Déclaration de Mme Hélène Conway-Mouret, ministre des Français de l'étranger, sur les efforts en faveur des Français résidant à l'étranger et sur les relations franco-italiennes, à Rome le 7 octobre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Hélène Conway-Mouret, ministre des Français de l'étranger, sur les efforts en faveur des Français résidant à l'étranger et sur les relations franco-italiennes, à Rome le 7 octobre 2013.

Personnalité, fonction : CONWAY Hélène.

FRANCE. Ministre des Français de l'étranger

Circonstances : Déplacement en Italie, du 5 au 7 octobre 2013

ti :
Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Conseillers des Français de l'étranger,
Mesdames, Messieurs, chers amis,


J'ai plaisir à vous retrouver ce soir à Rome, dernière étape d'un long voyage qui a débuté à Amman, s'est poursuivi à Djedda, Riyad, Beyrouth, en passant quelques heures à Dublin pour assister au Global Irish Forum pour enfin m'amener jusqu'à vous.

Quand on l'interrogeait sur son amour pour Rome, l'écrivain Pierre-Jean Remy, répondait : « qu'il n'y a pas une Rome, mais (…) autant de Rome que de collines, (…), autant de Rome que toutes celles que les voyageurs, de Montaigne à Stendhal, de Berlioz à Julien Gracq, nous ont dites ».
Une peut-être manque à la liste : la vôtre. Celle que vous vivez au quotidien…
Pour vous connaître, je sais qu'elle n'est pas une ville de carte postale.
C'est une ville enthousiasmante, éprouvante parfois, exigeante souvent. A l'image de l'Italie !

Je ne serai donc pas de ceux qui célèbrent hâtivement les vertus de la « Dolce Vita » et qui fondent leur action sur des idées reçues. Mon rôle est de vous écouter, de recueillir vos propositions, d'évoquer vos projets ; comme je m'y emploie à chacun de mes déplacements.

Je viens surtout à votre rencontre pour vous dire combien le gouvernement de Jean-Marc Ayrault est mobilisé pour accompagner la vie des Français de l'étranger. Nous sommes convaincus, avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, que vous êtes un relais privilégié de la diplomatie d'influence et de la diplomatie économique de la France.

Chaque présence française à travers le monde délimite les nouvelles frontières de la France. Vous incarnez le visage d'une France qui rayonne ; une France qui exporte ses savoir-faire autant que ses produits.

C'est pourquoi, chers amis, il est essentiel de changer le regard sur la mobilité internationale, et de mieux accompagner nos compatriotes qui font le choix, durable ou provisoire, de vivre à l'étranger. Mes initiatives n'ont pas manqué en la matière. Permettez-moi d'en citer quelques-unes.

Sous mon impulsion, une vaste réforme de simplification administrative et de modernisation du réseau consulaire a été engagée, pour faciliter la circulation et l'installation de nos compatriotes.

J'attache également une grande importance à la place réservée à l'enseignement français dans notre politique extérieure. Avec 550 millions d'euros par an, aucun autre pays n'investit autant pour l'enseignement à l'étranger.

Nos écoles et nos lycées sont un outil sans pareil.

Le Président de la République, en ouvrant son quinquennat par un hommage à Jules Ferry, a rappelé à quel point l'éducation représente un enjeu central pour la France. Nous devons néanmoins planifier l'avenir de notre réseau. C'est la mission qui m'a été confiée. J'ai renforcé les liens avec le ministère de l'Education nationale, pour qu'il fournisse un pilotage pédagogique. J'oeuvre au développement de sections internationales, à la création de classes technologiques et à l'ouverture de nouveaux établissements, comme le lycée français d'Amman, que j'ai inauguré la semaine dernière.

Nous avons aussi revu la Prise en charge de la scolarité, la fameuse PEC. Durant sa campagne électorale, François Hollande avait pris l'engagement de la supprimer.

Disons les choses sans détour : le gouvernement a sauvé un dispositif qui était menacé. Nous avons retenu des critères économiques et sociaux, qui introduisent davantage d'équité et pérennisent un dispositif unique au monde. Le système d'attribution des bourses scolaires a aussi été réformé.

Je sais l'importance que vous accordez à l'éducation de vos enfants. Avec six lycées et écoles françaises, l'enseignement français est bien représenté. Je veux saluer M. Joël Lust, proviseur du Lycée Chateaubriand, qui accueille près de 1 500 élèves, ou M. Thomas Hurel, directeur de l'Institut Saint-Dominique.

D'autres institutions françaises oeuvrent quotidiennement au rayonnement de nos valeurs, de nos savoirs.

Je pense à l'Institut français, dont je salue le directeur, Monsieur Eric Tallon. Je pense à l'Ecole Française de Rome, dont l'excellence académique n'est plus à démontrer. Sa directrice, Madame Catherine Virlouvet, a su en perpétuer l'héritage. Je souhaite aussi louer l'action de l'Académie de France à Rome, dirigée par Monsieur Eric de Chassey. Il a modernisé l'institution et l'a ouverte sur l'extérieur. Permettez-moi enfin de mentionner les 38 Alliances françaises qui garantissent notre présence à travers toute l'Italie.

Consulats généraux, équipe consulaire, conseillers du Commerce extérieur, chambre de commerce de Milan, agences de l'AFII ou d'UBIFRANCE y contribuent également.

François Hollande est venu en Italie trois fois en moins d'un an. Enrico Letta était pour sa part présent dans ces murs le 14 juillet dernier, accompagné de nombreux membres de son gouvernement.

Autant de preuves de la volonté de nos pays à jouer de concert un rôle moteur en Europe. Cette confiance mutuelle est appréciable, à l'heure où nos deux pays s'emploient à redresser leurs économies. A l'heure aussi où nous avons besoin de la solidarité européenne pour éviter de nouveaux drames, tel celui de Lampedusa.

Je sais que de nombreuses personnes se mobilisent ici pour accompagner nos compatriotes. J'ai remercié ce matin les présidentes de nombreuses associations qui assurent cette fonction essentielle.

Avant de conclure, permettez-moi de dire quelques mots sur les conditions de votre représentation politique, qui évoluera l'an prochain. Avec le soutien de Jean-Marc Ayrault, j'ai souhaité en modifier les formes et les modalités. C'est le sens de la loi du 22 juillet 2013.

Cette réforme était attendue de longue date. Elle introduit plus de proximité et de vitalité dans l'exercice de votre citoyenneté. Vous élirez vos nouveaux représentants le 25 mai 2014, en même temps que vos députés européens. Ils formeront les conseils consulaires qui se saisiront des sujets qui vous concernent directement : sécurité, bourses scolaires, aides sociales, emploi et formation professionnelle…

Je voudrais également saluer l'action de vos conseillers qui siègent actuellement à l'Assemblée des Français de l'Etranger, ainsi que Monsieur Raymond Petriguasco, qui y a siégé 43 ans.

Je voudrais enfin vous remercier, Monsieur l'Ambassadeur, et vous tous pour votre accueil. J'ai relu les magnifiques pages de Stendhal sur l'Italie, dans Rome, Naples et Florence. J'y ai relevé ceci : « La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent ». C'est tellement vrai. Et c'est pourquoi votre présence, ici, à Rome, et dans toute l'Italie, est si précieuse à la France.


Je vous remercie.


Source http://www.ambafrance-it.org, le 22 octobre 2013

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