Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur la prévention des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques et sur les efforts en faveur des équipements militaires, à Vert-le-Petit le 24 octobre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, sur la prévention des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques et sur les efforts en faveur des équipements militaires, à Vert-le-Petit le 24 octobre 2013.

Personnalité, fonction : LE DRIAN Jean-Yves.

FRANCE. Ministre de la défense

Circonstances : Visite au centre Maitrise NRBC de la DGA, à Vert-le-Petit (Essonne) le 24 octobre 2013

ti : Monsieur le Délégué général pour l'armement,
Mesdames et Messieurs,


Je suis très heureux d'être avec vous, dans ce lieu dont l'histoire est bien gardé, mais qui apporte une contribution éminente aux intérêts stratégiques de l'Etat et de la Nation. Cette contribution est le plus souvent secrète, mais elle est connue et reconnue par les plus hautes autorités. Ma présence aujourd'hui, à l'invitation du Délégué général pour l'armement, pour inaugurer le P4, en est bien sûr l'un des signes.

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a rappelé avec force la nécessité absolue de maintenir notre avance technologique dans le domaine de la protection contre le risque NRBC.

Pour mieux répondre aux menaces grandissantes dans le domaine biologique, la Défense a décidé d'investir dans deux laboratoires qui sont complémentaires, permettant de manipuler des virus vivants de classe 4. Des virus contre lesquels il n'existe encore aucun traitement connu.

Le premier laboratoire P4, inauguré aujourd'hui sur le site de la DGA, est dédié aux activités de connaissance du risque, de caractérisation et d'essais des équipements de protection contre la menace biologique. Ces activités sont hautement confidentielles et stratégiques, puisqu'elles visent à développer et à réaliser des systèmes de défense biologique. Elles permettent de garantir la performance des équipements de défense de nos forces, en charge de la protection de la Nation. Dans la visite que je viens d'effectuer, j'ai pris la mesure des conditions de sécurité extrêmes dans lesquelles ce travail s'effectue, bien au-delà que ce que les normes recommandent. C'est le deuxième laboratoire de ce type, le premier dans le domaine militaire.

Le second laboratoire P4 militaire est en cours de construction à Brétigny, sur le site du service de santé des armées (SSA) : plus ouvert aux partenariats avec le monde académique, il permettra la mise au point de thérapeutiques et prophylaxies (vaccins, antiviraux), en lien avec les maladies infectieuses telles que les fièvres hémorragiques, ou les maladies hautement contagieuses et à fort taux de mortalité.

La proximité des deux P4 est un gage de synergie fort en dans la période actuelle de recherche d'optimisation des ressources.

Surtout, avec la mise en service d'une capacité globale P4, la France marque la fin d'une lacune dans ses moyens de défense et de sécurité biologiques.

Le P4, et plus généralement les moyens de DGA Maîtrise NRBC, ont une vocation opérationnelle indispensable aux forces, aux autorités militaires, et plus largement au ministère de la défense.

Mais cette activité, je veux le dire ici, ne se limite pas au seul domaine de la Défense. DGA MNRBC est également un référent national dans le domaine de la défense biologique et chimique. A ce titre il fait bénéficier de son expertise les autres ministères. Le centre et les équipes de programmes NRBC de la DGA sont ainsi des acteurs majeurs dans un réseau de partenaires nationaux, qu'ils soient étatiques, parapublics ou industriels – je pense notamment au GIE NBC, qui réunit des ETI et des PME très innovantes. Toute cette activité trouve sa cohésion dans le service de la Nation et de sa sécurité...

Laurent Collet-Billon et ses équipes ont ainsi su démontrer, sur la crise syrienne, leur capacité d'expertise autant que leur réactivité pour répondre aux attentes des autorités. Je veux donc saluer l'excellence du travail de la DGA qui, nous le comprenons tous, doit rester dans ce domaine particulièrement discret. Le chef de la délégation de l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques), Ake Sellström, a souligné la fiabilité et l'excellence des travaux que nous avons menés ; il a remercié la France pour les informations qu'elle a fournies. A ce titre, c'est une part du Prix Nobel de la Paix qui lui revient. Bravo à tous. J'aurai l'occasion de remettre dans un instant un témoignage de satisfaction au Directeur Technique, ainsi qu'une plaque pour l'ensemble des équipes, afin de saluer les travaux réalisés par DGA Maîtrise NRBC.

La crise syrienne montre que notre vigilance doit rester permanente et que dans cette perspective, notre socle d'expertise, en termes de compétences et d'investissements, doit être soigneusement entretenu.


Depuis plus d'un an, les enjeux de défense et de sécurité n'ont pas cessé d'être au cœur de notre actualité. Comme je l'ai expliqué lors de l'université d'été de la défense, nous devons inscrire nos actions à la fois dans un temps court, qui nous oblige à réagir face à des circonstances parfois extrêmement graves, et en même temps dans un temps long, qui est celui de nos ambitions et de nos capacités.

La loi de programmation militaire 2014 2019 s'inscrit dans ce temps long et va permettre de maintenir nos armées au premier rang dans le monde et en Europe en particulier.

Aujourd'hui, je voudrais profiter de l'occasion qui m'est donnée pour vous dire que l'industrie est au cœur de cette programmation. Elle est au cœur, car elle concourt directement à notre autonomie stratégique mais aussi au dynamisme économique de notre pays.

Pour maintenir cet élan, j'ai décidé de sanctuariser les crédits d'équipement, et même de les augmenter, puisqu'ils passent de 16 Mds€ en 2013 à plus de 17 Mds€ en moyenne sur la durée de la LPM. C'est ainsi que nous garantissons, pour les neuf secteurs industriels majeurs, des niveaux d'activités suffisants pour les bureaux d'études et les chaînes de production, sous-traitance incluse. Notre industrie de défense est à forte valeur ajoutée. Elle diffuse ses innovations dans le domaine civil, et présente en même temps une balance commerciale positive. Autant d'atouts que je veux préserver, valoriser, renforcer.

L'action de la DGA dans les prochaines années sera essentielle pour atteindre le niveau d'ambition que nous venons de fixer.

Elle le sera dans la conduite des programmes en cours, mais aussi dans le lancement de près de 20 programmes nouveaux (drones, MRTT, satellites, SCORPION, …) ;

Elle le sera dans la mise en œuvre d'une coopération européenne pragmatique, avec la poursuite des programmes en coopération et le lancement de nouveaux projets (missile anti navire léger et futur système de guerre des mines, spatial, drones…) ;

L'action de la DGA sera essentielle aussi dans la mise en œuvre d'une politique de recherche ambitieuse, qui doit permettre de maintenir la compétitivité de nos entreprises, leur avance technologique et leur capacité à répondre aux besoins futurs de nos forces. Ici, ce sont 750 M€ qui seront ainsi consacrés aux études amont en 2014 et 2015, avec une part importante consacrée à l'innovation en lien avec les laboratoires et universités françaises ;

Dans le soutien aux PME, l'action de la DGA sera là encore essentielle, avec sa connaissance des PME critiques et avec son rôle moteur dans l'application du Pacte Défense PME, à travers le dispositif de soutien à l'innovation duale RAPID par exemple.

Elle le sera, enfin, dans le combat quotidien pour aller chercher de nouveaux marchés à l'exportation. Moi-même, j'ai pu mesurer l'importance que nos partenaires accordent à l'expertise de la DGA pour les accompagner.

Votre expertise technique dans la conduite de programmes complexe est unique, en France et en Europe. C'est un atout pour le ministère. Je sais le nombre de compétences requises – en management de projet, en finances, en expertise technique, contractuelle, dans la conduite des essais… – pour conduire ces programmes qui sont d'une complexité qu'on ne trouve finalement qu'à la Défense.

C'est un modèle qui peut être fragile, j'en ai conscience, car le maintien de telles compétences sur un spectre aussi large est un exercice délicat, auquel toutes les entreprises à haut niveau technologique se trouvent confrontées. Je serai en tout cas particulièrement attentif à ce que les compétences dont nous avons besoin soient préservées. C'est tout simplement vital pour notre Défense.

Cette LPM, vous le savez, appelle des efforts de tous, et la DGA aura sa part dans la contribution collective du ministère de la Défense au redressement des comptes publics. Ici, j'ai demandé au Délégué qu'une analyse fonctionnelle soit menée. Compétence par compétence, activité par activité, il s'agit d'identifier des pistes pour définir la juste contribution aux déflations d'effectifs de l'ensemble du ministère, en simplifiant notre façon de travailler ou en exploitant au mieux les perspectives offertes par les nouvelles techniques d'ingénierie système.

L'expertise apportée par la DGA à notre politique de défense est plus qu'un gage de crédibilité ; les compétences de ses femmes et de ses hommes, comme j'ai pu le vérifier aujourd'hui, sont indispensables au maintien d'une Défense à la hauteur des défis qui se présentent à nous, aujourd'hui et demain. Comptez sur moi pour défendre cette expertise, qui est pour nous tous un motif de fierté.

J'ai maintenir le plaisir de vous témoigner de ma grande satisfaction pour l'action de la DGA, et plus particulièrement du site de DGA maîtrise NRBC, à l'occasion de la crise née de l'attaque chimique syrienne du 21 août dernier.


Source http://www.defense.gouv.fr, le 25 octobre 2013

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