Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la radicalisation du discours politique, à l'Assemblée nationale le 12 novembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la radicalisation du discours politique, à l'Assemblée nationale le 12 novembre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Jean-Noël Carpentier, député (Radical, républicain, démocrate et progressiste) du Val-d'Oise, à l'Assemblée nationale le 12 novembre 2013

ti : Merci monsieur le président,
Mesdames, messieurs les députés,


Je me suis entretenu au téléphone avec le député Bernard Reynès, et vous venez d'exprimer la solidarité de la représentation nationale. Bien entendu, tout le Gouvernement s'y associe, ainsi que pour les autres personnes qui ont été touchées.

Ce qu'il me disait va dans le sens de votre préoccupation : il y a une forme de libération de la parole, et il évoquait dans son département -et autour de sa commune de Châteaurenard- la montée d'un climat de haine. Je l'interrogeais sur l'auteur de cette agression qui aurait pu lui coûter la vie : il ne lui connaît pas d'appartenance politique. Mais il m'a dit, et cela doit nous faire réfléchir tous, que dans le climat de haine qu'il sent monter, n'importe qui d'un peu fragile, comme ça s'est déjà passé à d'autres reprises dans notre histoire, peut être tenté de perpétrer un acte qui porte atteinte tout simplement à la vie d'un Français ou d'une Française. Eh bien, ça ce n'est pas la France, ce n'est pas la République et c'est contre ça -et vous avez raison- qu'il faut lutter.

Le Gouvernement a engagé un certain nombre d'actions contre le racisme et l'antisémitisme. Je dirais qu'il n'y a peut-être pas forcément une augmentation nombreuse des actes mais une libération de la parole qui est très importante. La réponse commence par la formation des fonctionnaires, c'est le programme que nous avons lancé depuis 2012. Cela commence aussi par l'école : avec le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, nous avons aussi lancé un certain nombre de programmes, mais cela passe aussi par la lutte contre tous les propos racistes et antisémites sur internet. Le Gouvernement s'en est donné les moyens. Cela passe aussi par les poursuites judiciaires. Des mesures ont été prises par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui permettront de porter plainte plus facilement et d'engager des procédures pour ne rien laisser passer.

Mais au-delà, ce que je voudrais dire devant la représentation nationale, c'est que c'est à un sursaut républicain que nous devons appeler.

Je me félicite que le jour du 11 novembre, à Angers comme à Nantes, des manifestations citoyennes ont été organisées pour dire non aux propos racistes qui ont été tenus à l'égard de Christiane Taubira et notamment à Angers, dans un climat de haine, où une jeune fille totalement inconsciente, accompagnée d'adultes, tenait une banane en la montrant à la garde des Sceaux.

Mesdames et messieurs les députés, je vous demande de réagir, de ne pas laisser passer, de dire non et d'appeler partout au sursaut citoyen contre le racisme et l'antisémitisme.


Source http://www.gouvernement.fr, le 15 novembre 2013

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