Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur le bilan d'une année d'emplois d'avenir et l'objectif de l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année, à la gare d'Ermont-Eaubonne le 25 octobre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, sur le bilan d'une année d'emplois d'avenir et l'objectif de l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année, à la gare d'Ermont-Eaubonne le 25 octobre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Signature du 500e contrat d’avenir de la Sncf, à la gare d'Ermont-Eaubonne (Val d'Oise) le 25 octobre 2013

ti : Monsieur le ministre, Cher Michel,
Mesdames, messieurs les parlementaires,
Monsieur le vice-président du Conseil régional
Monsieur le vice-président du Conseil général,
Monsieur le maire,
Monsieur le préfet,
Mesdames, messieurs,
Monsieur le président de la SNCF,


Cela fait un an que la loi sur les emplois d'avenir a été votée par le Parlement. Alors, c'est vrai que parfois, le temps peut apparaître long pour ceux qui sont au chômage, ceux qui ont pourtant fait des études et qui, après, galèrent d'emploi précaire en emploi précaire ou en CDD non renouvelés, et qui effectivement pour eux qui ont fait l'effort d'apprendre ou pour d'autres qui ont malheureusement connu un échec à l'école.

Mais ce que le gouvernement entreprend, c'est un travail de fond, un travail durable de changement, de changement de notre appareil productif pour qu'il soit plus compétitif, qu'il retrouve la croissance et qu'il prépare l'avenir. Ce sont aussi des réformes de fond pour faire que notre système éducatif et notre système de formation professionnelle soit le plus efficace possible.

Ce sont des réformes qu'il faut mener à bien et que le gouvernement a engagées depuis le premier jour, et que le Parlement a votées. Il en votera encore d'autres. En ce moment-même, une grande négociation a lieu sur la formation professionnelle entre les partenaires sociaux. Au début de l'année prochaine, Michel Sapin y travaille, une loi sur la formation professionnelle sera présentée pour la rendre plus efficace, plus performante, pour qu'elle aille aux demandeurs d'emploi, pour qu'elle aille aux jeunes qui n'ont pas eu suffisamment de qualifications, mais qu'elle aille aussi à la formation continue des salariés dans les entreprises. Toutes ces réformes demandent du temps.

Alors effectivement, pour ceux qui attendent des solutions tout de suite, c'est vrai qu'il peut y avoir une forme de découragement. C'est pourquoi le gouvernement a engagé tout de suite une action très volontariste, sans attendre les résultats de ces réformes de fond, ces réformes de structure.

C'est pourquoi il a proposé au Parlement de voter la loi sur les emplois d'avenir. Cette loi pour les emplois d'avenir, c'est 100.000 jeunes, 100.000 jeunes qui ont maintenant des offres nouvelles d'emplois d'avenir – grâce au travail formidable des missions locales, soutenues par les collectivités locales, grâce à Pôle Emploi–. Pour qu'il y ait des emplois d'avenir, il faut qu'il y ait des offres proposées par des entreprises, c'est le cas de la SNCF, par des grands opérateurs publics, par les collectivités locales, des communes, des intercommunalités, les départements, les régions, et je les remercie pour leur travail, les associations aussi, et l'Etat y finance à 75 % ces contrats d'emploi d'avenir.

L'objectif, c'est de répondre vite, et pas d'attendre de résultat de toutes les autres réformes que je viens d'évoquer, de répondre vite à l'attente des jeunes et de leurs familles. Et c'est pourquoi aujourd'hui avec Michel Sapin, nous avons voulu rencontrer des jeunes que nous avions vus déjà il y a un an, quelques-uns à Matignon ce matin, d'autres dans le train en venant jusqu'ici et tout à l'heure, à la réunion que vous avez organisée, monsieur le président de la SNCF, pour avoir leur témoignage, et pour savoir ce qu'ils étaient devenus depuis le premier contact.

Leur vie a changé. Je ne veux pas parler à leur place : ce sont leurs témoignages. Leur vie a changé parce que d'abord, ils ont été accueillis après la mission locale par un employeur, et ici la SNCF a pris au sérieux cette ambition d'accueillir des jeunes. La SNCF recrute beaucoup de personnel, 10.000 par an : beaucoup de cheminots qui partent à la retraite et qui sont remplacés, et bien d'autres métiers qui nécessitent d'être renforcés.

Ce sont ces jeunes que vous avez accueillis, orientés, à qui vous avez permis de faire une remise à niveau. Et en prenant le temps d'un bon recrutement, vous leur avez proposé au fond l'emploi où ils pourraient s'épanouir le mieux. Les témoignages que nous avons eus correspondent exactement à cela, et c'est d'abord la SNCF que je voudrais remercier ce matin. Vous avez annoncé d'ailleurs que vous étiez tellement satisfait, pour vous-même en tant qu'entreprise et service public, de la qualité des recrutements, que vous vouliez continuer à accueillir des emplois d'avenir. Vous proposez ainsi d'augmenter de 50 % le nombre de postes que vous aviez déjà proposés.

C'est également la volonté du gouvernement, qui s'est fixé un objectif de 100.000 cette année, et qu'il va l'augmenter, lui aussi, de 50 % l'année prochaine, pour passer à 150.000. Parce qu'il faut répondre à l'urgence, redonner confiance à la jeunesse, parce que c'est la priorité du quinquennat de François Hollande. Et ce ne sont pas que des mots, ce sont des engagements concrets.

Quand on met le paquet comme on ne l'a jamais fait depuis des années, après avoir détruit tant d'emplois d'enseignants sur l'école, et quand on met le paquet aussi pour former les enseignants, c'est bien parce que c'est la jeunesse qui est la priorité. Et quand on met le paquet pour la formation professionnelle, c'est parce que c'est la jeunesse qui est la priorité. Et quand on met le paquet pour les emplois d'avenir ou les contrats de génération, c'est la jeunesse qui a la priorité.

A travers la jeunesse, c'est la France qui est la priorité. C'est tout le pays qui se retrouve lorsque les choses vont mieux pour nos concitoyens, et d'abord les jeunes et leurs familles. Ce sont ces témoignages que nous avons eus ce matin. Je pense à ce jeune de Marseille, des quartiers Nord, qui a retrouvé confiance et fierté. Quand il retourne dans son quartier, ses copains lui disent : mais tu as changé, tu n'es plus le même... La différence, c'est qu'il a trouvé un emploi, et il va trouver un logement, peut-être qu'il va aussi bâtir un projet de vie personnel. Et son témoignage fait tâche d'huile parce que les autres vont aller aussi à la mission locale, et vous aussi vous faites pareil. Je vous ai interrogé tout à l'heure. C'est tout un mouvement qui est en marche.

Alors, le chiffre de 100.000 sera-t-il atteint ? C'est une mobilisation de tous les instants. Je remercie monsieur le préfet. Vous faites un beau travail. Vous êtes le représentant ici du gouvernement. Vous défendez la politique du gouvernement et vous êtes l'interlocuteur de tous les acteurs de la politique de l'emploi : les entreprises, les associations et bien entendu les collectivités locales.

Je sais que vous avez déjà dépassé les objectifs qui vous avaient été fixés, mais vous allez aller plus loin, c'est ça que vous m'avez dit en arrivant, 100.000 à la fin de l'année nous allons y arriver, ce soir nous atteignons le chiffre de 75.000. 75.000 : cela ne s'est pas fait tout seul ! Cela s'est fait avec la mobilisation de beaucoup d'acteurs, je pense à la Poste, je pense aux associations, comme la Croix Rouge que tout le monde connaît.

Ce chiffre de 100.000, nous allons l'atteindre, parce que c'est la bataille pour l'emploi que nous menons. Cette bataille pour l'emploi demande beaucoup d'énergie, elle demande beaucoup de persévérance, beaucoup de conviction.

Je le dis d'autant plus qu'hier soir sont tombés les chiffres du chômage pour le mois de septembre. Ces chiffres du chômage, nous nous doutions qu'ils ne seraient pas bons dans la mesure où le mois précédent, il y a eu cette erreur sur les réinscriptions. Ce n'est pas pour nous un prétexte pour nous décourager, bien au contraire, parce que ce qu'il faut voir c'est dans quelle direction nous avançons.

Lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, la situation était très dégradée. Et très vite la loi pour les emplois d'avenir est intervenue, avec des mesures fortes de soutien à l'économie. Or, aujourd'hui, que constatons-nous ? Nous constatons que le taux de chômage en France est trop élevé, beaucoup trop élevé, même si cela dépend des régions. Ce que nous constatons c'est qu'au début de l'année, il y avait au 1er trimestre 1.000 chômeurs de plus par jour ; au 2ème trimestre 600, et au 3ème trimestre –ce sont les derniers chiffres-, 200.

L'objectif du président de la République, c'est l'inversion de la courbe à la fin de l'année. Nous, nous y croyons parce que nous nous battons pour cela. Je sais bien que quand on les interroge, certains Français doutent, mais il faut y arriver. Et il y a d'autres indicateurs qui nous encouragent : la croissance qui devait être en dessous de 0 va être positive en 2013, et elle le sera nettement au dernier trimestre de l'année 2013 pour monter ensuite en puissance tout au long de l'année.

C'est donc la direction, c'est le cap qu'il faut maintenir. Ce n'est pas à un moment où les choses vont mieux qu'il faut baisser les bras, au contraire, même si le chemin à parcourir est immense pour redresser la France, mais aussi réorienter l'Europe vers la croissance et vers des règles du jeu qui respectent les droits des travailleurs.

Ce que le président de la République nous demande, c'est de faire bloc autour de cet objectif de redressement du pays, d'un pays qui est la 6ème puissance économique du monde, et qui, s'il sait faire les choix courageux, gagnera la bataille. Mais nous ne la gagnerons pas seuls, nous le gouvernement, nous la gagnerons avec tous ceux qui ont compris l'enjeu pour le pays.

Et c'est pourquoi je remercie particulièrement la SNCF aujourd'hui, cette grande entreprise dont nous avons besoin. Vous avez rappelé à juste titre monsieur Guillaume Pepy que j'avais annoncé, il y a déjà quelques mois, le nouveau Grand Paris, avec tous les moyens pour que soit réalisé ce Grand Paris Express, mais aussi celui de l'amélioration des transports du quotidien, notamment dans les parties de l'Ile-de-France où le réseau est le plus dégradé, où le nombre d'usagers est le plus important, où chaque jour ce n'est pas facile de se déplacer, en particulier pour le travail ou pour la formation générale ou professionnelle.

La priorité du gouvernement, c'est de remettre à niveau le réseau le plus ancien, et cela vaut pour l'Ile-de-France comme pour toute la France. Ce sont les investissements que j'ai annoncés le 9 juillet dernier. Ce chantier est engagé. Il est financé. Il demandera du temps, de l'énergie, mais aussi une mobilisation, en particulier de la grande famille des cheminots que je voudrais saluer.

Vous l'avez rappelé, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi pour rénover l'organisation de notre système ferroviaire public. Et ce que le gouvernement a adopté, c'est un projet très intégré, le plus intégré possible en vue des règles européennes, pour que la grande famille des cheminots se regroupe et qu'elle forme à nouveau une grande capacité d'action, à la fois d'un service public pour tous les usagers au quotidien dans les régions, et en particulier dans l'Ile-de-France, mais aussi entre les grands territoires, les grandes cités.

Nous avons cette ambition-là, et je rassure le président de la SNCF qui, avec les cheminots et leurs représentants syndicaux, s'inquiétaient en se demandant si nous allions bien la faire cette réforme. Eh bien oui ! Je vous dis : "nous allons la faire". Nous allons la faire pour la SNCF et l'ensemble de ses structures, pour les cheminots, mais aussi pour que le service public auquel nous croyons puisse trouver toute sa force… toute sa force et toute son efficacité. Et vous le savez bien, pour cela, il faut s'en donner les moyens. Eh bien ! C'est ce que le gouvernement a décidé.

La politique que nous menons sous l'autorité du président de la République est une politique cohérente, une politique ambitieuse, mais c'est vrai aussi une politique qui demande du courage, qui demande surtout de la ténacité, de la persévérance. La vie ne se construit pas en un jour pour un individu.

Monsieur le président de la SNCF, tout à l'heure, vous adressiez un message aux jeunes qui sont venus ici pour un emploi et qui, aujourd'hui, lorsqu'ils sont dans les gares ou à leur travail, ne se distinguent pas des autres cheminots. Vous leur avez dit quelque chose qui m'a touché, parce que ça s'adresse à tout le monde. Vous arrivez, vous êtes plein d'enthousiasme, vous êtes heureux parce que vous avez trouvé du travail et qu'on vous accueille bien, on vous forme bien, vous avez des collègues qui ont de l'expérience qui vous la transmettent, c'est donc une fierté, c'est aussi un bonheur, et vous leur avez dit : cette flamme que vous avez en vous aujourd'hui, il faudra la garder parce que l'usager que vous allez rencontrer là, les premiers mois de votre travail ou les premières années, l'usager, lui, continuera. Il se renouvellera, il y en aura d'autres, et il aura besoin de voir à travers vous que le métier que vous exercez, vous l'exercez avec passion, et vous leur avez dit "gardez la flamme".

Et moi, je crois que garder la flamme, cela vaut pour chacune et chacun d'entre nous, cela vaut pour tous les Français, y compris ceux qui parfois sont les plus découragés. Il faut continuer à croire que la France est un grand pays, qu'elle va s'en sortir et qu'elle ne laissera personne sur le bord du chemin, qu'elle résistera à toutes les tentations d'abandonner ce que nous sommes, c'est-à-dire une République avec ses valeurs d'égalité, de solidarité, de fraternité. Eh bien ! C'est ce que nous sommes en train de faire, et c'est une cause immense qui mérite que chacun garde la flamme.


Merci.


Source http://www.gouvernement.fr, le 12 novembre 2013

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