Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur le nouveau réseau de transport de Metz, le Mettis, et le pacte d'avenir signé entre l'Etat et la région Lorraine, à Metz le 5 octobre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur le nouveau réseau de transport de Metz, le Mettis, et le pacte d'avenir signé entre l'Etat et la région Lorraine, à Metz le 5 octobre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Inauguration du nouveau réseau de transport messin le Mettis, à Metz (Moselle) le 5 octobre 2013

ti : Mesdames, Messieurs les Messins,


Je voudrais d'abord vous féliciter pour votre patience car c'est vous qui êtes sous la pluie, alors que nous sommes à l'abri. Je pense que vous auriez aimé un peu plus de soleil, mais si vous êtes venus si nombreuses et si nombreux ce matin malgré les intempéries, c'est que ce projet, vous en avez compris le sens, vous en avez peut-être subi pendant le chantier les conséquences mais aujourd'hui il est bien là et vous voyez bien que pour vous, pour les enfants, pour l'avenir de cette ville, METTIS, c'est déjà une réussite et le premier mot qui me vient à l'esprit pour tous ceux qui l'ont conçu, qui l'ont porté jusqu'au bout, c'est : félicitations !

Madame la Ministre, chère Aurélie, je voudrais d'abord vous remercier, Madame la Ministre, te remercier, parce que je le dis devant vous, c'est une grande ministre de la Culture, tâche magnifique, exaltante mais difficile aussi et en même temps qui reste attachée à sa ville, à sa région et qui sait en parler et la défendre tout en exerçant ses responsabilités d'Etat. Je profite de cette occasion pour le dire devant vous. Vous remercier aussi, Monsieur le Préfet, Nacer MEDDAH, saluer les parlementaires, de saluer et remercier le président de l'Agglomération, de saluer et remercier le président de la région, le président du Conseil général et de vous saluer plus particulièrement, Monsieur le maire de Metz, cher Dominique GROS, ici dans votre ville, entouré de tous les maires de l'agglomération qui avez ensemble, au-delà de vos sensibilités politiques, porté et réussi ce projet de METTIS.

J'avais dit que j'aimerais revenir à Metz. Eh bien c'est vrai qu'en revenant comme Premier ministre aujourd'hui, c'est aussi l'œil du maire exercé qui a fonctionné dès le premier instant. J'ai vu que ce projet de METTIS était une belle réalisation, une belle réussite car ce que vous avez fait, c'est aussi, au-delà du moyen de déplacement si essentiel pour le travail, pour la formation, pour la consommation, pour la culture, pour se rencontrer, pour l'attractivité d'un territoire, eh bien c'est aussi un acte d'urbanisme car à chaque station, la ville de Metz a changé, s'est transformée, s'est embellie, est devenue plus agréable. Et puis vous avez choisi que les discours aient lieu ici à la gare, ce n'est pas un hasard, c'est une très grande station de ce réseau parce qu'il s'agit d'un réseau, mais c'est aussi le lien avec le train, le TGV qui vous relie à Paris, au reste de l'Europe et donc c'est plus qu'un symbole, c'est le fruit d'une volonté, d'une volonté politique, d'un courage politique que je voudrais saluer parce qu'on sait que quand on s'engage dans de tels projets, de telles réalisations, il y a toujours un risque de mécontenter, de déranger mais ce risque, c'est la noblesse de la politique et vous avez bien fait de le faire et les Messins vous en seront reconnaissants.

Oui, Mesdames, Messieurs, un acte politique, un acte économique, un acte social et un acte écologique, c'est ce que vous avez choisi. Alors c'est vrai que le centre Pompidou, vous l'avez rappelé, qui est en photo sur ce chantier de rénovation, c'est devenu une réalité qui apporte une image nouvelle à la ville de Metz et ce n'est que justice parce que cette ville qu'on visite aujourd'hui davantage, eh bien elle mérite d'être connue dans sa réalité. C'est une belle ville, c'est une ville d'histoire marquée par les moments difficiles de l'histoire de la France et de l'Europe mais c'est aussi une ville moderne, c'est aussi une ville qui se projette dans l'avenir. Eh bien on vient à Metz non seulement pour le centre Pompidou mais on vient à Metz aujourd'hui plus nombreux encore pour ce qu'est la ville et ce qu'elle est en train de faire parce que Metz devient une des grandes villes françaises qui comptent aujourd'hui et la France a besoin de grandes villes comme Metz.

Vous avez tous dit avant moi ceux qu'il fallait remercier, ceux qui avaient décidé, ceux qui avaient porté le projet, ceux qui avaient contribué à son financement. Je ne redirai pas tout cela parce que vous le savez désormais mais ce que je voudrais dire aussi, c'est que Metz – et je salue le travail de Dominique GROS et de son équipe ici – a su mobiliser, rassembler des forces et je le dis aussi, Monsieur le Président, à l'échelle de la Lorraine tout entière. J'en parlais avec le préfet Nacer MEDDAH il y a quelques instants : il faut se rassembler sur l'essentiel et l'essentiel aujourd'hui c'est bien la construction de l'avenir pour notre pays, celui de la bataille pour la croissance, la bataille de l'emploi, la bataille de la compétitivité, la bataille de la modernisation de notre système de protection sociale pour mieux le préserver, la bataille de la transition énergétique, la bataille de l'innovation mais aussi la bataille de la cohésion sociale et de la justice sociale, et cela ne peut pas se faire uniquement parce que l'Etat le veut, parce que l'Etat le décide, ça ne peut se faire que si on mobilise tous les acteurs des territoires qui sont d'abord les élus de tous les niveaux de collectivités mais qui sont aussi les forces économiques, les forces sociales associatives, culturelles, universitaires et je me suis félicité qu'il y a un an tout juste, les deux universités de Metz et Nancy, au lieu de se faire concurrence, ont su s'unir et se rassembler.

Oui, rassembler les forces, c'est ce qui s'est passé pour la préparation du pacte entre l'Etat et la Lorraine ; vous l'avez bien préparé avec le gouvernement et j'y ai pris ma part, Monsieur le Président de la région, Monsieur le Préfet mais aussi les conseils généraux, les maires des grandes villes, et nous avons le 17 septembre, signé ce pacte ensemble, qui est un pacte d'avenir et qui permet à toute la région d'avancer et de régler aussi ses problèmes parce que des problèmes, il y en a, il y en a eu. Ici à Metz qui était une grande ville militaire, vous avez payé un lourd tribut à la modernisation de nos armées. Modernisation nécessaire, mais une ville qui a compté autrefois plus de trente mille hommes de garnison. Aujourd'hui quatre mille, c'est vrai, mais combien d'emplois disparus ? Combien de conséquences économiques, de conséquences sociales ? Eh bien l'Etat a pris des engagements. Ces engagements, ils seront tenus ; ils ont déjà commencé à l'être, ils doivent l'être dans la durée, je m'en porte garant devant vous, c'est une question de justice et de solidarité.

Et puis dans le pacte entre le gouvernement et la Lorraine, pacte auquel le Président de la République venu la semaine dernière ici en visite, a ajouté le projet de plateforme de recherche publique pour la sidérurgie, c'est-à-dire la volonté d'être en permanence à l'avant-garde de l'innovation technologique, ce pacte mobilise 150 millions d'euros de l'Etat, 150 millions de la région Lorraine et de tous les autres partenaires ; il est un effet de levier considérable sur les priorités pour lesquelles nous nous sommes engagés. Je suis convaincu que dans très peu de temps, puisque c'est un pacte pour trois ans, c'est plus d'un milliard et demi d'euros que nous allons mobiliser avec le partenariat aussi du secteur privé, des entreprises. Vous l'avez voulu, ce projet, vous l'avez rappelé, Monsieur Jean-Pierre MASSERET, un projet tourné résolument vers l'avenir, celui de vous inscrire dans une économie du 21e siècle, de former la jeunesse, de savoir concilier recherche, innovation, emplois, investissements, innovation, tout est dans ce pacte. Mais tout n'y est pas complètement puisque nous avons commencé la négociation pour le contrat de plan qui va mobiliser aussi d'autres partenariats. Mais le gouvernement a voulu, en plus de ce qui se fait pour toutes les régions, un pacte spécifique pour la région Lorraine. La région Lorraine avait besoin de ce soutien mais la région Lorraine veut marcher debout dans la dignité, dans la fierté de ce qu'elle est. Hubert CURIEN, le père de la fusée ARIANE, que j'ai connu comme d'autres, disait qu'on reconnaît un Lorrain à sa patience, sa ténacité, son sens de la durée et du long terme, lui qui était vosgien, il appelait cela « l'horizon du forestier ». Eh bien, Mesdames et Messieurs, cet horizon, c'est le vôtre, c'est celui d'une région, la Lorraine, qui a connu les hauts et les bas de la grande histoire mais qui a toujours su puiser en elle-même les forces de son redressement et a toujours su se relever des épreuves et se battre jusqu'au bout pour que l'avenir tienne ses promesses. C'est exactement le sens du pacte que nous avons signé, la Lorraine a certes besoin de l'Etat mais c'est la Lorraine par elle-même qui va s'en sortir et réussir, c'est le message de confiance et de respect que je suis venu vous apporter ici, aujourd'hui à Metz. Vous avez fait des choix prioritaires, vous avez associé toutes les forces vives ; le gouvernement les a reconnus et les soutient ; c'est à vous de jouer. Je pense à votre spécialisation dans la grande industrie des matériaux et de l'énergie, à vos exceptionnelles richesses naturelles et patrimoniales, à votre jeunesse nombreuse, à ses besoins de formations techniques et supérieures, à la richesse humaine de cette région ; la Lorraine a certes besoin de l'Etat ; la Lorraine a certes besoin de la France mais vous qui êtes placés sur ces régions frontalières de l'Europe, je vous le dis aussi : la France a besoin de la Lorraine et je sais qu'on peut compter sur votre courage et votre ténacité.

Mesdames, Messieurs, chers amis de Metz et de la Lorraine, moi j'ai confiance dans l'avenir, non seulement dans l'avenir de la Lorraine mais dans l'avenir de la France ; je sais que beaucoup d'hommes et de femmes, de jeunes qui souffrent, qui doutent, qui pensent que l'emploi ne viendra jamais ou viendra trop tard et qui ont du mal parfois à boucler les fins de mois, je voudrais vous dire que l'effort de redressement dans lequel le gouvernement est engagé, qui certes demande un effort aux Françaises et aux Français, que nous voulons le plus juste possible, va porter ses fruits. Déjà les premiers signes de la reprise économique sont perceptibles en France, en Europe et ce n'est pas le moment de baisser les bras ; c'est le moment de renforcer encore notre détermination parce que ça va marcher, ça va réussir, que la France qui est une grande nation, qui est capable d'intervenir sur la scène mondiale au Mali et de dire, comme le Président de la République l'a fait avec courage, qu'il y a des choses qu'on ne peut pas accepter, pour faire bouger la conscience de la communauté internationale comme pour la Syrie, eh bien que la France est une grande nation qui va à nouveau jouer son rôle leader en Europe, qu'après les élections allemandes, c'est avec les Allemands que nous allons discuter, négocier pour réorienter l'Europe dans le sens de la croissance et la préparation de l'avenir. Oui, la France va retrouver toute sa force comme la Lorraine, comme toutes les régions de France qui se battent. Alors je vous le dis : battons-nous ! Ne renonçons jamais comme vous avez su le montrer dans l'histoire et comme vous le montrez encore, vous, chers amis messins, chers amis de Lorraine.


Vive Metz ! Vive la Lorraine ! Vive la République et vive la France.


Source http://www.gouvernement.fr, le 7 octobre 2013

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