à faire baisser les cambriolages et aussi les vols à main armée, puisque nous l'avons constaté sur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment allez-vous faire, mettre plus de policiers sur le terrain, il y en a déjà, enfin beaucoup, ça dépend où, mais…

MANUEL VALLS
Des équipes renforcées, des équipes dédiées, des dispositifs en lien avec les collectivités territoriales, mais aussi les chambres consulaires, mais j'en ai déjà trop dit, j'en parlerai cet après-midi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est déjà pas mal. Et des drones, dites-moi, vous avez vu cette idée de drones pour surveiller les quartiers Nord de Marseille. Vous en pensez quoi ?

MANUEL VALLS
Il existe déjà des méthodes avec des drones concernant notamment les incendies.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai lu que les responsables de la sécurité à Marseille trouvaient ça bien, trouvaient que c'était une bonne idée.

MANUEL VALLS
Il faut, en général, essayer de regarder tous les dispositifs qui existent. Il se trouve qu'il y a un exemple, mais qui n'est pas dans notre pays, où on utile les drones, c'est une grande entreprise française qui les a installés, dans une cité, dans une ville, Mexico en l'occurrence, qui connaît des problèmes de délinquance et de criminalité majeurs, où on utilise ces drones. Il ne faut jamais s'interdire d'utiliser les technologies.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va les utiliser dans les quartiers Nord de Marseille ?

MANUEL VALLS
On verra, faisons attention aussi aux symboles…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes favorable ?

MANUEL VALLS
Ce qui me paraît important à Marseille, comme ailleurs, nous avons encore obtenu des résultats très importants avec la découverte d'une cache d'armes il y a 48 heures, avec des kalachnikovs, dans un box, qui montre bien que la police fait son travail, avec le démantèlement d'un réseau…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est un citoyen qui est allé alerter la police.

MANUEL VALLS
Voilà, c'est ça le civisme, mais aussi le démantèlement d'un réseau, de drogue et de trafic d'armes, en Corse et à Marseille…

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai vu ça aussi, avec des fonctionnaires impliqués.

MANUEL VALLS
Avec des fonctionnaires impliqués, d'une grande entreprise, donc laissons l'enquête, encore une fois, faire son travail avant d'apporter…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La SNCM.

MANUEL VALLS
Avant d'apporter des accusations, il y a une enquête, il faut respecter le travail de la justice, mais ça veut dire qu'à Marseille, plus que tout ailleurs, il faut à la fois occuper l'espace public, pour lutter contre la délinquance de tous les jours, c'est ce que nous faisons avec les moyens supplémentaires que nous avons mis, et puis un travail d'enquêtes judiciaires, pour démanteler les réseaux de drogue et de trafics d'armes, qui sont au coeur de cette guerre, entre des très jeunes voyous, pour s'accaparer le marché de la drogue sur les quartiers de Marseille.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez remarqué, comme moi, et sans doute avant moi, que la popularité de François HOLLANDE était au plus bas, on est à 23%. Dites-moi, ça va handicaper les candidats socialistes aux municipales ça, non, franchement ?

MANUEL VALLS
Les élections municipales sont des élections locales, où les socialistes ont fait du bon boulot, dans bien des domaines, sur le plan économique, sur le plan éducatif, sur le plan…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il ne faut pas tenir compte du tout de la politique au niveau national ?

MANUEL VALLS
Non, ne soyons pas hypocrites, mais redresser le pays dans la situation dans laquelle nous l'avons trouvé, avec la crise économique et sociale que nous avons connue, avec des déficits, déficit public, celui du commerce extérieur, avec le niveau de chômage que nous avons connu, demande beaucoup de courage et beaucoup d'abnégation, et de fixer un cap. C'est ce que le président de la République a fait, avec un objectif, la croissance, la compétitivité pour nos entreprises, et le projet de loi de Finances va dans ce sens, et puis évidemment inverser la courbe du chômage. Parce que tant qu'il n'y aura pas eu cette inversion de la courbe du chômage, tant que les Français n'auront pas vu concrètement les résultats, il y aura forcément doutes et crise de confiance. Mais croyez-moi, nous sommes tous déterminés, autour du président et du Premier ministre, pour atteindre cet objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux questions encore. Je ne sais pas si vous avez vu ça, c'est une… journées parlementaires de l'UMP, nous avons deux sénateurs qui se sont exprimés, l'un s'appelle monsieur DOLIGE, « je dois vous dire », a-t-il dit, « que j'ai un instinct meurtrier en ce moment, je suis comme la plupart des citoyens, moi je ne supporte plus HOLLANDE et sa bande. » Un instinct meurtrier contre HOLLANDE et sa bande. Et puis réplique de Jean-Claude GAUDIN qui était dans la salle, « eh bien moi je peux donner les kalachnikovs. »

MANUEL VALLS
Peut-être que monsieur DOLIGE et monsieur GAUDIN, que j'ai beaucoup entendus la semaine dernière à l'occasion du débat au Sénat sur le non-cumul des mandats, pensaient à cela, et peut-être même pensaient-ils à moi qui ai défendu avec beaucoup de force et beaucoup de détermination ce texte de loi qui va moderniser notre vie politique. On ne va pas commenter ces propos « d'après-table ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des propos « d'après-table. » 50 sous-préfectures supprimées ?

MANUEL VALLS
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, vraiment pas ? Le rapport est sur votre bureau.

MANUEL VALLS
Oui, mais il y a beaucoup de rapports, vous savez, mais j'étais encore il y a quelques jours…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, vous dites non ?

MANUEL VALLS
Je dis non. Je dis non clairement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous étiez dans l'Aveyron.

MANUEL VALLS
J'étais encore dans l'Aveyron il y a…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez dit que Millau et Saint-Affrique…

MANUEL VALLS
Millau et Villefranche-de-Rouergue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et Villefranche-de-Rouergue, pardon.

MANUEL VALLS
Devaient garder leur sous-préfecture et leur sous-préfet, parce que dans des départements ruraux, notamment, où les distances se mesurent moins en kilomètres qu'en heures de route, il faut garder une présence de l'Etat, et malgré les économies que nous réalisons, parce que autant la police et la gendarmerie voient des postes en plus, parce que c'est une priorité, mais dans l'administration nous faisons toujours des économies pour atteindre cet objectif, inégalé dans l'histoire de notre République, de 15 milliards d'économies de dépenses dans le budget 14, eh bien il faut garder cette présence de l'Etat. Peut-être dans certains départements il faut rationaliser et regrouper des sous-préfectures, mais nous avons besoin de cette présence de l'Etat. Il y a une partie de la France qui souffre, qui a un sentiment d'abandon de la part des pouvoirs publics, eh bien moi mon rôle, ministre de l'Intérieur, chargé de la sécurité des Français, mais aussi de l'Administration territoriale, déconcentrer préfectures et sous-préfectures, je veux montrer que l'Etat protège, est aux côtés des Français.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 septembre 2013

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