Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la position du président de la République à propos de l'affaire Leonarda, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la position du président de la République à propos de l'affaire Leonarda, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Eric Ciotti, député (UMP) des Alpes-Maritimes, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2013

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député Ciotti,


Je crois qu'il est de bon conseil, pour vous comme tout le monde, de passer de l'émotionnel au rationnel. De passer des calculs politiciens aux principes républicains. Et je vous le dis à vous Monsieur Ciotti, mais je le dis aussi à Monsieur Copé, qui est en train de préparer l'abandon du droit du sol au profit du droit du sang, ça ce n'est pas la République, Monsieur Copé !

S'agissant du cas de cette famille que vous venez d'évoquer, ici même la semaine dernière j'ai exprimé le point de vue du Gouvernement. J'ai dit qu'un rapport serait demandé ; et qu'au-delà de l'émotion que je pouvais comprendre, le Gouvernement en tirerait toutes les conséquences. C'est ce qu'a fait le président de la République. Le rapport a été remis au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui l'a présenté au Président et à moi-même, et le président de la République a annoncé très clairement les choses.

Le premier point, c'est que, s'agissant de l'éloignement du territoire national de cette famille, tout avait été fait après l'épuisement de tous les recours, en respect strict de notre droit. Et le président de la République a rappelé à juste titre que dans un Etat de droit, dans une République, la base de la cohésion, la base de la confiance, c'est le respect de notre loi et de notre droit, c'est ce qui a été rappelé.

Et en même temps, le président de la République a rappelé ce qui avait provoqué une émotion, c'est qu'il y a eu en effet une erreur de discernement. Un des membres de la famille -une jeune fille- a été interpellé à l'occasion d'un déplacement scolaire. Depuis, une circulaire préparée samedi après-midi en interministériel à Matignon a été signée par le ministre de l'Intérieur et adressée à tous les préfets de France : l'école sera protégée. Elle doit être protégée parce que l'école protège et doit protéger les enfants quels qu'ils soient ! C'est ce qui a été rappelé, et vous pourriez parfaitement adhérer à ce que je viens de dire.

Le président de la République, en raison de ces circonstances, a également rappelé que la République c'était à la fois le droit mais c'était aussi l'attention, la sensibilité, la fraternité, l'humanité. Un geste, une proposition a été faite, qui propose à cette jeune fille, si ses parents en décident, de poursuivre sa scolarité en France, où elle a des membres de la famille vivant en situation régulière. C'est désormais à la famille, aux parents de décider.

Voilà la règle qui a été rappelée. Il est important de rappeler en permanence la règle commune ; la règle commune c'est la base du pacte républicain. Mais le pacte républicain c'est aussi l'intention, c'est aussi la fraternité. Je n'ai pas dit autre chose la semaine dernière.

Alors votre président de groupe, Monsieur Jacob, emporté une fois de plus par son élan, m'a demandé de poser à l'Assemblée nationale la question de confiance. Eh bien Mesdames et Messieurs les députés, je n'ai aucun doute de recevoir dans quelques instants, à l'occasion du vote de la loi de finance, la confiance d'une large majorité de l'Assemblée nationale pour mettre en œuvre le projet du président de la République : le redressement de la France, la bataille pour la croissance, pour l'emploi, la solidarité et la justice. Voilà notre politique. Vous pouvez continuer, nous nous garderons notre cap, c'est celui de la France.


Source http://www.gouvernement.fr, le 23 octobre 2013

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