Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur l'ultimatum des "Bonnets rouges" contre l'écotaxe, à l'Assemblée nationale le 6 novembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur l'ultimatum des "Bonnets rouges" contre l'écotaxe, à l'Assemblée nationale le 6 novembre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. François de Rugy, député (EELV) de Loire-Atlantique, à l'Assemblée nationale le 6 novembre 2013

ti : Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président de Rugy,


Nous sommes dans une démocratie et c'est une chance parce que ce n'est pas le cas partout dans le monde. Et une démocratie, cela se défend, cela se respecte. Le droit de manifester est un des droits fondamentaux des citoyens. Mais le respect de la loi, le refus de la violence font aussi partie des principes républicains dont j'entends bien qu'ils soient respectés par tous et partout.

Monsieur le président de Rugy, samedi dernier une grande manifestation a eu lieu à Quimper. Elle représente justement ces droits des citoyens à exprimer ce qu'ils ressentent et ce qu'ils attendent. C'est une manifestation qui était nombreuse et qui s'est déroulée globalement dans le calme, l'appel au calme ayant été compris par les organisateurs. Mais force est de constater que, malgré tout il y a eu des dégradations, des outrages et des violences sur les agents de la force publique. Je dois saluer ici, et toute la représentation nationale devrait le faire, le sang-froid, le professionnalisme des forces de l'ordre. Leur travail est difficile. Ils le font dans le respect de la loi votée par le Parlement.

Ces violences sont le fait d'une minorité extrémiste, je le sais. Elles sont inacceptables. C'est pourquoi toutes les informations utiles ont été transmises au Parquet. Les personnes identifiées dans le cadre de ces violences font actuellement l'objet de convocations devant le tribunal correctionnel de Quimper. Plusieurs procédures ont également été ouvertes après des dégradations sur des biens publics, comme vous venez de l'évoquer il y a quelques instants.

Quel que soit le bien public, un portique, un radar, que ce soit une école, un équipement sportif, que ce soit dans une région, dans un département, une ville ou un quartier, ce n'est pas acceptable, c'est contraire aux lois de la République ! Et j'appelle chacun à la responsabilité.

Mais encore une fois, je fais la différence entre cette minorité et l'immense majorité des citoyens qui, en Bretagne comme ailleurs, quand ils expriment une angoisse, une protestation, veulent d'abord que les choses se mettent en marche, qu'elles se mettent en mouvement. Et il n'y a qu'un moyen pour y parvenir, c'est le dialogue, c'est la volonté du gouvernement.

Au moment où je vous parle, comme je l'ai demandé, le préfet de région depuis hier rencontre, heure après heure, tous les partenaires qui veulent que les choses avancent, qui veulent le dialogue, les responsables économiques, les représentants des organisations syndicales, les élus des territoires, les parlementaires. Tous sont aujourd'hui au travail pour répondre à la proposition que j'ai faite au nom du Gouvernement : préparer le plan pour sauver et rénover l'agroalimentaire de Bretagne, préparer le pacte d'avenir. Et pour le pacte d'avenir, moi j'ai tout à fait confiance, parce que j'ai bien vu qui venait, et ceux qui ne viennent pas ont bien tort ; ceux qui n'étaient pas venus la semaine dernière ont compris leur erreur et sont maintenant eux aussi autour de la table.

Mais ce que je veux vous dire ici, c'est que le Gouvernement est prêt à aller vite, il a pris effectivement une mesure d'apaisement courageuse de suspension de l'écotaxe à l'échelle non seulement de la Bretagne mais de toute la France. Ce que je veux, c'est que d'ici la fin du mois de novembre, nous soyons en mesure de signer le pacte d'avenir et le plan d'avenir de l'agroalimentaire. Je souhaite que toutes les forces s'y mettent, et si c'est le cas, j'irai personnellement signer ce contrat avec ceux qui l'auront préparé.

Voilà Mesdames, Messieurs les députés la volonté du Gouvernement. Elle est forte, elle est claire : le dialogue, le respect de la loi républicaine, le refus de la violence, l'ambition partagée pour la Bretagne et pour la France.


Source http://www.gouvernement.fr, le 15 novembre 2013

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