Entretien de M. Thierry Repentin, ministre des affaires européennes, dans "Ouest France" du 28 octobre 2013, sur la dimension sociale de l'Europe. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Thierry Repentin, ministre des affaires européennes, dans "Ouest France" du 28 octobre 2013, sur la dimension sociale de l'Europe.

Personnalité, fonction : REPENTIN Thierry.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

ti :

Q - En marge du Conseil européen, David Cameron a réuni une dizaine de leaders pour parler de dérégulation. Merkel y était, pas Hollande. Pourquoi ?

R - On est tous d'accord pour simplifier, mais les buts divergent. Nos amis britanniques ont produit, il y a quelques semaines, un ensemble de propositions qu'ils souhaitent porter au niveau européen. Quand on les regarde de près, on voit qu'il s'agit de dérégulation, de déréglementation plus que de simplification. Deux exemples : arrêter toute législation qui protège les femmes enceintes dans leur emploi ; ne pas mettre de mesures trop coercitives pour lutter contre les problèmes de détachements des travailleurs. Or, simplifier pour être plus performant, oui. Remettre en cause la protection des travailleurs des consommateurs ou de l'environnement, non.

Q - L'Allemagne est en pleine négociation pour la grande coalition. Attendez-vous une évolution sur l'Europe ?

R - On peut imaginer que l'arrivée du SPD se traduise par une convergence plus spontanée avec la France, sur certains sujets. Je pense à la question du salaire minimum ou à un certain nombre de directives qui visent à limiter le dumping social et le développement du travail à bas coût au sein de l'Union. Le 30 mai, Merkel et Hollande ont demandé que soit posée la dimension sociale de l'Europe. Pour la première fois dans un Conseil européen, vendredi 25 octobre, nous avons eu un rapport de la Commission pour prendre en compte des indicateurs sociaux dans l'Union économique et monétaire. Il faut le souligner.

Q - Redoutez-vous le vent de rejet tous azimuts à l'occasion des Européennes ?

R - Il faut aborder cette campagne sans timidité, avec ambition. Il faut donner du concret à cette Europe. Beaucoup de citoyens ignorent par exemple que, le mois prochain, le Parlement européen va pour la première fois acter une ligne budgétaire pour l'emploi des jeunes : 6 milliards d'euros dont 600 millions pour la France. Idem pour l'aide aux plus démunis. L'an prochain, les jeunes en apprentissage auront droit à la mobilité, c'est Erasmus Plus. Nous allons avancer dans les mois qui viennent sur la question du détachement des travailleurs pour lutter contre des salaires à 3 euro de l'heure dans le maquis de la sous-traitance. Il faut de outils pour les contrôleurs et la France se bat pour cela.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 novembre 2013

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